Pál Nyíri, Mobility and cultural authority in contemporary China, 2010.
Benjamin Taunay

Bannies pendant la période maoïste, les mobilités chinoises, en Chine et vers l’étranger, n’ont cessé d’augmenter depuis qu’une transition vers la politique « d’ouverture et de réformes » s’est enracinée dans ce pays-continent. La Chine reste pourtant un pays néo-totalitaire, qui souhaite conserver un regard sur les mobilités de ses ressortissants, comme en atteste l’existence, près de 50 ans après sa création pendant la période maoïste, du Hukou, le livret d’enregistrement du lieu de résidence1. Les mobilités touristiques chinoises vers l’étranger attisent, par exemple, d’autant plus les convoitises des pays récepteurs qu’elles sont entravées par des politiques restrictives du gouvernement central chinois. Et quand les entraves ne sont pas visibles, l’autorité culturelle chinoise reste présente, à de multiples échelles et selon diverses façons.

C’est sur ce constat de l’accroissement des mobilités, doublé de l’hypothèse du strict — même si peu visible — encadrement de ces flux que l’anthropologue Pál Nyíri ouvre son dernier livre, intitulé Mobility and cultural authority in contemporary China. Ce nouvel ouvrage du chercheur actuellement basé à Amsterdam fait suite à de précédents travaux qui ont fait référence dans le domaine des mobilités chinoises à l’étranger (en Russie et en Europe de l’Est : Nyíri, 2005, 2007), mais aussi des mobilités touristiques (Nyíri, 2006). Avec ce dernier ouvrage, Pál Nyíri souhaite livrer une réflexion plus générale sur le système de mobilités chinoises, en Chine et vers l’étranger. Les principales questions posées sont ici : quelle est l’évolution de ces flux, quels en sont les acteurs et en quoi peuvent-ils être bénéfiques ou néfastes pour l’État-Parti chinois ?

Une Chine de plus en plus mobile.

Ce livre, même si le sommaire ne l’annonce pas, se divise en deux parties. La première retrace l’évolution des mobilités chinoises, à l’intérieur du pays (chapitre 1), vers l’extérieur (chapitre 2), mais aussi les mobilités touristiques chinoises en Chine (chapitre 3). La seconde partie se penche sur les intérêts (chapitre 4) et les dangers (chapitre 5) pour lesquels le gouvernement chinois a encouragé, ou non, ces mobilités selon différentes périodes. Un dernier chapitre (6) faisant office de synthèse ouvre sur une conclusion générale, numérotée comme une partie en soi (7). Ce type de plan — une apparente succession de chapitres non reliés les uns aux autres — est courant chez les auteurs anglo-saxons mais déroutera le lecteur francophone, plus habitué à une analyse structurée autour d’idées forces. Les chapitres n’en demeurent pas moins bien construit et pertinents.

Dans une introduction claire et efficace, l’auteur propose de distinguer les « gardening state » (p. 3), où l’État est fort, voire autoritaire et s’insinue dans la vie de l’ensemble des habitants, des « gamekeeper state », où le libéralisme prédomine. Alors que la Chine le pays s’ouvre progressivement mais continuellement au système-monde, le développement économique entraîne des mobilités de plus en plus importantes. En apparence donc, le pays passerait d’un État de type autoritaire à un pays plus libéral. Cependant, l’auteur annonce que la réalité est en fait plus complexe. Il donne en exemple le cas des larges banderoles rouges, visibles à travers tout le pays et annonçant des objectifs à atteindre, des règles de bonne conduite, des incitations à se sentir fier d’être Chinois : une véritable autorité culturelle semble être en place en Chine et contrôler la vie, voire le destin de la population de la deuxième puissance économique mondiale. Comment cette autorité est-elle à l’œuvre ? Quels sont ses ressorts et modes de diffusion ? Quel modèle véhicule-t-on ? L’auteur propose deux hypothèses principales : les mobilités, en tant que symbole de modernité et de modernisation de la Chine, sont encouragées par l’État dans le cadre d’une puissance renouvelée d’un pays en marge du monde pendant le 20e siècle ; à l’inverse, l’État-parti n’a de cesse d’essayer d’encadrer et de contrôler des mobilités qui pourraient être subversives et entraîner des manifestations populaires contre la mainmise du parti communiste sur le pays.

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Le Monde, le 30/11/10

Pékin Correspondant

Pour assurer un boom de la consommation, les autorités chinoises comptent sur une recette miracle : «urbaniser les ruraux». L’idée est que les ruraux, en changeant de statut, accéderont à un niveau de prestations sociales bien supérieur en matière d’assurance-maladie, de retraite et d’éducation…et seront donc encouragés à dépenser une épargne pour le moment jalousement conservée pour couvrir ces dépenses. En juillet, la municipalité de Chongqing – 30millions d’habitants sur un territoire grand comme le Benelux, une croissance économique proche de 15%par an – a décidé d’attribuer, d’ici 2020, le«permis de résidence urbain», jusqu’ici réservé aux habitants de la ville, à 10 millions de gens vivant dans les territoires non urbanisés de la municipalité. En dix ans, la population urbaine devrait passerde 29% à 60%du total. Mais les paysans traînent des pieds. Désignés comme cibles idéales, les quelques 667000 étudiants de Chongqing dotés d’un permisde résidence rural sont soumis à toutes sortes depressions poursauter le pas, ont révélé les médias: certains ont été prévenusqu’ils auraient des difficultés pour obtenir des bourses, ou même leurs diplômes, s’ils ne s’installaient pas en ville. Mais les étudiants sont récalcitrants face à ce qu’ils considèrent êtreun marché de dupes : en obtenant leur permis urbain, ils n’ont plus aucun droit sur la terre familiale. Or, celle-ci est vue comme une sorte d’assurance.
Et puis, elle peut s’apprécier dans l’avenir, à mesure que l’industrialisation grignote les terrains.

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source : http://www.kulturepourjunkies.com/dossiers/kulture/Le%20Feminisme/Le%20Feminism%20partie%202.htm

Le Monde, 18/10/10

La politique de l’enfant unique accélère le vieillissement de la population. Shanghaï teste un report de l’âge de départ

Shanghaï Correspondance

La municipalité de Shanghaï a lancé un ballon d’essai face au problème du vieillissement de sa population. Ses résidents employés du secteur privé peuvent, depuis le 9 octobre, décider de repousser volontairement l’âge de leur départ à la retraite, fixé jusqu’ici, comme au niveau national, à 60 ans pour les hommes et 55 ans pour les femmes, à respectivement 65 et 60 ans. Ceux qui choisiront de rester à leur poste pourront continuer à gagner leur plein salaire, supérieur à leur future pension de retraite, et ainsi contribuer à équilibrer le système de pensions shanghaïen, déficitaire de 10 milliards de yuans par an, soit 1,08 milliard d’euros.

La capitale économique est en première ligne du vieillissement de la Chine et compte déjà 3,12 millions d’habitants d’un âge supérieur à 60 ans, soit plus d’un cinquième de sa population. A terme, la question promet de se poser à l’ensemble du pays le plus peuplé de la planète. La politique de l’enfant unique, adoptée il y a trois décennies, a forcé sa transition démographique – la baisse parallèle des taux de natalité et de mortalité lorsqu’une nation s’extirpe de la pauvreté -, tandis que l’espérance de vie des Chinois a grimpé de 66 ans à 73 ans au cours de la même période.

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shenzhen

Source : http://www.google.fr/

Article publié le 14 Mars 2010
Par Brice Pedroletti
Source : LE MONDE

L’intérim se développe et la flexibilité s’accroît malgré des lois plus protectrices sur le contrat de travail. Avec sa petite cour intérieure où s’entassent les baluchons des nouveaux arrivants et sa salle de spectacle aux murs couverts de photos du fondateur, Quanshun Human Ressources a des allures de camp de jeunes pionniers. Située au coeur de Pinghu Town, un bourg-dortoir à quelques dizaines de kilomètres de Shenzhen (province du Guangdong), cette agence d’intérim recrute des ouvriers pour les usines de l’« atelier du monde ». Un atelier qui manque de main-d’oeuvre bon marché. L’agence croule donc sous les demandes. « Nous avons constamment une vingtaine d’usines qui nous contactent. La plupart embauchent de 30 à 50 personnes. Certaines de 300 à 400 et parfois 2000″, explique Hu Junfu, le vice-directeur, dans un bureau ouvert à tous les vents où trône un poster de Mao.

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shanghai_hukou

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Le Monde, 5 mars 2010

Pékin Correspondant
Le  » hukou  » limite les flux de population entre les villes et les campagnes. Il est jugé dépassé.

Treize quotidiens chinois viennent de prendre une initiative aussi audacieuse qu’inédite : lundi 1er mars, ces journaux ont publié le même éditorial demandant au gouvernement de supprimer le passeport intérieur, le hukou.

Instauré à la fin des années 1950, durant l’ère maoïste, il continue de régir en partie la vie des Chinois, dont la mobilité est limitée par ce système d’enregistrement destiné à maîtriser les flux de population entre la ville et la campagne.

(…)

La Chine a souffert depuis longtemps sous le système du hukou « , affirme l’éditorial commun publié dans ces quotidiens des provinces de Canton, de Mongolie intérieure, du Henan, du Fujian, de la municipalité de Chongqing, etc.  » Nous pensons que les citoyens sont nés libres et que les gens doivent disposer du droit de se déplacer en toute liberté. Nous demandons aux délégués – les députés – de faire tout leur possible pour annoncer un calendrier de réforme du hukou. « 

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