Avec ses tours en construction, la nouvelle Fengjie, ville de 200 000 habitants, qui escalade les versants de la retenue d’eau du barrage des Trois-Gorges, dans la municipalité autonome de Chongqing, n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était autrefois : un entrelacs de maisons serrées derrière des remparts que léchaient les eaux du Yangzi. Fengjie est située à l’embouchure de la première des trois gorges qui ont donné leur nom au barrage géant, dont la construction a fait se déplacer 1,27 million de personnes. On les a relogées dans 13 villes nouvelles et des centaines de villages le long des 660 km de lac artificiel.

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La crise ? Quelle crise ? Les riches n’arrêtent pas de devenir plus riches »… Le 14 octobre, le quotidien anglophone officiel China Daily proposait en « une » ce titre alléchant et provocateur. On savait déjà qu’en 2009, dans un contexte de crise financière planétaire, la Chine a non seulement tenu le choc mais que son plan de relance a porté ses fruits. Son taux de croissance devrait atteindre les 8 % cette année, vient de confirmer jeudi 22 octobre le Bureau des statistiques. Au troisième trimestre, il aurait même crû de 8,9 % sur un an. (…)

Mais pourquoi sont-ils si riches ? Selon Rupert Hoogewerf, un ancien consultant britannique basé à Shanghaï qui dresse cette fameuse liste des « rich chinese people », l’urbanisation accélérée de la Chine ces dix dernières années explique en grande partie les spectaculaires réussites de ces hommes d’affaires dont beaucoup ont fait fortune dans l’immobilier. C’est le cas de dix des nouveaux Chinois les plus riches. Désormais, la Chine abrite la deuxième population mondiale de milliardaires, après les Etats-Unis (qui en ont 359). Le « club » de ces 130 personnes cumule un pactole de 571 milliards de dollars (environ un sixième du PIB chinois).

Il n’est donc guère surprenant, dans un tel contexte, que la Chine soit devenue aujourd’hui l’une des cibles de choix pour l’industrie du luxe. Il y a une quinzaine de jours, Rémy Martin avait ainsi décidé de lancer son tout nouveau cognac très haut de gamme près de Guilin, cette région de la province méridionale du Guangxi connue pour ses paysages de pains de sucre noyés de brume. Dans un grand parc dédié à l’art contemporain aménagé par un Taïwanais lui aussi milliardaire, sous les explosions de feux d’artifice célébrant la toute première dégustation du nouveau « Louis XIII Rare Cask » (« tonneau rare »), présenté dans un flacon de cristal de baccarat noir, la maître de chais Pierrette Trichet a détaillé, devant une centaine d’invités triés sur le volet – dont des passionnés chinois du cognac -, les vertus de ce breuvage d’élite.

La stratégie de Rémy Martin consiste ici à jouer à plein les valeurs de l’exception, du luxe ultime, en expliquant que le nouveau « Louis XIII » a été découvert dans un « tierçon » (barrique contenant environ 560 litres d’alcool) de la « Grande Champagne » où, depuis une centaine d’années, quelque 1 200 eaux-de-vie mûrissaient en secret leurs arômes…

Le résultat est ce nouveau cognac dont le prix est à la hauteur de sa rareté : 786 carafes titrant 43,8 degrés d’alcool, pour la somme d’environ 10 000 euros chaque ! La version précédente du « Louis XIII », dont la première bouteille, vendue sous une appellation différente, arriva pour la première fois à Shanghaï en… 1883, se vend dans les grands restaurants et les épiceries de luxe du monde entier entre 1 500 et 2 000 euros.

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Partie 2 : Dynamique d’un climat changeant

 

L’étude, extraite de la revue annuelle Regard sur la Terre, est traitée par l’université de Tsinghua, à Pékin,  Public Policy and Management School.  Ce sujet de recherche est financé par le ministère des Sciences et technologies chinois, ce qui traduit déjà le nouvel intérêt du gouvernement chinois pour ces questions, qui n’hésite pas à y intégrer de jeunes chercheurs et étudiants.

 

2007: la Chine, commence à s’intéresser au réchauffement climatique, grâce à l’insistance du pouvoir central (le domaine international) et la prise de conscience de l’intérêt économique. Avant cela elle considérait que les questions environnementales étaient du ressort de l’ONU, et que la réduction des gaz  à effet de serre (GES) freinerait la croissance économique. Notons que cette prise de conscience vient des bases puisque ce sont les autorités locales qui commencent à s’intéresser au problème. 
2 problèmes :

- Pourquoi un tel revirement ?

- Quelles implications pour la gouvernance environnementale en Chine ?

 

         ° L’initiative émane des autorités nationales. La Chine, parce qu’elle est un pays en voie de développement, bien que signataire du Protocole de Kyoto, n’est pas soumise à la réglementation sur les émissions des GES. L’initiative n’est donc motivée par aucune forme de contrainte internationale. Le revirement est un acte pleinement national. Notons que cet intérêt pour les questions internationales n’est pas nouveau, la Chine modernise depuis 20 ans son système institutionnel qui renforce la capacité du pouvoir central à formuler des politiques environnementales.

1990: création du Groupe National de Coordination de la Stratégie Contre le Changement Climatique (GNCSCC). (Volonté depuis les années 2000 de ne plus uniquement traitée la question comme une question scientifique). À publié en 2007 le Plan national de lutte contre le changement climatique.

         L’organisation communiste chinoise est totalement pyramidale. Les actions sont centralisées au plus haut niveau de l’Etat. Ainsi, les décisions sont prises au niveau national et doivent être répercutées vers les bases, en déléguant un certain nombre de responsabilité, ce qui explique la coordination mais la moindre prise d’initiative, accentuée par la division administrative de la Chine (en municipalité, province, régions autonomes)

         La Chine, dont le territoire est vaste, a besoin du relais des échelons locaux. Ces relais sont assurés par la création de groupes d’action provinciaux.

 

          ° La lutte chinoise contre le réchauffement climatique est tributaire d’un activisme local issu du Plan national de l’ancien GNCSCC, remplacé en 2007 par le Groupe National d’Action contre le Changement Climatique (GNACC). L’exemple, de Hebei qui se dote d’un plan de réduction du CO2 et une réduction de 11% de l’intensité énergétique d’ici 2010 et une couverture forestière de 26% de sa superficie.

         Pour réaliser ces réductions un système d’évaluation est mis en place. Les objectifs sont fixés au niveau central par le 11e plan quinquennal de 2006-2010 qui demande une réduction de 20% de l’intensité énergétique nationale. Pour y parvenir, des quotas ont été attribués à chaque province et chaque entreprise publique. Si les objectifs ne sont pas atteints le système du “véto” fait que la carrière des dirigeants est compromise.

         ° La recherche scientifique vient soutenir les actions locales. Pékin promeut le passage aux ampoules à basse consommation. Les régions font appel à des experts pour connaître l’impact du changement climatique sur la province et comprendre comment prendre des mesures préventives.

         Le programme est financé par les autorités locales, parfois en collaboration avec la communauté internationale, comme c’est le cas pour Boading (du Hebei) qui collabore avec le WWF (World Wilde Found) et l’université de Tsinghua pour lancer un programme de développement faiblement émetteur en CO2. Ainsi la coopération internationale n’est pas absente des décisions chinoises.

         Les autorités locales prennent au sérieux les Mécanismes de Développement Propre (MPD) du Protocole de Kyoto. Et ceci dans des régions comme le Shanxi (premier producteur de charbon de Chine) qui dès 2006  a constitué un groupe d’action pour le MPD.

 

         ° Les autorités locales se plient aux injonctions du pouvoir central avec une certaine lucidité sur les intérêts économiques que représente le développement durable. Le comportement des autorités locales sont soumis à deux principaux facteurs l’Incitation et les Contraintes disposés selon le modèle (conceptuel) MPC-IC. L’Incitation et la Contrainte (IC) sont le résultat de 3 variables  la Motivation (essor éco satisfaisant), le Pouvoir (système fondé sur la délégation de pouvoir), et la Capacité (moyens économiques et technique) d’agir (MPC).

         La Chine est aussi confrontée à une reconversion énergétique nécessaire, des pénuries en charbon et pétrole sont apparues dans certaines régions (+ augmentation de la facture énergétique pour des Chinois qui grossissent le rang des classes moyennes et aspirent à un mode de vie occidental).

         Pour les autorités locales, le contrôle de la pollution est une question moins prioritaire car il peut provoquer un ralentissement de la croissance du PIB. Pourtant la Chine possède les villes les plus polluées au monde, Beijin au premier chef. Leur intérêt se porte d’abord sur le développement d’énergie renouvelable, elle préfère augmenter leur capacité énergétique plutôt que de baisser les émissions de GES. Tandis que les villes du delta du Yang-Tsé et de la Rivière des Perles sont menacées par des inondations.

         Le système chinois n’est pas si rigide qu’on veut bien le faire croire. Si elles sont réduites, il existe bien des initiatives innovantes dans des domaines importants de la part de dirigeant politique. C’est par exemple sur une initiative personnelle que fut lancé fin 1970s le “système de responsabilité des ménages ». Plus récemment, en 2008 Baoding s’est mis en tête d’être un modèle de  ville propre, avec éclairage municipal grâce aux panneaux solaires.

 

         ° Ces nouvelles mesures tendent à redéfinir la gouvernance en Chine. Le “leadership” de maires influant des grandes villes jouent un rôle accru dans la lutte pour la gouvernance environnementale. Les autorités locales doivent se doter de moyens plus important tant pour remplir leurs obligations que pour répondre au besoin local.

 

Ccl: les autorités locales qui sont sensibles aux évolutions du marché, et à leur ascension dans la pyramide gouvernementale, sont appelées à jouer un rôle de plus en plus important dans le cadre international et le MDP.

        

Réflexion personnelle :

         Si l’étude a été proposée par un institut allemand, elle fut financée par le gouvernement chinois et réalisée par une université d’étude politique et de management. De cette première remarque nous pouvons tirer trois illustrations de l’action de la gouvernance chinoise sur les questions environnementales. La première est la disposition favorable de la Chine au regard de la coopération internationale, ici avec l’université de Berlin. La Chine qui est une plate-forme tournée vers l’étranger, accueille donc favorablement les conseils extérieurs qu’elle essaye de devancer sur certains domaines ou elle se plie à une réglementation à laquelle elle n’est pas soumise. Cette position de la chine est marquée (plus que de simples bons sentiments) d’une lucidité économique mais aussi sur les exigences en matière de pollution qui iront en augmentant. La Chine préfère s’adapter progressivement que d’être acculée au changement, et contrainte à un bouleversement qui déstabiliserait le régime. La seconde est l’implication personnelle du gouvernement et de directives publiques. La Chine se distingue des États-Unis qui privilégie l’action privée. Ce sont les entreprises privées ou certains états qui décident d’eux-mêmes d’une action. Si le modèle américain permet l’émergence d’État qui deviennent exemplaires en matière de développement comme le souhaite Schwarzenegger pour la Californie, le modèle chinois permet une diffusion plus homogène de l’action. De plus les initiatives privées qui sont possibles remontent plus facilement au pouvoir central qui peut les généraliser. La troisième illustration est la sensibilisation des étudiants en politique et management. Les étudiants qui ont fait cette étude seront les dirigeants politiques et économiquesde la Chine de demain qui compte bien le sensibiliser.

         La Chine à néanmoins de gros effort à fournir, elle est passée en quelques années à la deuxième place des pollueurs de la planète. Par, sa situation géographique, son économie récente et tributaire des exportations, son nombre élevé de pauvre, les questions climatiques menacent la Chine aux premières loges qui ne peut rester à l’écart de la gouvernance du développement durable.

 

Henri Guillaume

 

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