La tentation du bitume. Où s’arrêtera l’étalement urbain ? Eric Hamelin, Olivier Razemon. Rue de l’échiquier, 2012. 221 pages. 14€

Les éditions Rue de l’échiquier font leur entrée dans la Cliothèque de géographie avec cet ouvrage de géographie urbaine. Issue de la collection Les petits ruisseaux (« des livres pour avoir des idées claires sur des sujets d’actualité dans le domaine de l’environnement et du développement durable »), ce volume vise à faire le point sur la question de l’étalement urbain. Un sociologue urbaniste, Eric Hamelin et un journaliste free-lance, Olivier Razemon s’attaquent à cette épineuse question.

Préfacé par Roland Castro, architecte militant, père de l’Utopie concrète, l’ouvrage débute sur un exercice de géographie fiction : la France en 2037. « Les quelques premiers 250 km du trajet forment un paysage assez monotone. Sidonie observe les hangars de métal voués au petit et au gros commerce, les pavillons multicolores, les « parcs naturels citadins » et les plateformes artisanales. Rares sont les champs, les vaches et les vrais morceaux de nature. L’agriculture a été reléguée loin de là, dans des exploitations hors-sol où les champs sont empilés les uns sur les autres, ou alors dans les pays pauvres, où les grandes puissances ont acheté des millions d’hectares de terres cultivables. » Effrayant ! puisque cet étalement urbain s’accompagne d’un phénomène de ségrégation spatiale, matérialisé par un code couleur de drapeaux. Des exercices semblables à celui-ci figurent dans le livre. Ainsi, en est-il d’un exercice de comparaison d’annonces immobilières de biens situés dans le périurbain ou en centre-ville ! Le tout, pour faire prendre conscience qu’il vaut mieux avoir un espace un plus petit en ville mais avec tout sur place qu’un peu plus d’espace mais loin de la ville. Les auteurs usent de tous les moyens pour nous faire prendre conscience qu’habiter dans le périurbain est un mauvais choix : « (…) songez d’urgence à vous exercer au maniement d’une tondeuse à gazon. Aurez-vous envie de renouveler cette pratique deux ou trois heures chaque semaine, de mars à octobre, voire en plein froid hivernal ? Si cela ne vous fait pas peur, pensez à vos enfants, qui, bientôt, deviendront adolescents. » Si vous n’êtes pas convaincus, relisez donc, comme vous l’invite la courte bibliographie, le tome 4 des Bidochon dans lequel ils deviennent « Propriétaire ! » d’un pavillon situé sur une ancienne décharge !

Si l’objectif affiché de l’ouvrage est de démonter les idées reçues sur l’étalement urbain, il s’avère à sa lecture que le parti-pris des auteurs est certain. Comme tous les volumes de la collection, le plan s’organise de la manière qui suit : les faits, les causes, les enjeux, les perspectives. C’est un plan qui se veut objectif, ce qui n’empêche pas les auteurs d’utiliser un ton très engagé. Ils usent pour cela un vocabulaire coloré, mettant en scène des situations caricaturales (et véhiculent en cela les idées reçues qu’ils voulaient démonter !) de la vie dans les lotissements périurbains. Les entrées de ville sont fustigées ainsi que la croissance des zones périphériques (« boomburbs » vulgarisées dans la presse par Laurent Chalard). Il en ressort une vision pessimiste de l’étalement urbain et le lecteur en vient à se demander si la France de 2037, décrite dans l’exercice de science fiction, n’est pas déjà réalité en 2012. Si la première partie consacrée aux faits est la plus polémique, il faut reconnaitre aux auteurs de bonnes analyses dans les parties suivantes. Ainsi, en est-il de la réflexion sur les noms de rues donnés dans les lotissements (fortement marqués par les références bucoliques et champêtres), de la mise en perspective de la place des infrastructures comme du COS (coefficient d’occupation des sols) dans la consommation de l’espace. Le ton est engagé et un discours anti croissance fleure de temps en temps au fil du texte. Des responsables de l’étalement urbain sont identifiés : le « mille-feuille administratif » et plus particulièrement le maire, qui détient le formidable pouvoir d’accorder des permis de construire. Le mode de vie périurbain est montré du doigt tout au long de l’ouvrage, chiffres à l’appui. Ainsi, les auteurs rappellent qu’un périurbain produit deux à trois fois plus de Co2 qu’un habitant du centre-ville. Si cela est vrai, il est toutefois nécessaire de changer d’échelle. En effet, l’habitant du centre-ville n’est peut être pas un mauvais citoyen la semaine mais il produit sa dose de Co2 le week-end. Ayant soif de nature, d’espace ou de dépaysement, il bouge davantage que le périurbain, qui reste plus chez lui le week-end, car il y est mieux. Globalement, l’Homme, tout au long de l’ouvrage, est vu comme un prédateur et cela achève de lasser au fil des pages. Dans le cadre d’une projection future, les auteurs évoquent la dégradation du périurbain et comparent leur avenir au sort des grands ensembles construits au temps des « Trente Glorieuses ». Si vous avez encore envie d’acheter un pavillon en périphérie après tout cela, votre cas est désespéré !

La dernière partie de l’ouvrage est consacrée aux solutions à mettre en œuvre. Après avoir tant décrié le périurbain, la lectrice est heureuse de lire : « Et si dénoncer les zones pavillonnaires c’était, finalement une lubie de citadin teintée de mépris social ? » Une batterie de solutions est proposée. Certaines sont intéressantes mais sont encore loin de la réalité. Le VSD (versement pour sous-densité) est construit sur le même principe que la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain). Les communes qui auraient un COS trop faible se verrait imposer une amende. D’autres solutions sont exposées et tiennent en quelques verbes d’action : empiler (ce que fait Roland Castro à Gennevilliers en proposant des appartements avec jardins), recycler (les friches industrielles), partager (des équipements sur le modèle original de la Cité radieuse de Le Corbusier), densifier (phénomène Bimby « Build in my backyard »), empêcher et réduire (l’accès des lieux aux automobiles), réorganiser – fusionner les communes (une commune par aire urbaine, et tant pis si cela ne plaît pas aux élus locaux ! L’Eglise catholique a bien fait cela pour pallier la baisse d’affluence). Les auteurs vont même jusqu’à remettre en cause la propriété en proposant la mise en place de baux emphytéotiques ! Ces mesures révolutionnaires ne pourront, d’après les auteurs, devenir réalité que dans un contexte de « crises graves mais salutaires » ou pour le dire autrement : « Rien de mieux qu’une bonne guerre ! » pour lutter contre l’étalement urbain !

Catherine Didier-Fèvre © Les Clionautes

 

Mots-clefs :, , , , , , , , , , , , , , , ,


http://www.unregard.net/gal-architecture-lyon-confluence/photo-arch-confluence-monolithe.php

A voir à la Cité de l’architecture et du patrimoine

30 Nov. 2011 – 29 Janv. 2012
Morceau de ville : Lyon Confluence, laboratoire de renaissance

D’une superficie de 150 hectares, l’opération de Lyon Confluence est l’un des grands chantiers urbains menés en France. L’enjeu est la transformation d’un territoire jadis voué à l’industrie pour doubler la superficie du centre ville de Lyon. La Cité de l’architecture & du patrimoine à Paris met le projecteur sur le laboratoire urbain à l’oeuvre dans cette métropole.

Exposé dans le cadre de la Galerie d’actualité de l’Institut français d’architecture, le projet de la Confluence, entre Rhône et Saône, s’inscrit dans une stratégie de reconquête. Ce grand projet urbain porté par Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon et président du Grand Lyon, est d’envergure internationale. Il entre dans le concert des grandes reconversions opérées dans des villes fluviales, à l’instar des docks de Londres, de Rotterdam, de Hafencity à Hambourg…

Cette mutation, qui entame sa seconde étape, est menée selon le scénario des architectes suisses Jacques Herzog et Pierre de Meuron, associés au paysagiste Michel Desvigne. L’idée n’est pas de faire table rase de l’existant, mais au contraire de faire avec l’existant pour lui redonner vie : de la Sucrière, qui abrite la Biennale d’art contemporain, aux prisons, dont l’une va être transformée en université, en passant par les bâtiments de l’ancien Marché d’intérêt national.

Des signatures internationales (Coop Himmelb[l] au, MVRDV, Massimiliano Fuksas, Kengo Kuma, Christian de Portzamparc, Jakob & MacFarlane, Odile Decq, Tania Concko, Jean-Michel Wilmotte…) sont engagées dans ce processus de mutation. Et l’on peut déjà juger du résultat sur place avec l’achèvement d’une grande partie de la première étape côté Saône.

L’exposition s’attache à montrer que ce nouveau territoire d’expression de la création est un lieu propice à l’expérimentation. Dans le domaine du logement, avec notamment le « Monolithe », selon un concept des architectes néerlandais MVRDV ; dans le domaine de l’art (Krijn de Koning, Fabrice Hyber, Bertrand Lavier, Fred Rubin, Felice Varini…) associé à l’architecture, avec toute la série de bâtiments des docks de Port Rambaud réhabilités par Rhône Saône Développement, la filiale de Voies navigables de France et de la Caisse des Dépôts.

L’art contemporain est ainsi présent dans cette exposition d’urbanisme, par le travail de Thierry Bazin et ses panoramas, de Marin Kasimir et son installation vidéo, et par la pièce de Felice Varini : l’artiste tessinois s’est emparé des arcs qui rythment la salle d’exposition pour développer un travail spécifique sur le point de vue. La scénographie, qui invite à entrer en profondeur dans la complexité de cette opération, est signée Clément Vergély, par ailleurs auteur de l’un des bâtiments de logements les plus intéressants sur la Confluence. Dans une ambiance de bibliothèque, de grands « livres », posés sur une longue table, racontent l’histoire de cette aventure urbaine au public.

Une coproduction Cité de l’architecture & du patrimoine – Institut français d’architecture / Grand Lyon / Société publique locale d’aménagement Lyon-Confluence /
Avec le soutien de Voies navigables de France

Voir le site et télécharger le pdf de l’exposition

Mots-clefs :, , , , , , , , , , , , ,


http://www.batiactu.com/edito/les-meilleurs-projets-d-ecoquartiers-recompenses—p6-30655.php

Le Monde, 1/12/11

Le ministère de l’écologie vient de primer le projet de réhabilitation d’un site de 80 hectares

Roubaix, Tourcoing (Nord) Envoyée spéciale

Les ouvriers ont quitté leurs usines, voilà plus de trente ans. Des fleurons du textile du Nord ne restent plus que des cheminées et de magnifiques bâtiments en briques, comme les maisons aux abords. Industrie et habitat s’imbriquent dans un ensemble architectural harmonieux et insoupçonné. C’est qu’ici, à Roubaix et Tourcoing, dans la banlieue lilloise, à deux pas de la Belgique, le textile a façonné la ville, dans les années 1900. Puis l’a détricotée lorsque, dans les années 1970, la crise économique a commencé à frapper. Au fil des ans, ces cathédrales industrielles sont devenues des coquilles vides, vestiges d’une époque révolue. L’industrie a disparu, laissant place au tertiaire, économe en main-d’oeuvre. Aujourd’hui, Tourcoing affiche un taux de chômage proche de 15 %.

Trente ans après la crise pétrolière, la communauté urbaine de Lille s’est lancée dans une vaste opération de reconquête de ce territoire urbain très dense, baptisée  » l’Union  » parce qu’à la jonction de trois communes, Roubaix, Tourcoing et marginalement Wattrelos. Confié au cabinet d’urbanistes Reichen & Robert, ce projet devait recevoir, mercredi 30 novembre, le grand prix des écoquartiers décerné par le ministère de l’écologie, pour son exemplarité sur le plan économique, social et environnemental. La richesse du projet tient dans la mise en valeur du patrimoine humain et historique du site.

Les ouvriers ont quitté leurs usines, voilà plus de trente ans. Des fleurons du textile du Nord ne restent plus que des cheminées et de magnifiques bâtiments en briques, comme les maisons aux abords. Industrie et habitat s’imbriquent dans un ensemble architectural harmonieux et insoupçonné. C’est qu’ici, à Roubaix et Tourcoing, dans la banlieue lilloise, à deux pas de la Belgique, le textile a façonné la ville, dans les années 1900. Puis l’a détricotée lorsque, dans les années 1970, la crise économique a commencé à frapper. Au fil des ans, ces cathédrales industrielles sont devenues des coquilles vides, vestiges d’une époque révolue. L’industrie a disparu, laissant place au tertiaire, économe en main-d’oeuvre. Aujourd’hui, Tourcoing affiche un taux de chômage proche de 15 %.

Trente ans après la crise pétrolière, la communauté urbaine de Lille s’est lancée dans une vaste opération de reconquête de ce territoire urbain très dense, baptisée  » l’Union  » parce qu’à la jonction de trois communes, Roubaix, Tourcoing et marginalement Wattrelos. Confié au cabinet d’urbanistes Reichen & Robert, ce projet devait recevoir, mercredi 30 novembre, le grand prix des écoquartiers décerné par le ministère de l’écologie, pour son exemplarité sur le plan économique, social et environnemental. La richesse du projet tient dans la mise en valeur du patrimoine humain et historique du site.

Pour donner une seconde vie à cet ensemble de 80 hectares, les promoteurs ont commencé par libérer de l’espace. Des dizaines de bâtiments ne présentant pas d’intérêt architectural ont été rasés, les sols dépollués, pour  » remettre la nature en ville « , laisser place à un futur parc urbain ou à de nouveaux îlots d’habitation et d’activités. Les plus beaux vestiges de l’industrie ont été réhabilités aux normes de basse consommation pour accueillir des entreprises.

A Roubaix, en face du studio national du Fresnoy, considéré comme  » la Villa Médicis «  de la création artistique audiovisuelle, un pôle images a été constitué dans l’ancienne usine textile Vanoutryve. Sur ce site de 4,5 hectares, composé de remarquables bâtiments comme l’ancienne chaufferie ou l’ancienne retorderie, s’entremêleront artistes, laboratoire du CNRS, studio de création, chaînes de télévision. Ankama, le leader du jeu vidéo en ligne, a déjà emménagé dans les murs des anciens  » grands magasins « . A Tourcoing, les promoteurs comptent sur la dynamique du Centre européen des textiles innovants (CETI), qui ouvrira ses portes en 2012. Au bord du canal de Roubaix, dans l’enceinte de l’ancienne brasserie Terken, s’installera le siège de Kispa, une filiale de Decathlon.

Lire la suite sur Le Monde.fr

Mots-clefs :, , , , , , , , , ,


Atlas des villes durables. Ecologie, urbanisme, société : l’Europe est-elle un modèle ? Yvette Veyret et Renaud Le Goix (dir.). Autrement, 2011, 87 pages, 17 €

Voilà bien un livre collectif ! Pas loin de 30 auteurs pour 80 pages (tables et bibliographie exclues). Les deux directeurs de l’ouvrage ont fait appel aux spécialistes ayant travaillé sur des exemples précis de villes durables ou d’écoquartiers. L’objectif est de combattre l’idée reçue résumant l’idée de la ville durable à la question de la « nature en ville ». Pour cela, ils rappellent les piliers du développement durable et les replacent dans un contexte historique. Ils montrent que les contrastes existent entre l’Europe de l’Est et l’Europe occidentale. Ils posent la question des modèles de vie durable.

La ville durable (contrairement à celle née au XIXème siècle et développée au XXème siècle) se fonde sur la mixité fonctionnelle et sociale des espaces. En cela, cela n’a rien à voir avec la ville voulue par la Charte d’Athènes qui préconisait la séparation des fonctions. La charte d’Aalborg (1994) « marque le début de l’implication de l’Europe dans les processus de mise en place des Agendas 21 locaux, selon les principes définis à Rio en 1992 ». La ville durable se traduit par la mise en place de la démocratie participative (loi du 27/02/2002, inspirée des expériences brésiliennes) par le biais des conseils de quartier. Ces expériences de gouvernance urbaine méritent d’être relevées même si les leviers d’action des conseils demeurent limités par le faible budget que ces conseils ont à gérer. La place des espaces verts dans la ville est bien analysée à partir de l’exemple de Lyon étudié par Paul Arnould. De nombreuses pages sont réservées à des mises au point sur des sujets qui trouveront un usage pédagogique multiple en classe de seconde, par exemple, où la ville durable est au programme : les nouvelles formes de circulation, le bruit en ville, les risques, et de nombreux développements sur des expériences menées en Europe : Bedzed, Bucarest, Naples, Lille…

Pour autant, le propos développé dans les pages de cet opus des éditions Autrement n’est pas angélique. Les auteurs montrent que les principes du développement durable sont loin d’être appliqués partout. Les inégalités persistent. Elles sont même renforcées par la croissance de la privatisation des espaces publics. La mise en place de Business Improvement Districts (BID) en Allemagne, modèle importé des Etats-Unis, en est un exemple. Ces quartiers de centre-ville revitalisé, possédant leurs services propres (entretien, sécurité) se suppléant aux acteurs publics, comme les centres commerciaux sont une négation du développement durable. Ces espaces excluent les plus pauvres (SDF, jeunes) au profit des populations solvables (classes moyennes et supérieures).

Si certains thèmes bénéficient d’un traitement analytique de qualité, il est à regretter tout de même que la présentation des écoquartiers dans la dernière partie de l’ouvrage ne s’accompagne pas toujours d’une vision critique. L’exemple des Brichères à Auxerre est peut être exemplaire pour le pilier environnement du développement durable mais il aurait été bon de dire que les aspects économique et sociaux ne sont pas une réussite. Les tours des Brichères ont disparu et ont été remplacées par des maisonnettes écolos entourées de jardins dans le cadre des opérations menées par l’ANRU. Mais, dans les faits, la composition sociologique n’a pas changé. Ce sont toujours des classes populaires qui y habitent, à l’exception des quelques maisons en accès direct à la propriété. De même, le quartier n’abrite pas d’activités économiques propres, obligeant les résidents à travailler en dehors de leur quartier. A croire que seul le pilier environnement a été retenu ! Mais, pourtant, l’objet de cet ouvrage n’était-il pas de montrer que le développement durable, ce n’est pas seulement « la nature en ville » ?

Catherine Didier-Fèvre © Les Clionautes

 

Mots-clefs :, , , , , , , , , , , , , , ,


http://www.yelomart.com/international/ecoquartier-ecocite-les-villes-francaises-passent-au-durable/

Source : La documentation française. Problèmes politiques et sociaux. « Écoquartiers et urbanisme durable. » N° 981 février 2011. Taoufik Souami.

Vers un « modèle français » ? Franck Faucheux.

            Dans son article, Franck Faucheux, chef de projet Écoquartiers au Meedem, présente les mesures prises par le gouvernement français pour encourager et encadrer les recherches et initiatives concernant les écoquartiers. En ayant mis en évidence les grandes axes de ces projets d’écoquartiers, nous pouvons nous demander s’il existe un « modèle » français d’écoquartier.

Les « clubs écoquartiers » : enseignements et limites d’une politique publique.

Le ministre d’État a demandé en 2008 à son administration de mettre en place une politique de soutien et de développement des écoquartiers pour répondre à l’engagement 49 du Grenelle de l’environnement, qui a demandé la création d’un référentiel écoquartier. Cette politique est intégrée au Plan Ville durable, qui constitue un levier essentiel de la mutation de la société française vers un nouveau modèle de développement et de vie, visant, à travers différentes initiatives, à favoriser l’émergence d’une nouvelle façon de concevoir, construire et gérer la ville.

Le club écoquartier est un « club opérationnel » animé par le ministère du développement durable, qui a également comme rôle d’assurer aux réalisations une reconnaissance nationale et internationale. Il est organisé autour de 4 groupes de travail qui ont comme objectif de réunir les collectivités désireuses de travailler ensemble sur des thématiques transversales et sur lesquelles les collectivités se seront positionnées.

4 thématiques ont été adoptées pour 2010 :

-        le pilotage d’un projet d’écoquartier.

-        les citoyens et les entreprises comme moteur du projet écoquartier.

-        l’écoquartier comme levier de la ville durable.

-        l’écoquartier en milieu rural : quelles spécificités ? Quel avenir pr les activités agricoles et non agricoles ? Quel soutien des services à la personne ?

Écoquartier : quel contenu ?

-        Le pilier social et sociétal

Dans tout projet doivent être traduites la mixité et la diversité sociales, urbaines et fonctionnelles dans le quartier, comme par exemple la mixité sociale générationnelle, la coordination entre les différents types d’habitat ainsi que les différentes fonctions urbaines.

-        Le pilier économique

Le projet doit réussir à identifier les besoins des individus, anticiper sur les usages et modes de vie à venir, assurer la qualités des moyens transports et de communicabilité, le développement des économies locales ainsi qu’un mode de production et de consommation responsables.

-        Le pilier environnemental

Le projet doit promouvoir les performances écologiques dans l’aménagement par : une conception intelligente de la densité, une prise en compte de la nature et de la biodiversité, une bonne qualité de la gestion de l’eau, des déchets et des nuisances sonores.

Conclusion : existe-t-il un modèle français d’écoquartier ?

            Il faut remarquer que, si les questions et les enjeux sont finalement souvent les mêmes pour tout type d’écoquartier, les réponses sont forcément locales et donc différentes. Par exemple, si l’on se trouve dans un milieu urbain on trouvera un métro, un tramway, un bus à haute fréquence, alors qu’en milieu rural le travail sera plutôt accentué sur le co-voiturage ou les bus interurbains. Il existe donc des grandes questions phares auxquelles tout écoquartier se doit répondre mais les réponses seront nécessairement différentes.

            Avec les groupes de travail mis en place par le gouvernement français ces dernières années, qui répondent à un ensemble de questions clés préalablement définies, on peut légitimement affirmer que l’on s’achemine vers un « modèle français d’écoquartier », qui reste néanmoins encore la plupart du temps au stade de projet.

Marc FREYSSELINARD, HK/AL
Mots-clefs :, , , , , , , , , ,