Atlas des villes durables. Ecologie, urbanisme, société : l’Europe est-elle un modèle ? Yvette Veyret et Renaud Le Goix (dir.). Autrement, 2011, 87 pages, 17 €

Voilà bien un livre collectif ! Pas loin de 30 auteurs pour 80 pages (tables et bibliographie exclues). Les deux directeurs de l’ouvrage ont fait appel aux spécialistes ayant travaillé sur des exemples précis de villes durables ou d’écoquartiers. L’objectif est de combattre l’idée reçue résumant l’idée de la ville durable à la question de la « nature en ville ». Pour cela, ils rappellent les piliers du développement durable et les replacent dans un contexte historique. Ils montrent que les contrastes existent entre l’Europe de l’Est et l’Europe occidentale. Ils posent la question des modèles de vie durable.

La ville durable (contrairement à celle née au XIXème siècle et développée au XXème siècle) se fonde sur la mixité fonctionnelle et sociale des espaces. En cela, cela n’a rien à voir avec la ville voulue par la Charte d’Athènes qui préconisait la séparation des fonctions. La charte d’Aalborg (1994) « marque le début de l’implication de l’Europe dans les processus de mise en place des Agendas 21 locaux, selon les principes définis à Rio en 1992 ». La ville durable se traduit par la mise en place de la démocratie participative (loi du 27/02/2002, inspirée des expériences brésiliennes) par le biais des conseils de quartier. Ces expériences de gouvernance urbaine méritent d’être relevées même si les leviers d’action des conseils demeurent limités par le faible budget que ces conseils ont à gérer. La place des espaces verts dans la ville est bien analysée à partir de l’exemple de Lyon étudié par Paul Arnould. De nombreuses pages sont réservées à des mises au point sur des sujets qui trouveront un usage pédagogique multiple en classe de seconde, par exemple, où la ville durable est au programme : les nouvelles formes de circulation, le bruit en ville, les risques, et de nombreux développements sur des expériences menées en Europe : Bedzed, Bucarest, Naples, Lille…

Pour autant, le propos développé dans les pages de cet opus des éditions Autrement n’est pas angélique. Les auteurs montrent que les principes du développement durable sont loin d’être appliqués partout. Les inégalités persistent. Elles sont même renforcées par la croissance de la privatisation des espaces publics. La mise en place de Business Improvement Districts (BID) en Allemagne, modèle importé des Etats-Unis, en est un exemple. Ces quartiers de centre-ville revitalisé, possédant leurs services propres (entretien, sécurité) se suppléant aux acteurs publics, comme les centres commerciaux sont une négation du développement durable. Ces espaces excluent les plus pauvres (SDF, jeunes) au profit des populations solvables (classes moyennes et supérieures).

Si certains thèmes bénéficient d’un traitement analytique de qualité, il est à regretter tout de même que la présentation des écoquartiers dans la dernière partie de l’ouvrage ne s’accompagne pas toujours d’une vision critique. L’exemple des Brichères à Auxerre est peut être exemplaire pour le pilier environnement du développement durable mais il aurait été bon de dire que les aspects économique et sociaux ne sont pas une réussite. Les tours des Brichères ont disparu et ont été remplacées par des maisonnettes écolos entourées de jardins dans le cadre des opérations menées par l’ANRU. Mais, dans les faits, la composition sociologique n’a pas changé. Ce sont toujours des classes populaires qui y habitent, à l’exception des quelques maisons en accès direct à la propriété. De même, le quartier n’abrite pas d’activités économiques propres, obligeant les résidents à travailler en dehors de leur quartier. A croire que seul le pilier environnement a été retenu ! Mais, pourtant, l’objet de cet ouvrage n’était-il pas de montrer que le développement durable, ce n’est pas seulement « la nature en ville » ?

Catherine Didier-Fèvre © Les Clionautes

 

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http://www.nordrach.de/index.html

Le Monde, 17/10/11

Elus français et allemands tentent d’appliquer sur le terrain le programme européen Interreg IV
Nordrach (Bade-Wurtemberg) Envoyé spécial

La vallée est une véritable carte postale : des champs verts éclatants qui gravissent les versants, des vaches ruminant paisiblement en contrebas des sapins, de grandes fermes fleuries aux balcons de bois. C’est dans ce cadre serein de la Forêt-Noire allemande que se sont retrouvés, mercredi 12 octobre, à Nordrach, petite commune du Bade-Wurtemberg, une quinzaine d’élus et plusieurs universitaires afin de travailler concrètement sur la question de l’étalement urbain.

Tous participent à une démarche innovante qui croise les expériences allemandes et françaises avec l’appui de scientifiques, dans le cadre d’un programme européen de recherche, dit Interreg IV, sur la  » Gestion économe de l’espace  » dans les petites communes du Rhin.

Lancé en 2010, il réunit régulièrement des maires de part et d’autre de la frontière. Avec des préoccupations semblables, mais des soucis différents. Ainsi, explique Carsten Erhardt, maire de Nordrach,  » nos communes de la Forêt-Noire subissent un exode rural : les jeunes partent en ville parce qu’ils y trouvent des cinémas, des amis, des services, des magasins, des emplois. « 

La vallée est une véritable carte postale : des champs verts éclatants qui gravissent les versants, des vaches ruminant paisiblement en contrebas des sapins, de grandes fermes fleuries aux balcons de bois. C’est dans ce cadre serein de la Forêt-Noire allemande que se sont retrouvés, mercredi 12 octobre, à Nordrach, petite commune du Bade-Wurtemberg, une quinzaine d’élus et plusieurs universitaires afin de travailler concrètement sur la question de l’étalement urbain.

Tous participent à une démarche innovante qui croise les expériences allemandes et françaises avec l’appui de scientifiques, dans le cadre d’un programme européen de recherche, dit Interreg IV, sur la  » Gestion économe de l’espace  » dans les petites communes du Rhin.

Lancé en 2010, il réunit régulièrement des maires de part et d’autre de la frontière. Avec des préoccupations semblables, mais des soucis différents. Ainsi, explique Carsten Erhardt, maire de Nordrach,  » nos communes de la Forêt-Noire subissent un exode rural : les jeunes partent en ville parce qu’ils y trouvent des cinémas, des amis, des services, des magasins, des emplois. « 

L’enjeu essentiel est donc de renforcer l’attractivité du centre du bourg effilé sur la vallée. Diverses actions ont été entreprises, comme la rénovation du foyer communal ou l’aménagement d’un lotissement proche du centre et accessible à pied. La reconquête du centre des communes rurales émerge comme le meilleur moyen d’empêcher la fuite vers la ville ou l’étalement des communes et des villages.

Du côté français, la démographie est plus dynamique, et les élus doivent plutôt gérer une population croissante. A Saales (Bas-Rhin), le maire, Jean Vogel, se félicite de ne délivrer qu’un permis de construire par an. Depuis quinze années, sa municipalité rénove les bâtiments communaux et soutient les commerces. Le presbytère et des maisons en déshérence ont été transformés en logements sociaux.

De son côté, la communauté de communes de la vallée de Saint-Amarin, près de Mulhouse, a repris une friche industrielle, au lieu de l’abandonner comme c’est souvent le cas pour d’anciens sites d’usines. Rachetés à bas prix, terrains et locaux sont progressivement réhabilités.  » En moins de dix ans, dit François Tacquard, président de la communauté, c’est devenu un lieu où vivent 300 personnes, 80 entreprises avec 250 emplois, un supermarché, un jardin botanique et un musée. « 

Singularité rurale

La communauté de communes veut maintenant refondre les plans d’urbanisme de la vallée, et notamment déclasser 80 hectares de terres constructibles, pour limiter l’étalement.  » C’est risqué politiquement, dit M. Tacquard. Aux dernières élections municipales, j’ai perdu des voix parce que j’ai bloqué la construction sur un champ dans ma commune. « 

En France, le maire est maître de l’urbanisme, mais il est soumis aux pressions des électeurs propriétaires de terrain.

En Allemagne, l’autonomie des communes est plus limitée :  » Il y a trois niveaux hiérarchiques au-dessus de nous, dit Carsten Erhardt. Tous doivent être d’accord pour que l’on prenne une décision d’aménagement. « 

La volonté politique est aussi beaucoup plus forte outre-Rhin : la  » consommation  » foncière y est aujourd’hui limitée à 100 hectares par jour (contre 200 en France), et l’Etat fédéral vise à descendre à 30 hectares par jour en 2020.

Mais l’étalement urbain n’est pas qu’un problème technique et juridique. Il renvoie à un mouvement profond de la société, souligne Patricia Zander, de l’université de Strasbourg, qui coordonne le projet :  » Avec l’étalement, la singularité rurale se perd alors qu’elle est recherchée. La population attend des espaces de rencontres dans un environnement qui lui paraît de plus en plus confus. Le modèle de la maison individuelle s’effrite aussi en raison du coût du transport. Répondre à ces demandes suppose un projet politique, qui s’appuie sur la participation des habitants.  » Le bilan d’Interreg IV sera tiré fin 2012.

Hervé Kempf

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source : http://www.schaerbeek.be/agenda/mobilite/la-semaine-de-la-mobilite-2011

En septembre c’est la rentrée et la reprise des activités pour beaucoup d’entre nous…. Un bon moment pour envisager les trajets autrement que l’année passée.

La Semaine de la Mobilité, du 16 au 22 septembre, vous offre l’occasion de repenser déplacements et moyens de transport pour toute la famille. En jouant la carte des alternatives à la voiture.

L’évolution croissante du trafic aboutit progressivement à la saturation de nos réseaux routiers et engendre une pollution qui met notre santé en danger. Il est urgent de trouver des solutions pour diminuer la place de la voiture dans notre vie et investir dans des modes de déplacement alternatifs.

C’est ce concept que porte, depuis 10 ans, la Semaine de la Mobilité, organisée du 16 au 22 septembre, partout en Europe.

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http://www.schaerbeek.be/agenda/mobilite/la-semaine-de-la-mobilite-2011

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Géographie à vivre. CM2. Xavier Leroux, André Janson, Bernard Malczyk. Accès Editions, 2011. 143 pages.

« On est jamais mieux servi que par soi-même ! » Cette expression populaire rend bien compte de la démarche suivie par Xavier Leroux, professeur des écoles – docteur en géographie et deux formateurs de l’IUFM de Douai. Si la géographie est inscrite depuis très longtemps dans les programmes scolaires de l’enseignement primaire (il suffit de penser à l’école française de géographie de Paul Vidal de la Blache), la mise en œuvre de ceux-ci avait besoin d’un guide pratique ouvrant des pistes pédagogiques à l’usage des professeurs des écoles. Il n’existait pas : les auteurs l’ont fabriqué !

Une géographie vivante

L’idée qui a prévalu est bien celle de « faire vivre la géographie », comme l’indique le titre de la collection. Cette approche s’inscrit dans la lignée de celle engagée, dès les années 1970, par Armand Frémont (dont les travaux sont connus par le paradigme d’espace vécu) dans la veine des cartes mentales de Kévin Lynch et de Peter Gould. Géographie sociale, géographie des représentations mais aussi géographie économique, géographie des aménagements des territoires voire géopolitique sont mobilisées tout au long de cet ouvrage afin de rendre vivante cette manière de faire de la géographie. Les auteurs proposent une progression mensuelle pour mettre en œuvre les programmes de 2008. Ce volume clôt une série de trois ouvrages (Géographie à vivre Ce2, Géographie à vivre CM1, et le présent volume). Un graduation de l’apprentissage des notions est faite au fil des années : description et repérage en CE2 surtout, puis davantage d’abstraction en CM1, avant d’étudier l’organisation et l’aménagement des territoires en CM2. Les volumes comportent des lexiques illustrés, ainsi qu’un DVD sur lequel l’enseignement trouvera les documents en couleur sur lesquels s’appuient les séances ainsi que des « bonus » (photographies aériennes du viaduc de Millau, les photographies d’Uwe Ommer « 18 familles d’Europe », les postes frontières : photographies de Pascal Bastien sur un temps révolu de l’avant Schengen mais aussi les logos des régions françaises…). L’ouvrage est par ailleurs accompagné de fonds de carte vierges ou pas.

Une comparaison primaire – secondaire enrichissante

La présence des posters – fonds de carte vierges est une originalité pour le professeur de géographie du secondaire. Cette méthode est qualifiée de « fédératrice et permet une construction progressive des apprentissages et la composition d’un référent commun » par les auteurs. Ainsi, ces fonds de carte vierges (France, Europe, Monde) sont les supports d’une pédagogie active collective. Les enfants fabriquent par l’imposition d’étiquettes plastifiées par le professeur cette carte qui fera partie du décor de la classe pendant un temps. Les séquences proposées dans l’ouvrage sont « clé en mains ». Elles sont basées sur des mises en activité fort intéressantes (voir à ce propos la séance sur les frontières maritimes où l’élève est amené à réfléchir sur la mise en place des ZEE entre la France et le Royaume Uni mais aussi la réflexion sur l’intérêt d’un découpage de l’espace). L’usage d’illustrations (mise à disposition des faces des pièces nationales d’un euro, par exemple) est très fréquent pour les travaux de groupe, visant à faire manipuler les élèves et à confronter leur réflexion. La variété des situations pédagogiques (travail individuel comme travail de groupe) exige toutefois un usage important de photocopies, qui peut être rentabilisé si les documents d’étude sont conservés d’une année sur l’autre dans la classe. L’origine géographique des auteurs se lit dans les choix opérés par les auteurs : beaucoup d’exemples portant sur le Nord même s’ils ont eu le souci de varier les études de cas (Alsace, Massif central). Le volume papier présente des séances toutes prêtes à photocopier (où les réponses sont inscrites en jaune, couleur qui est sensée ne pas être visible à la photocopieuse). Pour approfondir, des pages Informations enseignant ponctuent les exercices et proposent la lecture d’articles de presse sur le thème traité, ainsi qu’une petite sélection bibliographique (lien vers des articles de type universitaire ou références disponibles en documentaire jeunesse). Si, avec tout ça, les élèves qui arrivent en classe de sixième n’ont pas fait de la géographie, c’est que leur professeur y a mis de la mauvaise volonté !

Catherine Didier-Fèvre © Les Clionautes

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Le retour des villes européennes. Patrick Le Galès. Presses de Sciences Po, 2011. 486 pages.

Les Presses de Sciences Po rééditent en 2011 l’ouvrage de Patrick Le Galès paru en 2002. Cet ouvrage, enrichi d’une préface inédite, est considéré comme un des classiques de la recherche urbaine en France et à l’international (ouvrage publié en anglais, en italien et en espagnol). Ce livre est un ouvrage de référence sur les questions de gouvernance urbaine, qui s’adresse, plus particulièrement, aux responsables des politiques urbaines et aux enseignants en sciences humaines et sociales comme de sciences politiques. Ce travail de sociologie politique est basé sur des recherches et des enquêtes menées dans une dizaine de villes européennes pendant plusieurs années.

Patrick Le Galès est directeur de recherche CNRS au CEE (Centre européen de Sciences Po) et professeur à Sciences Po. Ses travaux de recherche portent sur la question de la sociologie urbaine, la gouvernance des villes en Europe (et au Royaume Uni, notamment).

 Le retour des villes européennes est un ouvrage qui trouve un écho particulier lors de sa parution. Le propos de l’auteur allait à contre-courant des autres travaux de sciences sociales de l’époque, qui insistaient sur la mise en avant d’un monde urbain, basé sur le gigantisme de métropoles telles que Los Angeles ou Shanghai. Pour Le Galès, inspiré des travaux de C. Tilly (1990), les villes européennes constituent un monde urbain à part. Ce réseau dense de villes de taille moyenne (entre 200 000 et 3 millions d’habitants) se singularise des autres villes mondiales par son histoire et par le fort investissement de l’Etat, qui se traduisent par le maintien de centres-villes. Les villes européennes ont toujours joué un rôle dans l’intégration des sociétés depuis le Moyen Age. La stabilité du réseau urbain en est la preuve. Les villes ont été les supports de la mise en place des Etats modernes même si la mise en place de pouvoirs centralisés s’est faite à leurs dépens.  La construction européenne, comme la mondialisation, sont des éléments qui redistribuent le pouvoir et qui profitent aux villes européennes. Le retour des classes moyennes et aisées dans les centres comme l’importance des dépenses engagées par les agglomérations ainsi que le renforcement du pouvoir local dans le cadre de la décentralisation sont des marqueurs de ce « retour des villes européennes ».

Reconnu comme un ouvrage central par la thèse développée, celui-ci a connu des critiques et des attaques nombreuses (celles-ci sont présentées dans le détail dans la préface de 2011). L’optimisme de Le Galès est tempéré dans la préface de 2011.  Malgré la crise de 2008, la question du vieillissement démographique d’une partie de la population européenne ainsi que de l’accroissement des inégalités dans le cadre des espaces urbains, il ne croît pas à la déterritorialisation des sociétés urbaines européennes, même si il déclare (p. 42) : « Work in progress : la nouvelle décennie s’annonce financièrement rigoureuse, socialement conflictuelle et politiquement incertaine pour les villes comme pour les sociétés européennes. »

Catherine Didier-Fèvre © Les Clionautes

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