http://orientation.blog.lemonde.fr/2011/05/04/faire-une-prepa-cela-en-vaut-il-encore-la-peine/

Lire la revue de presse réalisée par Daniel Letouzey à la suite de la parution dans le Monde d’un article polémique sur les prépas.

- Y a t-il une vie après la prépa ?
Prépas, l’excellence au prix fort – Le Monde
enquête de Marie Depleschin pour Le Monde culture et idées, 03.01.2012
En prépa, un étudiant coûte en moyenne 15000 euros par an, contre 11000 euros à l’université.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/02/03/prepas-l-excellence-au-prix-fort_1637985_3224.html

- Des bourreaux bienveillants ? – Le Monde Education
Lire également les témoignages de profs de prépas
http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2012/02/03/nous-sommes-des-bourreaux-bienveillants/

- François Arnal ne reconnait pas dans cet article
https://www.facebook.com/francois.arnal/

- Etudiante, je hais les partiels, marathon des nerfs pour perroquets
Anaelle S.  Etudiante, Rue 89 02.02.2012
http://www.rue89.com/2012/02/02/etudiante-je-hais-les-partiels

 

05.02.21012 :
L’APPLS (Association des Professeurs de Premières et de Lettres Supérieures) répond vigoureusement à l’article du Monde sur les prépas. « Elle s’inscrit avec toute l’énergie possible en faux contre tout ce qui est écrit dans cet article, qu’aucune enquête sérieuse n’a étayée ».
« La spécificité de ces classes est ainsi de délivrer une formation relevant du supérieur dans un cadre, et avec des méthodes, qui relèvent du secondaire ».
La réponse insiste sur les débouchés universitaires (équivalence, ouvertures de places pour les littéraires)… le taux de réussite des étudiants de la filière est ainsi comparable à celui des scientifiques et des commerciaux : supérieur à 90 %

« … Nous savons tous parfaitement que les enfants des milieux favorisés et informés par Le Monde resteront candidats aux classes préparatoires, quoi qu’on en dise. A qui fait-on donc peur en décrivant les classes préparatoires comme un enfer ? Précisément à ceux qui hésitent encore à se lancer dans l’aventure, qui hésitent encore à prendre leur part des formations d’excellence que la république offre, non pas seulement aux enfants de ses élites en mal de reproduction, mais à tous ses enfants s’ils y sont prêts ».
http://www.netvibes.com/appls#ACTUALITE (à la date du 5 février 2012)

Lire également le témoignage de Patrick Voisin, professeur de latin en hypokhâgne et de littérature française en khâgne au lycée Louis Barthou (Pau) dont le témoignage a été exploité par Le Monde.

La revue de presse de Daniel Letouzey

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Le Monde, 27/01/2012

Qui a dit que la France rurale était celle des « sans voix »? Dans le Limousin, le tapage des enseignants et élèves du lycée professionnel du Mas-Jambost, à Limoges, a résonné, tout au long du mois de janvier, aux oreilles de la communauté éducative. Cet établissement de ZUP (zone à urbaniser en priorité), spécialisé dans les métiers d’art, notamment la porcelaine, était menacé de fermeture pour la rentrée scolaire 2012.

Aux « AG », aux manifestations, aux opérations de tractage, se sont mêlés les enseignants de l’établissement régional d’enseignement adapté (EREA) de Meymac, en Corrèze, dont la fermeture était programmée pour 2013, et ceux d’autres lycées qui devaient perdre une ou plusieurs filières. Avec le même sentiment partagé de colère et d’incompréhension. « Bien sûr que c’est la crise! Mais nous, justement, on accueille des gamins de 15ans qui sont perdus. On leur fait découvrir des métiers, on essaie de les remotiver, on les emmène jusqu’au bac, voire au BTS, et ça marche! On arrive à les insérer sur le marché de l’emploi!, s’indigne Laurent Lévêque, professeur au Mas-Jambost. A croire qu’on se fiche complètement de la jeunesse et de l’éducation! »

Vendredi 20 janvier, ils ont obtenu gain de cause. Le recteur de l’académie de Limoges, Jean Bertsch, a annoncé qu’il réviserait sa carte des formations, car « les esprits n’étaient pas prêts ». Mais la victoire des enseignants est toute relative. Le recteur a prévenu: ses décisions sont reportées, pas abandonnées. Lundi 30 janvier doit se tenir une table ronde avec les représentants du personnel de Mas-Jambost. M. Bertsch veut leur faire accepter son projet de rassembler, en un « pôle », toutes les formations – du CAP au bac pro– d’un même secteur d’activité. « Le Mas-Jambost est un peu vieillot. Il faut que nous réfléchissions à son rapprochement avec un autre lycée de Limoges, ultra moderne et surdimensionné, pour construire un grand pôle de formation autour des métiers de l’art et de la communication », explique-t-il.

LE LIMOUSIN LA RÉGION LA PLUS TOUCHÉE PAR LES SUPPRESSIONS DE POSTES

Après avoir supprimé 66000 postes dans l’éducation nationale depuis 2007, après avoir diminué le vivier de remplaçants, augmenté la taille des classes… les recteurs ont atteint « l’os » (lire l’article du Monde du 19 décembre). Et n’ont d’autres choix, pour supprimer encore 14 000 postes à la rentrée 2012, que de prendre des mesures structurelles. De « rationnaliser la carte des formations », comme ils le disent. C’est le cas du recteur de Limoges. « L’académie a connu une perte démographique permanente et, de ce fait, le maillage des formations est devenu trop dense, avec des doublons », estime-t-il. Tout l’enjeu pour lui est de supprimer 147 postes dans le second degré à la rentrée prochaine. Ce qui fait du Limousin la région la plus touchée par les suppressions de postes (3,4 % des emplois).

Problème, les lycées sont la propriété des régions. Et pour le président du conseil régional du Limousin, Jean-Paul Denanot, il n’est pas question de fermer des établissements dans lesquels il a beaucoup investi. A la « rationalisation des moyens », M. Denanot oppose une logique d’aménagement du territoire. « Une filière, un établissement qui ferme, cela a des conséquences sur l’ensemble du tissu économique, assure-t-il. On fait tout pour inverser la tendance d’exode rural, on mène des politiques d’accueil pour faciliter l’arrivée de nouvelles populations et on se heurte à l’Etat! » Partout, la préparation de la rentrée 2012 engendre un bras de fer entre l’Etat et les régions. L’Association des régions de France, dans une lettre adressée au ministre Luc Chatel datée du 10 janvier, dénonce le « gâchis financier incompréhensible » que représentent les fermetures de filières ou d’établissements. « Les lycées, peut-on y lire, sacrifiés sur l’autel d’une vision strictement comptable de l’éducation, vont payer un lourd tribut à cette réduction drastique des moyens consacrés à l’enseignement. »

Le ministère de l’éducation nationale avait préparé le terrain. La réforme du lycée professionnel, dont la durée de formation a été réduite de quatre à trois ans – entraînant la perte de 33000 élèves à la rentrée 2012 –, doit permettre de réaliser de belles économies. La réforme du lycée technologique, dont le nombre de spécialités a été réduit, et celle du lycée général instaurant un « tronc commun » entre les trois séries scientifique, littéraire et économique et sociale, permettront également de grappiller quelques postes.

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source : http://blog.lefigaro.fr/auto/2008/10/

Le Monde, 21/12/11

La mesure, destinée à décongestionner la capitale indienne, se heurte à l’insuffisance des transports publics
New Delhi Correspondance

A Delhi, les voitures sont à peine plus rapides que les piétons. Depuis le décollage économique du pays en 1991, elles encombrent les routes et les trottoirs au point que les automobilistes roulent de plus en plus lentement, à 18 km/h en moyenne. KS Mehra, le préfet de New Delhi, a donc proposé, le 7 décembre, de mettre en place un péage urbain, comme à Londres ou à Singapour, pour décongestionner la capitale, à ceci près que Delhi n’a pas de centre-ville…

Même si la municipalité s’y est finalement opposée, au moins pour cette année, c’est la première fois que les autorités s’attaquent au problème de la circulation automobile, autrement qu’en construisant des routes et des ponts. La mesure prévoyait que les conducteurs paient entre 1 et 3 euros par jour, en fonction de la taille de leur véhicule, pour circuler dans les zones les plus congestionnées.  » Le péage urbain réduira le trafic et encouragera les habitants à utiliser les transports publics « , explique M. Mehra.

Il y a vingt ans, le problème des embouteillages ne se posait pas en Inde : il fallait attendre en moyenne sept ans pour obtenir livraison d’un des trois modèles de voiture disponibles dans le pays. Aujourd’hui, plus d’un million de véhicules se vendent chaque année et près de 800 sont mis en circulation chaque jour dans la capitale. Les embouteillages ont bouleversé la vie des 15 millions d’habitants. Pendant les Jeux du Commonwealth, en 2010, des couloirs ont dû être réservés pour transporter les athlètes afin qu’ils arrivent à temps à leur épreuve sportive.

A Delhi, les voitures sont à peine plus rapides que les piétons. Depuis le décollage économique du pays en 1991, elles encombrent les routes et les trottoirs au point que les automobilistes roulent de plus en plus lentement, à 18 km/h en moyenne. KS Mehra, le préfet de New Delhi, a donc proposé, le 7 décembre, de mettre en place un péage urbain, comme à Londres ou à Singapour, pour décongestionner la capitale, à ceci près que Delhi n’a pas de centre-ville…

Même si la municipalité s’y est finalement opposée, au moins pour cette année, c’est la première fois que les autorités s’attaquent au problème de la circulation automobile, autrement qu’en construisant des routes et des ponts. La mesure prévoyait que les conducteurs paient entre 1 et 3 euros par jour, en fonction de la taille de leur véhicule, pour circuler dans les zones les plus congestionnées.  » Le péage urbain réduira le trafic et encouragera les habitants à utiliser les transports publics « , explique M. Mehra.

Il y a vingt ans, le problème des embouteillages ne se posait pas en Inde : il fallait attendre en moyenne sept ans pour obtenir livraison d’un des trois modèles de voiture disponibles dans le pays. Aujourd’hui, plus d’un million de véhicules se vendent chaque année et près de 800 sont mis en circulation chaque jour dans la capitale. Les embouteillages ont bouleversé la vie des 15 millions d’habitants. Pendant les Jeux du Commonwealth, en 2010, des couloirs ont dû être réservés pour transporter les athlètes afin qu’ils arrivent à temps à leur épreuve sportive.

Les trajets en voiture peuvent être si longs qu’une entreprise a eu l’idée de proposer aux automobilistes de transformer l’arrière de leurs véhicules en petits salons, avec téléviseur à écran plat, armoire à whisky et bureau pliable, pour patienter dans les embouteillages. Delhi est pourtant une ville faite pour la circulation automobile, avec les grandes artères qui composent la partie nouvelle de la capitale, aménagée par les Britanniques au début du XXe siècle. Mais, depuis l’augmentation du trafic, les avenues sont devenues aussi dangereuses à traverser qu’une autoroute : près de 1 000 piétons meurent chaque année.

Chameaux et éléphants

Il n’y a pas que la hausse du nombre de véhicules qui provoque des embouteillages. Delhi ne compte que 80 voitures pour 1 000 habitants (700 à Rome ou 400 à Stockholm).  » Les conducteurs roulent en toute impunité. Il y a 4 500 policiers pour 30 000 kilomètres de route et la plupart d’entre eux ne font que gérer le trafic « , se désole Rohit Baluja, le président de l’Institut pour la prévention routière en Inde (IPRI). Certains automobilistes n’hésitent pas à faire marche arrière ou à rouler à contresens pour emprunter un raccourci. D’après les calculs de l’IPRI, Il y aurait 146 millions d’infractions au code de la route chaque jour à Delhi. La diversité des modes de transport ne facilite pas non plus la fluidité du trafic. Les grosses berlines doivent se faufiler entre les tricycles à moteur ou à pédales, tout en évitant les chameaux et les éléphants, nombreux pendant la saison des mariages. La municipalité recense plus d’une trentaine de types de véhicule, y compris ceux qu’elle range dans la catégorie  » inconnus « .

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source : Le Monde

Le Monde, 18/12/11

Héric (Loire-Atlantique) Envoyé spécial

Inévitablement, la décoration est sommaire. Le seul élément ornemental repérable, c’est le Gwenn ha du, drapeau breton battant au vent sur le toit de la caravane. L’habitation, aussi, est spartiate, totalisant 15 m2 décomposés comme suit : chambrette, mini-salon, salle de bains – pour l’heure hors service.  » C’est petit, convient Mickaël (le prénom a été modifié à sa demande), 27 ans. Mais quand je vois des appartements de 25 m2, avec des fenêtres minuscules, je me dis que je suis mieux ici. L’été, je peux mettre une grande table dehors et faire un barbecue. Et tout autour, il y a la nature. « 

Le jeune menuisier a élu domicile depuis plus d’un an au camping deux étoiles La Pindière, à Héric (Loire-Atlantique), commune de 5 000 habitants située à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes. Il a un CDI décroché il y a trois ans et demi, et un salaire mensuel net de 1 450 euros.  » Un temps, j’ai vécu dans un appartement. Mais, en tant que célibataire, ce n’est pas facile. On se retrouve avec un loyer frôlant les 500 euros, sans compter les mauvaises surprises des factures. « 

Inévitablement, la décoration est sommaire. Le seul élément ornemental repérable, c’est le Gwenn ha du, drapeau breton battant au vent sur le toit de la caravane. L’habitation, aussi, est spartiate, totalisant 15 m2 décomposés comme suit : chambrette, mini-salon, salle de bains – pour l’heure hors service.  » C’est petit, convient Mickaël (le prénom a été modifié à sa demande), 27 ans. Mais quand je vois des appartements de 25 m2, avec des fenêtres minuscules, je me dis que je suis mieux ici. L’été, je peux mettre une grande table dehors et faire un barbecue. Et tout autour, il y a la nature. « 

Le jeune menuisier a élu domicile depuis plus d’un an au camping deux étoiles La Pindière, à Héric (Loire-Atlantique), commune de 5 000 habitants située à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes. Il a un CDI décroché il y a trois ans et demi, et un salaire mensuel net de 1 450 euros.  » Un temps, j’ai vécu dans un appartement. Mais, en tant que célibataire, ce n’est pas facile. On se retrouve avec un loyer frôlant les 500 euros, sans compter les mauvaises surprises des factures. « 

Une expérience de colocation n’a pas été concluante :  » La personne avec qui je partageais le logement était rarement présente. Alors je payais le gros des charges. «  Il a opté  » pour l’indépendance et la tranquillité « . Ses proches respectent son choix.  » Ma famille préfère me savoir là plutôt que sous un pont « , relève-t-il. Son employeur et ses collègues n’ont pas tiqué non plus,  » à peine quelques remarques du genre : « Ah, tu habites en camping ! » « 

Sa caravane, achetée d’occasion sur Internet, lui a coûté 2 000 euros.  » Neuve, elle aurait valu 40 000 euros. «  Son seul luxe, c’est l’achat d’un second frigo de 220 litres, installé dans sa chambre  » pour avoir de quoi tenir question provisions « . L’espace cuisine se cantonne à trois brûleurs à gaz et un micro-ondes.

 » Un petit goût d’aventure « 

A domicile, les soirées entre amis se limitent à quatre personnes.  » Pour une petite amie, c’est sûr, ici, c’est moins engageant qu’un loft douillet. Mais bon, on peut aussi trouver à ce mode de vie un petit goût d’aventure. «  La location de l’emplacement caravane, toutes taxes comprises, ne dépasse pas 320 euros.  » Pas de paperasse, pas d’impôts locaux, souligne-t-il, satisfait. Les très bons mois « , il parvient à économiser jusqu’à 600 euros.

La loi du 16 novembre, qui menace de déloger les personnes vivant durablement en camping si elles ne peuvent justifier d’un domicile principal, ne l’effraie pas outre mesure.  » Je risque d’avoir des difficultés pour obtenir un passeport, un document administratif si je donne l’adresse du camping. Mais on pourra toujours tricher, prendre une adresse fictive grâce à un proche. Et puis, le gouvernement a quand même des choses plus importantes à faire que la chasse aux campeurs, non ? « 

Le texte le plus contraignant, à ses yeux, est adopté depuis plusieurs mois : il vise à bannir de tout terrain privé les habitations alternatives type yourtes, caravanes, mobil- homes… Il répète à l’envi qu’il n’est pas malheureux.  » En semaine, j’ai des copains qui passent. Le week-end, je sors. « 

Aux beaux jours, dans les allées de La Pindière, il a vu défiler les familles en villégiature et les colonies.  » Ça courait partout, c’était sympa. «  En ce mois de décembre, les résidents sont surtout des ouvriers étrangers venus travailler sur des chantiers de construction.  » La cohabitation est paisible. Parfois, il y a des fiestas.

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http://www.batiactu.com/edito/les-meilleurs-projets-d-ecoquartiers-recompenses—p6-30655.php

Le Monde, 1/12/11

Le ministère de l’écologie vient de primer le projet de réhabilitation d’un site de 80 hectares

Roubaix, Tourcoing (Nord) Envoyée spéciale

Les ouvriers ont quitté leurs usines, voilà plus de trente ans. Des fleurons du textile du Nord ne restent plus que des cheminées et de magnifiques bâtiments en briques, comme les maisons aux abords. Industrie et habitat s’imbriquent dans un ensemble architectural harmonieux et insoupçonné. C’est qu’ici, à Roubaix et Tourcoing, dans la banlieue lilloise, à deux pas de la Belgique, le textile a façonné la ville, dans les années 1900. Puis l’a détricotée lorsque, dans les années 1970, la crise économique a commencé à frapper. Au fil des ans, ces cathédrales industrielles sont devenues des coquilles vides, vestiges d’une époque révolue. L’industrie a disparu, laissant place au tertiaire, économe en main-d’oeuvre. Aujourd’hui, Tourcoing affiche un taux de chômage proche de 15 %.

Trente ans après la crise pétrolière, la communauté urbaine de Lille s’est lancée dans une vaste opération de reconquête de ce territoire urbain très dense, baptisée  » l’Union  » parce qu’à la jonction de trois communes, Roubaix, Tourcoing et marginalement Wattrelos. Confié au cabinet d’urbanistes Reichen & Robert, ce projet devait recevoir, mercredi 30 novembre, le grand prix des écoquartiers décerné par le ministère de l’écologie, pour son exemplarité sur le plan économique, social et environnemental. La richesse du projet tient dans la mise en valeur du patrimoine humain et historique du site.

Les ouvriers ont quitté leurs usines, voilà plus de trente ans. Des fleurons du textile du Nord ne restent plus que des cheminées et de magnifiques bâtiments en briques, comme les maisons aux abords. Industrie et habitat s’imbriquent dans un ensemble architectural harmonieux et insoupçonné. C’est qu’ici, à Roubaix et Tourcoing, dans la banlieue lilloise, à deux pas de la Belgique, le textile a façonné la ville, dans les années 1900. Puis l’a détricotée lorsque, dans les années 1970, la crise économique a commencé à frapper. Au fil des ans, ces cathédrales industrielles sont devenues des coquilles vides, vestiges d’une époque révolue. L’industrie a disparu, laissant place au tertiaire, économe en main-d’oeuvre. Aujourd’hui, Tourcoing affiche un taux de chômage proche de 15 %.

Trente ans après la crise pétrolière, la communauté urbaine de Lille s’est lancée dans une vaste opération de reconquête de ce territoire urbain très dense, baptisée  » l’Union  » parce qu’à la jonction de trois communes, Roubaix, Tourcoing et marginalement Wattrelos. Confié au cabinet d’urbanistes Reichen & Robert, ce projet devait recevoir, mercredi 30 novembre, le grand prix des écoquartiers décerné par le ministère de l’écologie, pour son exemplarité sur le plan économique, social et environnemental. La richesse du projet tient dans la mise en valeur du patrimoine humain et historique du site.

Pour donner une seconde vie à cet ensemble de 80 hectares, les promoteurs ont commencé par libérer de l’espace. Des dizaines de bâtiments ne présentant pas d’intérêt architectural ont été rasés, les sols dépollués, pour  » remettre la nature en ville « , laisser place à un futur parc urbain ou à de nouveaux îlots d’habitation et d’activités. Les plus beaux vestiges de l’industrie ont été réhabilités aux normes de basse consommation pour accueillir des entreprises.

A Roubaix, en face du studio national du Fresnoy, considéré comme  » la Villa Médicis «  de la création artistique audiovisuelle, un pôle images a été constitué dans l’ancienne usine textile Vanoutryve. Sur ce site de 4,5 hectares, composé de remarquables bâtiments comme l’ancienne chaufferie ou l’ancienne retorderie, s’entremêleront artistes, laboratoire du CNRS, studio de création, chaînes de télévision. Ankama, le leader du jeu vidéo en ligne, a déjà emménagé dans les murs des anciens  » grands magasins « . A Tourcoing, les promoteurs comptent sur la dynamique du Centre européen des textiles innovants (CETI), qui ouvrira ses portes en 2012. Au bord du canal de Roubaix, dans l’enceinte de l’ancienne brasserie Terken, s’installera le siège de Kispa, une filiale de Decathlon.

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