This map reflects the number of heavy metal bands per 100,000 inhabitants for each country in the world. It codes the result on a colour temperature scale, with blue indicating low occurrence, and red high occurrence [1]. The data for this map is taken from the extensive Encyclopaedia Metallum, an online archive of metal music that lists bands per country, and provides some background by listing their subgenre (Progressive Death Metal, Symphonic Gothic Metal, Groove Metal, etc).

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http://bigthink.com/strange-maps/560-a-world-map-of-heavy-metal-density

 

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La course au gigantisme des navires crée des ports XXL et aggrave les conséquences d’un accident

Après avoir navigué dix ans dans la marine marchande, Stéphane Pousset est aujourd’hui pilote à la station de la Loire. Chaque jour, en France, 385 pilotes montent à bord des géants des mers à quelques milles des entrées de port pour les guider lors de leurs manoeuvres d’approche. Ce marin expérimenté témoigne de l’évolution du transport maritime, passagers comme marchandises, vers le gigantisme.

Les pilotes de la Loire ont aidé, la semaine dernière, à sortir des chantiers navals de STX France, à Saint-Nazaire, un paquebot de croisière de 333 mètres de long. La gamme précédente mesurait 40 mètres de moins. Sommes-nous dans le  » toujours plus  » ?

Depuis les années 1970, l’obsession des armateurs est de diminuer le coût du maritime, qu’il s’agisse du transport de passagers ou de celui de marchandises. La taille leur permet de réaliser d’importantes économies d’échelle. Aujourd’hui huit porte-conteneurs de 14 000  » boîtes  » avec 200 hommes à bord transportent autant, sur un axe Europe-Asie, que 140 cargos des années 1960 avec 6 500 marins…

Après avoir navigué dix ans dans la marine marchande, Stéphane Pousset est aujourd’hui pilote à la station de la Loire. Chaque jour, en France, 385 pilotes montent à bord des géants des mers à quelques milles des entrées de port pour les guider lors de leurs manoeuvres d’approche. Ce marin expérimenté témoigne de l’évolution du transport maritime, passagers comme marchandises, vers le gigantisme.

Les pilotes de la Loire ont aidé, la semaine dernière, à sortir des chantiers navals de STX France, à Saint-Nazaire, un paquebot de croisière de 333 mètres de long. La gamme précédente mesurait 40 mètres de moins. Sommes-nous dans le  » toujours plus  » ?

Depuis les années 1970, l’obsession des armateurs est de diminuer le coût du maritime, qu’il s’agisse du transport de passagers ou de celui de marchandises. La taille leur permet de réaliser d’importantes économies d’échelle. Aujourd’hui huit porte-conteneurs de 14 000  » boîtes  » avec 200 hommes à bord transportent autant, sur un axe Europe-Asie, que 140 cargos des années 1960 avec 6 500 marins…

Techniquement, il sera toujours possible de faire  » plus grand « . Dans les années 1960, un porte-conteneurs transportait jusqu’à 2 000 boîtes. La génération qui sera livrée en 2013 ira jusqu’à 18 000 ! Du coup, les ports, eux aussi, deviennent XXL, comme en Chine. Les autres, les plus anciens, Anvers par exemple, s’adaptent afin de pouvoir accueillir ces mastodontes.

Je pense que les seules capables de stopper cette course au gigantisme sont les compagnies d’assurance. L’échouage du Costa-Concordia va, par exemple, leur coûter plusieurs centaines de millions d’euros. Et comment vont-elles pouvoir garantir la valeur d’une cargaison qui peut, sur un seul navire, dépasser le milliard de dollars ?

Les risques décuplent-ils eux aussi ?

De tout temps, l’approche des côtes et des ports a été un facteur de risques important, mais le gigantisme augmente considérablement les conséquences d’un accident. Les manoeuvres sont plus délicates, les commandants doivent beaucoup anticiper. Un bateau de croisière de 333 mètres de long présente une surface exposée au vent de 13 880 m2, ce qui correspond à un immeuble de quatorze étages. Par vent fort, ce tirant d’air devient un véritable handicap.

Tout doit être surdimensionné : les capacités de remorquage, les chenaux, les zones de mouillage, les amarrages… Vous pouvez facilement imaginer la tension qui s’exerce sur les aussières qui maintiennent à quai ces géants.

La mondialisation du commerce maritime est aussi celle des équipages…

La qualité des équipages est tirée vers le bas, là encore pour des questions de recherche du moindre coût. Nous sommes souvent amenés à le constater dès le début d’une manoeuvre : quand un marin tarde à passer les aussières ou ne sait pas – ou plus – faire un noeud de chaise en urgence.

Mais je pense que le problème le plus important auquel nous sommes confrontés est la perte de lien entre le commandant et l’armateur. De plus en plus de compagnies louent des équipages à des manning agencies, des sociétés d’intérim. Beaucoup d’entre elles sont installées dans des pays de l’Est et proposent des équipages mixtes : russes, ukrainiens, chinois, etc.

Que vaut, dans ces conditions, l’autorité d’un commandant  » intérimaire  » qui prend ses ordres auprès d’un intermédiaire représentant l’armateur dans un bureau à terre ? Un jour, j’ai indiqué à un commandant que les conditions météorologiques n’étaient pas propices à un départ en mer. Il m’a expliqué qu’il  » ne pouvait pas ne pas partir « . A sa demande, j’ai appelé le bureau de son armateur à Hambourg, où mon interlocuteur m’a répondu que la météo était bonne en Allemagne et qu’il ne comprenait pas pourquoi il était impossible de quitter Saint-Nazaire…

Nous sommes aujourd’hui confrontés à ce type de situation même si, évidemment, nous avons aussi affaire à des capitaines et à des équipages de très bonne qualité et à de vrais armateurs.

Propos recueillis par Marie-Béatrice Baudet

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La France : territoire et aménagement face à la mondialisation, Nathan, 2004

Chapitre 11

Introduction :

Le recul de l’emploi industriel en France, comme dans tout pays anciennement industrialisé est désormais un phénomène évident et cela est dû à la mondialisation et la division internationale du travail (grâce à la diminution des durées et des coût de transport par containers, par exemple).

Cependant, l’auteur explique que l’économie française ne saurait se passer d’un secteur secondaire puissant pour se consacrer quasi-entièrement au tertiaire. Ainsi, l’industrie française subit des mutations nécessaires, qu’elles soient sectorielles, géographiques, avec des conséquences sociales, économiques, etc.

Ø  Une carte largement héritée, mais profondément remaniée

L’auteur montre en premier lieu que l’héritage industriel de la France reste à la base de ces mutations. L’ancienne industrialisation de la France du Nord-Est (industrie lourde au XIXe puis automobile et hydrocarbure), garde sa pertinence, en partie grâce à la création des ZIP (Zones industrialo-portuaires à partir des années 1960) qui maintiennent des ports comme Le Havre au centre de l’industrie française. On observe en effet que l’emploi industriel reste supérieur à la moyenne dans cette partie du territoire. D’autres changements géographiques permettent de garder la majorité de l’industrie à l’Est de la ligne Le Havre-Marseille.

Malgré tout, l’auteur souligne que ces zones industrielles n’ont pas toujours été dynamiques. C’est grâce à la reconversion industrielle que celles-ci ont pu se maintenir et faire face à l’effondrement de l’emploi et au développement de friches industrielles (par exemple, reconversion dans le Nord des bassins charbonniers en industrie automobile). De plus, ces zones du Nord-Est ont su se diversifier, développer un savoir-faire ouvrier et surtout un réseau de transport leur permettant d’accéder facilement à la dorsale rhénane et ainsi s’ouvrir au marché européen.

Cependant, on remarque par la suite un rééquilibrage Est/Ouest grâce à la décentralisation industrielle, aux délocalisations au sein même du territoire français qui permettaient l’accès à une main d’œuvre moins chère que celle spécialisée du Nord-Est. Le développement de nouvelles formes d’industries telle que l’agroalimentaire a également favorisé ce rééquilibrage. De plus, dans le cadre de la mondialisation et de la concurrence internationale, l’enjeu majeur était de se moderniser, de développer des centres de recherches et ne plus se protéger derrières des traditions industrielles vieillissantes.

Ainsi, les grandes métropoles attirent les sièges sociaux, les centres de recherche-développement et les industries de hautes technologies se concentrent dans des technopoles dans le Sud et l’Ouest, tels que Bordeaux, Toulouse ou Montpellier, tandis que les activités de production se diffusent.

Ø  Des localisations industrielles plus diffuses mais un rôle structurant des métropoles

 

En effet les grandes villes se désindustrialisent et ce par de nombreux facteurs : coût du terrain, baisse de la spécialisation ouvrière due à la parcellisation du travail, accès difficile pour la livraison des produits etc. Les friches industrielles sont reconverties en bureaux, centres commerciaux… Les zones de productions à proprement dites sont relocalisées dans des pôles urbains plus petits, en majorité ruraux où l’emploi industriel devient prédominant. Cependant ces pôles sont toujours très dépendants des grandes villes qui leur permettent de renouveler leur fabrication et de rester compétitifs. Cet enjeu est majeur étant donné le rôle prépondérant de ces activités de production sur l’emploi local.

En contre partie, les grandes villes sont plus aptes à accueillir la recherche, le marketing  des entreprises en raison de la formation de cadres, de chercheurs, de la présence de liaisons vers l’international…

Cependant les relations entre les grandes villes et les zones de production sont plus complexes que cela. Si une métropole comme Toulouse, par exemple, est dynamisée par une industrie de haute technologie, regroupée dans des technopoles, les espaces périurbains, où sont sensées être regroupées les activités de production, restent sous-industrialisées et en difficulté. Les délocalisations se font désormais non plus à échelle nationale mais à échelle internationale. La diffusion industrielle autour des métropoles n’est plus suffisante. En réalité, les différents types d’industries doivent s’adapter à la fois à l’emploi : où peut-on trouver la main d’œuvre adéquate et bon marché, au coût de leur installation, à la concurrence, etc.

En clair, les traditions industrielles de la France gardent leur importance mais elles doivent s’adapter à un grand nombre de facteurs, en partie de la mondialisation

Ø  Espaces et paysages de l’industrie

Les conséquences de ces mutations sont les suivantes : les anciens types d’industrie ont marqué le paysage avec de nombreuses friches industrielles. Celles-ci peuvent être recyclées, on l’a vu pour les grandes métropoles, mais cela est couteux et pas toujours facile : les sites sont souvent pollués et toxiques, les infrastructures en très mauvais état et donc rarement réhabilitables. Ce phénomène est présent autour de toutes villes ayant vécu une période d’industrialisation, ce qui est évidemment problématique.

Les mutations industrielles ont cependant permis la disparition des cités ouvrières. Les espaces industriels sont désormais des complexes vastes, excentrés mais assez proches de pôles urbains pour attirer l’emploi nécessaire. Les employés n’ont plus à vivre sur place avec le développement de voies de transports rapides, comme les autoroutes etc.

Cette nouvelle organisation est également sensée protéger les populations des risques industriels, mais en réalité cette concentration des zones de production n’est pas sans danger.

La dernière évolution de l’espace industriel se caractérise plutôt par des parcs technologiques, sur le modèle de la Silicon Valley californienne, regroupant des bâtiments de recherches publiques et privées, des centres universitaires, des unités de production, le tout dans un cadre vaste, agréable, à aspect rural, en périphérie de zones urbaines et à proximité d’échangeurs

Ainsi on observe que la France tente d’adapter son espace industriel à la mondialisation et à ses nécessités.

Ø  Avis personnel

J’ai trouvé cet article bien détaillé, clair, il donne beaucoup d’exemples, mais parfois il est un peu répétitif. Il demeure également très objectif. On voit clairement la direction que l’industrie française doit prendre pour s’adapter à la mondialisation, mais aucune prise de position claire n’est exposée. L’auteur aurait pu choisir de montrer pourquoi une économie de plus en plus tertiaire comme en Grande Bretagne, serait une option valide ou non, ou au contraire choisir de montrer de façon plus poussée pourquoi une organisation de l’espace industriel à l’américaine serait plus pertinente. Il aurait tout aussi bien pu proposer un modèle adapté à l’espace géographique français. Dans tout les cas, l’effort descriptif et détaillé est tout à fait intéressant et donne un bon aperçu de l’évolution récente de l’industrie française.

Clothilde Torregrossa HK/AL

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Géopolitique d’une périphérisation du bassin caribéen. Romain Cruse. Presses de l’Université du Québec, 2011. 153 pages. 25 $

C’est un drôle d’ouvrage que livre ici Romain Cruse. Si le lecteur n’est pas forcément d’accord avec l’auteur, cela ne le laisse pas indifférent ! Enseignant à l’université des Antilles et de la Guyane basée en Martinique, Romain Cruse analyse ici le bassin caribéen sous l’angle du concept de « périphérisation ». Celui-ci s’inscrit dans la ligne du Centre / Périphérie d’Alain Reynaud (1981) mais aussi des travaux de Samir Amin ou d’autres géographes marxistes. Cet espace régional connaît ce processus en raison des circonstances géographiques (proximité des Etats-Unis) et historiques particulières (mise en application de la doctrine Monroe à partir de 1823, reconnaissant aux Etats-Unis leur droit et ambition sur les périphéries américaines). Harvey dénonce les effets de cette politique (croissance des inégalités sociales et appauvrissement des populations périphériques depuis les années 1970). Romain Cruse compare cette politique avec celle de la Francafrique.

La définition des Caraïbes retenue est large : Petites et Grandes Antilles, Guyanes, Venezuela, Colombie, Belize et Panama. Miami est considérée comme « la capitale du bassin Caraïbe ». Le bassin Caraïbe collectionne les superlatifs : taux d’homicides le plus élevés au monde, taux d’incarcération des plus élevé au monde. Pour R. Cruse (contrairement à ce que pensent Roger Brunet ou Olivier Dollfus), cela n’a rien à voir avec l’insularité mais est à rapprocher de « l’inégalité, le degré de libéralisation de l’économie (…) et à l’exploitation de la lutte contre le trafic de drogues illicites. »

Le propos est très engagé et antiaméricain. « L’analyse géopolitique présentée dans cet ouvrage montre que les Grandes Antilles furent en réalité recolonisées au cours du XXème siècle par les Etats-Unis ». R. Cruse ne se cache de son implication idéologique. « La neutralité est un mythe. ». Il revendique l’héritage d’Howard Zinn et une démarche scientifique pour déconstruire la théorie de la « domination bienveillante » des centres. « Ceci n’a rien à voir avec de l’antiaméricanisme », une approche partisane ou « non objective » comme on peut trop souvent l’entendre. Les analyses « conservatrices » de l’espace ne peuvent plus prétendre au monopole de l’objectivité. » Nous voilà prévenus !

Qu’en est-il au final ?

Le cœur de l’ouvrage est de la même veine. Le propos est corrosif. La périphérisation est analysée à l’aune d’une « logique parasitaire ». Les processus de mise en dépendance sont passés à la moulinette de logiques géographiques, historiques et économiques. La mondialisation et le modèle libéral sont au cœur de la critique. Même Toussaint Louverture n’est pas épargné, accusé d’avoir dévoyé la révolution haïtienne ! Cuba tire son épingle du jeu dans la démonstration grâce à la révolution castriste. Pour être tout à fait honnête, il faut reconnaître à R. Cruse que l’exploitation de cet exemple ne se fait pas de manière aveugle. S’il insiste sur le classement IDH du pays, il reconnaît que « Cuba n’est pas un modèle démocratique » mais s’empresse d’ajouter « il faut cependant tempérer cette affirmation. Peut-on instaurer un régime démocratique à Cuba pendant que l’extrême droite américano-cubaine, avec l’appui du gouvernement, tente de renverser le régime par la force depuis près d’un demi-siècle ? »  C’est un livre engagé comme peut en donner un avant goût la couverture. Deux photos sont mises en parallèle. Celle d’en haut montre un pauvre type courbé sous l’effort à pousser un énorme chariot bricolé et rempli de fruits ou de légumes dans une rue d’un bidonville. En dessous, un policier baraqué, de dos, portant le gilet jaune du New York City Police Departement somme un automobiliste d’avancer. D’un côté, la soumission et l’exploitation des pays du Sud. De l’autre : l’autoritarisme du géant américain. Voilà de quoi bien résumer le contenu de cet ouvrage !

Catherine Didier-Fèvre © Les Clionautes

 

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http://immonews.wordpress.com/2008/03/26/abou-dhabi-n%E2%80%99est-pas-dubai/

Géographie amoureuse du monde, Sylvie Brunel, édition Lattès, 2011

L’auteure :

Sylvie Brunel est une géographe, économiste et écrivain française, née en 1960. Spécialiste des questions de développement, elle a travaillé pendant plus de quinze années dans l’humanitaire et a publié une vingtaine d’ouvrages consacrés au développement, en particulier aux questions de famine. Elle est à ce jour professeur des universités à l’Université Paris IV-Sorbonne.

Résumé :

En février 2011, Sylvie Brunel s’est rendue à Abou Dhabi pour donner des cours à la « Sorbonne des sables ». Des professeurs parisiens se rendent dans l’université émiratie afin de répliquer leurs cours parisiens à des étudiants venant de tout le Proche et le Moyen-Orient. Elle a refusé pendant trois ans de s’y rendre, craignant pour sa liberté en tant que femme, et se représentant un pays contraignant et obligeant le port du voile. Cependant cette année (2011) malgré ses contestations, elle n’a pas eu le choix. Elle part ainsi, angoissée à l’idée de se rendre dans une région observée par le monde entier à cause des « révolutions arabes ».

I)            Un islam tolérant

Dès son arrivée à l’aéroport elle fait un constat : ce pays ne ressemble pas à ses voisins. Des personnes aux tenues vraiment variées sont observables : de la tenue traditionnelle à la minijupe en passant par le costume-cravate. Abou Dhabi est une ville particulière. Cette ville montre au monde que l’islam peut être une religion de tolérance et d’ouverture au monde. Le pétrole de cet émirat est devenu intelligence, permettant la construction d’un îlot de sérénité. On anticipe même déjà le moment où le monde sera privé de pétrole. La situation actuelle n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était en 1965 : une terre aride, peuplée de Bédouins se déplaçant à dos de chameau. Bien que les Britanniques aient occupé ce pays pendant 150 ans aucun progrès n’est noté. Le développement des perles de culture japonaises dans les années 1950 fait perdre au pays sa principale ressource économique. Aujourd’hui le paysage de la ville a été totalement remodelé par l’homme. La ville est un immense chantier, et avec les 80% d’immigrés asiatiques que compte sa population, il suffit de quelques mois pour métamorphoser la ville.

II)          Une géographie du changement

La ville est en grande mutation : des immeubles sortent de terre, des autoroutes à six voies voient le jour. Abou Dhabi n’a pourtant été désenclavé qu’en 1968 avec la construction du pont Maqta. Les Emirats Arabe Unis possèdent 10% des resserves mondiales de pétrole et peuvent donc presque tout se permettre. Cet or noir est découvert en 1959, et ne profite à la population qu’en 1966. A cette date Sheikh Bin Sultan Al Nahyan prend le pouvoir à son frère et parvient à réconcilier sept sultanats rivaux créant ainsi les Emirats Arabes Unis en 1971. En moins de trente ans il parvient à ériger une oasis de développement ouvert sur le monde, sans renier l’héritage du pays. Abou Dhabi a ancré sa métamorphose sur trois piliers : éducation, innovation, et anticipation.

Les professeurs faisaient quotidiennement la navette entre l’université et leur hôtel de luxe. Paris-Sorbonne-Université Abou Dhabi arbore sa laïcité, sa mixité, ses enseignants français. Le campus s’est construit en moins de six ans sur une ile déserte, qui va bientôt devenir un quartier de logements et d’affaires. Les élèves portent des vêtements traditionnels ou bien des jeans, casquette et autres tenues occidentales. Les étudiants sont ouverts, et ils discutent en plusieurs langues. Les émiratis savent qu’actuellement le monde est américain, et sera demain chinois ; de ce fait ils ont signés des accords avec le MIT (entres autres).

III)        Un rêve architectural au milieu du désert

A Dubaï la folie futuriste n’a pas résistée face à la crise mais à Abou Dhabi on continue de construire. Le plan d’aménagement de 2030 prévoit qu’elle comptera 2.6 millions d’habitants (soit le double d’aujourd’hui). La ville vise à devenir le nouveau « hub » culturel du monde. Sur l’île de Saadiyat des projets fascinants voient le jour : pour la construction d’un pôle de développement touristique et écologique ils ont fait appel aux meilleurs architectes du monde. Dès 2013 une réplique du Louvre doit ouvrir. Le musée Sheikh Zayed dominera l’ile, qui comptera aussi un musée Guggenheim, ou un musée de la marine aux formes effilées. De plus il y aura un golf et une marina. Malgré ces diverses constructions Abou Dhabi se veut exemplaire en matière de développement durable. Un écosystème a même été reconstruit sur une ile et les touristes peuvent y observer un troupeau de gazelles et d’oryx.

IV)         Le vert sous toutes ses formes

Les enjeux de demain seront verts : vert de l’écologie mais aussi vert de l’islam (la plus grande mosquée du monde a été construite aux portes de la ville). L’islam reste tolérant et les visiteurs non musulmans sont les bienvenus. La religion se manifeste dans la beauté et l’opulence. La volonté de Sheikh Zayed était que chaque habitant d’Abou Dhabi voit, en sortant de chez lui, un palmier et une mosquée, ce qui n’a pas empêché les autorités de réhabiliter une église chrétienne du Vème siècle. La ville du futur, Masdar voit le jour : c’est un laboratoire des technologies les plus innovantes en matière de croissance propre. Des sommes folles sont dépensées pour inventer l’architecture bioclimatique, ou de nouvelles énergies renouvelables. Des ratés sont observables et de ce fait il y a des conséquences. Les habitants d’Abou Dhabi doivent payer une partie de leur eau et de leur électricité, mais ils vivent encore des largesses de l’Etat envers les citoyens de souche (20% de la population). Ceci n’empêche pas les immigrations asiatiques ou du Proche et Moyen-Orient, qui trouvent  à Abou Dhabi les salaires et la paix sociale. Des défauts existent dans cette ville : convoitises sexuelles du patron, des punitions envers le vol d’un autre âge, les gens circulent en 4×4 mais tout en proclamant un amour du développement durable et en plantant sans cesse de la pelouse anglaise. Comment ne pas admirer l’ambition créatrice de ces anciens bédouins qui construisent les pyramides de demain dans un esprit de tolérance ?

En moins d’un siècle Abou Dhabi s’est métamorphosée, sans renier son histoire et a dompté terre et mer. Elle a su dominer une terre hostile et créer une terre de confort, ouverte au monde, et aux multiples possibilités, tout en respectant la biodiversité de son territoire. Le pétrole tant décrié n’est pas toujours signe de perdition et d’arrogance lorsqu’il est bien géré.

Critique :

Dans ce chapitre Sylvie Brunel permet au lecteur de découvrir une réalité bien souvent ignorée : Abou Dhabi n’est pas un état fermé et autoritaire. Elle sait montrer par une écriture simple que cette ville est en pleine expansion et que, bien que le pétrole soit actuellement sa principale rente cet état pense déjà à sa reconversion. Ainsi elle laisse voir au lecteur la longueur d’avance d’Abou Dhabi qui prend dès maintenant son futur en main, et est même capable d’agir en faveur de l’environnement alors qu’il produit du pétrole.

En 2009 l’association Architecture Dijon Bourgogne a proposé une exposition intitulé « Emirates City ». Un grand travail a été réalisé pour permettre de rendre compte de l’histoire, de l’aménagement du littoral, de l’urbanisme,… des Emirats Arabes, à travers de nombreux textes, images, ou vidéos. Cette exposition permettait aux visiteurs de découvrir le visage d’Abou Dhabi tel que le décrit Sylvie Brunel, mais il y avait également le parti pris de montrer que cette ville a voulu se démarquer des autres par une surenchère qui ne cessait de croitre.

Tiphany Rétif, HK/BL

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