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in Développements durables.Tous les enjeux en 12 leçons.
De Yvette Veyret et Jacqueline Jalta, Autrement, 2010
Pour un développement durable ?
Les hommes depuis la découverte du feu, utilisent des énergies. Ils s’en servent pour améliorer leur confort et leurs activités. Cependant ces énergies produisent des pollutions comme les gaz à effet de serre qui sont nuisibles à l’homme et à son environnement. Faut-il continuer à utiliser ces énergies jusqu’à leur épuisement total ou bien essayer de trouver des solutions en allant vers la voie du développement durable ?
L’importance des énergies dans le développement et les incertitudes sur les réserves.
Les hommes ont développé leurs sociétés grâce aux énergies. Au 19ème siècle, la première révolution industrielle a vu le jour grâce à l’exploitation du charbon. Cela a permis de faire marcher des trains, des locomotives afin de transporter des produits de tout type.
Aujourd’hui, l’énergie première qui permet le développement de nos sociétés est le pétrole. Cependant ces énergies exploitées actuellement ne sont pas renouvelables. Selon l’agence internationale de l’énergie (AIE), les réserves exploitables de pétrole aujourd’hui s’élèveraient à 1200 milliards de barils voire 780 milliards. La production de pétrole, dans un demi-siècle sera la même qu’aujourd’hui, alors que la demande augmentera.
Le prix élevé du pétrole permet une bonne exploitation des gisements qui ne sont pas toujours faciles à exploiter. Il y a de moins en moins de zones d’exploitation car trop exploitées. (Mer du Nord, Amérique). De même, que de nouvelles zones d’exploitation sont découvertes mais très difficiles d’accès. (Mer Caspienne, Sibérie, Arctique).
Ce sont les mêmes problèmes qui se posent pour le gaz naturel. Sa production serait de 65 ans et de 200 ans pour le charbon.
L’électricité provient d’énergies non renouvelables : énergies fossiles (67%), nucléaire (13%) dans le monde.
L’énergie nucléaire est une énergie non renouvelable. Elle fournit 30% de l’électricité dans l’Union Européenne. Cependant, il est difficile dans certain pays en voie de développement de construire des centrales, car les tensions subsistent.
Des réserves inégalement réparties, source de tensions géopolitiques, voire de conflits.
- Le charbon : 27,1% aux Etats-Unis, 8,6% en Australie.
- Le pétrole : 21,9% en Arabie Saoudite, 8,1% aux Emirats arabes unis.
- Le gaz naturel : 26,3% en Russie, 3,3% aux Emirats arabes unis.
- L’uranium : 26,5% en Australie, 6,4% au Brésil.
Nous constatons que le Moyen-Orient et la Russie sont avantagés. Les grands consommateurs sont en Europe, en Amérique du Nord, au Japon et dans les pays émergents. Les énergies sont donc des enjeux géopolitiques majeurs. Cependant, dans certains pays d’Afrique, il y a des ressources de pétrole qui ne sont pas exploitées car le pays n’est pas développé et n’a pas les moyens financiers pour exploiter ces ressources. Selon Emil Salim, le pétrole peut être une source d’appauvrissement et de conflits et donc de frein pour le développement durable.
Les énergies fossiles, source de catastrophes et de risques environnementaux, limites au développement durable.
Les énergies fossiles, l’énergie nucléaire, l’usage du charbon et du pétrole peuvent créer de grandes catastrophes.
L’exploitation du charbon a entraîné dans le passé des catastrophes pour les mineurs : inhalation de poussières de charbon, effondrements de galeries, incendies, explosion de grisou. Le 10 mars 1906, à Courrières, plus de 1 000 mineurs sont morts. L’apparition de fontis provoque des déformations lentes de la surface du sol qui entraînent des déséquilibres sous les constructions
Les risques du stockage des hydrocarbures sont : effets thermiques, incendies, effets mécaniques.
Les régions où sont concentrées les activités de raffinage, de stockage et de transformation sont exposées à des risques industriels.
L’usage de énergies est source de pollutions affectant le géosystème et les populations. Les pollutions des villes comme les rejets des chauffages, des transports sont des pollutions chroniques ou diffuses.
Le rejet dans l’atmosphère de souffre et d ‘oxydes d’azote dues à la combustion du pétrole ou du charbon provoquent des pluies acides. Les activités de raffinage et la pétrochimie émettent des polluants comme le dioxyde de souffre et des oxydes d’azote. A Londres, il y a une cinquantaine d’années ces polluants émettaient des brouillards photochimiques : les smogs contenant de l’acide nitrique et de l’acide sulfurique. Ces brouillards en se mélangeant aux nuages retombaient sous forme de pluies acides. En 1954, Londres a connu un smog de plusieurs jours qui a entraîné la mort de 4 000 personnes. Deux lois Clean Air Acts ont été votées en Angleterre en 1956 et en 1968.
Ces pluies acides ont été à l’origine du dépérissement des forêts d’Europe dans les années 1980. De même que les lacs, les roches, les constructions sont polluées et abîmées par ce phénomène de pluies acides.
Des mesures ont été prises afin de diminuer les émissions acides en France et en Europe depuis la fin des années 90 comme par exemple la mise au point du pot catalytique. Les industries qui émettent du SO2 doivent être déclarées à la Préfecture.
Les activités pétrolières peuvent être à l’origine de pollutions terriennes et maritimes : fuites, marée noire. Les littoraux, la flore (flore, faune, espaces touristiques, installations industrielles) sont touchés gravement par ces pollutions.
L’usage des énergies fossiles émet du gaz à effet de serre qui n’arrange rien au changement climatique.
Le nucléaire peut-être aussi une source de pollution et de danger comme les explosions dans les centrales nucléaires, le stockage des déchets nucléaires, des fuites, le transport des produits nucléaires vers le centre de stockage.
De même que les pays riches et émergents ne peuvent se développer sur l’exploitation des énergies fossiles.
Les énergies renouvelables aujourd’hui
Il y a :
- L’énergie éolienne ou l’énergie liée à l’action du vent ; cette énergie sert à produire de l’électricité mais elle ne pollue pas. Elle a un coût modéré à production périodique.
- L’énergie solaire produit de l’électricité et du chauffage. Il y a l’énergie solaire photovoltaïque qui est une source d’électricité pour les pays pauvres ; c’est une production domestique qui a un coût élevé et un faible rendement.
- L’énergie solaire thermique qui produit de l’eau chaude mais reste onéreuse. C’est une énergie a fort potentiel, à bon rendement mais à production périodique.
- La géothermie est une énergie qui utilise les eaux chaudes du sous-sol ; c’est une énergie constante avec un faible nombre de sites exploitables. Les investissements sont importants.
- La biomasse fournit de l’énergie par le biais du bois. Le stockage est facile, peu d’émissions de CO2 mais il y a risque de déforestation et de dégradation des écosystèmes.
- Le biogaz provient de la fermentation sans oxygène de déchets ; c’est un mélange de gaz carbonique et de méthane.
- Les biocarburants : le colza, le tournesol, le soja sont traités pour en extraire l’huile et produire du diester. Ils ont l’avantage de se substituer au pétrole. Ils émettent peu de CO2 mais ils entraînent des conflits avec les cultures pour l’alimentation.
On peut aussi produite de l’éthanol avec la betterave, le blé, l’orge ou la canne. On assiste également au développement des agro carburants.
- L’hydraulique permet de produire de l’électricité grâce à l’eau sous forme de barrages. Cependant les barrages entraînent des pollutions comme le barrage d’Assouan en Egypte. L’hydraulique fournit 15% de l’énergie électrique dans le monde. C’est une énergie qui a un faible coût mais qui représente des coûts environnementaux.
Les auteurs soulignent qu’en 2007 la population mondiale consommait 10 milliards de tonnes d’équivalents pétrole mais que 2 milliards d’hommes n’avaient pas accès à l’électricité.
L’équilibre entre ressources renouvelables et non renouvelables n’est pas encore trouvé car la demande des pays émergents augmente. Il est donc conseillé de réduire le gaspillage des ressources non renouvelables.
De même que moins de déplacement en voiture, la maîtrise de la périurbanisation sont des solutions à la pollution urbaine. Il faut construire des habitats peu consommateurs en énergie, l’agriculture doit être aussi moins consommatrice. Un investissement dans les énergies renouvelables est aujourd’hui indispensable.
Les hydrocarbures en Russie et les enjeux du développement durable
La Russie est une puissance pétrolière et gazière, elle se situe au milieu de la triade Etats-Unis/Europe/Japon. Cependant, elle produit des hydrocarbures qui mettent en danger l’économie, la société et l’environnement. Quels sont les enjeux actuels de l’exploitation des hydrocarbures en Russie ?
La Russie première puissance pétrolière et gazière de la planète
La Russie détient du pétrole et du gaz en grande quantité. Ce sont de véritables potentialités pour ce pays. Les réserves russes sont estimées à 6% voire à 15%. De même, que les réserves mondiales prouvées sont de 40% en Russie. Néanmoins, l’exploitation de ces ressources est rendue difficile par les contraintes des milieux : le froid intense, la banquise, l’eau, la fonte du pergélisol. Les solutions à ce problème sont complexes et coûteuses. Par ailleurs, les réserves potentielles russes peuvent croître grâce à l’Arctique.
Une petite dizaine d’entreprises russes détiennent la production pétrolière. Gazprom détient une grande partie de la production de gaz. Cependant, les réserves exploitées sont déjà fortement entamées. L’exploitation de nombreux gisement a commencé. Néanmoins, les investissements pour ces exploitations sont importants.
Les hydrocarbures sont expédiés particulièrement en Europe et vers les grandes régions de consommation.
L’exportation de ces hydrocarbures est un enjeu important pour la Russie.
« Sécurité des approvisionnements, sécurité des marchés » : des enjeux de développements durables.
D’ici 2030, la demande globale d’énergie primaire aura augmenté de plus de 55%. Le charbon, le pétrole et le gaz couvriront 80% des besoins. La Russie étant proche de l’Europe, a construit un véritable marché avec elle.
Il existe une interdépendance entre ces deux pays. L’Union Européenne a des besoins constants en gaz et la Russie a besoin des moyens techniques, financiers européens pour moderniser ses équipements.
La production de gaz est au cœur d’accords politiques et industriels avec les pays consommateurs, les pays producteurs et les pays de transit.
L’objectif de la Russie est de réduire les vulnérabilités et à maîtriser ses ressources et les voies de transit du gaz et de réduire sa dépendance envers l’Union Européenne. Néanmoins, depuis la chute de l’URSS, elle n’a plus le contrôle de ses gazoducs et actuellement, elle rachète des réseaux de transport à des pays voisins. Par ailleurs, la Russie participe à des projets énergétiques au sein de l’Union Européenne et pèse ainsi sur ses décisions.
La Russie veut réduire sa dépendance avec le Marché Européen par une réorientation des exportations de gaz vers l’Asie et le Moyen-Orient.
La Russie développe ses propres terminaux pétroliers, elle souhaiterait bâtir un oléoduc pour capter le transit Kazakh. De même, l’Union Européenne cherche à renforcer son marché avec la Russie et les pays de transit mais elle participe à des projets concurrents qui contournent la Russie tels que l’oléoduc Bakou – ceyan ou tracesca. C’est un projet commercial avec l’Asie centrale.
Les retombées de l’exploitation des hydrocarbures sur le territoire
C’est un atout pour le redressement de la Russie après la chute de l’URSS. La production de pétrole et de gaz en Russie représente ¼ du PIB. L’économie russe est vulnérable face aux fluctuations des prix du gaz et du pétrole. De même, la baisse de la production dûe au retard de la mise en exploitation des nouveaux gisements constitue un facteur de faiblesse.
La Russie s’est constituée un fonds de stabilisation. Cependant, les coûts d’extraction et d’acheminement de ces ressources fragilisent l’économie russe. Les investissements nécessaires dépassent les capacités financières des entreprises russes. Les grandes entreprises étrangères occidentales sont sollicitées dans cette démarche.
Par ailleurs, l’état russe souhaite renégocier des contrats de partage de production conclus avec les entreprises occidentales comme Total. Il souhaiterait exclure le plus possible la participation des sociétés étrangères.
La Russie est une grande consommatrice d’hydrocarbures. Son gaspillage est tellement important que l’efficacité énergétique est faible. Ce gaspillage est en partie dû à la vétusté des équipements industriels, la vétusté des logements, le faible coût de l’énergie sur le marché russe et la mauvaise qualité d’entretien des conduites.
On constate aussi des gaspillages importants pour le pétrole. Les entreprises pétrolières qui extraits du gaz associé au pétrole préfèrent le brûler plutôt que de le vendre au prix extrêmement bas de Gazprom. Cela crée donc des pollutions importantes en Russie.
En conclusion
La Russie grâce à la production d’hydrocarbures a renforcé son poids international mais son économie est fragile due aux fluctuations géopolitiques.
Réflexion personnelle
Cette fiche de lecture m’a donné beaucoup d’informations sur les énergies renouvelables telles que le solaire, le nucléaire, la biomasse, le charbon qui sont actuellement des énergies complémentaires aux hydrocarbures. Le gaz occupe également une place majeure dans nos énergies du futur et avec le cas de la Russie, j’ai mieux compris la politique énergétique de ce pays.
Ainsi, les développements durables nécessitent que nous nous interrogions sur les enjeux sociaux, économiques et environnementaux de nos futurs projets afin de mieux préparer l’avenir. Pour tenir compte de la croissance de la population, des grandes catastrophes, de la pauvreté importante, de la crise de l’énergie et de la pollution, les états devront maîtriser et réduire l’impact de leurs activités sur les personnes et sur l’environnement.
Parmi les objectifs prioritaires à mettre en oeuvre, ce sont les réductions d’émissions dans l’air et de rejets dans l’eau de nos déchets ainsi que de nos consommations d’énergie et d’eau. La société Total par exemple contribue déjà au développement économique et social des pays avec lesquels elle entretient des liens de coopération sur les gisements de pétrole par exemple. Cette société emploie près de la moitié de la main-d’œuvre locale sur ses sites industriels et participe également à des actions d’éducation et de formation auprès de la population locale.
A l’avenir, nous devrons favoriser l’accès à une énergie abordable et durable aux populations à faibles revenus.