13 juillet : Quentin Metsys
13 07 2008Quentin Metsys (1466-1530)

Quentin Metsys : “Le prêteur et sa femme” (1514, Musée du Louvre, Paris)
Un des plus importants peintres de la Renaissance flamande au XV° siècle. Digne héritier des primitifs flamands de la 1° moitié du XV° sicèle, il perpétue la tradition de Van Eyck, van der Weyden et Memling à Louvain puis à Anvers, centre artistique émergent des Flandres. Contemporain de Jérôme Bosch, il fut aussi à la croisée des influernces artistiques de la Renaissance flamande, allemande (avec Holbein et Dürer) et italienne (avec Léonard de Vinci dont il s’inspira aussi).
Enfance, jeunesse et formation
Il est le fils d’un forgeron et horloger flamand, Josse Metsys. Il fut formé par son père à ce métier, en compagnie de son frère aîné, Josse II mais après la mort de son père à l’âge de 17 ans , il se tourna vers la peinture tandis que son frère devenait forgeron à son tour. Une légende raconte aussi que c’est pour séduire la fille d’un peintre qu’il embrassa la carrière de peintre.
Bien que l’on ne lui connaisse pas de maître certain, il a probablement fréquenté Dirk Bouts, fondateur de l’Ecole de Louvain et continuateur de l’oeuvre des pionniers de la Renaissance flamande, notamment van Eyck et van der Weyden. Il quitte ensuite Louvain pour Anvers, nouveau centre actif de la Renaissance notamment grâce à Jérôme Bosch. Gosvin van der Weyden, petit-fils du génial Rogier, était aussi un peintre anversois à cette époque
Son style et ses oeuvres, à la croisée du XV° et du XVI° siècle
Comme tous les autres peintres de la Renaissance flamande, Metsys traite de nombreux sujets religieux ainsi que des portraits, un genre nouveau alors. Il rend hommage à ses illustres prédécesseurs, van Eyck, van der Weyden, Memling, en reprenant par exemple la rigueur des contours et la finesse des portraits de van der Weyden, la couleur et les jeux optiques de van Eyck et de son élève Petrus Christus, comme dans le célèbre “Prêteur et sa femme” qui s’inspire largement du “Saint Eloi” de Christus et du miroir des “Epoux Arnolfini” de van Eyck.

Petrus Christus : “Saint Eloi dans son atelier d’orfèvre” (1449, Metropolitan museum of Art, New York)
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Jan Van Eyck : “Les époux Arnolfini” (détail du miroir, 1434, National gallery, Londres)
A la fin du XV° et au début du XVI° siècle, Metsys se trouve à la charnière de la période des primitifs et de l’apogée de la Haute Renaissance, ainsi qu’à la croisée des influences diverses de la Renaissance entre Flandres, Allemagne et Italie. Il s’est probablement inspiré de certains croquis de Léonard de Vinci, notamment sur les créatures monstrueuses, comme par exemple dans le portrait dit de “la vieille femme”, qui pourrait représenter la comtesse du Tyrol. Il a aussi rencontré ses contemporains allemands Memling, Holbein et Dürer, qui ont probablement influencé en partie son art du portrait.

Quentin Metsys : “La vieille femme” (1525-30, National gallery, Londres)
Metsys atoujours porté une attention particulière au conhtraste entre la beauté et la laideur. A cet égard, la caricature de la laideur, physique comme morale, est une leçon de morale du peintre. Certains historiens d’art estiment par exemple qu’à travers le portrait de la “Vieille femme”, Metsys s’inspire d’une leçon de son ami Erasme, tiré de l’Eloge de la Folie” et qui moque ces “vieilles femmes qui jouent la coquette avec leurs seins ridés”.
On peut retrouver dans le portrait des époux du mariage arrangé, cette leçon de morale et ce contraste sais entre laideur et beauté à tous les sens du terme, jeunesse et vieillesse, à travers une satire sociale.

Quentin Metsys : “Le mariage arrangé” (vers 1520-25, National Gallery, Londres)
On le trouve ici, dans une perspective religieuse, dans l’illustration du contraste entre la beauté du Christ et de son sacrifice et la laideur tant physique que morale des accusateurs du Christ et des dignitaires juifs qui lont fait condamner, dans le célèbre “Ecce Homo”, un thème récurrent de la peinture religieuse.

Ecce Homo” (1520,Palais des Doges, Venise)
A la fin de sa carrière, Metsys s’occupa des enfants de son ami, Joachim Patinir, un artiste anversois avec lequel il travailla et qui sera un des pionniers de la peinture e paysage. Il est possible qu’il contribua d’ailleurs à certains paysages des toiles de Metsys. Metsys eut plusieurs enfants de 2 mariages, dont 2 devinrent peintres à leur tour, Jan et Cornelis.
Jan Mabuse, Joos van Cleve, puis Pieter Bruegel, furent ses dignes successeurs dans l’école d’Anvers qui devint au XVI° siècle la capitale artistique du nord de l’Europe, succédant à Bruges, assurant la transition vers le XVII° siècle et l’apogée de la peinture hollandais.
Pour en savoir plus :
La fiche de Quentin Massys sur Artcyclopedia
Tags : Anvers, art, flamand, Histoire de l'Art, Louvain, peinture, Primitifs flamands, Renaissance
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La vieille femme ressemble plus a Golum embellit qu’une vieille femme…