La civilisation cycladique

12 01 2008

Les origines de l’histoire grecque : La période préhellenique (la Grèce avant les Grecs) du 5° au 2° millénaire av. J-C

La Grèce existait avant les Grecs ! Les Grecs ne sont en effet pas les premiers habitants du territoire mais on ne sait pas grand-chose des premiers occupants. Ceux-ci ont vraisemblablement développé à partir du 5° millénaire av. J-C une civilisation paysanne.

Avant l’installation de populations à proprement parler « grecques », 2 grandes civilisations se sont développées dont l’art a eu une très grande influence sur les civilisations suivantes : la civilisation cycladique (dans les Cyclades, archipel de la mer Egée) et la civilisation minoenne (en Crète).

 

“Idoles féminines cycladiques” (3° millénaire av. J-C)

Bien que notre visite ne comporte aucun site cycladique (il faudra faire un voyage dans les îles pour les découvrir), nous aurons l’occasion, notamment au Musée d’Athènes, de découvrir cet art. Alors autant faire le point. Lisez donc la suite : Lire la suite »



Des différents courants post-impressionistes, du pointillisme et du fauvisme

3 01 2008

Suite de la conversation sur Valtat, l’impressionisme, le pointillisme, le fauvisme…

Le pointillisme, illustré notamment à merveille par Paul Signac ou ici par Valtat, consiste à remplacer les larges aplats par des points. C’est un traitement en “pixelisation” si l’on veut. Ici, dans “Arbre dans un jardin”, Valtat utilise de gros points pour faire ressortir les différences de couleur.

Le nouage rose - Antibes (1916, Museum of Art, Portland)

Certains ont carrément utilisé une véritable pixelisation scientifique des formes et de la lumière.

Paul Signac : “Nuage rose à Antibes” (1916, Museum of Art, Portland)

Quant aux fauvistes, ils ont rompu avec un autre postulat académique : les couleurs n’y correspondent plus aux formes. C’est le cas en particulier chez Matisse ou chez Gauguin

Henri Matisse : “Harmonie en rouge” (1908, Musée de l’Hermitage, Saint-Pétersbourg)

Valtat s’y apparente lorsqu’il utilise comme dans ses paysages de l’Esterel des couleurs pures et non mélangées non pour rendre les couleurs réels mais pour aller plus loin dans le traitement de l’impression que rendent les couleurs : ici le contraste entre le rouge des rochers et le bleu de la mer est volontairement accentué et irréel pour rendre “dansante” l’impression de vibration que produit cet effet. On est finalement tout à fait dans la suite logique de l’impressionisme. Le rouge (chaud) et le bleu (froid) sont opposés dans le cercle chromatique. C’est un contraste presque parfait.

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2 janvier : Louis VALTAT

2 01 2008

Il est mort jour pour jour il y a 58 ans :

 

Louis VALTAT

Né à Dieppe le 8 août 1869

Mort le 2 janvier 1952

Baie d'Anthéor (vers 1906-07, Musée de l'Hermitage, Saint-Pétersbourg)

Baie d’Anthéor” (vers 1906-07, Musée de l’Hermitage, Saint-Pétersbourg)

Ce peintre français de la fin du XIX° et du début du XX° siècle est un des représentants du courant fauviste.

Arbre dans un jardin (1896)Formé à l’Académie Jullian, il installe un atelier à Paris et travaille notamment avec Henri de Toulouse-Lautrec. Vers 1897-98, il s’installe sur la côte de l’Esterel, près d’Agay et Anthéor dont il peint la côte découpée, les rochers rouges et sauvages. Il en profite aussi pour rendre visite à d’autres amis peintres installés sur la Côte d’Azur, Auguste Renoir à Cagnes-sur-mer et Paul Signac, un des maîtres du pointillisme, à Saint-Tropez. Il continue néanmoins d’exposer aux principaux salons, notamment le Salon d’Automne de 1905 où, en compagnie de Derain, Puy, Matisse et consorts, il provoque le scandale du fauvisme. Le traitement décalé des couleurs fait effectivement de Valtat un pionnier du fauvisme mais l’ensemble de son œuvre reste post-impressioniste au sens large du terme, souvent mêlée de pointillisme, influence probable de Signac. Dès 1905, il s’installe à Paris puis dans la vallée de Chevreuse et meurt en 1952.

Arbre dans un jardin” (1896)

Mer à Agay (1917-18)On reconnait dans « Arbre dans un jardin » le pointillisme avec ce traitement par points (ici assez larges) des formes dans une perspective impressionniste. Ces paysages de l’Estérel, dont cette baie près d’Agay où j’ai plaisir chaque année à me baigner, représentent bien son traitement fauviste des paysages, avec des couleurs presque pures, simples et tranchées. Quant aux « Bateaux au bois de Boulogne », il rappelle l’influence de l’Art déco de la Belle époque où il a vécu son apogée. On y décèle même l’influence de la Sécession viennoise.

Mer à Agay” (1917-18)

Pour en savoir plus sur Valtat : le site officiel

La fiche de Valtat sur Artcyclopedia

Une galerie de 38 de ses oeuvres sur atheneaum.org

Bateaux au bois de Boulogne (1920)

Bateaux au bois de Boulogne” (1920)



Jean II Restout “le jeune”

1 01 2008

 

Profitons des hasards du calendrier en cette nouvelle année pour découvrir l’Art au joour le jour en fonction des dates de naissance ou de mort de certains peintres célèbres. Pour un 1er janvier, je rends hommage à un peintre français mort il y a pile 240 ans, le 1er janvier 1768 :

 

Jean II RESTOUT

 

Né à Rouen le 25 mars 1692

Mort à Paris le 1er janvier 1768

Ce peintre néo-classique français est le membre d’une illustre famille de peintres normands du XVII° siècle et notamment le fils de Jean Ier Restout et de Catherine Jouvenet. Son oncle et parrain, Jean Jouvenet, chef de file de la peinture religieuse en France à la fin du XVII° siècle l’a formé à partir de 1707. Il suivit aussi probablement un apprentissage auprès d’autres membres de sa famille.

Contrairement aux autres peintres de cette époque, il n’effectua pas le traditionnel voyage d’étude en Italie et resta en France où il fit carrière à l’Académie royale de peinture dont il gravit tous les échelons.

Vénus présentant ses armes à Enée (1717, National Gallery of Canada)Ses 2 œuvres « Vénus demandant à Vulcain des armes pour Enée » et « Vénus présentant ses armes à Enée », tirée d’un célèbre passage de l’Enéide de Virgile lui valurent le Grand Prix de l’Académie en 1717. Il en fut reçu membre en 1720 puis y enseigna à partir de 1730 avant d’en devenir directeur vers 1760-61. Exposant dans tous les salons, il installa un atelier à Paris où il forma de nombreux élèves, dont son beau-frère Noël Halle et surtout Maurice Quentin de La Tour, un des plus grands peintres du XVIII° siècle français.

Il aurait aussi travaillé pour Frédéric le Grand, Roi de Prusse et pour la famille de Rohan-Soubise. Il rédigea aussi un « Essai sur les principes de la peinture ».

“Vénus présentant ses armes à Enée” (1717, National Gallery of Canada)

De sa femme, Marie-Anne Halle, également peintre et fille du peintre Claude-Guy Halle, il eut un fils, Jean-Bernard Restout qui perpétua la tradition familiale en devenant peintre à son tour. Une affaire de famille la peinture chez les Restout en somme.

Marqué par la spiritualité janséniste (ses oncles étaient prieurs prémontrés), sa peinture religieuse s’en ressent. Il peint essentiellement des œuvres religieuses (notamment des retables), des sujets historiques (mythologiques en fait mais à l’époque, la mythologie était prise pour argent comptant) et des dessins de tapisseries pour l’atelier des Gobelins. Une production très classique pour un artiste très classique.

On retrouve le classicisme dans le traitement du sujet mythologique d’Enée, héros troyen du plus célèbre des poèmes latins, l’Enéide de Virgile. Des angelots joufflus à bouclettes, une nudité classique et réservée à la mythologie. Pompier et pompeux à souihait. Je précise bien sûr que dans la tradition, Vénus et Enée sont très amis-amis et que les romains prétendaient descendre de ce couple glamour. (Etre descendant de la déesse de l’Amour pour ceux qui ont passé leur temps à faire la guerre, c’est assez cocasse.)

La Pentecôte (1732, Musée du Louvre, Paris)

“Pentecôte” (1732, Musée du louvre, Paris)

Très intéressant aussi ce gigantesque retable sur la Pentecôte. La perspective très classique est centrale avec point de fuite unique centré sur la Vierge pour mieux la magnifier. La structure pyramidale du tableau renforce la spiritualité puisque c’est l’Espit saint qui dans la tradition biblique descend sur la Vierge et les apôtres, afin de leur donner notamment le don des langues poour évangéliser. La grâce des personnages saints de la scène est renforcée par les flammes (représentant le Saint Esprit descendu sur les Hommes), ainsi qu’un subtil traitement des couleurs et de la lumière, notamment du clair-obscur. Une oeuvre très classique mais très bien interprétée dans la plus pure tradition académique du XVIII° siècle qui est un des multiples chefs d’oeuvre du musée du Louvre.

Pour en savoir plus, vous pouvez visiter sa page sur la galerie d’art virtuel : Artcyclopedia.