Jean II Restout “le jeune”
1 01 2008
Profitons des hasards du calendrier en cette nouvelle année pour découvrir l’Art au joour le jour en fonction des dates de naissance ou de mort de certains peintres célèbres. Pour un 1er janvier, je rends hommage à un peintre français mort il y a pile 240 ans, le 1er janvier 1768 :
Jean II RESTOUT
Né à Rouen le 25 mars 1692
Mort à Paris le 1er janvier 1768
Ce peintre néo-classique français est le membre d’une illustre famille de peintres normands du XVII° siècle et notamment le fils de Jean Ier Restout et de Catherine Jouvenet. Son oncle et parrain, Jean Jouvenet, chef de file de la peinture religieuse en France à la fin du XVII° siècle l’a formé à partir de 1707. Il suivit aussi probablement un apprentissage auprès d’autres membres de sa famille.
Contrairement aux autres peintres de cette époque, il n’effectua pas le traditionnel voyage d’étude en Italie et resta en France où il fit carrière à l’Académie royale de peinture dont il gravit tous les échelons.
Ses 2 œuvres « Vénus demandant à Vulcain des armes pour Enée » et « Vénus présentant ses armes à Enée », tirée d’un célèbre passage de l’Enéide de Virgile lui valurent le Grand Prix de l’Académie en 1717. Il en fut reçu membre en 1720 puis y enseigna à partir de 1730 avant d’en devenir directeur vers 1760-61. Exposant dans tous les salons, il installa un atelier à Paris où il forma de nombreux élèves, dont son beau-frère Noël Halle et surtout Maurice Quentin de La Tour, un des plus grands peintres du XVIII° siècle français.
Il aurait aussi travaillé pour Frédéric le Grand, Roi de Prusse et pour la famille de Rohan-Soubise. Il rédigea aussi un « Essai sur les principes de la peinture ».
“Vénus présentant ses armes à Enée” (1717, National Gallery of Canada)
De sa femme, Marie-Anne Halle, également peintre et fille du peintre Claude-Guy Halle, il eut un fils, Jean-Bernard Restout qui perpétua la tradition familiale en devenant peintre à son tour. Une affaire de famille la peinture chez les Restout en somme.
Marqué par la spiritualité janséniste (ses oncles étaient prieurs prémontrés), sa peinture religieuse s’en ressent. Il peint essentiellement des œuvres religieuses (notamment des retables), des sujets historiques (mythologiques en fait mais à l’époque, la mythologie était prise pour argent comptant) et des dessins de tapisseries pour l’atelier des Gobelins. Une production très classique pour un artiste très classique.
On retrouve le classicisme dans le traitement du sujet mythologique d’Enée, héros troyen du plus célèbre des poèmes latins, l’Enéide de Virgile. Des angelots joufflus à bouclettes, une nudité classique et réservée à la mythologie. Pompier et pompeux à souihait. Je précise bien sûr que dans la tradition, Vénus et Enée sont très amis-amis et que les romains prétendaient descendre de ce couple glamour. (Etre descendant de la déesse de l’Amour pour ceux qui ont passé leur temps à faire la guerre, c’est assez cocasse.)

“Pentecôte” (1732, Musée du louvre, Paris)
Très intéressant aussi ce gigantesque retable sur la Pentecôte. La perspective très classique est centrale avec point de fuite unique centré sur la Vierge pour mieux la magnifier. La structure pyramidale du tableau renforce la spiritualité puisque c’est l’Espit saint qui dans la tradition biblique descend sur la Vierge et les apôtres, afin de leur donner notamment le don des langues poour évangéliser. La grâce des personnages saints de la scène est renforcée par les flammes (représentant le Saint Esprit descendu sur les Hommes), ainsi qu’un subtil traitement des couleurs et de la lumière, notamment du clair-obscur. Une oeuvre très classique mais très bien interprétée dans la plus pure tradition académique du XVIII° siècle qui est un des multiples chefs d’oeuvre du musée du Louvre.
Pour en savoir plus, vous pouvez visiter sa page sur la galerie d’art virtuel : Artcyclopedia.
Tags : art, Enée, Louvre, néo-classique, peinture
Compteur
Très très bonne idée que ce “un peintre, un jour” de notre bloggeur en chef. Attention toutefois à se relire car je constate quelques fautes. (ca c’est pour faire mon intéressant)
Enfin perso, je suis très interessé par ce peintre car je ne connaissais que Jean II Makoun (peintre réalisto-ratisseur-tacleur) d’origine camerounaise du dernier quart du XXème et du premier quart du XXI ème siècle qui expose encore pour quelques années au sein de l’école flamande dans une galerie non loin de Lille (Villeneuve d’Asq pour être précis). (ca c’et pour la frime et pour parler foot)