Des différents courants post-impressionistes, du pointillisme et du fauvisme
3 01 2008Suite de la conversation sur Valtat, l’impressionisme, le pointillisme, le fauvisme…
Le pointillisme, illustré notamment à merveille par Paul Signac ou ici par Valtat, consiste à remplacer les larges aplats par des points. C’est un traitement en “pixelisation” si l’on veut. Ici, dans “Arbre dans un jardin”, Valtat utilise de gros points pour faire ressortir les différences de couleur.

Certains ont carrément utilisé une véritable pixelisation scientifique des formes et de la lumière.
Paul Signac : “Nuage rose à Antibes” (1916, Museum of Art, Portland)
Quant aux fauvistes, ils ont rompu avec un autre postulat académique : les couleurs n’y correspondent plus aux formes. C’est le cas en particulier chez Matisse ou chez Gauguin

Henri Matisse : “Harmonie en rouge” (1908, Musée de l’Hermitage, Saint-Pétersbourg)
Valtat s’y apparente lorsqu’il utilise comme dans ses paysages de l’Esterel des couleurs pures et non mélangées non pour rendre les couleurs réels mais pour aller plus loin dans le traitement de l’impression que rendent les couleurs : ici le contraste entre le rouge des rochers et le bleu de la mer est volontairement accentué et irréel pour rendre “dansante” l’impression de vibration que produit cet effet. On est finalement tout à fait dans la suite logique de l’impressionisme. Le rouge (chaud) et le bleu (froid) sont opposés dans le cercle chromatique. C’est un contraste presque parfait.
Catégories : Histoire de l'Art

Formé à l’Académie Jullian, il installe un atelier à Paris et travaille notamment avec Henri de Toulouse-Lautrec. Vers 1897-98, il s’installe sur la côte de l’Esterel, près d’Agay et Anthéor dont il peint la côte découpée, les rochers rouges et sauvages. Il en profite aussi pour rendre visite à d’autres amis peintres installés sur la Côte d’Azur, Auguste Renoir à Cagnes-sur-mer et Paul Signac, un des maîtres du pointillisme, à Saint-Tropez. Il continue néanmoins d’exposer aux principaux salons, notamment le Salon d’Automne de 1905 où, en compagnie de Derain, Puy, Matisse et consorts, il provoque le scandale du fauvisme. Le traitement décalé des couleurs fait effectivement de Valtat un pionnier du fauvisme mais l’ensemble de son œuvre reste post-impressioniste au sens large du terme, souvent mêlée de pointillisme, influence probable de Signac. Dès 1905, il s’installe à Paris puis dans la vallée de Chevreuse et meurt en 1952.
On reconnait dans « Arbre dans un jardin » le pointillisme avec ce traitement par points (ici assez larges) des formes dans une perspective impressionniste. Ces paysages de l’Estérel, dont cette baie près d’Agay où j’ai plaisir chaque année à me baigner, représentent bien son traitement fauviste des paysages, avec des couleurs presque pures, simples et tranchées. Quant aux « Bateaux au bois de Boulogne », il rappelle l’influence de l’Art déco de la Belle époque où il a vécu son apogée. On y décèle même l’influence de la Sécession viennoise.
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