Rhinocéros : analyse de la pièce (personnages et décors)

LA STRUCTURE DE LA PIECE

F Complète le tableau suivant, en indiquant les différents décors et le nom des personnages présents :

 

ACTES   DECOR PERSONNAGES PRESENTS Nombre de personnages présents Nombre de rhinocéros
I   La terrasse d’un café

 

  10 1 ou 2
II Tableau I Le bureau où travaille Bérenger

 

Les employés et Mme Boeuf 6 (+ M. Boeuf en rhinocéros) 17 ou 32
Tableau II La chambre de Jean

 

Bérenger, Jean, M. Jean et la voisine + concierge 4 ou 5  
III   La chambre de Bérenger Bérenger, Dudard, Daisy 3 puis 1 Tous les personnages absents sont des rhinocéros

 

FComment le décor évolue-t-il ? Explique.

L’espace est de plus en plus petit. On passe d’un lieu public à un lieu privé, en passant par un lieu professionnel. C’est une évolution pessimiste.

 

F Comment le nombre de personnages évolue-t-il ? Explique.

Il diminue sans cesse : cela renforce le sentiment de solitude de Bérenger et le pessimisme de la pièce (Daisy est le dernier personnage à le quitter : elle symbolisait l’amour, l’espoir).

 

LES PERSONNAGES

 

F Classe les différents personnages en fonction du groupe auquel ils appartiennent :

 

Personnages secondaires : ils ne portent pas de nom Personnages désignés par un nom de famille Personnages désignés par leur prénom
Dont le nom désigne un animal ou un insecte Dont le nom se termine par un suffixe péjoratif
Le vieux monsieur, le Logicien, la serveuse, la ménagère, le patron du bar, l’épicier, l’épicière

Le peuple

 

 

 

M. Boeuf

M. Papillon

 

Ils étaient déjà rhinocéros (mentalement) ; ils le sont devenus physiquement

Botard

Dudard

 

Ces personnages, dans le fond, se ressemblent

Jean

Bérenger

Daisy

Ce sont les personnages les plus importants

F Peux-tu interpréter le choix des prénoms Daisy et Jean ?

Daisy = désir, amour, espoir

Jean = c’est un prénom simple, commun (d’ailleurs, son voisin s’appelle M. Jean) = « gens ». C’est le premier personnage qui succombe.

 

Personnage Costume Que représente-t-il ? Quelle opinion a-t-il d’abord ?1 Pourquoi devient-il rhinocéros ? Dans quel ordre devient-il rhinocéros ? Interprétation de l’évolution du personnage
Jean Jean est très soigneusement vêtu : costume marron, cravate rouge, faux col amidonné, chapeau marron. Il a des souliers jaunes, bien cirés (acte I).

Il a un pyjama vert, les cheveux ébouriffés (acte II).

L’homme sûr de lui, l’ordre

Monsieur Tout-le-monde (« gens », son voisin s’appelle Jean).

Il prétend pouvoir se cultiver en quinze jours !!

« C’est tout de même extraordinaire ! » (p. 31)

« Je n’en reviens pas ! C’est inadmissible ! » (p. 33)

« On ne devrait pas le permettre ! » (p. 34)

« Nous devrions protester auprès des autorités municipales ! » (p. 34)

« Après tout, les rhinocéros sont des créatures comme nous, qui ont le droit de vivre au même titre que nous ! » (p. 158) 2 Son caractère le prédisposait à devenir rhinocéros :

il n’est pas indulgent, il est prétentieux, il est sûr de lui.

Dans le deuxième acte, il n’applique pas ce qu’il avait dit lors du premier : « Oui, j’ai de la force… », « La vie est une lutte, c’est lâche de ne pas combattre ! »

M. Papillon Une cinquantaine d’années, vêtu correctement : complet bleu marine, rosette de la Légion d’honneur, faux col amidonné, cravate noire, grosse moustache brune (acte II). Patron « Rhinocéros ou non, soucoupes volantes ou non, il faut que le travail soit fait ! » (p. 106)   3  
Dudard Trente-cinq ans. Complet gris ; il a des manches de lustrine noire pour préserver son veston. Il peut porter des lunettes. Il est assez grand (acte II). Intellectuel ouvert

 

Lâcheté

« Il n’y a aucune signification à cela, monsieur Botard. Les rhinocéros existent, c’est tout. Ça ne veut rien dire d’autre » (p. 130)

« Laissez-les donc tranquilles ! » (p. 178)

Tolérant

 

« Mon devoir est de ne pas les abandonner, j’écoute mon devoir » (p. 217)

« S’il y a à critiquer, il vaut mieux critiquer du dedans que du dehors. » (p. 217)

Mauvaise foi : il dit que c’est pour les comprendre

6 Ionesco est très sévère avec les intellectuels.
Botard Instituteur retraité ; l’air fier, petite moustache blanche ; il a une soixantaine d’années, qu’il porte vertement. Il a un béret basque sur la tête ; il est revêtu d’une longue blouse grise pour le travail, il a des lunettes sur un nez assez fort ; un crayon à l’oreille ; des manches, également de lustrine (acte II) Expérience Communiste, anticlérical « Des histoires, des histoires à dormir debout » (p. 93)

« Vous voyez bien que ce sont des racontars, vous vous fiez à des journalistes qui ne savent pas quoi inventer pour faire vendre leurs méprisables journaux, pour servir leurs patrons, dont ils sont les domestiques ! » (p. 97)

« Psychose collective, monsieur Dudard, psychose collective ! C’est comme la religion qui est l’opium des peuples ! » (p. 106)

« C’est une mystification ! » (p. 109)

« C’est votre propagande qui fait courir ces bruits » (p. 109)

Il refuse d’y croire

« Il faut suivre son temps ! » (p. 206) : d’après Daisy, c’étaient ses dernières paroles humaines. 5 C’est le personnage le plus virulent dans l’acte II, mais il est de mauvaise foi, puisqu’il change d’opinion au cours de l’acte, pour devenir rhinocéros dans l’acte III.

Il commence par ne pas croire l’histoire du ou des rhinocéros.

Il se vante de son esprit méthodique, de son antiracisme.

Il dénonce les patrons, les curés, l’Eglise, les journalistes.

Quand il voit le rhinocéros dans l’escalier, il dénonce la « machination infâme ».

Il se contredit : « Ce n’est pas parce que je méprise les religions qu’on peut dire que je ne les estime pas ».

Sans cesse en colère.

Use de phrases toutes faites : « on nous exploite jusqu’au sang », « c’est comme la religion qui est l’opium des peuples », « le racisme est une des grandes erreurs du siècle ».

Ionesco s’en prend aux gens de gauche comme aux gens de droite.

Daisy Jeune, blonde (acte II) Elle incarne la femme. Pas de certitude. Espoir déçu pour Bérenger. « Que voulez-vous que j’en pense ? » (204)

N’a pas d’avis

« Ils ont l’air gais. Ils se sentent bien dans leur peau. Ils n’ont pas l’air d’être fous. Ils sont très naturels » (p. 238)

« J’en ai un peu honte, de ce que tu appelles l’amour, ce sentiment morbide, cette faiblesse de l’homme. Et de la femme. Cela ne peut se comparer avec l’ardeur, l’énergie extraordinaire que dégagent tous ces êtres qui nous entourent » (p. 239)

« « Ils sont beaux » (p. 241)

« Ce sont des dieux. » (p. 242)

Peur d’être seule

7 Peur d’être seule avec Bérenger. Par faiblesse.
M. Boeuf   Il a un nom d’animal.     1 ?  
Mme Boeuf Grosse femme de quarante à cinquante ans (acte II).       Non dit Elle suit son mari.
Le Logicien Il a une petite moustache grise, des lorgnons, il est coiffé d’un canotier (acte I). L’absurdité.     4  
Le Vieux monsieur A des guêtres blanches, un chapeau mou, une canne à pommeaux d’ivoire (acte I).

Bien habillé

Il ne voit pas les incohérences du Logicien : il suit.     Non dit La foule qui suit les rhinocéros
Bérenger Bérenger n’est pas rasé, il est tête nue, les cheveux mal peignés, les vêtements chiffonnés ; tout exprime chez lui la négligence, il a l’air fatigué, somnolent ; de temps à autre, il bâille. (acte I)

il y prendra sa blouse de travail, ou son veston usé (acte II)

Négligé

L’homme commun, sans culture, mal à l’aise dans la société

NOUS

« Ben… rien… ça fait de la poussière… » (acte I)

Indifférent

    Il décide de résister, mais tardivement.

Il se pose beaucoup de questions dans l’acte III. Il essaye de raisonner Jean, dans l’acte II.

 

 

1Dans l’acte I, après le passage du premier rhinocéros, Jean interroge à tour de rôle tous les personnages, en répétant la même question : « Qu’est-ce que vous en dîtes ? » Les réponses sont, à chaque fois, banales et inadaptées : le patron : « On ne voit pas ça souvent ! » (p. 28), « C’est comme une comète ! » (p. 29) ; la serveuse : « Ça va vite, ces animaux-là ! », « J’en avais jamais vu ! »  (p. 28) ; Bérenger : « De quoi parlez-vous ? » (p. 29), « Ben… rien… ça fait de la poussière… ».

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