Mon ami mort.

21 02 2008

Mon ami mort !
Et voila ! Il fallait que ça arrive une fois de plus.

Un nouveau gouvernement arrive et vlan, il essaie immédiatement de mettre sa main dans la gueule à la postérité en touchant à l’éducation des plus jeunes. Sauf qu’en principe c’est le ministre de l’éducation qui s’en charge, alors que là, super Sarko le devance et lui passe par dessus la tête (un exploit athlétique) !

Et donc, les enfants du CM2 vont parrainer un enfant disparu lors de la Shoa ! Super, à 9 ans cher élève, tu vas pouvoir te faire un ami mort. C’est pratique, facilement transportable, silencieux et pas contrariant… et il ne te grattera pas l’amitié pendant ton goûter dans la cours de récréation.

Finalement, Mr Darcos tente de rattraper le coup. Çà sera une classe entière qui sera de corvée. Heureusement, parce qu’un cercueil, faut au moins être 4 pour le porter, plus le cortège de circonstance… On aura pas trop d’un classe entière.

Cela dit, l’inquiétude me gagne sur de nombreux plans.

Comprendre des concepts et des évènements comme le nazisme, l’extermination systématique des juifs, la souffrance, la peur et la mort d’un gamin de leur âge… je ne pense pas qu’un enfant d’une dizaine d’année y soit bien préparé.

De plus, si on parle de lutter contre le racisme et l’exclusion de l’autre “différent” pourquoi s’en tenir à antisémitisme et non pas -comme il est fait quotidiennement en classe - à toute les formes de racisme. Et donc si l’on suit les idées idiotes de notre président, parrainons un petit noir, un petit rwandais, un petit arabe, un petit gros, un grand maigre, une élève de sexe féminin… mort. Allez, ça doit se trouver !

Et puis pourquoi cette déclaration en direction du culte juif… Parce qu’on a déjà donné quelque chose au culte musulman ?! Que va-t-il falloir faire pour les chrétiens, protestants, et autres témoins de Jéhova ?! Je n’ose l’imaginer !

Finalement, il me semble bien que plutôt que de lutter contre l’exclusion en regardant dans le rétroviseur, on pourrait, en s’appuyant sur l’Histoire, parrainer réellement un enfant vivant en situation difficile. Tiens par exemple, ceux qui sont détenus en centre de rétention, prêts à être expulsés, alors même qu’ils étaient scolarisés il y a 1 mois encore. Voilà qui est parlant et que les élèves comprendront aisément… C’est leur copain après tout!

Et puis, pour lutter contre le racisme, une vraie mixité sociale dans les classes, organisée et réfléchie -et non pas seulement celle, “naturelle” que l’on trouve dans certains quartiers “populaires”- serait vraiment la clef pour que tous nos enfants apprennent que les “autres” c’est simplement nous, différents.


Actions

Informations

Laisser un commentaire

rayon