L’Amérique : puissance du Nord, affirmation du Sud

Croquis : les dynamiques territoriales des Etats-Unis

Croquis : les dynamiques territoriales du Brésil:

PPT Amériques

1/Le continent américain : entre tensions et intégrations régionales

Introduction

Le continent américain (42 millions de km2, 15 000 km du N au S, 44 Etats et près d’1 milliard d’habitants) présente une très grande diversité économique et politique. Les contrastes de richesses et de développement sont considérables et le continent est toujours traversé par une fracture Nord-Sud. Malgré un contexte géopolitique et économique plus favorable caractérisé par l’intensification des flux et une croissance économique maintenue, les dynamiques d’intégration demeurent timides. Les facteurs d’intégration spontanée (tourisme, migrations, travailleurs frontaliers), se développent davantage que les processus d’intégration institutionnels (accords de libre échange ou d’union douanière). En fait, la plupart des pays d’Amérique du Sud sont défavorables à une éventuelle extension de l’ALENA et donc de l’influence  des Etats-Unis, tandis que le rôle dominant du Brésil au sein du MERCOSUR est aussi de plus en plus contesté.

 

Quelles dynamiques territoriales à l’échelle continentale ?

Quelles sont les tensions sur le continent américain ? Quelles en sont les causes et quels  

  contrastes économiques et culturels traduisent-elles ?   

Les initiatives d’intégrations régionales reflètent-elles ou réduisent-elles les tensions qui  

  affectent le continent américain ?  

  

11/ L’Amérique: un Nord, un Sud ?

    111/ Des contrastes de développement

 Le continent oppose une Amérique du nord développée à une Amérique latine fragmentée et contrastée.

Contrastes de richesse: Amérique du nord (EU + Canada) : 82 % du PNB pour 38% de la population, Amérique latine : 18 % du PNB pour 62% de la pop.

Contraste de développement humain: pauvreté persistante en Amérique Latine mais des progrès d’ensemble : en 2010 1/3 de la population en dessous du seuil de pauvreté contre 40% vers 1980. Cependant, la pauvreté dans les zones rurales est toujours 2 x > aux zones urbaines mais compte tenu de la forte urbanisation en Amérique latine, les 2/3 des pauvres sont urbains.

2 Amériques latines se distinguent: l’Amérique émergente, qui a bénéficié de la croissance et l’Amérique en développement: 12 pays sur 18 ont connu des progrès éco. et sociaux comme le Brésil, le Chili, l’Argentine, le Mexique.

On peut dresser la typologie suivante:

– EU et Canada : pôles de la Triade, IDH>0.9

–    Brésil : puissance régionale dont l’influence s’accroit (BRIS/Mercosur) mais contrastes sociaux importants (IDH : 0.7, 84ème rg.mondial).

–     Les « Jaguars » (NPI d’Amérique Latine, voc. /210): Mexique, Argentine et Chili : des économies qui se mondialisent grâce aux secteurs agroalimentaires ou textiles. IDH entre 0.7 et 0.8

–    Pays intermédiaires: Le Venezuela, la Colombie et  le Pérou. Fortes  dépendances  aux exportations (pétrole, café, sucre, matières 1ère). IDH<0.7

–    Les Pays en développement : Bolivie, Paraguay, Equateur, Nicaragua, Honduras, Cuba. Economies à faible valeur ajoutée, poids du sec. primaire, exportations de produits bruts.IDH autour de 0.6.

–  PMA: Haïti. IDH:0.4.

    112/ Des contrastes culturels

 La conquête coloniale a entrainé une coupure entre une Amérique anglo-saxonne majoritairement protestante et une Amérique latine catholique. Mais il y a beaucoup de nuances à apporter : forte américanisation des modes de vie en Amérique Latine et dans le même temps l’influence latino-américaine progresse rapidement aux EU conséquence de l’immigration latinos (1ère minorité du pays soit 16% de la pop.)

12/ Un espace de tensions

    121/ Les Etats-Unis et l’Amérique Latine

 La domination politique des EU s’est mise en place au début du XIXème siècle avec la doctrine  Monroe (en 1823, Monroe proclame que tout intervention européenne en Amérique latine sera jugée inamicale. Le slogan est alors: « L’Amérique aux américains« ). Dès la fin du XIXème siècle, après avoir expulsé l’Espagne de ses dernières possessions (Cuba, Porto-Rico), les EU se sont réservés une vaste « arrière-cour » en Amérique Centrale et dans les Etats insulaires des Caraïbes. Ils ont théorisé la politique du « bon voisinage » et du « big stick » en s’octroyant le droit d’intervenir militairement. Ils développent la « diplomatie du dollar » en multipliant les investissements et les traités commerciaux.

Les EU ont cherché aussi un contrôle géopolitique sur le Sud notamment pendant la guerre froide: pacte de Rio en 1947, Organisation des Etats Américains en 1948 (35 Etats).

En recul aujourd’hui, cette tutelle américaine se traduit toujours par un  » interventionnisme diffus » : rôle du $ dans les économies, investissements, aides militaires, lutte contre les trafics de drogue et les cultures de coca. Du point de vue économique, la domination des EU reste réelle : 30% des importations et des exportations, 50% du stock d’IDE.

Cette domination des EU a nourri depuis longtemps une défiance à leur égard : le bolivarisme (Bolivar : 1783-1830, Libertador, défend l’idée de l’unification des peuples d’Amérique latine contre les EU) de la Bolivie (Evo Morales depuis 2006) et du Venezuela (Hugo Chavez, Nicolás  Maduro depuis avril 2013)  s’oppose à cette hégémonie américaine et crée de fortes tensions. Cependant, malgré ces différends, les EU sont le 1er client et le 1er fournisseur du Venezuela. Le président nicaraguayen Daniel Ortega et celui du Pérou, Ollanta Humala, élu en 2011, s’inscrivent dans une mouvance proche quoique moins radicale.

    122/ Des tensions Sud-Sud

 Les tensions touchent aussi les Etats du sud entre eux car des anciens conflits ont laissé des traces durables: la guerre de la Triple Alliance ( 1864-1870) perdue par le Paraguay contre le Brésil, l’Uruguay et l’Argentine, la guerre du Pacifique (1879-1883) qui a permis au Chili de s’étendre aux dépens du Pérou et de la Bolivie qui a perdu son accès au Pacifique; Enfin la guerre du Chaco (1932- 1935) où le Paraguay a gagné une partie de la Bolivie.

Ces tensions perdurent aujourd’hui à cause de conflits frontaliers  ou des eaux territoriales (Colombie vs Venezuela par expl.). Certains pays (Bolivie, Argentine) dénoncent une certaine « brésilianisation » du continent.

Il faut y ajouter des tensions intra-étatiques qui peuvent se diffuser .Si les guérillas, nombreuses pendant la Guerre froide, s’éteignent peu à peu (Sentier Lumineux au Pérou) ou semblent en passe de le faire (FARC en Colombie, voc.p.214), les pays d’Amérique latine restent en proie à des violences sociales multiformes ((5 homicides mensuels pour 100 000 habitants aux EU, 22 au Brésil, 61 au Honduras). Celles-ci sont à la fois liées au narcotrafic de la Colombie à l’Amérique Centrale et au Mexique, à la question de l’inégalité des structures agraires (Brésil, Paraguay) ou encore aux violations des droits des peuples indigènes (au Chili en Équateur ou au Brésil,. Ces tensions intra-étatiques se retrouvent aussi dans les bidonvilles des grandes villes marqueurs des très fortes inégalités sociales (au Brésil 1 % de la population possède plus de 50 % de la richesse nationale). cf. les opérations de « nettoyage » de l’armée brésilienne dans les favelas de Rio pour la Coupe du monde de football de 2014 et les JO.

13/ Les intégrations régionales

     131/ Au nord : l’intégration par le libre-échange

 L’ALENA, signée en 1992, entrée en vigueur en 1994, organise la libre circulation des capitaux et des marchandises mais pas des personnes. C’est un marché de plus de 470 millions d’hab. (EU:315, Canada:35, Mexique:119) qui constitue la 1ère de puissance de la planète avec plus d’1/4 de la richesse produite dans le monde.

Depuis l’entrée en vigueur de l’ALENA, le commerce entre les pays membres a plus que triplé mais les relations sont très asymétriques entre les pays : les économies sont très inégales : le PIB du Mexique ne représente que 6% de celui des EU.

Les EU attirent 75% des exportations canadiennes et 78% des exportations mexicaines alors que les importations mexicaines provenant du Canada ne représentent que 2 % du total et les canadiennes du Mexique 1%.

Par ailleurs, si l’ALÉNA a permis au Mexique de tripler ses exportations, il a également augmenté considérablement la dépendance économique du Mexique vis-à-vis des États-Unis. Il y a une véritable « maquiladorisation » (218-219) de l’économie (maquiladoras : usines d’assemblage et de sous-traitance, Les maquiladoras exportent 40% des exportations mexicaines mais importent 95% des imputs,. Désormais 70 % du commerce mexicain s’effectue exclusivement avec les EU.

    132/ Au sud, la difficile construction d’un bloc régional

Il existe 16 associations régionales en Amérique d Sud mais pourtant les échanges intra- régionaux d’Amérique Latine de couvrent que 19% du total.

Le MERCOSUR, crée en 1991 par le Brésil, l’Argentine, la Paraguay et l’Uruguay + le Venezuela en 2005 (mais en pratique depuis 2012) est une union douanière de plus de 280 millions d’hab. (Zone de libre échange + tarif douanier extérieur commun). Le PIB du Mercosur est comparable à celui de l’Allemagne ce qui représente 80 % de la richesse produite sur le continent sud-américain.

La création du Mercosur a largement stimulé les flux commerciaux entre les pays membres de ce bloc régional puisqu’ils ont été x 10 en 20 ans. Mais l’intégration se fait entre pays très inégaux et le Brésil en est le plus bénéficiaire: il réalise 60% des exportations du Mercosur et n’en importe que 11% de son total. L’Argentine n’est que le 3ème partenaire du Brésil derrière les EU et la Chine. Cependant, le Brésil et l’Argentine se sont affrontés à plusieurs reprises, notamment en entravant le principe du libre-échange pour préserver leur économie. Cette tendance au protectionnisme s’est accrue fortement ces dernières années. Par ailleurs, en

termes d’investissements, le Brésil se tourne davantage vers l’Afrique que vers l’Amérique du Sud.

En 2001, le Venezuela tente de regrouper certains Etats pour s’opposer au projet américain de ZLEA (Zone de libre-échange des Amériques lancé en 1994 par B.Clinton), il propose l’ALBA (Alternative bolivarienne pour les Amériques). Mais ce projet n’intéresse que la Bolivie, Cuba et le Nicaragua. Avec le gel de la ZLEA à partir de 2008, un nouveau projet voit le jour : l’Union des Nations Sud-Américaines (UNASUR) : rapprochement du Mercosur et de la Communauté Andine des Nations (CAN: Bolivie, Colombie, Chili, Equateur, Guyana, Pérou, Surinam). Il s’agit surtout d’un forum de discussion (en 2011 projet d’une agence spatiale sud- américaine, projet de défense commune).

En 2011, le Venezuela lance un nouveau projet: la CELAC (Communauté des Etats Latino- Américains et des Caraïbes) dont les objectifs sont essentiellement politiques.

Enfin, création en juin 2012 de l’Alli ance du P ac ifique, regroupant le Chili, la Colombie, le Pérou et le Mexique (seconde économie de l’Amérique du Sud après le Brésil), dont le but est de capter les investisseurs asiatiques.

La multiplication de ces accords traduit paradoxalement la difficulté d’une véritable intégration régionale dont les principaux obstacles sont d’ordre géographique (forêt amazonienne, Cordillères des Andes) et les divergences d’intérêt et les tensions entre les pays sud-américains.

    133/A l’échelle continentale, une intégration en panne

 Aujourd’hui, l’Organisation des Etats Américains (1948, 35 Etats) végète, la Zone de Libre Echange Américaine(ZLEA ou ALCA en anglais), reste lettre morte, notamment du fait de l’hostilité de nombreux états latino-américains comme le Brésil ou l’Equateur. L’ambition des EU d’une union continentale a donc échoué. L’intégration productive est pourtant une réalité. En effet, sous la pression des institutions internationales (FMI ou OMC), les états ouvrent leurs frontières (ex : pour le Venezuela, les EU restent le 1er client et fournisseur). Les réseaux sont cependant mal connectés, et même s’il existe des ponts transcontinentaux Est/Ouest, il n’existe qu’un axe routier qui relie les territoires du nord au sud : la panaméricaine. Les flux migratoires témoignent toutefois de l’importance des contacts entre pays du continent. Ils restent les plus importants du monde au sein de l’Amérique latine ou entre Amérique latine et EU/Canada.  

2/États-Unis, Brésil: rôle mondial, dynamiques territoriales

Quel rôle mondial pour les États-Unis et le Brésil ? 

Quels points communs et différences entre une puissance mondiale et un pays émergent ?  

  21/ Une puissance mondiale et une puissance émergente

    211/ Un poids économique encore très différent

 20 % du PIB mondial, 20% de la valeur de la P° agricole et 26% de la P° industrielle .Le PIB des EU 6 x > à celui du Brésil qui occupe la 6ème place (devant le Royaume-Uni) et le double de celle de tous les autres Etats américains réunis, Canada compris. Les Etats-Unis sont une puissance mondiale alors que le Brésil s’impose comme une puissance émergente régionale (son PIB représente plus de 50% du PIB de l’Amérique du Sud et 5 x celui de l’Argentine)

Les EU sont les 2nd exportateurs mondiaux alors que le Brésil est le 22ème. Cependant, les exportations brésiliennes ont été x 3.6 depuis 2003 et le pays est excédentaire (14%) alors que les EU ont un très large déficit commercial (-54%)

Dans le domaine industriel, les EU dominent largement mais le Brésil s’affirme peu à peu comme un rival : sidérurgie 3ème rang mondial mais le Brésil est 9ème / chimie 1er  / automobiles : 7.7 millions, 3ème mais le Brésil est 6ème / aéronautique : 1er (Près de 60% de la p°. mond mais la firme Embraer est le 3ème constructeur mondial d’avions) / électronique, informatique, nouveaux matériaux : 1er ou 2nd (Les Etats-Unis détiennent près de 40 % des industries « High Tech » au monde).

Le poids agricole des deux pays est inégal mais ce sont 2 puissances agricoles majeures: Soja: 1er EU, 2nd Brésil / Mais: 1er EU, 3ème Brésil / Bovins: 1er EU (1/228), 2nd Brésil, mais le Brésil est 1er pour la café, les oranges et le sucre. Ce sont deux puissances exportatrices grâce à leurs firmes agro-industrielles (40% des exportations du Brésil avec notamment JBS ou Brazil Foods au Brésil, Cargill et Monsanto aux EU).

Le poids financier des EU est incomparable avec celui du Brésil: rôle du $, places boursières (NYSE, Chicago : 40% de la capitalisation boursière mondiale alors que la bourse de Sao Paulo, la Bovespa, est 44ème).

Parmi les 500 1ère FTN, 133 sont américaines dont 31 des 100 1ère FTN (Wal-Mart: 2,7% du PIB des E.U: son chiffre d’affaires est ó au PIB de l’Indonésie) alors que le Brésil n’en place que 7 parmi les 500 premières et la 1ère, Pétrobras, est 34ème.

    

     212/ Attractions et influences mondiales inégales

 Les EU attirent toujours les capitaux (1er avec 10% des IDE alors que le Brésil est 8ème mais très largement le 1er d’Amérique du Sud et en progression constante).

Attraction des hommes. La croissance des populations américaines (315 millions) et brésilienne (203 millions) est alimentée par un solde migratoire fort mais le pouvoir d’attractivité des EU est sans aucune mesure avec celui du Brésil. Aux  EU l’augmentation de la population tient pour 40% aux apports de l’immigration (700 000 légaux et environ 1 million d’illégaux par an) et en plus « brain drain » (720 000 étudiants étrangers).

En matière de « soft power« , L’American Way of life est diffusé par la culture « mainstream »  : les séries télévisées, le cinéma, la presse (net power), mais aussi l’alimentation (Mc Donald est présent dans 117 pays), la langue de communication internationale et scientifique. Près de 75% des images sur petits et grands écrans dans le monde sont d’origine américaine. Les films américains sont distribués dans 150 pays .15 des 25 premiers groupes de communication sont américains, ils couvrent l’ensemble de la planète. Le Brésil a une influence essentiellement continentale avec la chaine TVGlobo, mais elle exporte ces « tele-  novelas » vers plus d’une centaine de pays.

Les Etats-Unis ont une place prépondérante dans les grandes organisations internationales: ONU (alors que le Brésil réclame un siège au CS de l’ONU), FMI, G20…alors que le Brésil est en rivalité au sein des BRICS avec la Chine. Cependant L’organisation de grands événements mondiaux sont des révélateurs de la montée en puissance du Brésil : Coupe du monde de football (2014), JO en 2016.

En matière de « hard power » les EU dominent largement: 45% des dépenses militaires mondiales, 2nd armée du monde contre la 18ème place au Brésil avec 290 000 hommes). Plus de 30% des ventes d’armes, 560 bases militaires et un réseau d’alliances sur tous les continents (OTAN) .

Par contre l’armée brésilienne est  l’une de celles  qui participent le plus  aux opérations humanitaires ou de maintien de la paix de l’ONU (séisme de 2010 Haïti  / 2nd contributaire en casques bleus, 1300 hos. derrière l’Uruguay:7200 hos.).

Les EU restent la seule puissance complète (hyperpuissance) alors que le Brésil cherche toujours à s’imposer sur la scène internationale: il a une politique étrangère indépendante (ouverture à l’Iran, à l’Afrique subsaharienne), critique la politique des EU en Amérique latine (contre l’implantation de bases en Colombie par expl.), il est le leader de l’intégration de l’Amérique du sud (Unasur) et développe un programme nucléaire.

22/ les dynamiques territoriales aux Etats-Unis et au Brésil

  Quelles sont les caractéristiques de l’organisation territoriale des États-Unis et du Brésil ?  

Quelles sont les interactions entre l’intégration dans la mondialisation et les dynamiques territoriales de ces deux États ?

 

    221/ Conquête, maitrise et ressources des territoires américain et brésilien  

 2   Etats-continents : 9.6 ms (15 x la France) et 8.5 ms de km², 3ème et 5èmerang mondial.

Un processus de conquête comparable mais inachevé au Brésil : arrivée des colons portugais au XVIe siècle et des anglais au XVIIe siècle par le littoral occidental puis progression à partir des bases côtières vers l’intérieur.

Aux EU, la conquête est accélérée par la ruée vers l’or (1849) et l’achèvement du transcontinental (1869) alors qu’au Brésil, la progression s’est effectuée du nord vers le sud par cycles successifs de conquêtes et d’abandon et de l’est vers l’ouest par la colonisation. En 1850, le Brésil « utile » ne s’étend pas à plus de 150kms des côtes. Il faut attendre le déplacement de la capitale à Brasilia en 1960 et le lancement des fronts pionniers amazoniens (route transamazonienne) pour relancer la conquête toujours inachevée.

Les espaces sont très inégalement valorisés et maitrisés: les États-Unis disposent d’un territoire « fortement maîtrisé et valorisé » mais le Brésil d’un territoire « à maitriser ».

Les Etats-Unis ont une maitrise complète de leur territoire: ils accueillent 32% du trafic aérien mondial : 853 aéroports importants, dont 5 parmi les 10 premiers au monde (2011) : 1er : Atlanta (1er), Chicago (3ème), LA (6ème). Rails : 30 % du réseau mondial avec 300 000 Kms (importance du transcontinental landbrige). L’automobile : 6,4 millions de kms de routes et 95 000 kms d’autoroutes.  Les liaisons fluviales les Waterways (Mississippi des Grands Lacs à la Nouvelle-Orléans), le Saint-Laurent (Seaway).

Le territoire brésilien reste à maitriser car les  réseaux sont à la fois insuffisants et déséquilibrés : le réseau routier et autoroutier est de 1,8 millions de kilomètres, concentrés au sud et au nord-est mais seuls 12% des routes sont goudronnées. Le réseau ferré moins de 30 000 km de voies ferrées et 7% des lignes sont électrifiées. Les efforts actuels portent sur les « corridors d’exportations » qui relient les zones de P° (mines de fer du Minas Gérais et du Carajas et les ports d’exportation.

Les espaces américains et brésiliens sont riches de ressources et de potentiels: Aux EU, Immensité de l’étendue utilisable : 60 % du territoire utilisable à des fins agricoles mais 1/2 seulement est utilisé => grande réserve foncière pour l’agriculture.

Charbon : 2nd rang, 30 % des réserves mondiales (Wyoming, Colorado,) Pétrole: 2ème  rang

mondial (Golfe du Mexique, le mid-continent au pied des Rocheuses, l’Alaska et off Shores dans le Golfe du Mexique) .Gaz naturel : 2ème rang mondial. Si on prend en compte le gaz et, surtout, au pétrole de schiste, les États-Unis sont, début 2014, les 1ers producteurs mondiaux d’hydrocarbures, devant la Russie et l’Arabie saoudite. Un potentiel hydroélectrique considérable (bassins du Tennessee, du Colorado) mais un potentiel largement sous-utilisé : 1/4 des sites possibles ont été aménagés.

Le Brésil possède une surface agricole (hors forêt) comparable à la surface agricole chinoise. Il possède la 1ère forêt tropicale au monde, d’énormes réserves de bauxite et de fer (2nd producteur mondial). 21% de l’eau douce de la planète et 3ème producteur mondial d’hydroélectricité avec Itaipu et le projet du barrage de Belo Monte. Découverte en 2007 de pétrole en mer (Tupi), en 2013, le pays est 11ème producteur mondial devant le Nigéria.

    222/ mondialisation et dynamiques territoriales

 Les dynamiques sont comparables pour les deux pays et résulte d’une conjonction de facteurs historiques   (peuplement)   et   économiques   (intégration   régionales,   extraversion   des

économies). Les espaces valorisés sont les interfaces continentales (frontières) et maritimes (littoraux) ainsi que les métropoles.

3   phénomènes sont marquants :

–   une littoralisation des activités et des hommes: 65% des Américains, 85% des Brésiliens. 8 des 10 grandes métropoles américaines et brésiliennes.

–   l’émergence de régions transfrontalières: aux EU: Puget Sound, Main Street América, Méxamérique. Au Brésil renforcement des axes pour désenclaver les régions intérieures et relier les économies du Mercosur (frontières Brésil/Argentine/Paraguay dans l’état du Sud.

–   la métropolisation des activités et des hommes: taux d’urbanisation de 87% au Brésil, de 82% aux EU. métropolisation dans des mégalopoles concentrant l’innovation et  les pouvoirs de décision (CBD), ainsi la Megalopolis (Bos[ton]-Wash[ington]), la région des Grands Lacs (Chi[cago]-Pit[tsburgh]), la San[ Diego]-San [Francisco] californienne ou au Brésil dans le triangle Sao Paulo/Rio de Janeiro/Belo-Horizonte. Métropolisation aussi dans les aires plus isolées mais plus dynamiques : Phoenix, Dallas (+ 23 % depuis 2000), Atlanta (+24%), Manaus, Salvador, Fortaleza, Brasilia. Aux EU, les PUB des 30 premières métropoles représente 60% du PNB du pays.

  

23/ Organisations des territoires américain et brésilien (typologie des espaces)

      231/ L’organisation du territoire américain

L’organisation de l’espace des États-Unis reflète sa puissance. Le Nord-est y joue depuis longtemps un rôle structurant en concentrant le cœur des pouvoirs économique et politique dans des villes au rayonnement mondial. Mais le territoire américain se fait de plus en plus  polycentrique comme en témoigne le dynamisme de la Sun Belt  où ont émergé des pôles urbains au poids démographique et fonctionnel croissant. De même, les régions frontalières font figure d’interfaces actives, parfaitement intégrées au territoire national.

La présence mondiale des Etats-Unis et le processus de mondialisation de l’économie provoquent ainsi un glissement du centre de gravité économique du Nord – est vers les régions périphériques de la Sun Belt.

Le Nord-est demeure le centre moteur des EU autour de la Mégalopolis de Boston à Washington et de l’ancienne Manufacturing belt (de Chicago à la côte atlantique) qui réalise encore 40% de la P° industrielle. Présence des centres de décisions (CBD) économiques et

politiques (75% des sièges sociaux, Bourses de Wall Street et de Chicago, ONU, FMI, Pentagone). Elle possède 16 des 25 premières universités (Yale, Harvard, Princeton). En 2014, Le poids économique de la mégalopole américaine « BosWash » (Boston-Washington) équivaut à celui de l’Allemagne. C’est aussi une grande région agricole (plus de 20% des P° agricoles du pays.).Mais des espaces en reconversion (Détroit)

La Sun Belt s’étend de Seattle à la côte atlantique jusqu’au sud de Washington. Elle accueille près de 45% de la population américaine et surtout est à l’origine de 70% de l’accroissement démographique des Etats-Unis depuis les 60’s. Ce dynamisme est lié au développement de l’interface Asie- Pacifique et Mexique- Amérique Latine, à l’implantation d’industries de haute technologie, d’aéronautique, spatiales et de défense, à la présence d’une main d’œuvre peu chère et souvent immigrée, à l’abondance des ressources su sous- sol (hydrocarbures) et au développement de la société de loisirs.

Cependant, ce dynamisme est discontinu et il faut parler d’archipels de croissance:

–   La Californie, 8ème PNB mondial, 38.8 millions d’hab. fortement métropolisés : 70% des californiens se regroupent dans 2 métropoles : LA ,2nd ville des EU avec 17,5 millions) et SF-SJ (San-San : 7.4 millions). 1er état industriel notamment grâce à la haute technologie (Silicon Valley) ; 1er état agricole (10% de la P°). La Californie est maintenant la sixième plus grande économie mondiale. Et prend donc la place qu’occupait la France, entre le Royaume-Uni et l’Inde l’état américain produit plus de richesse que la France, alors qu’il compte 40 % de moins de population : 66,03 millions de personnes en France contre 38,8 millions en Californie. La réussite économique californienne repose bien évidemment sur ses industries tournées vers les nouvelles technologies, grâce à ce centre d’innovation mondial qu’est la Silicon Valley : Facebook, Google, Apple, Yahoo!, eBay, Sony, Tesla, Hewlett-Packard, Intel, pour ne citer qu’eux. L’Etat est aussi une destination touristique prisée. 251 millions de touristes, américains et étrangers, l’ont visité en 2014.

–   En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/monde/etats-unis/0211037293592-la-californie-est-officiellement-une-plus-grande-puissance-economique-que-la-france-2007125.php?VwqjozDwEdUbihDb.99#xtor=RSS-38

–    Les autres espaces dynamiques sont la Floride, 1er     région touristique au monde   (50

millions de touristes/an. Industrie de haute technologie (aéronautique à Cap Kennedy), agrobusiness, et surtout place financière majeure avec Miami (6 ms d’hab.). Le  Texas, 2nd Etat pour sa population (25 millions d’habitants) et pour ses P° agricoles, Houston 1er port pétrolier du continent.

Les espaces transfrontaliers : Méxamérique, Pugetopolis (Seattle-Vancouver), Région des Grands Lacs (Main Street América) favorisées par l’ALENA

Les Grandes Plaines : un vaste domaine agricole (50 % de la production du mais, 2/3 du blé).) Les marges montagneuses de l’Ouest : tourisme (Parcs naturels), élevage extensif (ranching), exploitations minières. L’activité se concentre dans des îlots comme Salt Lake City (Utah) ou Denver (Colorado

       232/ L’organisation du territoire brésilien

L’organisation de l’espace brésilien s’avère moins polycentrique que celui des États-Unis.

La concentration extrême des richesses et des hommes fait du Brésil un territoire encore plus hiérarchisé que celui des États-Unis. Ainsi, on observe un gradient d’intégration décroissant du littoral du Sud et du Sudeste, riche, urbanisé et intensivement mis en valeur, en allant vers le Nord et le Nord-est, moins peuplés et en retard de développement.

Le Sud et le Sudeste : 57 % de la population sur 18 % du territoire, les 2/3 du PIB brésilien et 90% de la P° industrielle. Le seul Etat de Sao Paulo concentre 22% de la population (40.5 ms) sur 3% du territoire et réalise 33% du PIB. 50% des sièges sociaux des 500 premières entreprises brésiliennes et étrangères sont à Sao Paulo. C’est le 1er port et 1er aéroport d’Amérique Latine.

Le Nord et surtout le Centre-Ouest sont des périphéries en voie d’intégration dynamisés par la politique de conquête des territoires (Fronts pionniers, Brasilia).Expl du Mato grosso (« grosse foret » en portugais): région grande comme 2x la France : ferme du Brésil. 1/3 de l’éthanol mondial y est produit. Déboisage énorme, paysage de champs de cannes à sucre

Le Nordeste avec Recife, Salvador de Bahia est une périphérie délaissée qui souffre d’un mal- développement: 22% d’analphabétisme contre 4.5% à Brasilia, mortalité infantile 2 x > à celles du sud-est, 20% des foyers n’ont pas encore l’eau courante. Près de 50 % des exploitations (moins de 10 ha) occupent 2,2 % des surfaces agricoles, alors que 2,2 % des exploitations (plus de 500 ha) occupent 56,3 % des terres. 45% de la population noire vit au Nordeste.

L’Amazonie couvre 54% du territoire dont le pôle dynamique est Manaus grâce aux zones franches. Le problème de la déforestation  est toujours d’actualité car elle a atteint un seuil problématique, fruit de l’accumulation des politiques précédentes (en 30 ans, on a supprimé l’équivalent du territoire de la France + Belgique + Luxembourg + Suisse + 50% de l’Allemagne).

 

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Plan compo. Géo (Tes) : L’Asie du Sud et de l’Est : les défis de la population et de la croissance

L’Asie du Sud-Est  est une aire continentale hétérogène comprenant  10 États et peuplée de 3.8 Milliards d’hab. soit  55% de la pop. mondiale. C’est aussi la partie du monde qui connaît depuis plus d’une décennie la plus forte croissance économique, mais aussi toujours le plus grand nombre de pauvres.
La croissance démographique est-elle un potentiel ou un frein pour l’essor économique des pays asiatiques ? Comment mettre la croissance économique de cet espace au service du développement humain ? 
 Nous présenterons tout d’abord les caractères du peuplement et les défis démographiques auxquels doit répondre l’Asie du SE puis l’émergence et la croissance économique de la région et enfin les limites et les contrastes de ce  développement accéléré.
 

 

 
1/ Les caractères du peuplement et les défis démographiques
 
   a/ Les grands foyers de peuplement et leurs dynamisme
      – Plus de 55% de la pop. mondiale (3.8 milliards)
      – La Chine (1.3) et l’Inde  (1.2) en concentrent 37%
      – transition démographique t en voie d’achèvement: croissance démographique forte -> 2030 ensuite un lent déclin à partir de 2050 mais contraste : forte croissance en Asie du S. (Inde : + 27 ms/an en 2011, Bangladesh), stagnation en Asie du SE (Chine : + 16,5 millions en 2010  ).
       – Peuplement littoral et vallées fluviale (Gange)/ rôle de la riziculture associé à la mousson.
 
   b/ Faible urbanisation mais forte métropolisation
       – Tx. urbanisation : 44% mais forte croiss.-> les 2/3 de la croissance urbaine mondiale / valeur relative car tx. d’urb. de l’Inde  de 31% mais pop. urb. de 377 millions > à la pop. des EU
        – Métropolisation : 8/10 des 1ères  agglos (Tokyo : 1er /37 millions d’habitants, par extension la Mégalopole japonaise : :  Séoul 3ème /23 millions d’habitants, Mumbai : 4ème /23 millions)/ Inde, en 1950, 7 agglos > 1 million, en 2012: 40.
        – Forte croissance: plus de 1,8 milliard de citadins en 2012 ó la pop. urb. de l’Asie du Sud et de l’Est x 4.8 depuis 1960/ Expl. Dacca: +  650 000 /an, Mumbai : + 400 000 /an => À l’horizon 2030, Mumbai devrait accueillir près de 40 millions d’individus et ainsi être la métropole la plus peuplée dans le monde. .
        
   c/ Les défis démographiques
       – Vieillissement de la population: « choc argenté » au Japon: – 200 000 h / an depuis 2004 => (8%  > 65 ans en 1975, 21% en 2010  et 30% en 2030)/ Chine : pop. active – 100 millions d’ici 2030 (Shanghai : 25% de la pop.> 60 ans)
       – ? Sur le maintien de la politique de limitation des naissances et sur le financement des retraites.
       – Déséquilibre du sex-ratio (Chine: 123, Inde: 112)  / « Fondamentalisme démographique » en Inde (3e enfant : 219 filles pour 1 000 garçons.)
 
 
2/ Emergence et croissance économique
 
   a/ Une région en forte croissance
        – Depuis les 2000’s : tx. de croiss. 4.5 x > à celui de la zone euro.
        – 30% du PIB mond. (10% en 1980) / En 2012, la Chine pèse 15,5 % du PIB mondial et l’Inde et le Japon 6% chacun
         – (31% du commerce mondial de marchandises /26 % de celui des services marchands en 2011) après l’Europe (37% / 45%) et devant l’Amérique du Nord (15% /15%)
 
     b/ modèles et take-off économiques
          – Japon : précurseur (60’s): pop. nombreuse, consensuelle, polyvalente (Toyotisme)/ METI/Keiretsu/ Sogos shoshas/ développt. par étapes:1955- 1965 : ind. de main d ‘ œuvre (textile),1960- fin 70’s : ind. lourde (sidérurgie, cons. navale, pétrochimie),fin des 60’s-> aujourd’hui : ind. d ‘ assemblages (automobiles, électronique, machines), depuis le début des 80’s : Ind. innovantes (biotechnologies, semi-conducteurs, espaces.)/ Stratégie du «  vol d ‘ oies sauvages » (A. Kanume) : Importation / Production / Exportation / Délocalisation.

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          – NPI de 1ere génération (Corée du Sud, Taiwan, Singapour, Hong-Kong): dans les 60’s et 70’s : glissement des activités japonaises et des investissements occidentaux (EU) attirés par les zones franches et les bas salaires => pays ateliers. Modèle // au japon (Etat; Cheabols en Corée). Délocalisation dans les 90’s et 2000’s vers « Bébés tigres » et Chine littorale).

          – NPI 2nd génération (Malaisie, Thaïlande, Indonésie et Philippines) dans les 80’s puis après crise de 97-98.
          – la Chine» littorale à partir de 1978 et des « Quatre modernisations »/ ZES en 1980 (salaires =  10% de ceux de Hong Kong dans la ZES de Shenzhen)
          – Inde : réformes économiques et ouverture en 1991/s secteurs de pointe (l’informatique: 25% du marché mondial du logiciel) / des FTN (Tata, Arcelor Mittal)/ mais difficultés structurelles (énergie, infrastructures…).
 
   c/ Un espace économique de plus en plus intégré
          – flux intra – régionaux : 53% contre 25% en 1970
          – « circuit intégré asiatique » : implantations (filiales, prises de participation, sous-traitance)
          – « corridor économique » de Singapour à Tokyo structuré par des  interfaces maritimes et de nœuds littoraux : 19 / 25 1èr  ports de commerce : Shanghai (1er), Ningbo (2nd),  Singapour (3ème), Tianjin (5ème).
          – Rôle de « ASEAN + 3 » (Chine, Japon, Corée) dans a création de l’AFTA : Asian Free Trade Area.
          – Difficultés car multiplication des accords bilatéraux : en 2010: plus de 115 (7 en 2000).
 
 
3/ limites et contrastes du développement
  
   a/ Un développement humain encore en retard et très contrasté
           – IDH des pays d’Asie émergents encore <t : Chine : 101ème place en 2013, Inde : 138ème .
           – Pauvreté : 2.2 milliards. , dont 1.6 pour la Chine et l’Inde /40% de la pop. en Asie du Sud <  1.25 $/, 17 % en Asie de l’Est.
           – malnutrition : Asie = 60% des pop. souffrant de malnutrition. Chine,10% de la pop. mais Inde:20% et 25 % au Cambodge. Rév.Verte relatif succès en Inde mais échecs des réformes agraires et des collectivisations au Cambodge, Laos, Vietnam.
           – Inégalité spatiales : opposition villes / campagnes, littoraux / espaces continentaux : L’écart de revenu/hab. entre la région la plus riche et la région la plus pauvre est de 1 à 10 en Chine./ Expl. du Kérala et du Bihar en Inde. Expl de la fragmentation urbaine (Mumbai : 60% des Mumbaikars  vivent dans des slums).
 
   b/ Croissance économique et développement durable
           – Faible développement et concentration des pop. accroissent les risques et les bilans des catastrophes naturelles : inondations, séismes not. (Bangladesh, Pakistan) et technologiques : Bhopal en Inde en 1984 (4000 morts)
           – Vulnérabilité de l’espace (Ceinture de Feu du pacifique): Fukushima : mars 2011
           – Développt. qui => forte pollution : En 2011, les émissions de CO² en Asie > 40% du total mondial, dont 25% pour la Chine (, 1er émetteur de gaz à effet de serre devant le Japon et l’Inde)/ Pluies acides / Déforestation (Indonésie pour l’huile de palme, exploitation forestière non durable) => glissements de terrains, disparition de terres agricoles, désertification)
            – Urbanisation accélérée => forte pollution : 16 des 20 villes les plus polluées dans le monde sont en Chine/ pollution des eaux liée à l’absence de traitement des eaux (expl. de Mumbai : 60 % des habitations n’ont pas de toilettes et ne sont pas reliés à un réseau d’assainissement des eaux) .
           – Forte tension sur les ressources disponibles ( cf. politique chinoise du « collier de perles » et du « land grabbing » en Afrique)
 

Conclusion

 La croissance économique marquée que connaissent aujourd’hui les pays asiatiques est un facteur de développement incontestable. Mais cette croissance est inégale socialement et spatialement et  accroit les tensions sur les ressources et l’environnement ainsi que la vulnérabilité de ces sociétés. Aujourd’hui, le défi que doivent relever les pays de l’Asie du SE est celui d’une croissance maitrisée qui s’accompagne d’un véritable développement humain.

 

Sur la situation de la Chinehttp://www.atlantico.fr/decryptage/chine-devient-plus-ou-moins-nouveau-numero-1-mondial-mais-bombe-que-contiennent-statistiques-est-ailleurs-1904573.html

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Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne depuis 1875

PPT soc. Allemagne

Introduction

Les socialismes et les mouvements syndicaux qui se développent à la fin du XIXe siècle grâce à l’industrialisation de l’Europe se caractérisent par une grande diversité mais aussi une forte influence du marxisme. L’essor du socialisme  est tel qu’il devient une des forces politiques majeures du XXe siècle  avant un reflux important à partir des années 1980. L’Allemagne est  emblématique de l’évolution des socialismes européens car l’affrontement entre réformistes et révolutionnaires y est particulièrement marqué, la confrontation avec des contextes successifs très différents, de l’Empire à l’Allemagne réunifiée en passant par Weimar, le nazisme et les deux Allemagnes.

Quel fut le rôle des socialismes dans la mobilisation et l’organisation du mouvement ouvrier et dans son action syndicale et politique en Europe ? 

 Pourquoi le socialisme se divise – t – il entre réformisme et action révolutionnaire et comment se manifeste cette rupture en Allemagne ?

 Comment les grandes crises du XXe siècle et l’ampleur des changements de société ont-ils affecté le socialisme et le mouvement ouvrier ?

 Comment les grandes crises du XXe siècle et l’ampleur des changements de société ont ils affecté le socialisme et le mouvement ouvrier ?

 

1/ 1875-1918 : essor et affirmation du socialisme  

 11/Révolution industrielle et développement du socialisme

 

L’Allemagne  connait une forte croissance démographique : la population passe de 41 à plus de 67 millions entre 1870 et 1913. Les effectifs de la classe ouvrière passent de 7 à 11 millions de personnes (soit 40% de la population avec les familles).

L’industrialisation que connait l’Allemagne à partir du milieu du XIXe siècle se caractérise par une forte concentration dans les Konzerns (Expl. KRUPP passe de 10 000 ouvriers en 1880 à 78 000 en 1914). De 1892 à 1914, le pays connait un véritable « take off »: la P° de charbon passe de 26 millions de tonnes en 1870 à 260 millions de tonnes en 1913.

C’est dans ce contexte que se développe l’aspiration collective à une société plus juste qu’incarne l’idéologie socialiste transformée par la pensée marxiste. En 1867, K. MARX fait publier « Le Capital », livre dans lequel il édifie un socialisme scientifique : le progrès social est le résultat de la lutte entre la classe ouvrière et la bourgeoisie et doit aboutir, par la révolution, à une dictature temporaire du prolétariat. A l’issue de ce processus révolutionnaire, se sera une société égalitaire sans classe.

 

12/ La naissance de la social-démocratie

    121/ La fondation du parti et les succès électoraux

 En 1875, lors du congrès de GOTHA, les deux partis socialistes allemands : L’Association des travailleurs allemands (1863) de LASALLE, plutôt réformiste et celui de LIEBKNECHT et BEBEL : Parti social-démocrate des ouvriers (1869), révolutionnaire, s’unissent, donnant naissance au Parti socialiste des ouvriers allemands (SAP), devenue le premier parti d’Allemagne dès 1890 et qui prend le nom de SPD en 1891 (Sozialdemocratische Partei Deuchtschlands). importance des thèses marxistes et la promotion de la lutte des classes : les ouvriers  doivent  s’émanciper  de  la  classe  capitaliste qui les oppresse et les maintient dans la misère et l’exploitation,  le  produit  du  travail  doit  être  équitablement  réparti  entre  tous  les  travailleurs,  les ouvriers sont le fer de lance de la révolution alors que les autres classes sont réactionnaires.

En 1891, le congrès D’ERFURT confirme l’orientation marxiste du parti (égalité entre les hommes et les femmes, laïcité, obligation et gratuité de l’école, défense des libertés d’expression, gratuité des soins  médicaux) mais envisage  aussi  une  action  réformiste (le  programme  réclame  ainsi  le  suffrage universel  ou  encore  l’impôt  sur  le  revenu  et  les successions).

Malgré la loi de 1878 qui interdit aux socialistes de posséder des organes de presse et d’organiser des réunions publiques, Les succès électoraux sont rapides : de 12 députés en 1881, les socialistes passent à 35 en 1890 et en 1912, le SPD est le 1er parti d’Allemagne avec 110 députés et plus d’1 million d’adhérents à 80% ouvriers.

Le SPD s’appuie sur un réseau dense d’associations qui contribuent à créer une « contre société » socialiste en accompagnant la vie des militants ; associations sportives, bibliothèques, maisons du peuple, orchestre et théâtre. Une presse de masse s’implante avec le Vorwäts, journal officiel du parti. Plus de 1200 coopératives qui permettent à leurs membres de s’approvisionner à moindre coût en dehors des circuits commerciaux classiques.

 

    122/ La social-démocrate allemande : réforme ou révolution ?

Dès l’origine, les socialistes sont déchirés entre des aspirations révolutionnaires et le désir d’une action politique légale. Ils militent, à la fois, en faveur d’une transformation radicale de la société et de changements concrets destinés à changer la vie des ouvriers dans le cadre du  système économique existant. A la fin du siècle, les divisions s’accentuent entre les révisionnistes, modérés, derrière BERNSTEIN, NOSKE et EBERT qui sont influents dans le groupe parlementaire et les révolutionnaires marxistes avec ROSA LUXEMBOURG et KARL LIEBKNECHT, fils du fondateur du SPD .

A  la veille de la 1ère guerre mondiale, le SPD est au bord de la scission : la majorité du parti participe à « l’Union sacrée » (Burgfrieden) proposée par le kaiser GUILLAUME II alors qu’une minorité pacifiste derrière Luxembourg et Liebknecht  refuse. R. Luxembourg est arrêtée et emprisonnée en février 1915 jusqu’au 8 novembre 1918, date à laquelle elle est libérée par la Révolution allemande. Pendant cette période d’emprisonnement, elle est exclue du SPD et organise de façon clandestine le mouvement révolutionnaire Spartakus qui rejoint l’USPD (Parti social-démocrate indépendant d’Allemagne) en 1917.

 

13/ Les débuts du syndicalisme allemand

  Dès 1871, des « syndicats libres »  se constituent par branches d’activités (métallurgie, imprimerie, mines). Mais le mouvement ouvrier se heurte au chancelier BISMARCK qui fait voter en 1878 une loi qui interdit toute association et manifestation. Pour désamorcer les revendications ouvrières, Bismarck fait voter d’importantes lois sociales de 1883 à 1889 (création de l’assurance maladie, retraite à 70 ans, indemnisation des accidents du travail). Cette stratégie échoue. Les différents syndicats progressent et se rassemblent en une puissance Confédération générale des syndicats allemands (ADGB) en  1892. L’essor est considérable : 280 000 adhérents en 1891, 2.5 millions d’adhérents en 1914. Grace aux cotisations, l’ADGB met à la disposition des syndiqués des centres aérés, des dispensaires, des bibliothèques. 

Ses dirigeants adhèrent au SPD et sont  proche des révisionnistes. Pour autant, ils n’hésitent pas à organiser des grèves massives (en 1905, 250 000  mineurs de la Ruhr pour diminuer le temps de travail dans les usines THYSSEN et STINNES, 450 000 mineurs en 1912).

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’Allemagne entre de plein pied dans la révolution industrielle, provoquant le développement d’une nouvelle classe sociale ouvrière qui cherche à défendre ses intérêts en créant parti politique et syndicat. Malgré l’opposition du pouvoir, ce mouvement ouvrier devient de plus en plus puissant au point d’être la première force politique d’Allemagne en 1914. Cette puissance politique lui permet de développer une véritable société ouvrière. Cependant, des tensions fortes persistent dans ce mouvement, en particulier quant à la question de la guerre.

 

2/ 1918-1945 : Division et affaiblissement du mouvement ouvrier

21/ la révolution spartakiste

 La situation militaire désastreuse et la misère provoque une vague insurrectionnelle qui débute, le 29 octobre 1918, par la mutinerie des marins de Kiel et d’autres ports de la Baltique qui arborent le drapeau rouge. Le 8 novembre 1918, le socialiste EISNER proclame la République socialiste de Bavière. Enfin, alors que le kaiser GUILLAUME II abdique Le 9 novembre 1918, à Berlin, Les leaders du  SPD SCHEIDEMANN et EBERT proclament la République depuis le Reichstag et dirigent le nouveau gouvernement.

Cependant les révolutionnaires de L’USPD, les Spartakistes fondent en décembre 1918 le KPD et veulent profiter de l’agitation révolutionnaire et des grèves qui se multiplient  dans de nombreuses villes (Kiel,  Hambourg  et  Brême) pour imposer un pouvoir révolutionnaire sur le modèle bolchévique. Ils accusent le SPD de trahir le mouvement ouvrier et réclament des  nationalisations  étendues, une réforme  agraire,  et le pouvoir  aux conseils  ouvriers.

Le ministre de la défense, NOSKE, rassemble les « corps francs », soldats de retour du front et ordonne la répression du mouvement qui est écrasé lors de la « Semaine sanglante » du 5 au 12 janvier. R. LUXEMBOURG et LIEBKNECHT sont assassinés le 15 janvier 1919. Au total, 1500 morts.)

Le 19 janvier 1919 est élue une assemblée constituante dominée par le SPD (37,9% des voix) et, le 11 février 1919, elle confie la présidence à EBERT.

 

22/ la division du SPD et la République de Weimar

     221/ Les réformes du  SPD au pouvoir

 La répression du mouvement révolutionnaire par les dirigeants socialistes a profondément divisé la gauche et affaibli le SPD qui perd la moitié de son électorat. Malgré tout, la gauche allemande reste influente ; en 1930, le SPD compte 1 million d‘adhérents et son syndicat, lADGB fondé le 5 juillet 1919, 8.5 millions de membres en 1932.

Leurs actions dans la coalition gouvernementale (SPD, Zentrum, Libéraux) permettent de faire voter de grandes réformes : vote des femmes et congés payés dès 1918, inscription du  droit syndical dans la constitution, conventions collectives, comités d’entreprises, journée de 8 heures et semaines de 48 h. assurance chômage en 1927, et logement social subventionné

 

     222/ Progrès et soviétisation du KPD

Le KPD, qui se remet de son échec de 1919  adopte le modèle communiste soviétique, défini par le Kominterm ou Troisième Internationale. Il se structure en s’appuyant sur la classe ouvrière par l’intermédiaire de cellules d’usine, d’associations culturelles et sportives, de troupes de théâtre prolétarien et même d’organisations paramilitaires (front rouge des combattants). Le parti communiste organise aussi le Syndicat Révolutionnaire d’Opposition (RGORevolutionäre Gewerkschafts-Opposition) qui tente des grèves insurrectionnelles (Ruhr 1921, Saxe 1923), toutes écrasées par la République de Weimar. Il progresse cependant et compte 300 000 adhérents en 1930. Il doit ce regain d’influence à la crise économique qui frappe l’Allemagne : en 1932, la P° industrielle baisse de 20%, le chômage touche 6 millions de personnes et 8 millions sont à temps partiel. Le pouvoir d’achat s’effondre avec l’inflation qui explose.

Alors que Le NSDAP progresse, le KPD dirigé par E.THÄLMANN adopte en 1928, sous l’influence du Kominterm, la tactique « classe contre classe » qui désigne les socialistes comme « l’avant-garde du fascisme », le « parti social fasciste » ruinant toutes les tentatives d’union des  gauches allemandes face à la montée du nazisme. Ainsi,  lors des élections de 1932, la division à gauche (SPD : 20.4%, KPD : 16.8%) pourtant majoritaire permet au NSDAP de devenir le 1er parti (33%) et à HITLER chancelier. le KPD refuse de s’allier au SPD pour stopper la menace du parti d’Hitler car les communistes restent hostiles à la démocratie parlementaire et pensent que la violence nazie permettra la prise de pouvoir du prolétariat.

 

23/ Le nazisme contre le mouvement ouvrier

 L’incendie du Reichstag en février 1933 est dénoncé comme un « complot communiste » et  permet à Hitler d’interdire le KPD le 7 avril et ses biens sont saisis le 26 mai. Le 2 mai, les syndicats sont dissous et leurs biens saisis. Le SPD qui refuse en mars les pleins pouvoirs à Hitler est interdit à son tour le 22 juin. Certains  chefs  sociaux- démocrates  choisirent l’exil  (c’est  le  cas dOTTO WELS, chef du groupe parlementaire du SPD, qui chercha à reconstituer  le  SPD à Prague, SOPADE) mais  la plupart des élus socialistes et communistes sont internés dans des camps de concentration (Dachau, Buchenwald où meurt THÄLMANN en 1944). On estime que sur les 300 000 membres du KPD, 60 000 sont arrêtés et 2000 exécutés dans les premiers mois de 1933.

Les nazis vont prendre à leur compte l’organisation du monde ouvrier : Dès mai 1933, ils créent le Deutsche  Arbeitsfront  (DAF  –  Front allemand du travail) qui remplace les syndicats. La grève  est interdite  en janvier 1934. Le DAF vise à intégrer la classe ouvrière en regroupant patrons  et  ouvriers.  Les  conflits  éventuels  sont  réglés  par  des  curateurs  de  nommés  par les nazis. Il regroupera 25 millions de travailleurs soit 50% de la pop. Création en 1935 d’un « livret du travail ».

Les socialistes et communistes tentent de lutter contre le nazisme dans la clandestinité (70 % des tracts interceptés en Allemagne par la Gestapo issus de ces deux partis). En Allemagne, la résistance se limite à des actes de résistance limités et les groupes d’opposition sont tous démantelés par la Gestapo, de 1933 à 1936. A l’étranger, le SPD, depuis Londres, et le KPD, depuis Moscou, tentent de maintenir une existence. Cependant, aucun rapprochement n’a lieu entre les deux partis.

 

3/ 1945-1989 : deux Allemagne, deux socialismes

31/ A l’ouest, renaissance et mutation du SPD

    311/ La réorganisation du mouvement ouvrier

En 1946, K. SCHUMACHER, ancien déporté à Dachau, refonde le SPD  dans les 3 zones d’occupation occidentales. La création de 2 Etats en 1949 (RFA, RDA) confirme la division du socialisme et le KPD perd rapidement toute influence (Aux élections de 1949, il obtient près de 6 % des voix et 15 élus, en 1953, 2 % des voix seulement et aucun élu, 300 000 militants en 1946 mais seulement 80 000 en 1953) il est d’ailleurs interdit à l’ouest en 1956. Malgré sa ré-autorisation en 1968, il reste peu influent car trop lié à la RDA.

En 1949, la Confédération allemande des syndicats (DGB), ancienne ADGB, devient le principal mouvement avec rapidement 5 millions d’adhérents. Elle regroupe des syndicats de branche : Expl : les salariés de la métallurgie et de l’automobile ne peuvent adhérer qu’au Syndicat de la métallurgie IG Metall. Ce mouvement syndical est particulièrement attaché au dialogue social et ne recourt à la grève que de façon exceptionnelle. Cette attitude lui permet d’obtenir la cogestion des entreprises à partir de 1952 (droit de regard sur les décisions des entreprises concernant les salariés, représentants des salariés à parité avec les représentants des actionnaires au sein des conseils de surveillance des sociétés minière et sidérurgique.

Le principe de la cogestion permet une amélioration continue des conditions de travail dans le cadre d’une « économie sociale de marché ». Ainsi en 1966, l’IG Metall obtient les 40 heures pour les ouvriers de la métallurgie.

Cette capacité à réformer est en grande partie due à la forte syndicalisation des Allemands : Au début des années 1950 (le taux de syndicalisation s’élève à 46% des salariés et  ne  descend  jamais sous  les  36   %  dans  les  années  1960  et  1970,  remontant  même à 40  % au milieu des années 1970 et 1980.

 

   312/Le tournant de Bad-Godesberg et l’arrivée au pouvoir

 Le SPD défendait toujours le projet d’une république collectiviste et neutraliste et n’évolue pas. . Il condamne l’entrée de l’Allemagne au Conseil de l’Europe en 1949 puis dans la CECA en 1951  et l’adhésion de la RFA à l’OTAN en 1955 au nom de la préservation de l’indépendance nationale. Il réclame la réunion de l’Allemagne dans ses frontières de 1937 (c’est-à-dire avant les annexions du Reich). Il dénonce le fédéralisme et se prononce pour un État centralisé. Sur tous ces points, il est à l’opposé de la CDU. Il  connait de multiples revers électoraux  malgré  sa  forte  implantation ouvrière et urbaine. Ses échecs répétés lors des élections font reculer le nombre de ses adhérents : 900 000 en 1947, 580 000 en 1955.

Bien que le SPD ait participé à la rédaction de la Loi fondamentale donnant naissance à la RFA en 1949, ce sont les chrétiens-démocrates de la CDU qui assure le pouvoir. Pourtant le SPD est à nouveau travaillé par des divisions internes entre ceux qui veulent garder l’orientation marxiste et ceux qui veulent rompre avec elle. En 1954, une première étape est franchie avec l’abandon de la notion de parti de classe pour celle de parti du « peuple tout entier » et l’acceptation du principe de libre concurrence économique. Mais c’est un nouvel échec électoral en 1957 suivi d’un changement à la tête du parti en 1959 qui précipitent la mutation.

 Ces échecs incitent  les  sociaux – démocrates  à repenser  leur  stratégie  et  à  définir  les  contours d’un socialisme démocratique. Ce travail de rénovation aboutit au congrès de Bad-Godesberg en 1959. Le SPD abandonne officiellement le marxisme et accepte la démocratie libérale et le capitalisme. Ils abandonnent  ainsi  la  socialisation  et  la  planification stricte, optent pour le ralliement à l’économie sociale de marché (dans le cadre d’un État keynésien) reposant sur la cogestion des entreprises entre les travailleurs et les patrons.  Il ne se présente plus comme un parti de classe mais comme un parti populaire. Sur le plan international, le SPD accepte l’adhésion de la RFA au bloc occidentale et à l’OTAN.

Cette normalisation spectaculaire est confortée par l’élection d’un nouveau chef du parti en 1964, WILLY BRANDT, jeune quinquagénaire dynamique, très populaire maire de Berlin depuis 1957, qui incarne le renouvellement du parti.

Cette mutation facilite l’arrivée au pouvoir du SPD en 1966 dans un gouvernement de coalition avec la CDU puis celles de W. BRANDT (1969-1974) et d’H. SCHMIDT (1974-1982) à la chancellerie.

Au cours de cette période, le SPD conduit des réformes importantes : extension de la cogestion aux entreprises plus de 1 000 salariés, amélioration de la protection sociale, libéralisation du droit (divorce simplifié, dépénalisation de l’homosexualité, libéralisation de l’avortement)…

Promotion de « l’Ostpolitik », une politique d’ouverture à l’est et à la RDA qui normalise les relations entre les deux Allemagne dans un contexte de « Détente » dans la guerre froide, et accroit les échanges entre les deux pays. Un traité de reconnaissance mutuelle est signé en 1972 (ce qui signifie acceptation des frontières) et les deux Allemagne entrent à l’ONU en 1973. En outre, Willy Brandt reconnait pour la première fois la responsabilité allemande dans le génocide des juifs et le 7 décembre 1970 il s’agenouille devant le mémorial du ghetto de Varsovie en signe de repentance

 

   313 /Le renouveau de l’extrême gauche

 L’évolution du SPD est contestée à partir des 60’s par l’APO (Opposition extraparlementaire), mouvement fondé par des étudiants qui refusent l’abandon du marxisme. Elle prône la révolution et la libération de la femme. . L’Union socialiste allemande des Étudiants, syndicat étudiant proche du SPD rompt avec lui en 1960 et amorce une évolution ultragauchiste sous la direction de RUDI DUTSCHKE. Cette opposition non-parlementaire culmine en avril 1968 dans un vaste mouvement de contestation étudiante qui dégénère en émeutes urbaines spectaculaires, violemment réprimées par les forces de l’ordre. Certains de ces membres vont progressivement basculer dans le terrorisme : Fraction armée rouge (RAF: « Rote Armee Fraktion », 1970) avec ANDREAS BAADER et ULRIKE MEINHOF   qui a  assassiné  34  personnes, mais ne compta  au  maximum que 80 membres  actifs. D’autres participeront à la fondation des Grünen (les « verts »)

 

32/ Le socialisme en RDA

   321/ Une société dominée par le SED

 En zone soviétique allemande, Moscou impose en 1946 la fusion des deux partis qui donne naissance au SED (Parti socialiste unifié d’Allemagne) dirigé à partir de 1949 et la création de la RDA  par W. ULBRICHT ( 1949-1971).

La  Constitution  de  la  RDA de 1949  établit un régime communiste : abolition de la propriété privée, planification, enrôlement des citoyens. Il s’agit de construire le « socialisme réel » reprenant l’héritage de la gauche communiste allemande et le modèle soviétique. Le parti est organisé selon le modèle soviétique du centralisme démocratique : les décisions sont prises par le Bureau politique et imposées à tous.

Un semblant de démocratie est maintenu (élections au suffrage universel, reconnaissance des libertés fondamentales des individus : conscience, parole, réunion ainsi que des droits sociaux : loisirs, construction, travail) mais la réalité du pouvoir est détenu par le SED qui noyaute l’appareil d’Etat et fournit au régime ses principaux cadres dirigeants (WALTER ULBRICHT au pouvoir de 1950 à 1971, ERICH HONECKER de 1971 à 1989, à la fois secrétaire général du SED et président du Conseil d’Etat)

Le parti s’appuie sur des organisations de masse pour inféoder la société : La Jeunesse Libre Allemande (FDJ), les Pionniers, La Confédération des femmes allemandes. Ces organisations offrent au SED le monopole de la scolarisation, de la politique culturelle, des vacances…

 Le syndicat unique, FDGB : la Confédération libre des syndicats allemands)  est totalement dominé par le parti et la grève est interdite à partir de 1961. Elle assure la politique culturelle en gérant 500 maisons de la culture et 17 000 bibliothèques.

.La Stasi, créée en 1950, joue un rôle de plus en plus important : 90 000 fonctionnaires et jusqu’à 500  000  «  collaborateurs  officieux » chargés d’espionner leur entourage immédiat.

Le SED place la RDA sous la tutelle soviétique : adhésion au Kominform, au Pacte de Varsovie, au Comecon. L’économie est collectivisée et planifiée (plan quinquennal à partir de 1951). La priorité est donnée aux industries lourdes au détriment des biens d’équipement et de consommation. Rapidement les inégalités apparaissent entre les cadres du parti privilégiés et la masse qui n’a pas d’accès au logement et qui se ravitaillent dans les magasins d’Etat. Le « socialisme réel » débouche sur une économie de pénurie.

 

     322/ Contestation, répression et fin de la RDA

 En 1953, l’augmentation des cadences de 10% provoque des grèves et finalement un soulèvement le 17 juin. L’insurrection gagne toute la RDA et les ouvriers réclament des élections libres et la réunification. Les troupes soviétiques interviennent pour sauver le régime : 55 tués, 15 000 arrestations. 60% des cadres du SED sont renvoyés. La contestation est étouffée mais plus de 3 millions d’allemands fuient le pays jusqu’en 1961, date de la construction du mur de Berlin (On dit que les Allemands « votent avec leurs pieds »).

La Pérestroïka lancée à partir de 1985 encourage les oppositions et les manifestations se multiplient (500 000 personnes à Leipzig en octobre 1989). Le mur est ouvert le 9 novembre.

 

4/ Socialisme et syndicalisme dans l’Allemagne réunifiée depuis 1990.

 41/ L’affaiblissement de la gauche allemande et des syndicats

 Après la réunification allemande du 3 octobre 1990, le SED disparait mais il remplacé par le PDS (Parti du socialisme démocratique) composé d’anciens communistes est-allemands.

La réunification n’est pas favorable au SPD qui s’y est montré réticent et les 1ères élections législatives de l’Allemagne réunifiée sont une défaite pour le SPD (33.5%) et le PDS (2.5%) face à  la coalition de droite du chancelier KOHL (1982-1998).

A  l’est, le syndicat unique FGDB s’autodissout et il est remplacé par DGB mais son audience recule : de 12 millions en 1991, les effectifs tombent à 6 millions en 2009 (stables depuis).  Ils sont moins en phase avec les préoccupations environnementales qui se traduisent pas le poids des « verts », la tertiarisation (IG Metall, syndicat le plus puissant, dans le  secteur  de  la  métallurgie,  a  ainsi  perdu  un million  d’adhérents,  entre  1990  et  2001) et l’essor des classes moyennes, la hausse du nombre des indépendants, montée du chômage, multiplication des activités à temps partiel…) et aux problématiques liées à l’Europe et au contexte de la mondialisation. 

  

42/ Le SPD au pouvoir

 Après 16 ans d’opposition (depuis 1983), le SPD remporte les élections de 1998 dans une coalition « rouge-verte : G. SCHRÖDER devient chancelier et développe la stratégie du « Neue Mitte » (nouveau centre) favorable au libéralisme économique. Devant la montée du chômage (un  peu  plus  de 3  millions  de  chômeurs  en  1998,  4.2 en 2005) il lance la réforme « Agenda 2010 » : les lois dites « HARTZ » adoptées entre 2003 et 2005 libéralisent les conditions de travail et réduisent la protection sociale (indemnités chômage). Ce virage entraine un profond malaise dans le parti et chez les militants dont le nombre, proche d’un million dans les années 1970, passe à moins de 600.000 en 2005. Des  législatives  anticipées en 2005 sont organisées  elles entrainent  la défaite de  GERHARD SCHRÖDER face à la  CDU d’A.MERKEL. Le SPD rejoint alors la coalition avec la CDU jusqu’en 2009 mais cette expérience lui est préjudiciable car aux élections de 2009, il retombe à 23% des voix.

  

43/ Une nouvelle gauche

 En 2005, des militants du SPD et des syndicalistes contestent la politique de Schröder et fondent l’Alternative électorale-travail, justice sociale » (WASG). Le PDS devient le « Linkspartei » (Parti de gauche) et il est rejoint par des militants SPD. Finalement, en 2007, le Linkspartei et WASG fusionnent pour donner naissance à « Die Linke » (la Gauche) dont le leader O. LAFONTAINE est un ancien dirigeant du SPD .Il obtient 12% des voix aux législatives de 2009, alors que le SPD en obtient 23%. Depuis il a connu des revers électoraux et plafonne aux alentours de 7%. Il est plus particulièrement influent dans les  anciens  Länder  de la RDA dans lesquels l’Ostalgie est de plus en plus sensible.

  

Conclusion

Le cas allemand est emblématique de l’impact des grandes crises du XXe siècle sur l’évolution du mouvement ouvrier européen. Le ralliement de la majorité des socialistes et des syndicats à la défense nationale dans le cadre d’unions sacrées lors de la Première Guerre mondiale enterre les visées pacifistes et internationalistes mais favorise l’intégration des formations ouvrières à la nation.  La révolution russe, la défaite et la crise économique des années 30 contribuent au développement d’un contexte révolutionnaire qui accentue les déchirements au sein du mouvement ouvrier. La guerre froide consacre, avec celle de l’Allemagne et de l’Europe, la division entre socialistes et communistes. Enfin, le contexte de la mondialisation entraine une nouvelle rupture. Finalement c’est l’histoire, depuis la fin du XIXème siècle, de  la confrontation permanente des courantes réformiste ( améliorer les conditions ouvrières par la négociations)  et révolutionnaire ( créer une société nouvelles) qui se poursuit, l’utopie marxiste  contre le réalisme social-démocrate, voire, aujourd’hui social-libéral.

 

 

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EDC Les Journées nationales du souvenirs (1946)

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Ce document est une affiche de Guy Georget réalisée en 1946 à l’occasion des Journées Nationales du Souvenir, organisées par 4 associations d’anciens combattants, de prisonniers de guerre, de déportés résistants et  de travailleurs du  STO dans la ville de Compiègne , siège d’un des principaux  camp de transit pendant la guerre. Le pays est alors en plein effort de reconstruction et l’épuration s’achève. Il faut restaurer l’unité nationale et travailler à la réconciliation des Français. La construction progressive du « mythe resistancialiste » exaltant le patriotisme, la résistance et  l’union de toutes les victimes est en marche comme en témoigne ce document.

 Ainsi pouvons-nous nous interroger sur la volonté de l’auteur de cette affiche de mêler les différentes mémoires de la déportation dans l’immédiat après-guerre.

Description

1er plan :

Un groupe d’hommes, de tailles similaires, de couleur identique sombre.

Des postures fraternelles, de retrouvailles. Des gestes amicaux (mains sur l’épaule, bras levé).

Des attributs vestimentaires qui les identifient : un prisonnier de guerre (le calot et le manteau), un ancien combattant (le casque), un déporté (la tenue rayée) et un travailleur du STO (le béret).

2nd plan :

Un paysage ravagé par les destructions de la guerre qui témoigne de la situation du pays : arbres calcinés, maisons détruites qui se fondent dans une couleur sombre et uniforme.

       Les éléments lexicographiques :

C’est une affiche informative, il n’y a pas de slogan ou d’appel. Les noms des 4 associations sont présentés sans hiérarchie: l’Union française des associations d’anciens combattants, la Fédération nationale des prisonniers de guerre, la fédération nationale des déportés et internes résistants et patriotes et la Fédération nationale des déportés du travail.

       Les éléments symboliques :

La bannière (le calicot) nationale (bleu/blanc/rouge) qui surmonte le groupe et l’affiche.

 

Explication (en quoi cette affiche révèle-t-elle la volonté d’unir les mémoires de la 2nd GM ?)

les personnages représentés ne sont pas réellement distingués, l’auteur les associe sous un même stéréotype alors que les destins des uns et des autres sont très différents. Les prisonniers de guerre (environ 2 millions) sont associés aux anciens combattants, aux déportés du STO (600 000) et aux déportés (162 000). Il n’est fait aucune mention de la spécificité du génocide juif ni même de cette population parmi les déportés alors qu’elle en représentée près de 50%. Les victimes de la barbarie nazie sont regroupées sous la bannière protectrice de la « France éternelle ». La souffrance est celle de tous les Français qui doivent s’unir pour reconstruire le pays.

Cependant,l’affiche ne désigne pas les héros ni non plus les « collabos ». En 1946, la nécessité de restaurer l’union des victimes  et la concorde nationale s’imposent. Mais dans la réalité des faits, ce sont les résistants et patriotes qui sont associés aux commémorations et non les requis du STO ou les déportés raciaux. Progressivement, la mémoire qui s’impose est celle de l’épopée résistante et non plus celle de la souffrance partagée. C’est le « mythe resistancialiste » (H.Rousso).

Posted in 3.ECD HISTOIRE, H1.Les mémoires de la Seconde guerre mondiale

Présentations ECD Mémoires de la 2nd GM

« Pétain avait de surcroît dans son entourage des hommes […] intelligents et compétents qui ont conduit d’autres hommes à se faire les complices d’un Reich aux abois : la Solution finale, le travail obligatoire, les représailles contre une Résistance de plus en plus énergique. Comment expliquer une erreur de jugement aussi monstrueuse ? […] La vie ne fut manifestement pas plus facile en France que dans les pays d’Europe occidentale entièrement occupés. C’est donc pour d’autres motifs évidemment que les Français se sont laissés entraîner jusqu’au bout sur une mauvaise pente. L’inertie bureaucratique, l’impossibilité de voir quoi que ce soit au-delà de l’efficacité administrative, ont joué sans aucun doute. Mais il y eut surtout l’attrait de la Révolution nationale (Vichy et Pétain) pour ceux qui en étaient férus.

Rober Paxton, « La France de Vichy », Seuil, 1973.

barbie_plantu

 

Le document 1 est un texte extrait de l’ouvrage « La France de Vichy », publié en 1973 par l’historien américain R. Paxton. Dans ce passage, l’auteur défend la thèse d’une complicité volontaire des responsables de Vichy avec l’occupant allemand qu’il explique par la parenté idéologique de la Révolution Nationale avec le Reich et non par le seul souci de Pétain de limiter les effets de l’occupation. La publication de cet ouvrage s’inscrit dans un contexte de remise en cause du mythe résistancialiste et de la théorie du bouclier ( R.Aron) illustrée dès 1971 par le film de M. Ophüls, « Le Chagrin et la Pitié » ainsi que la polémique qui avait suivi la grâce accordée par le président Pompidou au milicien Touvier.

 

Le document 2 est une caricature du dessinateur de presse Plantu publiée à la Une du quotidien « Le Monde » le 6 février 1983. L’auteur choisit d’illustrer l’instant où K. Barbie, ancien chef de la Gestapo de Lyon, découvre stupéfait, du haut de la passerelle de l’avion qui le ramène de Bolivie, un cortège d’anciens déportés qui l’attend accompagné de J.Moulin, figure tutélaire de la Résistance. K.Barbie prend conscience qu’il doit rendre des comptes aux victimes qui portent de lourds dossiers d’accusation.
Dans les années 80, grâce notamment aux efforts des époux Klarsfeld et de la FFDJF, des enquêtes aboutissent à l’inculpation pour crimes contre l’humanité d’anciens nazis ou collaborateurs. En 1979, J.Leguay avait été inculpé et en 1981, une plainte avait été déposée contre M. Papon. Mais K. Barbie, responsable de la mort de J.Moulin et de la déportation des enfants d’Izieu, est le plus emblématique de ces personnages rattrapés par leur passé.

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Sujets bac 2016

Pondichéry ES_

Washington

Polynésie

Centres-étrangers

metropole-sujet-officiel

 

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Médias de l’audio-visuel et opinions publiques lors des crises politiques depuis les années 20.

De la 1ère émission de Radio Tour Eiffel en décembre 1921 au « choc » des résultats du 1er tour de l’élection présidentielle d’avril 2002, les médias audio-visuels, radio, télévision puis internet, prennent progressivement une place prépondérante dans la formation et l’expression de l’opinion publique  et tout particulièrement lors des périodes de troubles et de conflits. Enjeu de pouvoir, instrument d’information et parfois de propagande, les médias A.V, ont tout à la fois relayé l’autorité de l’Etat, l’expression des contestations et finalement l’émiettement de l’opinion publique.
Pourquoi et comment ces médias se sont-ils progressivement imposés comme les relais privilégiés de l’opinion publique et comme des enjeux de pouvoir à l’occasion des grandes crises politiques?
Nous montrerons tout d’abord l’émergence de la radio dans les 30′s et la « guerre des ondes » entre la France libre et Vichy, puis le rôle croissant de la TV et des  radios que tente de contrôler l’Etat dès l’après-guerre et jusque dans les 70′s et enfin, la libéralisation et la multiplication des médias de l’audiovisuel et la fragmentation de l’opinion publique dont témoigne le « choc » d’avril 20022.

 

1/ 1920’s -1945

– Etat des lieux (contextualisation du sujet )  1er déclin de la presse écrite après la 1ère GM et développement de la radio.

Monopole de l’Etat (Radio Tour Eiffel) mais autorisations pour les 1ères  radios privées (Radiola, Radio Luxembourg).
– Equipement progressif mais rapide des Français: 10% en 1932, 60% en 1939
– Impact sur l’opinion publique modéré mais réel: le président du Conseil A.Tardieu inaugure les campagnes électorales la radio en 1932.Le Présidt.Doumergue intervient régulièrement en 1934 comme L. Blum en 1936 ( cf. aussi campagne législative de 1936: la droite dénonce la propagande du gvt (« TSFIO »)
crise du 6/2/1934 : le gvt discrédite les manifestants à la radio (des « repris de justice » des « voyous »)/
-La radio devient un enjeu majeur dans le conflit (guerre des ondes) : Pétain annonce l’armistice le 17 juin 1940 à la radio/ Appel du 18 juin de de Gaulle à la BBC. Instrument de propagande allemande et vichyste : Radio-Paris (éditoriaux de Ph. Henriot/ dénonciation du « général Micro »: DG), Radiodiffusion nationale (Radio Vichy)/  Rôle majeur pour diffuser l’esprit et les messages de résistance (, Radio-Londres, « Les Français parlent aux Français », P. Dac, les 1ers « jingles » : « Radio-Paris ment …Radio-Paris est allemande »).

 

En 1945 la radio s’est durablement imposée auprès des Français qui, au cours des années 50 et 60, s’équipent aussi progressivement  d’un téléviseur. Les médias audio-visuels deviennent plus que jamais les premiers « faiseurs » d’opinions mais aussi un enjeu de pouvoir pour les gouvernements qui cherchent à les contrôler et à  tirer profit de leurs audiences.

 

2/ 1945-1974
– Reprise en main de la radio par l’Etat/épuration : création de la RTF, interdiction des radios privées => création des radios périphériques (Europe n°1 en 1955 émet depuis l’Allemagne)/ Création de la Maison de la Radio en 1963 et de l’ORTF en 1964 contrôlé par le ministre de l’information.
– Evolution technique : création du transistor en 1956 => mobilité, miniaturisation. Développement de la télévision : 37 000 en 1953 à  1.3 millions en 1960 à 11 millions en 1970/ 1er JT en 1949 qui s’impose progressivement comme 1er source d’information/
– De Gaulle intervient régulièrement à la TV (20 fois entre 58 et 62 : conférences de presse, allocutions).
– Expl de la crise d’avril 1961 : putsch des généraux à Alger le 22 avril 1961 => De Gaulle intervient à la radio et à la télévision le 23 avril (discours rediffusé  à  la  radio  tous  les  quarts d’heures dans la nuit du 23 au 24). A Alger, le message est relayé par les radios périphériques (Europe 1, Radio Luxembourg). Rôle sur le contingent.
Rôle majeur dans la campagne électorale de 1965 (les candidats de l’opposition ont accès à la TV/ mise ballottage de DG => intervention à la radio et TV pour le 2nd tour)
– La crise de mai-juin 1968 : Radios et surtout TV publiques perçues comme « la voix de son maître » (cf. dessins et affiches)/ cf. pression sur les journalistes, censure => les radios périph. couvrent les événements du quartier Latin => rôle dans la formation d’un opinion publique d’abord favorable aux étudiants/ mvts. de grèves aussi à l’ORTF à partir du 25 mai
De juin à août: reprise en main par l’Etat de l’information/ licenciements et mutations à l’ORTF/ utilisation de la radio par de Gaulle (discours du 30 mai)/ mise en avant de la majorité silencieuse => apparent retournement de l’opinion publique.
Rappel du mot de Pompidou en 1972 sur la » télévision considérée comme la voix de la France »

 

A partir des années 70, les médias AV connaissent une double évolution : émancipation de la tutelle publique et multiplication. Leurs rapports avec l’OP deviennent plus interactifs et leur influence plus difficile à cerner.  

3/ Depuis 1974
– réorganisation par VGE de l’ORTF (7 sociétés autonomes) mais maintien du contrôle de l’Etat./ multiplication des radios pirates mais faibles impact sur l’opinion publique/
– 1982: Mitterrand libéralise l’audiovisuel => développt des « radios-libres »/ progressivement création de nouvelles chaines de TV (Canal +, 1984) et privatisation de TF1 (1987).
Un contrôle plus distant (HACA, CNCL puis CSA) mais tjrs. département ministériel attribué à la communication.
– Rôle de la TV dans les campagnes présidentielles (1er débat en 1974: VGE-Mitterrand : 25 millions de téléspectateurs) mais expl. de 2002: accusation d’avoir donné une place trop importante aux thèmes de l’insécurité/ absence de vision des progrès du candidat Le Pen dans les sondages et focalisation sur le duel Jospin-Chirac./ rôle du web dans la mobilisation du 2nd tour.
– Plus généralement : critique de la « télécratie » et de la démocratie d’opinion (les sondages décident les choix politiques).
– Multiplication des sources d’infos. (Câble, satel. et TNT)  et d’expression par internet. (Médiapart mais aussi les réseaux sociaux) => Individualisation de l’information, émiettement de l’opinion publique collective en une multitude d’opinions individuelles et de témoignages publiques.

 

Conclusion

– Les crises politiques ont mis en avant le rôle des médias comme outil de mobilisation, de contestation mais aussi, pour le pouvoir, de reprise en main de l’opinion publique ou de propagande.
– Bouleversement avec internet : multiplication des médias, fragmentation des collectivités, individualisation de l’information.

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La presse, l’opinion publique et les crises politiques depuis 1898

Le 13 janvier 1898, l’article fondateur de Zola, « J’Accuse », publié dans l’Aurore à 300 000 exemplaires dévoile la réalité de l’Affaire Dreyfus à une opinion publique peu informée mais très majoritairement antidreyfusarde. Le débat devient public et la presse reprend tout autant qu’elle entretient les clivages idéologiques de la société française. Jusqu’au « choc » d’avril 2002, et malgré son lent déclin séculaire, la presse écrite exerce sa fonction tribunitienne dans l’expression et la formation de l’opinion publique notamment lors des crises politiques

Pourquoi et comment la presse exerce une influence sur l’opinion publique? En quoi témoigne-t-elle autant qu’elle les alimente, des clivages qui parcourent l’opinion publique et qui se manifestent plus particulièrement lors des crises politiques?

Sous la IIIème République, la presse domine les médias et relaye les grands débats qui divisent la société française en particulier lors de l’Affaire Dreyfus et de la crise du 6 février 1934. La guerre marque une rupture. Jusqu’en 1968, la presse, qui cherche à jouer un rôle de contre-pouvoir,  subit le poids d’un contrôle étatique de plus en plus pesant malgré des tentatives de rénovation dans les années 50. Depuis les années 70, le déclin de la presse écrite semble inexorable face au développement des médias audio-visuels et à l’émiettement de l’opinion publique comme l’illustre le « choc » d’avril 2002.

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Bac Blanc ,ECD Mer de Chine

Eléments de corrigé Mer de Chine

Posted in 4.ECD GÉOGRAPHIE, G2.Les dynamiques de la mondialisation

Power point Afrique les défis du développement

Vous trouverez ici les doc. vus en cours

PPT Afrique 1

Posted in 6.GEOGRAPHIE/FONDS DE CARTES, CROQUIS ET SCHEMAS, G4.L'Afrique,les défis du développement

Le continent africain face au développement et à la mondialisation (sujet Liban 2013)

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10 chiffres sur l’Afrique qui pourraient vous… par lemondefr

 

 

Observée à l’échelle du monde, l’Afrique ce continent « riche peuplé de pauvres » cumule les retards et les difficultés. Son développement économique très déséquilibré est freiné par de nombreuses  inerties qui la maintiennent largement en marge des flux de la mondialisation. Le développement humain, bien que très contrasté sur le continent, reste  encore modeste  comme l’attestent les IDH et IPH. Cependant, l’Afrique a des atouts et on observe des formes de décollage. La croissance économique  y est forte et la présence étrangère l’insère, malgré tout, dans l’économie mondiale. Pour autant les défis à relever restent nombreux
 Comment caractériser le développement en Afrique et sa place dans la mondialisation ? Quels sont les facteurs du  décollage, les nouvelles perspectives mais aussi leurs limites ?
 Dans un premier temps nous montrerons que l’Afrique, bien que présentant des situations contrastées, est un continent en mal développement et en marge de la mondialisation. Puis nous présenterons les éléments de l’émergence africaine dans l’économie mondiale et enfin, les défis que le continent doit relever et les obstacles  qu’il doit encore surmonter.
 
 1/ mal-développement et marginalisation économique de l’Afrique 
   a/ Développement humain
               Faible IDH (0.54 contre 0.75 moy. mond.)
               – Insécurité alimentaire : plus de 30% de la population en situation de malnutrition et sous-nutrition (230 millions de personnes)/ 64 % de celle de l’Erythrée
                – Insécurité sanitaire: e mortalité infantile (74°/°°  en Afrique subsaharienne mais en Somalie et au Mali à 180°/°°) / sida (23 millions de malades sur 34 dans le monde c.à.d. 80 % des décès mondiaux)/ La malaria tue un enfant africain toutes les 30 secondes / Plus de 300 millions d’Africains ont un accès difficile à l’eau potable en 2013 et 1/3 de la pop. Subsaharienne seulement est équipé de réseaux d’assainissement
                – Pauvreté monétaire faible alphabétisation : plus de 50% de la population vit toujours en dessous du seuil de pauvreté. 390 millions de personnes vivant avec moins de 1$/jour dont 300 millions en Afrique subsaharienne malgré une baisse  de 66 % à 60 % de la pop. en deçà du seuil de pauvreté absolue .
               – Alphabétisation : <ce. de l’enseignt. second. : 26 % en moyenne, 7 % au Mozambique. 160 millions d’adultes analphabètes. Mais des évolutions  : http://www.lemonde.fr/afrique/
 carte_croissance_population_mondiale

 

expl de synthèse : Kibera au Kenya : le plus grand bidonville d’Afrique de l’Est : près d’1 million de personnes, espérance de vie basse (environ 35 ans, alors que la moyenne nationale est de 57 ans), absence d’eau courante et de réseau d’assainissement
 Sur les bidonvilles en Afrique : http://terangaweb.com/pour-un-avenir-sans-bidonvilles-en-afrique/ ainsi que plus généralement http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/01/22/pres-de-la-moitie-de-la-croissance-urbaine-se-fait-dans-les-bidonvilles_4561791_3244.html
 
  b/ Développement économique
                 – 3% du PIB mondial /sur 54 pays : 34 des 48 PMA  
                  – Diversité des situations : 3 groupes de pays contribuent aux ¾ du PIB : l’Afrique du Sud (23%), le Nigéria, l’Algérie et l’Egypte (10% chacun), la Libye, le Maroc, l’Angola, l’Ethiopie et la Tunisie (5% chacun)
                  – Agriculture peu productive mais fort % de la p.a dans le I : PMA africains  importent 25 % environ de leurs produits alimentaires. Économies de rente  agricole (Cote d’Ivoire, Sénégal, Mali).
                 – Peu d’industries (sauf pays pétroliers), d’infrastructures (22% des routes sont asphaltées dans les PMA, la RSA = 50% du réseau goudronné d’Afrique, 1er port : Port-Saïd, 31ème  port mondial  )
                – Energie <t : 16 % de la population des PMA ont accès à l’électricité
  c/ En périphérie de la mondialisation
              – 1% de la P° mondiale et 1.5% des exportations mondiales
              –   Le stock d’IDE est de 4% du stock mondial
              –   les zones franches : 7.5% du total mondial.
  
2/ Emergence et perspective africaines
       a/ Un continent attractif
                – 1/3  des réserves minérales mondiales : en 2015, elle produira 78% du platinium, 60% du cobalt, 50% des diamants, 22% de l’or et de l’uranium
                – 13% des réserves prouvées de pétrole/ : seuls 8 pays sur 53 échappent aujourd’hui à la prospection.
                – 60% des réserves de terres : phénomène du « land grabbing » (la Chine contrôlerait plus de 10 millions d’ha.)
 voir notamment les échanges Chine/Afrique : http://www.ritimo.org/article640.html

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   b/ Emergence et modernisation
              – taux de croissance de 5,1 % entre 2000-2011 (3.7% dans le monde)
                – désenclavement numérique : en 2010, la couverture territoriale atteint 90% dans la plupart des villes, 40% dans les campagnes.
              – grands chantiers : TGV (Tanger-Marrakech), réseaux autoroutiers (Golfe de Guinée), des projets de ports en eaux profondes (Mombassa au Kenya)./ rôle de a Chine présente dans 40 pays avec 750 000 ressortissants (aéroport international d’Alger.)

http://cesm.marine.defense.gouv.fr/index.php/18-accueil/69-breves-marines-escales-africaines

             – Des secteurs bien intégrés à la mondialisation: l’horticulture kenyane (par ailleurs 1er  exportateur mondial de thé), le pétrole algérien, nigérien, angolais et libyen, les fruits et légumes sud-africains.
              – émergence d’une classe moyenne consommatrice : en 2010, 34% de la pop. (313 millions de personnes) appartiennent aux classes moyennes contre 25% en 1980 (111 millions).
             – Un relatif apaisement des conflits : l’Afrique est sortie de la « décennie du chaos : (1991-2001) et connait moins de conflits : 35 pays sur 53 en guerre en 1995, en 2011, 4 zones de tensions : le Soudan, la Somalie, L’est du Congo et le Sahara.
 les progres du developpement
 
3/ Limites et défis du développement et de l’insertion dans la mondialisation Schéma
 
 a/ Des Etats défaillants et des conflits récurrents
              – 11 millions de réfugiés ou déplacés en Afrique sur les 37 millions dans le monde)
              – Piraterie en Somalie et dans le golfe de Guinée
               – Eclatement des Etats : Nigéria et la région sahélienne déstabilisée par les groupes d’AQMI). Au Soudan  en 2011
 
b/ un développement humain  qui implique une maîtrise démographique et qui ne profite pas entièrement à l’Afrique
              – 1,1 milliard d’hab. en 2011 soit 15,7 % de la population mondiale. (Perspectives de 1.5 milliard en 2030 / 41% de la pop. < 15 ans. Diversité des situations : tx de fécondité en Tunisie : 2.1 mais au Kenya : 5 et au Niger : 7 (pop. x 4 d’ici 2050)

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/01/16/le-sahel-est-une-bombe-demographique_5063147_3212.html

 

              – Emigration forte : 200 000 personnes dont  20 000 diplômés
              – Chômage très élevé (60 % des < 20 ans en Afrique subsaharienne) même chez les diplômés => Le secteur informel domine pour le plus grand nombre quand ce ne sont pas les trafics et réseaux illicites
              – Problèmes d’infrastructures : expl: accès à l’eau potable :http://gabonreview.com/blog/lafrique-ne-manque-pas-deau-mais-sa-population-manque-deau-potable/
c/ Une mondialisation qui s’apparente souvent à du pillage et qui accroît la dépendance
               – Les conflits, les guerres de prédation et la corruption  empêchent la valorisation des ressources : La RDC et le Botswana produisent chacun 20 % des diamants dans le monde.
               – la croissance africaine est dépendante de l’évolution des prix des mat. 1ère
               – Fragilité des économies de rente : l’Ethiopie où le café représente 60% des exportations
               – Rôle des FTN : qui contrôlent le commerce des produits agricoles et l’exploitation des gisements miniers ou énergétiques
 afrique_ports_et_routes-1-11cd2-f64d5 deficit energétique afrique
Conclusion
 Les années 1990, « décennie du chaos » selon l’expression de S. Brunel, semblent aujourd’hui assez lointaines. Le continent africain est à présent, malgré la permanence des facteurs d’instabilité, une terre convoitée pour ses richesses qui s’intègre progressivement  dans l’économie mondiale. Pour autant, L ’Afrique présente de forts contrastes et mieux vaudrait évoquer « les Afriques ». enfin les enjeux du développement humain restent immenses : comment nourrir, former et donner du travail à une population croissante, jeune et en quête d’un avenir encore souvent confondu  avec le départ pour l’étranger?

 

 Un article de synthèse sur le sujet : http://www.slateafrique.com/94095/10-choses-que-vous-ignoriez-sur-expansion-economie-africaine
Une conclusion et des perspectives : http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/02/l-afrique-est-bien-partie_3151910_3234.html
Pour poursuivre la réflexion sur l’Afrique, cf. ces interventions  de R.Pourtier sur le site des Cafés Géographiques(04/2013,01/2014) Quand l’Afrique s’éveillera ! et Les États africains sont-ils condamnés à la faillite ? ainsi que sur le site Diploweb : http://www.diploweb.com/Le-defi-africain-bombe.html

 

 

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Proche et Moyen Orient : foyers de conflits depuis 1918.

 

L’expression « Proche-Orient » désigne les régions de l’Est  de la Turquie à l’Egypte (l’ancien « Levant »). Le Moyen-Orient se définit comme l’ensemble des pays de l’Asie de l’Ouest et du Sud-ouest, de la Turquie à l’Iran, voire l’Afghanistan, et du Sud du Caucase à la péninsule Arabique, ensemble qui comprend en outre l’Égypte. Carrefour de civilisations et berceau des trois monothéismes, la région concentre aussi les rivalités religieuses, politiques et culturelles ainsi que les enjeux stratégiques, et notamment le contrôle des ressources pétrolières qui en font un foyer permanent de tensions et d’instabilités.

 

Quels facteurs font de la région un foyer particulier de conflits et comment se manifestent – ils ?

Pourquoi ces conflits ont-ils dans le monde une telle résonnance ?

 

1/ Une région sous l’influence des grandes puissances : 1918-1945

 

11/Les caractères particuliers du Proche et moyen Orient

 

Grande importance géostratégique. Historiquement, le Proche et Moyen-Orient est une zone de passage, de carrefour mettant en contact l’Europe et l’Asie, suscitant l’intérêt et les appétits des puissances extérieures depuis le XIXe siècle.

Une grande diversité ethnique et culturelle : trois grandes cultures dominent : les Perses, les Turcs et les Arabes.  Sont également présents des Kurdes.

Grande opposition aussi entre les deux grands courants de l’islam : Sunnisme (la majorité des Arabes et des Turcs) et Chiisme (la majorité des Persans, 50% en Irak, et aussi au Liban et en Syrie). La population juive ainsi que les minorités chrétiennes (très divisés en différentes Églises, parmi lesquelles les coptes en Égypte, les chaldéens en Irak ou les syriaques en Syrie) sont des éléments de cette diversité.

La présence des lieux saints des trois grands monothéismes : place particulière de Jérusalem et la question de son contrôle depuis un siècle. Situation des deux autres grands lieux saints de l’islam, La Mecque et Médine, dont le contrôle par la dynastie saoudienne est critiqué notamment par l’Iran.

Une forte pression démographique qui pose la question du développement économique et de la forte  pression qu’exerce cette population sur les ressources, notamment l’eau.

Les plus importantes réserves mondiales de pétrole : Depuis la découverte des premiers gisements en Perse en 1908, son contrôle est devenu un enjeu majeur pour les grandes puissances, avant de devenir une chance, voire une arme, pour les pays qui disposent de cette manne. Très tôt  Les Anglais installent des points d’appui, comme au Koweït, et contrôlent la route stratégique du canal de Suez.

Une histoire politique et diplomatique complexe: L’histoire du Proche et Moyen Orient depuis la fin de la Première Guerre mondiale est largement marquée par l’influence des grandes puissances. Dans les années 1920 et 1930, Français et Britanniques se disputent le contrôle de la région, Durant la guerre froide,  les États-Unis et l’URSS s’affrontent dans la région par alliés interposés. Les frontières, issues d’un découpage colonial, morcellent la région et sont souvent discutées, voire niées : Syrie face au Liban  ou de l’Irak face au Koweït

Depuis la décolonisation, les principaux États du Proche et Moyen Orient se livrent une lutte d’influence dans la région, qui peut prendre la forme de nationalismes actifs. Conflits aussi autour de la création et de l’existence de l’État d’Israël depuis 1948.

 

 

12/ Une géopolitique bouleversée par la 1ère guerre mondiale

 

121/ La présence européenne jusqu’en 1918

 

Depuis le XVIe siècle, les Ottomans contrôlent la majeure partie des peuples et territoires du Proche et Moyen Orient à l’exception de la Perse et du sud de l’Arabie. Mais au XIXe l’autorité de l’Empire ottoman recule devant les avancées des grandes puissances : la France s’impose dans les ports du Levant (Beyrouth, Alexandrie), la Russie cherche à contrôler les Détroits pour son commerce, la GB veut protéger la routes des Indes et exerce un protectorat sur l’Egypte et le canal de Suez. Par ailleurs, la découverte du pétrole en Iran  en 1908 attise les convoitises.

En 1914, l’Empire Ottoman entre en guerre aux côtés de l’Allemagne. Pour l’affaiblir, la GB suscite en 1916 la révolte des Arabes dirigés par le chérif de la Mecque HUSSEIN (gardien des lieux saints) et son fils FAYCAL,  auquel ils promettent un royaume indépendant. Ainsi, aidés des Arabes, les Britanniques prennent Jérusalem, Bagdad et Damas. En réalité, les Européens, essentiellement les Français et les Anglais, envisagent de mettre la région sous tutelle et d’établir un partage. C’est l’objet des accords Sykes-Picot signés en mai 1916 Les Ottomans signent finalement l’armistice le 30 octobre 1918.

 

 

122/ Le partage de l’Empire ottoman et les nouvelles frontières

 

Le partage se fait lors du Traité de Sèvres en 1920  qui reprend un accord franco-anglais de 1916 (Accords Sykes-Picot): Les Détroits sont démilitarisés et neutralisés et la SDN confie à la France et à la GB des territoires (des mandats) qui deviendront la Syrie et Liban pour la France et pour la GB l’Irak, la Transjordanie et la Palestine.

Les nouvelles frontières sont refusées par les mouvements nationalistes de la région. En 1919, le général KEMAL, en rupture ouverte avec le sultan, prend la tête d’un mouvement nationaliste, bien décidé à s’opposer au rêve d’une grande Grèce entretenu par le Premier ministre VENIZELOS (les Grecs ont débarqué à Smyrne en mai 1919). Les armées de Kemal entrent en lutte contre celles du sultan, contre l’Arménie et contre la Grèce. La guerre gréco-turque dure deux ans, de 1920 à 1922. MUSTAFA KEMAL reconquiert par les armes l’ensemble de l’Anatolie et obtient la révision des frontières au Traité de Lausanne en 1923. La fin de la guerre et le traité de Lausanne donnent lieu à de gigantesques mouvements forcés de population. 1,3 million de Grecs (au sens de chrétiens grecs orthodoxes) sont contraints de quitter l’Asie mineure. De leur côté, 400 000 Turcs doivent quitter la Grèce.

Des révoltes arabes éclatent en Irak et en Egypte contre les Anglais qui n’ont pas tenu leur promesse de créer un grand  royaume arabe. Les Français de leurs côtés écrasent les nationalistes syriens en 1920.

 

 

13/ Rivalités, réformes et les 1ères indépendances : 1920 –  1945

 

131/ Modernisation et nationalisme

 

En 1924, MUSTAPHA KEMAL ATATÜRK met fin au califat (les sultans ottomans détiennent le califat, la plus haute autorité religieuse musulmane depuis le XVIème siècle) et fonde une république laïque fortement occidentalisée : alphabet latin (langue turc et non plus arabe), droit de vote aux femmes (1934).

en 1925, en Iran, un militaire Reza SHAH PAHLAVI prend le pouvoir et  contraint les troupes britanniques et soviétiques à évacuer le pays et se lance dans une entreprise de modernisation sur le modèle turc : interdiction du port du voile par exemple.

En 1924, l’émir IBN SAOUD conquiert toute la péninsule arabique et chasse le chérif HUSSEIN de la Mecque et fonde le royaume d’Arabie Saoudite en 1932. Les Britanniques conservent cependant le contrôle des émirats  intégrés à l’empire.

 

 

132/ La politique des puissances européennes dans les mandats

 

Les puissances européennes s’appuient sur des minorités confessionnelles (chrétiens libanais, juifs de Palestine) en leur accordant des avantages territoriaux et politiques : la France crée le Liban séparé de la Syrie où les maronites (chrétiens) sont majoritaires. La France administre ce mandat comme des protectorats. Dans le même temps elle réprime les révoltes: En Syrie, l’émir FAYÇAL, fils du chérif Hussein, s’est proclamé roi et refuse de voir la France s’imposer comme puissance mandataire. Il est soutenu par les Britanniques et s’installe finalement à Bagdad en 1920. En Syrie, la rébellion gagne Damas et Le général Gamelin décide de bombarder la ville, provoquant une indignation internationale. La guérilla, qui se replie ensuite dans les montagnes, se prolonge jusqu’en 1927. La France  n’accordera l’indépendance au Liban qu’en 1943 et à la Syrie en 1946.

Les Britanniques mènent une politique très différente et jouent le jeu de l’indépendance, l’accordant à l’Irak en 1932 (mais la GB y conserve des bases militaires et contrôle encore l’économie) et, de façon incomplète, à la Transjordanie en 1928. Ils y maintiennent en revanche des bases militaires et imposent des accords qui viennent consolider leur influence – suivant en cela la politique expérimentée en Égypte.

133/ Les Britanniques et la Palestine

 

L’organisation sioniste mondiale (de Sion l’une des collines de Jérusalem), créée en 1897 sous l’impulsion de  THEODOR HERZL (L’État des Juifs, 1896)  propose,  face à l’exclusion dont les Juifs sont victimes (pogroms en Russie, Affaire Dreyfus) la création d’une nation juive  en Palestine berceau historique du peuple juif (expulsion des juifs en 70 ap.JC). Le mouvement d’implantation (les Alyahs en hébreu) débute dès le début du XXe siècle avec la fondation des premières villes et colonies juives : Tel Aviv en 1909, le premier kibboutz, en 1911. L’organisation sioniste mondiale  se charge de recueillir les fonds, d’acheter les terres, d’accueillir les nouveaux immigrants. Peu à peu se met en place un quasi-État, avec ses structures politiques (le Conseil national),  militaires (la Haganah), auquel il ne manque que le contrôle exclusif d’un territoire déterminé (la souveraineté) et la reconnaissance internationale.

En novembre 1917, le ministre des AE Lord BALFOUR se dit favorable à la création d’un « foyer national » juif en Palestine. La déclaration faite par Lord Balfour à Lord Walter Rothschild (représentant des juifs britanniques) intervient dans un contexte militaire favorable à la Grande-Bretagne, dont les troupes viennent d’entrer en Palestine (alors ottomane). Les Britanniques reconnaissent une autorité politique juive (l’Agence juive), tolèrent une milice armée (la Haganah) et facilitent le rachat de terres par les migrants. Cependant il y des ambigüités et des contradictions : Balfour  parle d’un « foyer national », non d’un État ou d’une nation ; d’un autre côté, il évoque la préservation des droits civils et religieux des Arabes de Palestine, sans mentionner d’éventuels droits politiques. Par ailleurs en 1915, les mêmes Britanniques avaient promis à Hussein la constitution, après la guerre, d’un grand royaume arabe incluant la Palestine.

L’immigration juive  se développe et s’accélère avec la limitation de l’immigration aux EU en 1924 et l’arrivée d’Hitler en 1933. Entre 1919 et 1931 :  130 000 juifs émigrent en Palestine, 180 000 entre 1932 et 1944. Ainsi la population juive en Palestine passe de 90 000 en 1923 à 450 000 en 1940 pour une population palestinienne de 1.12 millions ( 33%).

Les implantations juives (les Kibboutz) se multiplient et les heurts sont de plus en plus violents entre arabes et juifs notamment à Jérusalem en 1929 (plus de 200 morts). En 1936, commence la Grande révolte arabe : les arabes de Palestine se soulèvent sous l’autorité du mufti de Jérusalem et exigent l’arrêt de l’immigration et la fin du mandat britannique. La répression des anglais est sévère (3 à 6000 morts arabes) mais ils décident cependant en 1939 de limiter l’immigration juive à 15 000 personnes /an.

2/ Proche et le Moyen-Orient dans les relations internationales jusqu’en 1979

 

21/ les recompositions de l’après-guerre

 

211/ La naissance d’Israël et la 1ère guerre israélo-arabe

 

La Shoah renforce la revendication d’un Etat refuge pour les juifs mais la GB veut ménager les arabes afin de maintenir sa présence sur le canal de Suez (Londres favorise notamment la création de la Ligue des États arabes le 22 mars 1945). Elle continue d’interdire l’entrée aux immigrants juifs y compris les rescapés du génocide (épisode de l’Exodus en juillet 1947: 4700 juifs rescapés des camps sont refoulés à cause de la loi des quotas de 1939). Devant la multiplication des violences (attentat par l’Irgoun de Menahem BEGIN en juillet 1946 contre l’hôtel King David  qui fait 91 morts, dont 28 Britanniques, 41 Arabes, 17 Juifs Palestiniens), la GB s’en remet à l’ONU qui propose un plan de partage de la Palestine en novembre 1947.

Le plan est rejeté par les arabes. Le 14 mai 1948 (année de la « Nakba« , catastrophe, pour les Palestiniens), BEN GOURION, principal dirigeant de la Yishouv (nom de la communauté juive en Palestine avant la création d’Israël; juif polonais, Ben Gourion est en Palestine depuis 1906) proclame la naissance de l’Etat d’Israël qui est aussitôt reconnu par les EU et l’URSS. La Ligue Arabe (Palestiniens, Egyptiens, Irakiens, Transjordaniens, Syriens et Libanais) déclare la guerre à Israël. En mars 1949, la guerre s’achève sur la victoire d’Israël qui obtient 78% de la Palestine mais aucun traité ne reconnait l’existence d’Israël. Les conséquences sont territoriales (extension du territoire israélien et occupation de Jérusalem-ouest alors que la Transjordanie occupe la Cisjordanie et Jérusalem-est et que l’Egypte administre la Bande de Gaza) et humaines : Près de 900 000 Palestiniens (80%) émigrent vers Gaza, la Cisjordanie ou le Liban.

212/ L’effacement progressif des anciennes puissances européennes

 

Affaiblies par la guerre la France et surtout la GB cèdent leur leadership aux EU qui s’appuient, pour leur politique de containment, sur la Turquie (OTAN en 1952), sur l’Arabie Saoudite et signent le  Pacte de Bagdad en 1955 avec l’Iran, l’Irak, le Pakistan et la Turquie.

expl. de l’Iran: En 1951, MOSSADEGH  devient le Premier ministre du jeune Shah, MOHAMMED REZA PAHLAVI, et décide de nationaliser l’Anglo-Iranian Oil, qui exploite le pétrole iranien depuis 1909. La Grande-Bretagne porte plainte, Mossadegh rompt les relations diplomatiques avec Londres et s’oppose frontalement aux marchés internationaux et bientôt au Shah lui-même ; une crise économique, politique et sociale menace. Les États-Unis, en accord avec la Grande-Bretagne, décident alors, en août 1953, de renverser Mossadegh, pour préserver leurs intérêts pétroliers et empêcher que l’Iran ne se tourne vers l’URSS. La CIA se charge de mener à bien le coup d’État. Le pétrole iranien est alors exploité, à partir de 1954, par un consortium où les compagnies américaines entrent en force, aux côtés des Britanniques, des Français et des Néerlandais. L’Anglo-Iranian devient la British Petroleum (BP). Le 24 février 1955, l’Iran est l’un des signataires du pacte de Bagdad, avec l’Irak, la Turquie, le Pakistan, le Royaume-Uni et les États-Unis.

.Expl. de L’Égypte est indépendante depuis 1922, mais elle reste sous influence du  Royaume-Uni qui a des  troupes, notamment autour du canal de Suez (jusqu’en 1955), qui est toujours exploité par une compagnie où les capitaux britanniques sont majoritaires. Le 26 juillet 1956, NASSER annonce la nationalisation de la Cie franco-britannique du  canal de Suez pour financer la construction d’Assouan. Nasser présente la nationalisation comme s’il s’agissait d’une seconde décolonisation : après avoir obtenu l’indépendance politique, l’Égypte obtient l’indépendance économique. Le retentissement du discours est immense, dans tout le monde arabe, mais aussi au Royaume-Uni et en France et Nasser s’impose comme le leader du monde arabe. Dès l’annonce de la nationalisation du canal, l’URSS s’empresse de proposer ses services pour aider à la construction du barrage d’Assouan, ce que Nasser accepte. C’est un camouflet pour la diplomatie américaine, autant que pour la France et le Royaume-Uni.

Les Français (présence des leaders du FLN au Caire) et les Anglais montent alors une expédition armée et interviennent avec le concours des Israéliens en octobre 1956. Sous la pression des EU et de l’URSS, les troupes doivent se replier et sont remplacées en novembre par des casques bleus. C’est une victoire diplomatique pour Nasser et le panarabisme et une humiliation pour les Européens. Par ailleurs le Canal de Suez est neutralisé jusqu’en 1979.

Le Proche Orient devient un terrain d’affrontement de la guerre froide. L’URSS soutient les régimes « progressistes » de Syrie, Egypte puis d’Irak par des livraisons d’armes et des aides techniques. Les EU cherchent à créer un glacis défensif de la Turquie au Pakistan (continentaliser l’URSS) et à défendre leurs zones d’approvisionnement pétrolier.

22/ La reprise du conflit israélo-arabe

 

221/ La guerre des Six-Jours et la radicalisation du nationalisme palestinien

 

En 1967, NASSER ferme le détroit de Tiran (qui sépare le golfe d’Aqaba de la mer Rouge) aux navires israéliens. Israël riposte en attaquant l’Egypte, la Syrie et la Jordanie. En 6 jours (5-10 juin), les armées arabes sont vaincues: Israël x 5 sa superficie en  occupant le Sinaï  et la bande de Gaza égyptien, une partie du plateau syrien du Golan, la Cisjordanie et Jérusalem-est  occupées par les Jordaniens depuis 1948. Jérusalem-Est est immédiatement annexée.

L’ONU vote en septembre 1967 la résolution 242 imposant le retrait d’Israël des territoires occupés et rappelant le « droit de chaque Etat de la région à vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues ». Israël refuse mais L’OLP la rejette également, parce que le texte n’évoque pas la question des réfugiés palestiniens – et parce qu’implicitement, il suppose la reconnaissance d’Israël.

La guerre et l’occupation de nouveaux territoires provoquent l’exode d’environ 300 000 Palestiniens. Ceux de  Gaza et de Cisjordanie (environ 1 million) sont placés sous un régime d’occupation israélien qui va entrainer la radicalisation de  l’OLP, fondée en 1964, mais peu active jusque là est dirigée à partir de 1969 par YASSER ARAFAT (son mouvement le Fatah  prône la lutte armée et la destruction d’Israël: Charte de 1968). La stratégie de harcèlement passe parfois par le terrorisme comme à Munich en septembre 1972 où le groupe « Septembre Noir » prend en otage des athlètes israéliens (17 morts dont 11 israéliens, 5 preneurs d’otages et 1 policier allemand).

222/ La guerre du Kippour et l’échec du nationalisme arabe

 

Le 6 octobre 1973, le jour de la fête du Yom Kippour, l’Egypte et la Syrie attaquent Israël. Après avoir reculé pendant une 15ène de jours, Israël, grâce à l ‘aide américaine, récupère le terrain perdu. L ‘ONU impose un cessez le feu. Les conséquences sont économiques : les pays arabes de l’OPAEP (1968 : Irak, Arabie Saoudite, Koweït) décident alors de réduire de 5% par mois la P° de pétrole jusqu’à la restitution des territoires occupés. Dans le même temps, ils frappent d’embargo complet les alliés d’Israël, et notamment les États-Unis. En quelques mois, les prix du pétrole sont multipliés par 4, passant de 3 à 12 dollars le baril => 1er choc pétrolier. Elles sont aussi politiques : l ‘OLP est reconnue comme membre observateur à l’ONU cependant les pays arabes sortent divisés sur la stratégie à suivre.

Ainsi l’Egyptien d’Anouar el SADATE décide de rompre la politique d’affrontement : il se rend à la Knesset en Israël en 1977 et signe avec BEGIN les Accords de Camp David en 1978 : l’Egypte reconnait Israël et récupère le Sinaï. En 1979, un traité de paix est signé entre les deux pays mais l’Egypte est exclue de la Ligue Arabe pendant 10 ans et SADATE est assassiné par des islamistes en 1981.

La question palestinienne divise profondément les Etats de la région : d’un côté l’Irak, la Syrie, soutenus par l’URSS, de l’autre, les pétromonarchies du Golfe, la Jordanie, l’Iran soutenues par les EU.

3/ Permanences et  nouvelles conflictualités depuis 1979

 

31/l’essor de l’islamisme radical et les interventions militaires

 

311/ La révolution islamique iranienne

 

Au pouvoir depuis 1953 grâce aux américains,  le SHAH D’IRAN a transformé le pays en une monarchie pétrolière moderne et surarmée encadré par une police politique (la Savak) toute puissante. L’opposition, organisée en partie par les chiites, refuse l’occidentalisation du pays et porte ses espoirs sur l’ayatollah KHOMEINY  en exil depuis 1964. En janvier 1979, la révolution chasse le shah et fonde une république islamiste dirigée par Khomeiny, « Guide de la Révolution ». La constitution adoptée le 24 octobre fonde la République sur « la foi en un Dieu unique, Sa souveraineté exclusive et Son pouvoir de légiférer, et la nécessité de se soumettre à Ses commandements ».  Le Guide de la Révolution, l’ayatollah Khomeiny, concentre tous les pouvoirs. L’islam chiite, lui-même très hiérarchisé, à la différence du sunnisme, fournit la structure du nouveau système politique.

C’est un grave revers pour les EU (« le Grand Satan » pour le nouveau pouvoir)  qui perdent un allié précieux au moment où les soviétiques interviennent en Afghanistan (décembre 1979). C’est aussi une nouvelle menace pour Israël, « le Petit Satan ».

312/ La guerre Iran-Irak

L’Irak de SADDAM HUSSEIN, pays voisin, laïc, mais avec une forte minorité chiite, s’inquiète de ce bouleversement géopolitique et de la diffusion de la révolution islamiste. Prenant prétexte d’un conflit frontalier sur le Chatt-el-Arab pour déclencher la guerre en septembre 1980.

Le conflit s’enlise rapidement attisé par les ventes d’armes massives pratiquées de tous les côtés et qui permettent d’affaiblir les deux puissances régionales (ainsi il ne s’agit pas d’une guerre opposant un système laïc à un système confessionnel car l’Arabie Saoudite soutient l’Irak). Finalement, en août 1988, le conflit qui a causé la mort de plus d’un million d’hommes prend fin. Ce conflit aura entraîné le second choc pétrolier et ruiné deux Etats.

32/ La fin de la guerre froide et les nouveaux arbitrages

 

321/ Vers l’espoir d’un règlement du conflit israélo-palestinien

 

Israël, dégagée des menaces au sud avec la paix égyptienne, se tourne vers le Liban en guerre civile depuis 1975 et où l’OLP est fortement présente appuyée par la Syrie qui occupe le pays à partir de 1976. Israël déclenche en 1982 l’opération « Paix en Galilée« : L’OLP est chassée de Beyrouth et ARAFAT se réfugie à Tunis. Le Sud du Liban passe sous le contrôle israélien jusqu’en 2000. Mais l’image d’Israël est dégradée car Tsahal laisse les milices chrétiennes libanaises massacrer (pour venger l’assassinat du président chrétien BECHIR GEMAYEL par les syriens) des civils dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila (septembre 1982, entre 800 et 1500 morts).

Dans les territoires occupés, l’escalade de la violence aboutit à la 1ère  Intifada à partir de 1987 (-> 1993, plus de 1100 morts) et la création du Hamas.( émanation des Frères musulmans)

Cependant, avec la fin du soutien soviétique, ARAFAT doit composer et en 1989 il déclare la Charte de l’OLP « caduque« . Cette ouverture est d’autant plus nécessaire pour l’OLP qu’elle a perdu en crédit en soutenant l’intervention irakienne au Koweït.  Des négociations s’ouvrent à partir de 1991 à Madrid qui aboutissent aux accords d’Oslo (ou de Washington) en 1993 entre ARAFAT et Y.RABIN : le principe en est l’échange de territoires contre la paix. Israël et l’OLP se reconnaissent mutuellement  / Création d ‘ Une Autorité palestinienne et d’un parlement gérant un embryon d ‘ Etat (Bande de Gaza, une partie de la Cisjordanie évacués par Israël en 1995 dans le cadre d’Oslo II) dont Arafat devient président en 1996. A cette date seule la Syrie n’a toujours pas de traité avec Israël conditionnant celui-ci à la restitution du Golan.

322/ La guerre du Golfe

 

Avec la fin de la guerre froide le Conseil de sécurité n’est plus paralysé par le veto des deux grands. Un nouvel ordre semble pouvoir se mettre en place fondé sur le droit. La Guerre du Golfe en est un exemple.

Le 2 août 1990, L’armée irakienne envahit le Koweït. Les causes : L’Irak sort ruinée de la guerre contre l’Iran. Sa dette s’élève à 70 milliards de dollars. Seul le pétrole peut lui permettre d’y faire face (Le contrôle du Koweït lui permettrait de doubler sa production pétrolière et de totaliser 18 % des réserves mondiales, soit un chiffre proche de celui de l’Arabie saoudite).  Cependant, le Koweït pratique une surproduction en refusant les quotas de l’OPEP, et entraîne une baisse des prix du baril de 14 à 18 dollars. A ceci s’ajoute un conflit frontalier sur le Chatt -El – Arab et une zone très pétrolifère du sud de l’Irak. Ajoutons enfin que le Koweït, ancien protectorat britannique jusqu’en 1961, est considéré par l’Irak comme une province historique du pays.

L’URSS, allié traditionnel de l’Irak ne soutient pas SADDAM HUSSEIN et vote toutes les résolutions défendues par les Etats – Unis devant l’ONU notamment un ultimatum et un éventuel  recours à la force. Le 16 janvier 1991, les troupes de l’ONU (29 pays, 800 000 hos. dont 515 000 US) déclenchent l’opération «  Tempête du désert » (16 janvier- 23 février).

=> Embargo de l’Irak, inspection de l’ONU.

33/ La montée de l’islamisme et l’impasse israélo-palestinienne

 

321/ Islamisme politique et interventions occidentales

 

Apparu en Egypte dans les 20’s (Frères Musulmans 1928), l’islamisme se diffuse en réaction à l’influence occidentale. L’objectif est de « réislamiser » les sociétés en s’appuyant sur la charia et sur l’idée de l’Umma. L’islamisme peut être une doctrine révolutionnaire, appelant à renverser les régimes jugés « corrompus », à l’image des Frères musulmans. Il peut aussi être une doctrine conservatrice au service du pouvoir établi, comme le wahhabisme en Arabie saoudite.

Jusque dans les 70’s, le nationalisme arabe redonnait aux populations une fierté et une identité mais l’échec de ce mouvement renforce les islamistes qui proposent une alternative à l’occidentalisation et à la sécularisation des sociétés musulmanes. Misère et dictature favorisent la popularité des islamistes, qui pallient les carences de l’Etat par leur action sociale. L’échec du nationalisme arabe, symbolisé par la défaite face à Israël en 1967, est exploité par les islamistes. Ceux-ci dénoncent une idéologie incapable de sortir le Moyen-Orient du sous-développement. Ce repli identitaire s’accompagne d’un fort sentiment anti-américain (les États-Unis sont « le Grand Satan » pour Khomeiny) et anti-occidental qui gagne des couches toujours plus importantes de la population.

Le véritable point de départ est la révolution en Iran. L’islamisme se diffuse dans les années 1970 et 1980 dans le Moyen Orient et dans le reste du monde musulman, grâce notamment au jihad mené en Afghanistan contre l’occupation soviétique Dans le même temps des mouvements islamistes radicaux se créent autour de l’opposition à Israël : assassinat de SADATE en 1981; création Hezbollah au Liban (1982), du Hamas (1987).

Dans les 90’s un autre type d’islamisme se diffuse, plus radical et sans réel projet politique, menant une lutte terroriste internationale comme Al-Qaïda (« la base ») fondé en 1987 par des combattants islamistes arabes (les moudjahiddines) venus aider la guérilla afghane contre les Occidentaux. Ils multiplient les attentats : Nairobi au Kenya  et Dar-es-Salam e Tanzanie en 1998 mais surtout New York et Washington le 11/09/2001.

Les conséquences du 11/09  marquent pour la région un tournant, dans la mesure où les Occidentaux interviennent directement au nom de la lutte contre le terrorisme et pour l’instauration de la démocratie : cet interventionnisme, souvent perçu comme une nouvelle forme d’impérialisme, attise les tensions.

EU se considèrent alors en  « état de guerre »  => intervention en Afghanistan en octobre 2001  contre les Talibans au pouvoir depuis 1996 et les camps d ‘ entraînement terroristes. En décembre, après le renversement du gouvernement taliban, c’est une force de l’ONU (28 pays) qui prend le relais.  En 2003, l’Irak est attaqué par une coalition (34 pays) dirigée par les Etats – Unis car accusé de soutenir le terrorisme et de fabriquer des armes de destruction massive. Saddam HUSSEIN est arrêté en décembre 2003, condamné à mort et exécuté en 2006. En fait les EU souhaitent sécuriser les approvisionnements de pétrole, se positionner face à l’Iran qui pourrait profiter de l’affaiblissement de l’Irak et de lancer la « nation building » :

322/ Les espoirs déçus d’un règlement du conflit israélo-palestinien

 

Les accords d’Oslo ont beaucoup de mal à se mettre en place : les colons israéliens implantés dans les territoires occupés refusent de partir. L’Autorité Palestinienne est contestée par le Hamas qui veut poursuivre la lutte armée renoue avec les attentats contre les israéliens. . En 2000, l’Autorité palestinienne ne contrôle que 18 % de la Cisjordanie (contre 3% en 1995), un ensemble morcelé de territoires ayant beaucoup de difficultés à communiquer. Par ailleurs, Il n’est plus possible d’étendre le territoire palestinien sans toucher aux colonies juives. En dix ans de processus de paix, le nombre de colons a doublé dans les territoires occupés (en 2000 environ 200 000 colons sont installés en Cisjordanie), renforçant ainsi les arguments des extrémistes des deux camps : ainsi,  massacres d’Hébron, le 25 février 1994 (52 Palestiniens tués), assassinat de YITZHAK RABIN le 4 novembre 1995 par un extrémiste juif; multiplication d’attentats du Hamas dans les Territoires occupés, contre les colons juifs, et en Israël même.

Le conflit se durcit à partir de septembre 2000 : A. SHARON (futur 1er ministre en  février 2001) se rend sur l’Esplanade des mosquées, haut lieu de l’Islam. Ce geste est perçu comme une provocation => 2nd Intifada.  Commence alors l’ère des attentats suicides et de la répression militaire qui se poursuit par la construction à partir de 2002 d ‘un mur isolant Israël de la Cisjordanie et les interventions au Liban sud en 2006 contre le Hezbollah et en 2008 à Gaza contre le Hamas qui a pris le contrôle de Gaza lors des élections législatives de 2006 et a rompu avec l’Autorité Palestinienne dirigée par MAHMOUD ABBAS (Arafat est mort en 2004).

Les problèmes récurrents demeurent : – retrait des TO difficiles à cause de la multiplication des colonies / statut de Jérusalem (proclamée capitale « éternelle et indivisible » d’Israël depuis 1980 / question du retour des 5 millions de réfugiés palestiniens (en 2012, 3.8 millions de Palestiniens vivent dans les territoires occupés et 1.2 millions en Israël mais 5 millions vivent en dehors de l’ancienne Palestine dont 2 millions en Jordanie ,500 000 en Syrie et plus de 400 000 au Liban)

Conclusion : l’avenir très incertain de la région

 

La guerre du Golfe et le retrait des troupes américaines d’Irak (décembre 2011) n’a pas ramené la stabilité : si le Nord, peuplé de Kurdes, a acquis une indépendance de fait, sunnites et chiites s’affrontent dans le cadre d’attentats meurtriers. L’opération américaine qui a couté à l’armée 4800 hommes depuis 2003 remet en cause le rôle de « gendarme du monde » des EU.
En Afghanistan, les Talibans (au pouvoir en 1996 et chassés par les américains en 2001) sont toujours fortement implantés.
En Iran, par contre, une ouverture diplomatique semble s’imposer grâce à l’accord sur le nucléaire civil de 2015. Par contre, les tensions politico – religieuses restent toujours très fortes avec les puissances sunnites (Arabie Saoudite).
La question palestinienne est dans l’impasse: en 2009, B.OBAMA a appelé au Caire en vain à la fin de la colonisation juive des territoires occupés et à la reprise des négociations pour la création d’un Etat palestinien. en 2011, M. ABBAS a échoué à faire reconnaitre la Palestine comme Etat membre de l’ONU mais est en revanche entrée à l’UNESCO comme membre à part entière le 31 octobre 2011 (195e membre).
Le « Printemps arabe » a un impact important sur l’ensemble de la région: initié en Tunisie en décembre 2010 (chute de BEN ALI) il se poursuit au printemps 2011 avec la chute de MOUBARAK et de KADHAFI. Mais beaucoup de questions se posent sur l’autorité et l’orientation des nouveaux gouvernants (Egypte). Par ailleurs, la guerre civile en Syrie et les exactions du groupe EI multiplient les facteurs d’instabilité de la région.
Le PMO demeure donc au cœur de « l’arc des crises » du fait de la pérennité de facteurs : contestation des frontières, la fragilité des États, la diversité et confrontation ethnique et religieuse, la montée de l’islamisme radical, la rivalité pour les ressources naturelles, fractures sociales et démographiques, etc.

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Carte Proche et Moyen-Orient

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croquis : inégale intégration des territoires dans la mondialisation / Pôles et flux de la mondialisation

croquis de synthèse mondialisation-integration-inegale

Modifiez la nomenclature : nom des pays en majuscules

Faites des hachures obliques

 

Pôles et flux de la mondialisation

croquis_poles_et_flux_2015

légende à compléter Poles et flux

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espaces maritimes

Croquis Espaces maritimes, approche géostratégique.

croquis-espaces-maritimes

Dossier et infographie d’Arte sur le commerce maritime mondial:

http://info.arte.tv/fr/le-transport-maritime-mondial-infographies

4qui_controle_la_mer_ports-012qui_controle_la_mer_marchandises-016qui_controle_la_mer_gigantisme-017qui_controle_la_mer_navires-01

Sur le projet d’un canal au Nicaragua financé par la Chine (28/08http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/08/28/le-canal-du-nicaragua-un-cheval-de-troie_4739390_3232.html

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Dossier de la Doc.Française: Les ports maritimes au cœur de la mondialisation (10/02/2015) :http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/d000553-les-ports-maritimes-au-caeur-de-la-mondialisation#

Article de synthèse : Naviguer sur les océans : quels moteurs pour la mondialisation ? ( Les Cafés Géographiques,12/2014)
 http://cafe-geo.net/naviguer-sur-les-oceans-quels-moteurs-pour-la-mondialisation/

La voie maritime du Nord-Ouest  

la voie maritime du Nord-Ouest

Anamorphose des ZEE

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Evolution de la piraterie maritime 2006-2013

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Un reportage sur le Jules Verne, un des plus gros porte-conteneurs au monde Image de prévisualisation YouTube

 

Le plus grand porte-conteneurs du monde            Commerce mondial    La flotte marchande mondiale            Les routes maritimes

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