Ida Grinspan censurée par un maire !
29 04 2010
La mairie de Parthenay dans les Deux-Sèvres a censuré une lettre écrite par Ida Grinspan, l’ancienne déportée que nos élèves de 3ème ont rencontré récemment et dont une salle du collège porte désormais le nom.
Cette lettre devait être lue à des élèves dans le cadre de la Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation, selon le Courrier de l’Ouest d’hier. « Mes élèves ne participeront plus au devoir de mémoire et aux cérémonies commémoratives. Je renonce à souscrire à ce que j’appelle une forme de censure », a indiqué au quotidien, Nathalie Lanzi, professeur d’histoire-géographie au collège de la Couldre (Deux-Sèvres). « Dans un pays démocratique comme le nôtre, c’est triste de penser qu’on ne peut pas raconter l’histoire telle qu’elle s’est passée », a déploré pour sa part Ida Grinspan. Le professeur, qui accompagne depuis cinq ans ses élèves « volontaires et enthousiastes » aux cérémonies commémoratives et patriotiques, avait demandé à l’ancienne déportée d’Auschwitz, de rédiger un texte que les élèves devaient lire dimanche. Mais ce témoignage a heurté Michel Birault, ancien gendarme et adjoint en charge des affaires patriotiques. Ida Grinspan y évoque son arrestation par trois gendarmes à 14 ans. Le professeur a accepté, à contrecœur, de remplacer le mot « gendarmes » par « hommes ». Michel Birault a présenté ensuite le texte au maire Xavier Argenton (NC) qui, lui, a refusé sa lecture. « Ne stigmatisons pas une catégorie professionnelle qui dans ces temps troubles avait obéi aux ordres de l’autorité légitime », a-t-il dit à son adjoint. Ce texte « n’est pas de nature à apaiser les ressentiments à une époque où le repentir est malheureusement mis en exergue », a-t-il ajouté. « Mon objectif n’était pas de blesser mais de dire l’histoire. Je suis attachée au devoir de mémoire et au souci de vérité », a conclu Nathalie Lanzi, également conseillère régionale (PS). Pour Ida Grinspan : « C’est terrible, cette mentalité-là. Il faut savoir regarder la vérité en face. Ce que je dis dans ce texte, je le dis à chaque fois que j’interviens dans une école. Je dis simplement ce qui a été».
On lui a en effet interdit de relater un fait historique, ni plus ni moins. Faut-il taire ou travestir l’histoire enseignée aux collégiens si elle ne correspond avec ce qu’on aurait souhaitait qu’elle fût ? C’est visiblement le point de vue de ce maire, pas celui d’Ida Grinspan, de Mme Lanzi, ni des professeurs d’histoire de notre collège.
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Laurent Fillion
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