Archive pour janvier, 2010

janvier 27th, 2010

Boris Eltsine

Né le 01er février 1931, Boris Eltsine a eu une enfance plutôt difficile avec une éducation stricte et autoritaire dans une famille préoccupée par la survie. Durant son enfance, Eltsine était plutôt bagarreur et sur le qui-vive : lors de la guerre, il a perdu deux doigts en faisant explosé deux grenades RGD 33 qu’il a volé dans un dépôt militaire.

Délégué de classe pendant toutes ses études, il n’a jamais connu de difficultés à l’école. Pourtant, il accusa l’institutrice principale de son école de sadisme. D’abord privé de son diplôme par la direction de l’école, il protesta tant qu’une enquête fut ouverte et que son accusation fut justifiée. L’institutrice fut renvoyée.

Passionné par le volley-ball, il fut champion au niveau régional et intègre l’équipe de la première division de la ville, composée des douze meilleures équipes de l’Union Soviétique. A la même époque, il entre dans la section construction de l’Institut polytechnique de l’Oural, à Sverdlovsk. Entre ses études et le volley-ball, Eltsine est surmené et ne dort plus que quatre heure par nuit ce qui lui vaudra une certaine faiblesse cardiaque.

Il a toujours été présenté comme un homme de terrain. En 1956, après un an d’apprentissage dans la construction, il devient contremaitre et décide de faire la guerre au vol. Alors qu’il dirige une équipe de prisonniers, il décide de modifier leur salaire et le fait diminuer de plus de la moitié. Un détenu se présente à son bureau armé d’une hache, le menaçant et le sommant de rétablir l’ancien salaire, ce qu’Eltsine refuse. L’homme, surpris, abandonne et ressort du bureau. De 1956 à 1963, il occupe ensuite les postes de chef de chantier, d’ingénieur en chef, puis de chef de la direction de la construction d’un complexe de travaux publics.


Membre du Parti Communiste


En 1961, Eltsine adhère au Parti Communiste de l’Union Soviétique, puis devient fonctionnaire du parti en 1969. A partir de 1977, Il dirige la section du parti de la région de Sverdlovsk et ordonne la démolition de la Villa Ipatiev, résidence du tsar Nicolas II qui y fut massacré avec sa famille en juillet 1918. Il regrettera cet ordre plus tard.

Dès son élection, il présente un programme fondé sur le principe du souci des gens. Il a toujours voulu privilégier le contact avec le peuple. En 1981, Boris Eltsine est élu membre du comité central. En 1984, il devient membre du Présidium du Soviet Suprême (la seconde autorité de l’État soviétique), puis chef du Département de la construction au comité central du PCUS (le Parti Communiste de l’Union Soviétique), avant d’être élu secrétaire du comité.

Le 22 décembre 1985, il prend la direction du parti de Moscou. Il fait remplacer les cadres supérieurs du gouvernement qui, selon lui, ralentissent la perestroïka (restructuration de l’économie du pays). Eltsine étonne par son énergie ainsi que par son franc-parler. Malgré son ascension politique, l’homme de terrain est toujours là : il rencontre le peuple, prend l’autobus et le métro avec les ouvriers pour les écouter afin de se rendre compte lui-même la situation de l’État. En février 1986, il est élu membre suppléant du bureau politique.

En 1987, suite à une réunion où il dénonce le secrétariat national d’influencer les décisions des responsables de la ville, il est démis de ses fonctions ce qui représente une victoire pour les conservateurs. En 1988, il perd son poste de suppléant du Politburo. En juin 1989, il fait deux apparitions à la télévision : il réclame la démission d’Egor Ligatchev (le numéro deux du PCUS) qu’il accuse d’être responsable du retard de la perestroïka.

Le 14 janvier 1989, Eltsine est choisit par une foule en délire pour être candidat aux élections au « Congrès des députés du peuple » du Soviet suprême et est élu. Peu après, il donne son soutient au multipartisme, alors que Gorbatchev le dénonçait un mois avant. Sa côte de popularité augmente et il s’attire de plus en plus les faveurs des intellectuels.


Présidence de la Russie (1991-1999)


Des élections législatives ont lieu en février et mars 1990 dans toutes les république. À Moscou, une manifestation en faveur de la démocratie attire 100 000 personnes. Le 4 mars, le Bloc démocratique remporte tous les sièges à Moscou et Leningrad. Boris Eltsine est élu député de Sverdlovsk avec 80 % des voix.

Pendant ce temps, Mikhaïl Gorbatchev créer le poste de président de l’URSS et s’y fait élire non pas par le peuple mais par les députés soviétiques. Le 16 mai a lieu la première élection du président de la fédération de Russie. Boris Eltsine est en lice avec le premier ministre Vlassov qui est le favori de Gorbatchev et un ultraconservateur. Gorbatchev fait tout pour empêcher l’élection d’Eltsine. Cependant le 29 mai, Eltsine se fait élire et devient le premier président russe suite à la chute de l’URSS. Le pouvoir de l’Union soviétique est alors représenté par Gorbatchev face à Eltsine qui lui représente la Russie.

1991 est une année d’affrontement entre les deux chefs jusqu’au 25 décembre 1991 où Gorbatchev annonce sa démission. Boris Eltsine est désormais le président d’une Russie affaiblie sur les plans économique et politique.

En 1993, Eltsine souhaite asseoir son autorité en organisant un référendum qui est refusé par le congrès des députés. Il prive donc ce dernier de ses pouvoirs et instaure un système de gouvernement par décrets valable jusqu’au référendum. Le parlement souhaite le destituer, mais sa popularité le fait échapper à cette destitution. En septembre, il dissout le Parlement et le congrès des députés qu’il juge trop communiste. Cependant, le Parlement le destitue finalement et le remplace par Alexandre Routskoï.

Eltsine envoie alors au parlement deux commandos spéciaux. Les opposants se rendent et Routskoï est emprisonné. Il suspend ensuite la Cour constitutionnelle et censure les journaux d’opposition. En novembre, il présente un projet de Constitution qui lui donne plus de pouvoirs. Il est adopté en décembre 1993.

En 1996, Eltsine est réélu malgré son état de santé critique (maladie cardiaque). Il changera 5 fois de premier ministre en deux ans, de 1998 à 1999. Le 31 décembre 1999, il démissionne pour raisons de santé, finalement convaincu par sa fille et conseillère. Il sera succédé par Vladimir Poutine, le dernier premier ministre en date.

Eltsine est décédé le 23 avril 2007 à l’âge de 76 ans suite à un arrêt cardiaque.

janvier 12th, 2010

12/01/2010 Chapitre 8 Les démocraties populaires

I. Les régimes et leur mise en place

A. Leur mise en place

B. Leur organisation

sur le plan politique, sur le plan économique, régimes policiers

II Des pays sous contrôle qui se révoltent parfois.

A. Contrôle économique

B. Contrôle militaire et politique

C. Un contrôle secoué par des révoltes.

janvier 3rd, 2010

Staline

Staline est d’origine géorgienne (il est né dans la ville de Gori), son père (Vissarion) était cordonnier, il meurt lorsque le petit Joseph à 11 ans. Sa mère, Catherine Guéladzé, fait entrer son fils au séminaire de Tiflis en 1894, Joseph à 15 ans. Dans ses études il fit preuve d’une remarquable mémoire et d’une intelligence tout à fait à la hauteur de ce que demandent ses professeurs. C’est du côté de la foi que Joseph laissa à désirer. Il sera exclu du séminaire pour ses idées marxistes en 1899. A 18 ans, il va se rallier secrètement au Parti social-démocrate de Tiflis. Dès lors il mena une activité révolutionnaire ce qui lui valu d’être déporté en Sibérie à plusieurs reprises. Joseph est alors connu sous son diminutif de Sosso puis sous le pseudonyme de Koba. En 1904, il rejoint le les bolcheviks dont il fut un militant exemplaire ; à nouveau déporté il s’évade et organise au Caucase en 1907 des «expropriations», qui sont en fait des hold-up, pour soutenir le Parti.

En 1912, Lénine le nomme membre du comité central du Parti ouvrier social-démocrate de Russie puis devient le premier directeur de la Pravda, c’est à ce moment qu’il prend le pseudonyme de Staline (=l’homme d’acier). En 1913, il sera à nouveau déporté et ne sera libéré que quelques mois avant la révolution d’octobre dans laquelle il ne joua qu’un rôle marginal. Lors de sa détention il écrivit Le Marxisme et la question nationale ; mais Staline n’est pas un théoricien et on peut dire que la matière de ses écrits lui a été largement inspirée par Lénine ; en tout ce seront cependant treize tomes d’écrits qui nous parviendrons : Les Fondements du léninisme (1924), Les Questions du léninisme (1926), Matérialisme historique et matérialisme dialectique (1938) Abrégé de l’histoire du Parti communiste (1937), enfin Les Problèmes économiques du socialisme. Ce sont pour la plupart des discours.).

Il se rallia aux « thèses d’Avril » de Lénine en 1917 et devint, après la révolution ,commissaire du peuple aux Nationalités, il le sera de 1917 à 1922. En même temps, de 1919 à 1922, il sera commissaire à l’Inspection ouvrière et paysanne ; il est, dès ce moment, en rapport étroit avec la Commission extraordinaire, la Tchéka. Il prendra une part active à la guerre civile, c’est lui qui organisa la défense de la ville de Tsaritsyne (le nom de Stalingrad de 1925 à 1961) contre les forces des Blancs de Denikine. Il participa également à la défense de Petrograd contre le général Ioudénitch.

Il a épousé en 1918 Nadejda Alliloueva une jeune fille de 17 ans qui est sa seconde femme. Elle se donnera la mort en novembre 1932, révoltée par la grossièreté de son mari et la cruauté de sa politique, elle lui laissera deux enfants: Svetlana, aujourd’hui américaine, et Vassili, mort en 1962.

En 1922, lorsque le poste de secrétaire général du Parti est crée, sentant l’importance de la fonction, Staline se porte candidat et obtint le poste. En 1924 il parviendra à succéder à Lénine bien que ce dernier ne fut pas tendre envers lui dans son « testament » politique ( en fait son testament est une lettre qu’il avait préparée pour le prochain congrès du parti dans laquelle il dénonce Staline comme étant trop « grossier » pour se maintenir à son poste. Il ne faut pas comprendre « grossier » par des écarts de langage (bien que…) mais par le fait que Staline n’est pas un théoricien et qu’il use de méthodes brutales.)

Staline va habilement jouer des alliances pour affaiblir ses adversaires, on dit qu’il était « prêt à toutes les trahisons ». Bientôt il aura assis son autorité incontestable au sein du Parti et de la société. Il développe la doctrine de la « construction du socialisme dans un seul pays » en opposition à ce qu’il appelle la «révolution permanente» de Trotski, il décide la collectivisation totale des terres (automne 1929) et de l’industrialisation (premier plan quinquennal en 1928). Il s’opposera violemment aux thèses de Trotski (commissaire à la guerre) . Pour combattre ce dernier il s’appuya dans un premier temps sur Kamenev et Zinoviev mais finit par les évincés avec Trotski en 1927. Staline s’adonna alors à une pratique qui allait devenir funestement célèbre : la purge.

En 1929, il « purge » la droite du Parti. Staline est désormais le chef incontesté qu’il souhaitait être. Devant les résistances paysannes et industrielles aux collectivisations, Staline déclenche en 1934, après l’assassinat de Kirov, des purges importantes au sein du Parti qui s’étendent de 1936 à 1938. Zinoviev, Kamenev, Smirnov, Boukharine et Rykov seront purgés août 1936 (procès des seize). Mais les purges ne se restreignent pas aux cadres du Parti, des millions d’hommes et de femmes (des officiers –dont le maréchal Toukhatchevski-, des anciens bolcheviks, des membres du Parti…) furent les victimes des terribles purges staliniennes. En 1939, on admet qu’ont été arrêtés plus de sept millions de citoyens, dont au moins trois millions ont péri.

Au niveau international Staline fut longtemps hésitant entre le camps des démocraties libérales et celui des fascismes. C’est parce qu’il ne fut pas convié aux accords de Munich en 1938 qu’il conclut avec Hitler le pacte germano-soviétique de non-agression d’août 1939..

Le pacte était accompagné d’une clause secrète sur les zones d’influences en Europe orientale (partage de la Pologne). Staline ne voulut pas croire à la possible rupture du pacte mais dut s’y résigner, il avait alors pris un sérieux retard dans l’organisation de la défense soviétique, après l’invasion allemande de juin 1941.

En mai 1941, Staline devient homme de guerre, il est élu généralissime et président du Comité d’Etat à la défense. La mobilisation fut général, dans un premier temps le pays plia, puis résista et enfin remporta la guerre. Staline se résigna à accepter l’aide matérielle des démocraties et démantela le Komintern (l’Internationale communiste) en 1943 pour satisfaire ses fournisseurs. En 1943, il participa à la conférence de Téhéran, en 1945 à celles de Postdam et de Yalta.

On ne sait que trop bien qu’après la guerre il plaça les pays d’Europe centrale sous l’influence, toujours plus dominatrice, de l’URSS. Les démocraties populaires florissaient au travers de l’Europe ; mais elles avaient comme funestes compagnes les inévitables purges. Staline réorganisa le Kominform (le Bureau d’information des partis communistes ; la nouvelle Internationale communiste) bien qu’il ne fut pas internationaliste (c’était avant tout la Russie qui l’intéressait) et engagea contre l’Occident, et principalement les Etats-Unis, la guerre froide. Le rideau de fer partageait désormais l’Europe en deux.

A la fin de son « règne » Staline organisa encore de nouvelles purges (« procès de Prague », complot des « blouses blanches »). On a bien saisit les aspects négatifs de l’action politique de Staline, mais il y eut aussi des effets positifs : la création de grandes industries, notamment d’armement, les grands canaux et voies de communication, les barrages et la production d’énergie, le charbon, l’acier, l’alphabétisation, la formation des cadres, la création à partir de 1935 d’une armée disciplinée et entraînée.

Il mourut en 1953 ; des centaines de millions de personnes, dans le monde entier, pleurèrent la disparition du « petit père des peuples ». Ses victimes se comptaient alors par dizaines de millions, exécutées dans les caves de la Loubianka, morts de faim (famines de 1932-33), déportés, victime de l’impérialisme soviétique ou « purgés ». En 1956, Khrouchtchev condamna, lors du 20ème congrès du parti communiste, les crimes de Staline et le culte de la personnalité qui lui avait été témoigné. Son corps fut retiré en 1961 du mausolée de Lénine ; Il repose désormais au pied du mur du Kremlin.