avril 22nd, 2010

Saddam Hussein

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Saddam Hussein Abd al-Majid al-Tikritie, homme d’Etat irakien, est né le 28 avril 1937 et exécuté par pendaison le 30 décembre 2006, jour de l’Aïd el-Adha à Bagdad pour crimes contre l’humanité.

Il est vice-président de la République de 1968 à 1979, puis président de 1979 à 2003, avant d’être renversé lors de l’invasion de l’Irak en 2003 par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et une coalition de pays. Il a été accusé par des gouvernements et des organisations non gouvernementales (ONG)  de crimes de guerre, meurtres, crimes contre l’humanité et de génocide envers les Kurdes. Il est arrêté en décembre 2003, il est condamné à mort le 5 décembre 2006 pour le massacre de Doujaïl de 148 villageois chiites en 1982.


Sa jeunesse :

Le petit Saddam aurait été élevé par le nouvel époux de sa mère, un homme qui aurait été brutal et illettré, et qui l’aurait traité rudement. Il aurait alors vécu dans une petite maison en torchis, qui n’a
urait été composée que d’une pièce et où, comme dans la quasi totalité des demeures irakiennes de l’époque, il n’y aurait pas eu l’électricité. Dès l’âge de six ans, il aurait commencé à travailler comme berger.  À l’âge de huit ans, il aurait fui le domicile familial, et aurait été recueilli à Bagdad par un oncle maternel, Khairallah Talfah , ancien officier qui aurait soutenu la révolution de Rachid Ali al Gaylani  et qui serait devenu maître d’école. Son oncle lui aurait appris le maniement des armes, et l’aurait instruit sur l’histoire de l’Irak. Admiratif de son oncle, il aurait décidé de devenir, comme lui, officier. Il se serait présenté à l’École militaire pour passer le concours d’entrée, mais il aurait échoué. Après la fin de ses études secondaires, le jeune Saddam rejoint une cellule clandestine du parti Baas (le parti socialiste de la Renaissance arabe). Ce parti prône un nationalisme arabe laïc et l’unité du monde arabe, mélangé de références socialistes modérées (nationalisation des richesses nationales, notamment du pétrole). Membre du parti Baas, il milite dès le début des années 1950, pour l’unité arabe. Quelques années plus tard, il est condamné, avec son oncle, à six mois de prison pour avoir tué un informateur de la police. Il participe en 1956 à un coup d’Etat avorté contre le souverain du royaume d’Irak, soutenu par le royaume-Uni. En 1958, un autre groupe, communiste, sous la direction du , officier marxiste, parvient à renverser le roi. Le 7 octobre 1959, il fait partie d’un groupe qui tente d’assassiner le général Kassem et d’instaurer un régime nationaliste en Irak, mais ils échouent, et Saddam Hussein est blessé lors de cette opération où il n’a eu finalement qu’un rôle subalterne. Plus tard, ses services de propagande tenteront d’embellir son action, jusqu’à en faire le personnage central de ce complot manqué et le héros d’une nouvelle «geste ». Après sa tentative manquée d’assassinat du général Kassem, il s’enfuit à Damas , où il restera trois mois, et c’est durant ce court séjour qu’il rencontrera Michel Aflaq (secrétaire général du Baas). C’est grâce à cette rencontre qu’il deviendra membre à part entière du parti. Il continue sa scolarité au Caire, où il obtient son « diplôme » en 1961, puis, en 1962, il entame des études de droit. Mais il est contraint d’abandonner ses études pour retourner en Irak. Après la révolution irakienne du 8 février 1963, lors de laquelle le régime marxiste du général Kassem est renversé par des groupes nationalistes baasistes commandés par le général Aref, Saddam Hussein revint en Irak en passant par la Syrie, où il rencontre une nouvelle fois Michel Aflaq qui lui transmet un message qu’il devait donner à Ahmad Hasan al-Bakr. Il se fait l’intermédiaire des baasistes syriens et irakiens et participe également à plusieurs conférences panarabes, du parti à Damas. Avec son retour en Irak, il travaille au recrutement de nouveaux militants. En 1964, Saddam Hussein aurait projeté d’assassiner le présidentAdbel Salam Aref. L’attentat qui était prévu pour le 5 septembre est découvert par la police la veille, et il se fait emprisonner avec un complice.  Il parvient à s’évader le 23 juillet 1966, au cours d’un transfert entre deux prisons. Il se consacre alors à la constitution d’une branche clandestine du Baas, qui implique une centaine de personnes.

Sa montée vers le pouvoir :

Écarté du pouvoir, pour un temps, le parti Baas  revient en force, lors d’un coup d’État, le 17 juillet 1968, et devient le parti le plus puissant et le mieux structuré de la région. Lors de la « Révolution blanche » (nom donné parce qu’aucune goutte de sang n’a coulé pendant ce coup d’État), Saddam Hussein aurait ( d’après les sources baasistes ) assiégé le palais présidentiel avec un tank le ministre de la défense en personne. Il occupe le poste de vice-président du Bureau révolutionnaire. Épaulé par son groupe, Saddam Hussein, « élimine » peu à peu ses rivaux, et réussit à « contrôler » Bagdad, la capitale. Il devient Vice Président de la République en 1971. Cependant, pour contrôler le pays, il a besoin d’un parti à sa dévotion, et prend modèle sur leParti communiste de l’Union Soviétique, avec laquelle l’Irak signe en 1972, un traité d’amitié. Saddam Hussein se rend aussi en France la même année, le 14 juin. Le Parti Baas, devient rapidement omniprésent et en quelques années, ce parti devient un instrument entièrement au service de Saddam Hussein, qui concentre tous les pouvoirs entre ses mains. Le 1 juin 1972, plusieurs années avant de prendre le pouvoir , Saddam Hussein commence une vaste nationalisation des compagnies pétrolières, richesse nationale qui se trouvent jusque là entre des mains étrangères. L’Irak connaît alors un développement industriel et social sans précédent. Saddam Hussein s’efforce de moderniser l’économie et l’industrie. En 1973, Saddam Hussein devient général, et le 16 juillet 1979, à 42 ans, se sentant assez puissant, il succède à  Ahmad Hasan ak-Bakr et devient Président de la République d’Irak, suite au renoncement « précipité » de son prédécesseur, officiellement pour « raison de santé » . Des milliers de cadres du parti Baas sont alors convoqués d’urgence et vingt-deux d’entre eux, accusés de trahison, sont arrêtés en pleine assemblée, présidée par « un Saddam Hussein fumant le cigare et pleurant parfois », et sont emmenés à l’extérieur pour être « exécutés sommairement ». La scène est filmée et est « suivie en direct dans tout le monde arabe ; elle servira à « asseoir » le pouvoir du nouveau dictateur en Irak, et deviendra « célèbre mondialement comme illustration de ses méthodes et de sa personnalité.

La dictature et la chute du régime :

Durant les vingt-quatre années de son pouvoir, Saddam Hussein utilise tous les moyens pour contrôler la population et régner sans partage. Comme dans les régimes totalitaires, la propagande est omniprésente à travers les différents médias et les affiches représentant le portrait du Raïs. La presse est censurée et la peur d’être arrêté et exécuté paralyse les opposants au régime, principalement chiites et kurdes. Durant cette période Saddam Hussein échappe à plusieurs attentats ou tentatives de renversement par la force, pratiquement tous perpétrés par des organisations secrètes islamistes chiites interdites.

Le procès (2005-2006) et l’exécution :

L’ouverture de la phase préliminaire de son procès a eu lieu à Bagdad au début du mois de juillet 2004. C’est un tribunal d’exception, le Tribunal spécial irakien (TSI), qui le jugera pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, avec plusieurs autres membres importants du parti Baas. Mille cinq cents personnes dont vingt-deux avocats principaux venant d’Irak, de Jordanie, de Libye, de France et des États-Unis se sont proposés pour assurer la défense de Saddam Hussein. Jaques Vergès et Roland Dumas sont quelques-uns de ces nombreux avocats. La peine de mort avait été abolie en Irak par l’administrateur civil de l’Irak Paul Bremer ; elle semble y avoir été réintroduite à la suite de l’arrestation de Saddam Hussein. Le 19 octobre 2005, jour d’ouverture du procès, Saddam Hussein défie le tribunal, en ne reconnaissant pas son autorité et plaide non coupable pour le massacre de Doujaïl. Des témoins programmés au procès, ayant trop peur d’être des témoins publics, ne sont pas venus à Bagdad. Le premier procès de Saddam Hussein est alors ajourné pour permettre d’entendre ces derniers dans des conditions de sécurité satisfaisantes. Le 15 mars 2006, Saddam Hussein est appelé par l’accusation en tant que témoin. À la barre, il a fait une déclaration politique, affirmant notamment qu’il se considérait toujours comme le président de l’Irak, appelant les Irakiens à cesser les violences entre eux et à combattre les troupes américaines. Le juge a alors coupé son microphone et la suite de l’audience s’est déroulée à huit clos. Le 15 mai, il est formellement accusé de « crimes contre l’humanité » pour le massacre de Doujaïl, et refuse de plaider, trois de ses avocats ayant été assassinés lors des premiers jours du procès et Saddam Hussein ayant récusé tous ceux, commis d’office, que le tribunal spécial irakien lui proposait en remplacement. Ses avocats boycottent le procès accusant le tribunal de partialité et de manque d’indépendance vis-à-vis du pouvoir politique. Saddam Hussein refuse également d’être présent lors des auditions. Le président du tribunal ordonne alors sa convocation d’office. Des témoins appelés par la défense, suspectés d’avoir mentis à la cour, sont emprisonnés. Le 19  juin, Jaffar al Musawi, le procureur général du tribunal spécial irakien requiert la peine de mort contre Saddam Hussein, contre son demi-frère Barzan al-Tikriti  et contre l’ancien vice-président Taha Yassine Ramadan .Ne bénéficiant d’aucun avocat autre que ceux commis d’office par le tribunal, c’est le conseiller canadien des avocats de la défense, William Wiley, qui se chargera d’écrire la plaidoirie finale. Le 5 novembre, Saddam Hussein est condamnée à mort par pendaison pour crime contre l’humanité. D’après les statuts du tribunal, il y a automatiquement appel pour ce type de condamnation. Plusieurs autres membres de l’ancien parti Baas sont également jugés et furent condamnés à mort ou à des peines allant de l’emprisonnement à perpétuité. Le 26 décembre, la cour d’appel irakienne confirme la condamnation à mort de l’ancien président irakien Saddam Hussein. La cour d’appel refuse d’accéder à la dernière volonté de Saddam Hussein d’être fusillé, comme le prévoyait l’ancienne Constitution irakienne pour les crimes politiques, et confirme l’exécution par pendaison, qui était réservée en Irak aux Droits communs, dans les trente jours à venir.

Le 30 décembre, l’ancien président irakien est finalement exécuté à Bagdad à 06 h 05, heure locale. Livré par les Américains aux autorités irakiennes, ce sont des Irakiens qui exécutent la sentence. Saddam Hussein est mené au gibet, les bras et les pieds entravés, mais conserve son calme et lit des versets du Coran. Il demandera d’avoir la tête découverte, ce qui lui fut accordé. Il acceptera un foulard pour éviter les blessures occasionnées par la corde. Après son exécution, le corps fut amené en « zone verte », le périmètre de sécurité de Bagdad, dans la résidence du premier ministre, où fut organisée une fête entre amis pour fêter la pendaison. Il a ensuite été remis aux proches de l’ex-dictateur. Le 31 décembre, il est enterré à 4 h 00 dans un bâtiment construit au cours de sa présidence et destiné à honorer les morts, dans le centre d’Aouja. Il repose avec son oncle et ses fils Oudaï et Qoussaï.

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