L’Orientalisme

 

Depuis le 7 mars 2012 et jusqu’au 8 juillet, le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme propose un parcours à travers la peinture orientaliste et se penche sur la représentation du juif comme « oriental » dans l’art de 1832 à 1929. C’est l’occasion de revenir sur l’orientalisme.

 

L’orientalisme : un courant artistique et littéraire occidental du XIXe siècle
L’orientalisme est un mouvement qui marque l’intérêt de l’Occident pour l’Orient. Depuis plusieurs siècles, l’Orient inspire artistes et écrivains. Mais c’est au XIXe siècle qu’apparaît un véritable engouement pour l’Orient. Victor Hugo note en 1829, dans la préface des Orientales, que « l’Orient est devenu une préoccupation générale« .
Plusieurs sites consacrent quelques pages à ce mouvement : L’histoire par l’image, le musée d’Orsay, le musée Fabre et le Conseil des musées de Poitou-Charentes.

 

Un regard nouveau sur l’Orient
Plusieurs événements attisent cette mode et permettent un nouveau regard sur l’Orient : la campagne d’Egypte, la guerre d’indépendance de la Grèce, la conquête de l’Algérie, l’effondrement de l’empire Ottoman… Les portes de l’Orient s’ouvrent et les voyages, notamment d’artistes, se multiplient. Les artistes se transforment en véritables explorateurs, on parle d’artistes voyageurs ou d’écrivains-voyageurs, comme nous le présente le site de la Bnf intitulé Voyage en Orient.

 

La femme orientale, une muse d’un genre nouveau
La femme orientale, par sa sensualité et son exotisme, est une source d’inspiration nouvelle pour les peintres occidentaux tels que :
Alexandre Cabanel qui peint Albaydé
Eugène Delacroix avec ses Femmes d’Alger dans leur appartement, conservées au Louvre et une deuxième version, Femmes d’Alger dans leur intérieur, conservée au Musée Fabre de Montpellier.

 

La représentation du juif comme « oriental »
« Les scènes de la vie juive en Terre d’islam, au Maroc et en Algérie notamment, font partie des nombreuses représentations orientalistes. Les peintres sont fascinés par la découverte d’une autre réalité religieuse dans un univers qui n’est pas uniquement musulman. L’observation de la société juive devient une grande source d’inspiration pour Delacroix, et après lui les peintres Chassériau, Alfred Dehodencq … » C’est tout l’objet de l’exposition « Les Juifs dans l’orientalisme » du Musée d’art et d’histoire du Judaïsme. L’Histoire par l’image en partenariat avec le MAHJ propose à cette occasion une série d’études sur la représentation des juifs dans le monde oriental :
Juives d’Alger au balcon  et La Toilette d’Esther de Théodore Chassériau
Fête juive à Tétouan d’Alfred Dehodencq
Le Mur des Lamentations d’Alexandre Bida
Juive d’Alger de Charles Cordier
Agar chassée par Abraham d’Horace Vernet
Noce juive au Maroc d’Eugène Delacroix
Le Christ devant ses juges de Maurycy Gottlieb
Sermon dans un oratoire israélite par Edouard Moyse

 

L’Orientalisme, un mouvement qui touche tous les arts
L’Orientalisme s’exprime à travers la peinture : de nombreux peintres ont déjà été cités plus haut ,auxquels on peut ajouter Eugène Fromentin avec sa Chasse au héron par exemple. La figure de Delacroix est sans doute le plus grand représentant de l’Orientalisme : son itinéraire au Maroc et ses nombreux carnets de voyage ont été de grandes sources d’inspiration après son voyage : Exercices militaires des marocains en 1832 ou encore Prise de Constantinople par les croisés (12 avril 1204) en 1840.
Cependant, l’Orientalisme s’exprime égalment à travers
– la littérature : on citera Les Orientales de Victor Hugo et Salammbô de Gustave Flaubert, dont s’inspire le peintre Georges Antoine Rochegrosse dans Salammbô aux colombes. La Cité nationale de l’histoire de l’immigration et la Bnf en proposent bien d’autres.
– la musique : L’Italienne à Alger, opéra de Gioacchino Rossini en est un exemple
– la photographie : la Bnf nous présente l’Orient des photographes, le Conseil de musées de Poitou Charentes consacre deux mini-sites à Pierre Loti : Egyptoloti et Terre sainte, photographies de voyage.
– l’architecture : Le dôme central à l’exposition universelle de 1889 est très marqué par l’orientalisme. En France, on trouve un certain parfum venu d’Orient au coeur des villes d’eaux.

HDA-Lab : explorer autrement le portail Histoire des arts

Le site «HDA-Lab» est né d’une collaboration entre l’Institut de Recherche et d’Innovation (IRI) et le Département des Programmes Numériques (DPN) du Ministère de la Culture et de la Communication. Ce projet de recherche et développement est destiné à montrer le potentiel heuristique du tagging sémantique.

 

Le corpus Histoiredesarts
Le corpus utilisé pour les besoins de ce projet est extrait du site Histoiredesarts, un portail décrivant des ressources éducatives en ligne produites par un réseau de 350 institutions culturelles. Cet annuaire a pour vocation d’aider la communauté éducative (enseignants, médiateurs culturels, parents…) à trouver des documents fiables dans le domaine de l’histoire des arts.
Il compte actuellement quelque 5000 notices descriptives renvoyant, par des liens profonds, vers autant de ressources en ligne. Chaque notice d’Histoiredesarts contient des mots-clés, initialement produits comme de simples tags.

Le programme de Recherche et Développement impliquant l’IRI et le DPN prévoit la réalisation de deux outils : «HDA-BO» (Back-Office) et «HDA-Lab» (Laboratoire)

 

«HDA-BO», module de tagging sémantique
«HDA-BO» est un module de tagging sémantique du corpus Histoiredesarts destiné au back-office du site, pour la reprise de l’existant par l’équipe éditoriale et l’enrichissement au fil de l’eau.

Techniquement, les mots-clés servant à ré-indexer le corpus sont empruntés aux entrées de Wikipédia (les titres des articles de l’encyclopédie), par exemple : « Quentin de La Tour », « Vallée des rois », « IVe siècle av. J.-C. » etc.

 

Cet outil offre une fonctionnalité de liaison avec Wikipédia. La liste de complétion des entrées de l’encyclopédie est en effet disponible pour chaque tag. La ré-indexation consiste donc simplement à substituer au tag son équivalent parmi les entrées de Wikipédia. Le module importe alors le label et l’URL de Wikipédia. Il importe également un lien vers la version Web sémantique de Wikipédia : DBpédia.

 

Cette approche offre de nombreux avantages, notamment :

 
 – La désambiguïsation, par exemple, permet de distinguer « roman » au sens d’art roman de « roman » au sens d’œuvre littéraire.

– L’interopérabilité universelle des mots-clés : l’url Wikipédia de l’article donne à chaque mot-clé un identifiant universel. Toute institution qui adopterait le même procédé d’indexation serait interopérable avec le corpus Histoiredesarts.

 – L’enrichissement automatique des métadonnées : certaines données contenues dans les articles de Wikipédia peuvent être automatiquement extraites pour enrichir l’indexation. Cela permettra, par exemple, d’interroger Histoiredesarts à partir d’une langue étrangère, de localiser automatiquement un monument sur une carte géographique, d’associer des images ou des définitions à une recherche, ou encore de générer des index thématiques (index des écrivains, des peintres…)

 – Des relations logiques sous-jacentes aux contenus de Wikipédia (par exemple les relations d’inclusion entre villes, départements et régions de France) permettent d’enrichir les fonctionnalités de recherche, par exemple retrouver toutes les villes appartenant à une région.

 

 Grâce à cet outil, les 350 institutions partenaires du projet pourront enrichir et mettre à jour elles-mêmes les données les concernant.

 

«HDA-Lab», preuve de concept
«HDA-Lab» est une interface de recherche et de navigation de la version sémantisée du corpus Histoiredesarts.
Les premières fonctionnalités mises en ligne aujourd’hui (non définitives) mettent l’accent sur la recherche par facettes : le temps (ligne du temps), l’espace (carte du monde), les disciplines artistiques (liste des disciplines), les mots-clés thématiques (nuage de tag) et leur partage dans l’univers Web 2.0.

 

«HDA-Lab» s’enrichira jusqu’au mois de juin d’autres types de fonctionnalités : recherche par liste de complétion augmentée, accès multilingue, carte heuristique, index d’auteurs etc. Le corpus, à ce jour en cours de traitement, sera au final entièrement ré-indexé.

Ce prototype expérimental, qui relève d’une démarche Recherche & Développement, n’a pas vocation à se substituer à l’annuaire Histoiredesarts, mais à explorer les nouvelles voies offertes par le Web 3.0 et favoriser ainsi l’adoption de ces nouvelles technologies par les institutions culturelles.

 

Cette preuve de concept est résolument orientée utilisateur final : les internautes pourront comparer en direct les fonctionnalités classiques de l’interface d’origine avec les fonctionnalités enrichies de la preuve de concept. L’objectif est de démontrer la faisabilité du tagging sémantique et de sensibiliser l’utilisateur final aux enjeux du Web de données.

Voyage en Orient

Cette fin d’année 2011 nous invite, en de nombreux lieux, à un voyage au coeur de l’Orient : expositions, spectacles, ateliers, jeux, multimédias, … de multiples manières de découvrir la Chine ou le Japon.

La Cité Interdite au Louvre – Empereurs de Chine et rois de France jusqu’au au 9 Janvier 2012

 

« Mystère à la Cité interdite », Spectacle équestre de Noël au domaine de Chantilly
du 1er décembre 2011 au 2 janvier 2012

 

« Singes et Dragons. La Chine et le Japon à Chantilly au XVIIIe siècle» au musée Condé
jusqu’au 1er janvier 2012.

 

Artistes Chinois à Paris au musée Cernuschi jusqu’au 31 décembre 2011.

 

Samouraïs, armures du guerrier au musée du Quai Branly, jusqu’au 29 janvier 2012.

 

Yayoi Kusama au Centre Pompidou jusqu’au 9 janvier 2012.

 

 

Ateliers enfants au musée Guimet
Mercredi 7 décembre : Atelier Origami (5-7 ans)
Mercredi 14 décembre : Atelier Peinture chinoise : dragons avec Liu (à partir de 7 ans)
Mercredi 18 janvier : Visite conte La vie merveilleuse du Bouddha (à partir de 7 ans)
Vacances de Noël
Lundi 19 décembre : Atelier Kakemono, pour peindre les arbres en fleurs comme au Japon (A partir de 7 ans)
Mercredi 21 décembre : Parcours Paravent découverte « Les animaux à poils et à plumes… » (A partir de 5 ans)
Jeudi 22 décembre : Parcours Paravent découverte : Histoire de serpents et de dragons (à partir de 5 ans).
/Réservation au 01 56 52 53 45 ou par mail à // [email protected]/
/Tarifs ateliers 2h : 6,30 euros ; visites contes et paravents découverte 1h30 : 4,80 euros (pour les parents 7,50 euros)/

 

Quelques ressources en ligne :
Chine, l’empire du trait
Ce dossier de la BnF présente une sélection de cent trente oeuvres chinoises exceptionnelles du Ve au XIXe s. Quatre thèmes sont abordés: la calligraphie, la diversité de l’art du trait, les rapports que les trois enseignements fondamentaux en Chine – taoïsme, confucianisme et bouddhisme -, entretiennent avec cet art du trait.

Chine, mutation d’un empire
Depuis le début de son Histoire, l’Empire du Milieu a dû faire face à de nombreux bouleversements tant économiques, démographiques que politiques. Ce dossier de la Cité de l’architecture et du patrimoine propose de montrer comment l’architecture et l’urbanisme de ce grand pays ont évolué, passant d’une architecture domestique traditionnelle à une architecture contemporaine, d’une ville organisée autour du Palais impérial à une urbanisation galopante.

Collection de Chine
La section chinoise du musée Guimet compte environ 20 000 objets couvrant sept millénaires d’art chinois, depuis ses origines jusqu’au XVIIIe s. Cette présentation invite à découvrir, à travers trente-sept oeuvres, la richesse de cette collection.

La voix du dragon, trésors archéologiques et art campanaire de la Chine ancienne
Cette exposition de la Cité de la musique met en lumière la place centrale du dragon au sein de la civilisation chinoise. Ce puissant symbole animalier apparaît de façon récurrente dans l’art campanaire – ou art des cloches – dès le néolithique (environ 6000-1900 avant J.-C.), reste très présent pendant la période des Royaumes Combattants (475-221 avant J.C) et continue aujourd’hui encore d’être considéré comme un ciment sociétal.

Tigre et dragon de Ang Lee
Coproduit par le LUX (Scène nationale de Valence) et le Centre national de la Cinématographie, le « Site Image » propose ici une fiche très complète sur le » film de sabre » chinois : « Tigre et dragon », de Ang Lee, sorti en 2000. Le dossier rassemble synopsis, générique, étude spécifique des rôles et détaillée de la mise en scène, des pistes de travail pour l’analyse du film, des outils de compréhension de la démarche du cinéaste, et de nombreuses ressources documentaires.

Les masques de nô (Japon)
Le musée Guimet invite à découvrir le théâtre nô à travers ses masques en bois peints. D’origine japonaise, le théâtre nô est un spectacle complet, où le théâtre se mêle au chant et à la danse ainsi qu’au comique à travers des intermèdes dans la pièce.

Théâtre Bunraku du Japon
La Cité de la musique présente un entretien filmé avec des manipulateurs de marionnettes et avec des musiciens du théâtre Bunraku (Japon).  «L’art du marionnettiste» et « Maître Minosuke Yoshida III » : exposé des techniques de manipulation des marionnettes et démonstrations. « L’art du récitant » et « L’art du shamisen » : exposé des techniques vocales et instrumentales et démonstrations.

Conversation avec Boilet et Tanigushi
Retour sur douze ans d’amitié et de collaborations entre Frédéric Boilet et Jirö Taniguchi grâce à cet article de Julien Bastide disponible sur Neuvième art 2.0, revue en ligne de référence dédiée à la bande dessinée.

 

Crédits images :

Portrait de Kangxi en tenue ordinaire, Oeuvre anonyme, peinte dans les ateliers du palais
Dynastie Qing, période Kangxi (1662-1722) © Musée du Palais impérial

Chang Shuhong : Portrait de Shana
Droits photographiques : © RMN (musée Guimet, Paris) / Benjamin Soligny/Raphaël Chipault
Droits patrimoniaux : Chang Shuhong © Shana Chang, Pékin

Un livre pour les vacances…

Vous ne savez pas quoi emporter sur la plage, dans l’herbe fraîche des montagnes, ou encore chez la Tante Émilie où on vous a envoyé cet été ?  Profitez-en pour découvrir Berlin Alexanderplatz, d’Alfred Döblin, qui se présente comme un gigantesque collage dadaïste… On découvre dans ce livre le Berlin des années 20 à 30, […]

La découverte du patrimoine architectural du quartier du Panier avec une classe de CM2

Il s’agit d’une balade urbaine d’environ 2 heures au cours de laquelle a été abordée la notion de patrimoine architectural à travers les monuments historiques (civils et religieux) du Panier, le berceau de Marseille.

Un carnet ou livret a été remis à chaque élève pour lui permettre de suivre plus facilement la visite. Il est constitué d’un plan du quartier pour apprendre à se repérer spatialement,  d’une frise chronologique (pour replacer les monuments à la bonne époque) et de petits jeux d’observation.

Le patrimoine architectural du Panier permet d’évoquer l’Histoire de Marseille tout en proposant un panorama des styles architecturaux, du Moyen Âge au 20ème siècle.

Les élèves ont ainsi pu identifier les éléments du style roman, du style Renaissance, ainsi que l’architecture des temps modernes et mieux comprendre l’héritage gréco-romain.

La visite, quoique dense par son contenu, est accessible et adaptable dès la classe de CM1, dans le cadre de l’apprentissage de l’histoire des arts en primaire et au collège.

Histoire des arts…de rue #3 – Dolk –

As du pochoir, Dolk commence à investir la rue en 2003. Drôle et subversif, cet artiste vient de Bergen, la deuxième plus grande ville de Norvège et un haut-lieu du street-art scandinave. Son style provocateur présente des similitudes avec le maître du genre, le génial Banksy. D’une situation banale, un bébé pleure face à son […]