le jardin des retours

Bouddha et le bouddhisme

Pour le 100e article de ce blog (champagne!) depuis l’été dernier, une incitation à la maîtrise de soi et à une marche vers la sagesse…

L’excellente émission le Dessous des Cartes a consacré en 2002 un numéro à Bouddha et au bouddhisme (vie et enseignement du Bouddha/extension de cette spiritualité):

Internet est riche en âneries en tous genres sur le bouddhisme, donc quelques liens utiles.

La roue, symbole de l'enseignement du BouddhaLe Musée Guimet d’abord, qui est le principal lieu de conservation, d’étude et d’exposition sur les civilisations asiatiques, donc aussi sur le bouddhisme. On peut y trouver cette très belle roue de la Loi, qui est le symbole de l’enseignement donné par Siddartha Gautama une fois qu’il est devenu l’Eveillé (le Bouddha).

Le site du Festival de géographie de Saint-Dié, souvent cité ici, et qui a consacré en 2002 son thème annuel aux religions, et le site des Cafés Géographiques ont consacré quelques travaux au sujet: on peut y trouver certaines interventions (des cafés géo) comme celle qui interroge les rapports entre l’Asie orientale et le sacré, que Pierre Gentelle avait précisé dans un papier très clair sur les liens entre la Chine et le sacré, ou celui sur « l’eau, les mythes et le sacré ».

Une revue à déclarer d'utilité pour la paix publique, en urgence

La très efficace revue Le Monde des Religions avait consacré à l’été 2006 un numéro comparant Jésus et Bouddha qui va bien plus loin que la présentation simple de ce qui unit ou sépare ces deux grandes figures du sacré. Philo mag n°7: un dossier sur BouddhaVous trouverez quelques références de bons livres sur le site de l’émission « 2000 ans d’histoire »: Patrice Gélinet avait consacré une émission début janvier à Bouddha.

Dernière minute: Philosophie magazine consacre un dossier biographique à Bouddha dans son dernier numéro: vie, étapes de l’éveil, influence en Occident. Le numéro est accompagné d’un livret comprenant des extraits des Entretiens du Bouddha.

Bonnes lectures

A bientôt

Hugo Billard

 


Publié le 25 février 2007 par Hugo Billard dans Comprendre,Lire

Pour Tiphaine: le monde en l’an 3000

Ma chère Tiphaine,

Vous vous inquiétiez, dans un commentaire sur ce blog, de la capacité des êtres humains à s’émouvoir du monde tel qu’il va et sur notre impuissance à faire face. Pour faire semblant de prévoir l’avenir sans sombrer dans l’astrologie, les hommes ont inventé une méthode, la prospective, qui essaie de comprendre les tendances de fond des sociétés pour proposer des hypothèses sur ce dont l’avenir risque d’être fait.

Notre Jean-Christophe Victor national, du Dessous des Cartes, s’était amusé, à imaginer le monde en l’an 3000 à partir de certains travaux prospectifs et de beaucoup d’humour.

Je vous conseille particulièrement les passages sur la colonisation de la Lune en 2325 et la création d’une religion de la Terre, ou celui du contexte de la guerre de Mars en gestation autour de l’an 3000.

Sans rire, en revanche, les conséquences climatiques et géopolitiques des activités humaines y sont utilement décrites, notamment pour ce qui concerne la montée des eaux et les regroupements d’Etats (ceci vous rappelle-t-il quelque chose?). La prospective en dit beaucoup sur ce que nous sommes et comment nous pensons.

A compléter avec un très bon dossier sur la montée des eaux.

A très bientôt Tiphaine, et profitez bien de ces quelques vacances pour humer le grand air.

Hugo Billard


Publié le 23 février 2007 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre

L’abolition de la peine de mort en France

Robert Badinter plaide le 17 septembre 1981 l'abolition de la peine de mort« Nul ne peut être condamné à la peine de mort »: l’article 66-1 de la Constitution de la République française est ainsi libellé depuis lundi 19 février 2007. A une écrasante majorité (828 voix contre 26) les parlementaires ont enfin donné un caractère irréversible à l’abolition de la peine de mort en France.

Et c’est une longue histoire que celle de l’abolition.

Depuis que Beccaria a énoncé l’idée que « la peine de mort n’est ni utile ni nécessaire » (1764), l’abolition est d’actualité. Sans cesse repoussée, toujours discutée, adoptée jamais, jusqu’à ce que le grand avocat Robert Badinter, grand rhéteur et habile pénaliste, garde des Sceaux et ministre de la Justice, demande, le 17 septembre 1981, à l’Assemblée nationale « l’abolition de la peine de mort en France ».

Liens utiles: pour lire le texte intégral du discours très efficace et enflammé de Badinter. Un des grands moments de l’histoire parlementaire et une magnifique plaidoirie. Pour voir et écouter Badinter, invité par Pivot, commenter certaines passages de ce discours. Pour écouter le même Badinter expliquer le contexte dans lequel ce projet est devenu loi (notamment le contexte au Sénat).

Pour tout retrouver, un dossier très complet de l’INA, des documents et des liens sur le site de la documentation française.

Jean Jaurès, pour l'abolition en 1908Maurice Barrès, contre l'abolition en 1908

La transcription d’un affrontement verbal, à la Chambre, entre Jean Jaurès et Maurice Barrès, le 3 juillet 1908, est un document peu connu et que les collégiens et lycéens feraient bien d’étudier: tous les enjeux y sont, exacerbés par le contexte. Georges Clemenceau, président du Conseil, a proposé un texte pour abolir la peine de mort, Aristide Briand le défend, Jean Jaurès le soutient, Maurice Barrès le combat. Toute la France de 1900 est là, dans le verbe et dans la pensée.

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 22 février 2007 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre,Réviser le bac

une Maud Fontenoy et ça repart!

Bon, c’est dimanche. Après s’être couché l’air sombre (elle démâte), on se relève guilleret (elle repart). Autant dire que cette demoiselle est une belle héroïne, un personnage positif du genre Tabarly/Deniau, dont le courage bien réel profite utilement des médias contemporains pour valoriser des qualités trop peu montrées: la gratuité, la pugnacité, la continuité des objectifs sur un temps long, la capacité à dépasser ses émotions pour faire face aux difficultés.

Bel exemple pour mes élèves (elle est de Meaux, c’est une grande soeur), et pour moi aussi lors des petits matins blêmes.

Allez, courage Maud!

Pour voir l’itinéraire qu’elle suit (le tour du monde à contre-courant): voir le site consacré à cette aventure.

Pour mieux connaître la demoiselle et ses activités: voir son site.

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 11 février 2007 par Hugo Billard dans Actualité

World Press Prize 2007: explosion d’un gazoduc au Nigéria

Le World Press Prize 2007 a été décerné à Akintunde Akinleye (agence Reuters, premier prix dans la catégorie « Spot News ») pour cette photo prise après l’explosion d’un gazoduc au Nigéria le 26 décembre dernier.

Pour voir les autres photographies récompensées, dont la Photo de l’Année.

Pour voir les plus belles photographies de photojournalisme de ces cinquante dernières années, cliquez sur les liens en bas du billet que j’avais consacré à ce prix l’an dernier.

Je reviendrai sur le fond que révèle cette photographie dans un prochain billet.

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 9 février 2007 par Hugo Billard dans Actualité,sur le net

Pour mes élèves: correction du bac blanc de février 2007 (Terminales S)

Bonjour à tous,

Vous trouverez des propositions de correction du bac blanc de février 2007 en cliquant ici.

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 8 février 2007 par Hugo Billard dans Réviser le bac

Charlie Hebdo ou le procès de la liberté d’expression

Je n’ai pas l’habitude, sur ce blog, de me donner la parole. Mais ces temps-ci sont un peu spéciaux. Un philosophe (Robert Redeker) est obligé de se cacher pour avoir écrit dans un journal, un prix Nobel de littérature (Orhan Pamuk) s’exile parce que sa vie est menacée, et un journal (Charlie Hebdo) doit se défendre de l’accusation infâmante de « racisme » pour avoir publié des caricatures de Mahomet. Nous vivons en France dans un pays qui prône la liberté d’expression et qui s’en gargarise souvent à l’étranger. Je suis fonctionnaire de l’Etat. En son nom je me dois d’en défendre les valeurs à mon échelle. Je suis historien. Je sais que rien ne se fait, pas même le maintien d’une situation, sans lutte ni volonté. Mais surtout, je suis citoyen, donc je l’ouvre.

Mercredi 7 et jeudi 8 février 2007 a lieu à Paris le procès du journal Charlie Hebdo. Il est reproché à ce journal et à son directeur, Philippe Val, d’avoir publié, le 6 février 2006, des caricatures de Mahomet. Ces caricatures avaient été publiées dans un journal danois, et là-bas très attaquées. Certaines organisations dont deux représentent officiellement les musulmans de France attaquent le journal pour « racisme ». Charlie Hebdo sait très bien se défendre, et une grande partie de la presse et de la classe politique l’appuie, donc il ne s’agit pas ici de défendre Charlie. Je veux expliquer pourquoi je soutiens Charlie Hebdo.

Contre l’intégrisme

La première raison est la simple liberté d’expression. En droit, soit la publication est autorisée, et alors chacun a le droit d’exprimer ses idées. Soit la publication est interdite ou condamnée, et c’est parce qu’elle a contrevenu aux lois (diffamation, racisme et antisémitisme, appel à la haine). C’est ce deuxième cas qui est porté devant les tribunaux. La justice dira. Mais sur le fond comme sur la forme je ne vois aucune atteinte portée contre un individu qui pourrait s’en plaindre lui-même, ni appel à la haine contre les croyants. En revanche j’y comprends une attaque féroce contre les intégristes, ceux qui ne comprennent dans la religion que la lettre, et non l’essence, ceux qui ne comprennent que l’exclusivisme (je suis, donc je suis meilleur que les autres), et non les fondements (je suis, donc je suis meilleur). Les intégristes de tout poil, religieux comme athées, sont dangereux lorsqu’ils considèrent détenir seuls la vérité. Ils peuvent le penser : les lois sont là pour le permettre et encadrer leur expression. Ils ne peuvent pas l’imposer, ou en passant par les seuls moyens légaux d’expression (la parole, l’écrit, l’élection), et à condition de respecter les lois. Etre intégriste est considérer que l’on détient la vérité. Or qui détient la vérité, en religion, sinon Dieu ? Quel fidèle peut avoir l’outrecuidance de se considérer comme l’égal du modèle absolu ? C’est cette absurdité consubstantielle à l’intégrisme, en religion, en politique, dans les mœurs, dans les préjugés sociaux, que combattent les esprits libres. Ibn Arabi, Averroès, Giordano Bruno, Spinoza, le Chevalier de la Barre, Sophie Shöll, ont été des esprits libres, chacun dans leur culture, leur époque, leur contexte. Charlie Hebdo est un journal satirique. Son objet est de se moquer des puissants, et en se moquant, de faire réfléchir son lecteur. En cela ce journal est indispensable à tout esprit assez humain pour se considérer comme imparfait et en recherche de perfection.

Contre la confusion des genres

La deuxième raison est que j’aime l’Islam. J’aime le texte du Coran, j’aime ce que la civilisation musulmane a légué à l’humanité, j’aime ce que beaucoup d’esprits ont pu créer grâce à leur foi en l’homme. J’aime lorsque je lis d’Abd-el-Kader, mystique et premier héros d’une Algérie libre, ces mots : « La certitude qui s’ajoute à la foi ne peut être acquise que par le dévoilement de la réalité ésotérique des choses et la vision de leur malakût (souveraineté intérieure, maîtrise de soi) ». On ne peut atteindre Dieu que par une recherche profonde en soi-même, et non dans l’opposition à l’autre. Le Paradis, dans aucune religion, ne s’atteint par la violence, et l’image des milles vierges est une invention du haut Moyen Age, comme le Purgatoire. Et pourquoi une récompense « matérielle » pour une recherche spirituelle? La Sagesse, dans aucune spiritualité, même athée, ne s’atteint contre, mais avec l’autre. Le problème vient, comme dans toute spiritualité qui a été mêlée au temporel, lorsque l’on mêlé intérêts temporels et recherche spirituelle, la Croisade vers Jérusalem et la lutte contre nos propres tares, la Djihad contre l’Infidèle et le djihad intérieur (combats contre nos vices).

Donc lorsque je crois comprendre que derrière une attaque contre un journal se cache une lutte d’influence au sein des organisations musulmanes de France (c’est à celui qui utilisera le mieux les médias pour se dire le plus représentatif), alors je me dis que l’on mélange l’honneur d’une spiritualité et les rivalités temporelles. Et l’Inquisition n’est jamais lointaine…En revanche, que des musulmans, que des croyants, se soient sentis blessés de voir Mahomet mêlé à la violence, je le comprends complètement. Mais ce n’est pas la caricature qui est en cause ici, ce sont les faits montrés, ceux qui mêlent Dieu et les usages de la violence. Ce n’est pas au bout du doigt que se trouve la lune, mais dans la direction du bras tendu vers le Ciel.

Contre le relativisme culturel

La troisième raison est que j’ai pour habitude de considérer qu’un Etat est là pour organiser une nation dans un cadre géographique donné et d’appliquer à tous les mêmes lois selon les mêmes valeurs. Quelles sont les valeurs dans lesquelles la France se reconnaît ? La Liberté : idéal jamais atteint dans lequel les libertés sont concentrées et encadrées pour éviter qu’elles ne nuisent aux autres. L’Egalité : idéal jamais atteint dans lequel les individus, quelle que soit leur origine, leur culture et leur provenance, doivent être traités avec une même dignité et selon l’idée qu’ils peuvent être meilleurs demain. Sans la liberté, l’égalité est impossible, ou alors elle n’est que formelle (totalitarismes communistes). La Fraternité : capacité qu’ont les individus, dans le respect des libertés de chacun, une fois compris que l’autre est mon égal, de dialoguer librement et d’égal à égal, pour qu’ensemble nous devenions meilleurs.

1+1=3.

Donc lorsque l’on me dit qu’une caricature de Mahomet est un acte raciste, je m’interroge. Les conditions d’exercice de ma liberté sont-elles remises en cause ? Non, je peux dire tout ce que j’en pense, approuver, critiquer, tout ce que je veux (pas comme en Algérie, en Tunisie ou en Egypte, par exemple, qui financent beaucoup des groupes qui attaquent Charlie Hebdo). Suis-je considéré comme inférieur à l’autre ? Non, si je suis croyant je ne suis inférieur qu’à Dieu, et qui serait Dieu s’il s’abaissait à prendre au sérieux ce qui se veut une moquerie contre des hommes (une grande querelle médiévale était de savoir si Jésus riait, ce qui pose la question de son humanité, non de sa divinité, qui ne lui est pas liée). La fraternité est-elle remise en cause par les caricatures ? Non : la fraternité se construit, elle n’existe pas en soi. Et choquer peut être un moyen de provoquer une discussion, donc de se mieux connaître.
En revanche si Charlie Hebdo était condamné cela signifierait que n’importe qui peut considérer qu’une caricature, qu’un article, qu’une expression affirmée, sans attaque ad hominem, est une atteinte contre sa propre pensée et sa propre identité. Ceux qui attaquent Charlie Hebdo se verraient confirmés dans leur idée que les musulmans de France sont un peuple à part et qui mérite des lois différentes au sein de la République. C’est pour éviter cela que la loi sur la laïcité a été votée en 1905 : pour que la liberté de conscience et d’expression soit égale pour tous les habitants du territoire ! Dans ce cas, cela signifierait qu’un croyant ne peut pas se moquer de lui-même ni accepter la critique, donc qu’il n’a pas besoin d’un échange avec l’autre, donc qu’il considère avoir atteint un état de conscience tel qu’il est l’égal de Dieu. Blasphème ! Cela signifierait que chaque être, dans notre nation, a une bombe à retardement dans son chapeau. Et que la République n’a plus conscience d’elle-même ni n’est capable de défendre ses valeurs.

Conclusions

Dans certaines traditions que j’approuve, il est recommandé de n’être « ni un athée stupide ni un libertin irréligieux », parce que l’athéisme intégriste empêche tout dialogue avec les croyants, et parce que le désintérêt pour la religion empêche de comprendre qu’au-delà des apparences les hommes sont parfois différents de soi. Bref, qu’au-delà de moi il y a quelqu’un d’autre que je ne connais pas. Donc qu’au-delà des apparences il existe d’autres vérités que, sans le dialogue et le 2e degré, l’on ne peut pas comprendre. Les caricatures sont un vecteur qui permet d’atteindre le 2e degré. Elles sont indispensables aux esprits libres.

Et quand je lis que pour 79% des Français la critique des religions est inacceptable, je me dis que le chemin est encore long, pour les religions, pour faire comprendre l’essence de la foi.

J’attends vos réactions argumentées, si vous avez eu le courage de tout lire. Et ce billet n’a pas pour objet d’épuiser ni le sujet ni mes idées sur lui.

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 7 février 2007 par Hugo Billard dans Actualité

La question allemande (1945-1991)

Ce sujet concerne à la fois le chapitre d’histoire de Terminale sur « Les relations internationales depuis 1945″ (toutes sections) que celui sur « L’Europe depuis 1945″ (L et ES).

Une proposition de plan détaillé ici.

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 4 février 2007 par Hugo Billard dans Réviser le bac

Arts plastiques et histoire-géo: « le rapport au réel » en classe de Seconde

Dans un premier temps, nous avons choisi de présenter une séquence interdisciplinaire au lycée entre la discipline d’Arts plastiques et celle d’Histoire-géographie.

Si la composante culturelle revient à plusieurs reprises dans une bonne partie des programmes (quelle que soit la dicipline), elle est bien présente en histoire notamment en classe de seconde comme « fondement du monde contemporain ». En d’autres termes, toujours selon le programme il s’agit « de construire une culture et pas seulement d’accumuler des connaissances factuelles ». Alors comment faire le lien entre la culture artistique des arts plastiques qui prend appui sur la pratique des élèves et un programme d’histoire qui ne va pas au delà du XIXème siècle?

L’enjeu est d’interroger la culture artistique au regard de l’histoire, voire d’interroger à la fin de la séquence, l’actualité au regard de l’histoire par l’intermédiaire de la pratique artistique (de la création). Cette question est à mi-chemin entre deux notions « le rapport du réel » ( programme de seconde en arts plastiques) qu’entretient l’élève avec les images et la question de la perception/interprétation de celles-ci.

La séquence s’ appuie sur quatre oeuvres d’art:

le sacre de Napoléon 1er

* Le sacre de Napoléon 1er par David – 1808

President Elect

* President Elect de Rosenquist (1960-61)

Camp palestinien

* Le camp palestinien à Chatilah de Mogarra (1982)

La pieta du sida

* Soweto-Warwick de Pignon-Ernest (2002)

La séquence se déroule selon cinq phases. Les deux premières se font en parallèle dans les deux disciplines. Les dernières se déroulent en commun.

Phase 1: en Arts plastiques

Le professeur demande aux élèves avant le cours de collecter des images et des écrits d’un même événement (journaux, magazine, internet…). Les élèves doivent rendre compte d’un événement à partir de leurs collectes. Ils ont à disposition un rouleau de Kraft blanc qu’ils peuvent couper et les élèves doivent choisir les moyens adaptés au format et à leur production. (2 heures)

Phase 1: en Histoire-géographie

Le professeur avec les élèves et à l’oral, prend appui sur un groupement d’images qui ont trait à l’image du pouvoir et comme point central le « Sacre de Napoléon 1er » de David. L’objectif est de marquer les différences entre la perception rendue par les images et les faits réels. Les notions de point de vue interne et externe sont abordées. Une trace écrite est conservée par les élèves sous le forme de prise de notes. (1 heure)

Phase 2: en Arts plastiques

Les élèves accrochent leurs productions. L’évaluation se fait à l’oral avec le professeur. Les questions posées sont: comment a été géré le format? Comment les images ont-elles été utilisées? Quels effets plastiques, graphiques pour quel événement? (1heure)

Phase 2: en Histoire-géographie

Le professeur demande aux élèves de faire un plan détaillé (correspondant au processus d’apprentissage de la composition) à partir des images/oeuvres qu’ils ont vues au dernier cours afin d’établir la correspondance entre propagande et pouvoir grâce aux documents. (1 heure)

Phase 3 : en Arts plastiques et Histoire-géographie

1/ Analyse croisée entre deux oeuvres aux démarches différentes, à savoir le tableau de David et l’installation de Pignon-Ernest, « Soweto-Warwick ». Dans un premier temps, les élèves travaillent par groupe pour analyser les deux documents, un rapporteur est chargé de résumer le travail (45 minutes pour l’analyse et 10 minutes pour le rapporteur). Il est spécifié que l’analyse doit se baser sur les deux disciplines même si une seule a été analysée (en histoire).

2/ A la fin du dispositif, les deus professeurs ont rédigé un résumé en commun. Il est dit à l’oral et les élèves doivent prendre des notes. (2 heures)

Phase 4: en Arts plastiques et Histoire-géographie

Les élèves et les deux professeurs visitent l’exposition du Musée du Jeu de Paume intitulée L’événement, les images comme acteurs de l’histoire.

Les élèves doivent choisir un événement sous la forme de notes et de croquis. Les élèves savent qu’ils vont faire un travail à partir de ce choix.

Phase 5: Arts plastiques et Histoire-géographie

Le réinvestissement se fait sur un objet commun qui se concrétise sous la forme d’une création artistique.

Les élèves doivent interroger l’événement qu’ils ont choisi lors de l’exposition au regard de l’actualité. Ils retrouvent le même support que pour la phase 1, le rouleau de papier kraft et les moyens adaptés à leur production.

Dernière phase avec les deux professeurs/évaluation

Les élèves présentent leurs productions et les professeurs les interrogent à l’oral: sur les parallèles entre les deux images (passées/présentes), sur les modalités d’association entre les deux images (assimilation/incrustation/séparation), sur le rôle de la mise en forme de la production (installation/composition ou organisation).

Les objectifs principaux sont d’agréger les différents savoirs à la notion de perception/interprétation par rapport aux images actuelles et passées et par leur mise en forme de plus en plus complexe.

Les objectifs spécifiques sont de reprendre les différentes opérations, à savoir la composition, l’organisation et l’installation in situ afin de se les approprier pour une phase de réinvestissement (cinquième phase). Prendre conscience du statut de l’image dans un monde médiatique, artistique, historique.

Si vous expérimentez cette proposition – qui n’a pas valeur d’exemple – merci d’en rendre compte ici.

A bientôt

Adeline Besson (Arts Plastiques) et Hugo Billard (Histoire-Géographie)


Publié le 1 février 2007 par Hugo Billard dans Non classé