Arts plastiques et histoire-géo: « le rapport au réel » en classe de Seconde
Dans un premier temps, nous avons choisi de présenter une séquence interdisciplinaire au lycée entre la discipline d’Arts plastiques et celle d’Histoire-géographie.
Si la composante culturelle revient à plusieurs reprises dans une bonne partie des programmes (quelle que soit la dicipline), elle est bien présente en histoire notamment en classe de seconde comme « fondement du monde contemporain ». En d’autres termes, toujours selon le programme il s’agit « de construire une culture et pas seulement d’accumuler des connaissances factuelles ». Alors comment faire le lien entre la culture artistique des arts plastiques qui prend appui sur la pratique des élèves et un programme d’histoire qui ne va pas au delà du XIXème siècle?
L’enjeu est d’interroger la culture artistique au regard de l’histoire, voire d’interroger à la fin de la séquence, l’actualité au regard de l’histoire par l’intermédiaire de la pratique artistique (de la création). Cette question est à mi-chemin entre deux notions « le rapport du réel » ( programme de seconde en arts plastiques) qu’entretient l’élève avec les images et la question de la perception/interprétation de celles-ci.
La séquence s’ appuie sur quatre oeuvres d’art:
* Le sacre de Napoléon 1er par David – 1808
* President Elect de Rosenquist (1960-61)
* Le camp palestinien à Chatilah de Mogarra (1982)
* Soweto-Warwick de Pignon-Ernest (2002)
La séquence se déroule selon cinq phases. Les deux premières se font en parallèle dans les deux disciplines. Les dernières se déroulent en commun.
Phase 1: en Arts plastiques
Le professeur demande aux élèves avant le cours de collecter des images et des écrits d’un même événement (journaux, magazine, internet…). Les élèves doivent rendre compte d’un événement à partir de leurs collectes. Ils ont à disposition un rouleau de Kraft blanc qu’ils peuvent couper et les élèves doivent choisir les moyens adaptés au format et à leur production. (2 heures)
Phase 1: en Histoire-géographie
Le professeur avec les élèves et à l’oral, prend appui sur un groupement d’images qui ont trait à l’image du pouvoir et comme point central le « Sacre de Napoléon 1er » de David. L’objectif est de marquer les différences entre la perception rendue par les images et les faits réels. Les notions de point de vue interne et externe sont abordées. Une trace écrite est conservée par les élèves sous le forme de prise de notes. (1 heure)
Phase 2: en Arts plastiques
Les élèves accrochent leurs productions. L’évaluation se fait à l’oral avec le professeur. Les questions posées sont: comment a été géré le format? Comment les images ont-elles été utilisées? Quels effets plastiques, graphiques pour quel événement? (1heure)
Phase 2: en Histoire-géographie
Le professeur demande aux élèves de faire un plan détaillé (correspondant au processus d’apprentissage de la composition) à partir des images/oeuvres qu’ils ont vues au dernier cours afin d’établir la correspondance entre propagande et pouvoir grâce aux documents. (1 heure)
Phase 3 : en Arts plastiques et Histoire-géographie
1/ Analyse croisée entre deux oeuvres aux démarches différentes, à savoir le tableau de David et l’installation de Pignon-Ernest, « Soweto-Warwick ». Dans un premier temps, les élèves travaillent par groupe pour analyser les deux documents, un rapporteur est chargé de résumer le travail (45 minutes pour l’analyse et 10 minutes pour le rapporteur). Il est spécifié que l’analyse doit se baser sur les deux disciplines même si une seule a été analysée (en histoire).
2/ A la fin du dispositif, les deus professeurs ont rédigé un résumé en commun. Il est dit à l’oral et les élèves doivent prendre des notes. (2 heures)
Phase 4: en Arts plastiques et Histoire-géographie
Les élèves et les deux professeurs visitent l’exposition du Musée du Jeu de Paume intitulée L’événement, les images comme acteurs de l’histoire.
Les élèves doivent choisir un événement sous la forme de notes et de croquis. Les élèves savent qu’ils vont faire un travail à partir de ce choix.
Phase 5: Arts plastiques et Histoire-géographie
Le réinvestissement se fait sur un objet commun qui se concrétise sous la forme d’une création artistique.
Les élèves doivent interroger l’événement qu’ils ont choisi lors de l’exposition au regard de l’actualité. Ils retrouvent le même support que pour la phase 1, le rouleau de papier kraft et les moyens adaptés à leur production.
Dernière phase avec les deux professeurs/évaluation
Les élèves présentent leurs productions et les professeurs les interrogent à l’oral: sur les parallèles entre les deux images (passées/présentes), sur les modalités d’association entre les deux images (assimilation/incrustation/séparation), sur le rôle de la mise en forme de la production (installation/composition ou organisation).
Les objectifs principaux sont d’agréger les différents savoirs à la notion de perception/interprétation par rapport aux images actuelles et passées et par leur mise en forme de plus en plus complexe.
Les objectifs spécifiques sont de reprendre les différentes opérations, à savoir la composition, l’organisation et l’installation in situ afin de se les approprier pour une phase de réinvestissement (cinquième phase). Prendre conscience du statut de l’image dans un monde médiatique, artistique, historique.
Si vous expérimentez cette proposition – qui n’a pas valeur d’exemple – merci d’en rendre compte ici.
A bientôt
Adeline Besson (Arts Plastiques) et Hugo Billard (Histoire-Géographie)
Publié par Hugo Billard le 1 février 2007 dans Non classé
Vous pouvez laisser une réponse, ou un trackback depuis votre site.





Compteur
Vous devez être identifié pour écrire un commentaire.