le jardin des retours

25 mars 2007: l’Europe a 50 ans!

Le 25 mars 1957 a été signé le traité de Rome, qui institue entre les 6 Etats signataires une Communauté Economique Européenne (CEE). Cette CEE est l’ancêtre de notre Union Européenne (UE): traité entre Etats souverains, elle crée des politiques communes, des institutions de gestion communes, et annonce dès l’origine sa volonté de s’étendre à d’autres Etats (élargissement) et d’approfondir les relations entre ses membres (intégration).

Pour comprendre cet anniversaire

Cliquez ici pour une Chronologie de la construction européenne

Une histoire de la construction européenne par ses grands hommes

Le site www.traitederome.fr retrace non seulement l’histoire mais aussi l’action, les crises, les textes, les territoires, les personnages, les enjeux, les questions que posent la construction européenne, avec une abondance de vidéos, de sons, de documents iconographiques, de dossiers thématiques clairs: tout y est.

Un dossier spécial de l’INA est consacré au traité de Rome et aux pères fondateurs: Robert Schuman (France), Jean Monnet (France), Alcide de Gasperi (Italie), Paul-Henri Spaak (Belgique), Konrad Adenauer (RFA), etc. Pour l’anecdote – mais ce n’en est pas une – Jean-François Deniau a été le rédacteur du préambule qui proclame l’objectif d’ « une union sans cesse plus étroite entre les peuples d’Europe ».

Pour plonger dans le contexte de l’époque, regardez ce joli film « Nous nous sommes tant haïs », qui passe sur France 3 samedi 24 mars à 20h50, mais visible immédiatement ici. Françoise Hauff l’avait il y a quelques jours signalé sur son blog « Faut-il avoir peur de l’Allemand », à mettre entre toutes les mains amies.
Et aujourd’hui?

Le dernier signataire vivant, Maurice Faure, regrette que l’anniversaire se déroule à Berlin, et non à Rome (vidéo Euronews). Au-delà de l’opportunité qui fait de l’Allemagne l’Etat qui dirige l’Union européenne jusqu’en juillet, Berlin est un très beau symbole: celui de la fin de la division de l’Europe. N’était-ce pas un des objectifs du traité que celui d’une « union sans cesse plus étroite entre les peuples d’Europe » (préambule du traité) ?

En 1957, 6 Etats membres, 160 millions d’habitants: l’Allemagne, la France, l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, partaient ensemble pour cette belle aventure. En 2007, 27 Etats membres, 485 millions d’habitants, une monnaie unique, la deuxième puissance économique mondiale, un Parlement européen, un réseau universitaire commun…

…et mille interrogations sur son avenir: un Etat fédéral? une confédération? un noyau d’Etats qui iront plus vite que d’autres? La question n’est plus « Faut-il s’unir » mais « jusqu’où s’unir » et « faut-il une Constitution, un Chef d’Etat, une armée », bref les attributs d’un Etat…

Parce que pour l’instant, l’UE n’existe pas comme Etat. Le faut-il? Qu’en pensez-vous?

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 23 mars 2007 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre

Charlie Hebdo relaxé

Nouvelle du soir, espoir: le directeur de la publication de Charlie Hebdo, Philippe Val, a été relaxé dans le procès dit des « caricatures de Mahomet ». Je m’étais à l’époque fendu d’un billet rageur sur les enjeux du procès, et cette relaxe est une excellente nouvelle.

Pour revenir à l’histoire du procès: ses causes, son déroulement, les réactions, le réquisitoire et la décision d’aujourd’hui, le célébrissime avocat Maître Eolas explique tout sur son blog. Je vous conseille notamment la lecture des « attendus » de la décision, qui servent à la fois à répondre aux arguments des parties et à expliquer les causes de la décision prise. Pour lire, du même, le texte intégral de la décision du tribunal, lire ici.

A bientôt

Hugo Billard

 

 


Publié le 22 mars 2007 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre

Accords d’Evian: fin de la guerre d’Algérie (18 mars 1962)

Il y a 45 ans ont été signés les accords d’Evian (texte intégral ici). Accords signés le 18 mars 1962, cessez-le-feu le 19 mars. La télévision française s’en fait immédiatement l’écho: négociations entre le gouvernement français et le Front de Libération National algérien, dans les salons de l’Hôtel du Parc, à Evian; mais elle donne de la vie quotidienne en Algérie une vision quelque peu idyllique, alors que les attentats continuent et que le FLN se déchire. L’historien Benjamin Stora revient sur cet épisode majeur des relations franco-algérienne et revient notamment sur la mémoire commune de la guerre d’Algérie.

L’excellent site de l’INA revient sur la guerre d’Algérie (la Toussaint 1954), les positions de De Gaulle (en 1958 son « je vous ai compris« , en 1959 pour l’autodétermination), le putsch des généraux et les accords d’Evian dans une série de vidéos et de textes d’historiens.

On peut trouver les textes principaux et une chronologie de la guerre d’Algérie sur le très riche Cliotexte. *

Il a fallu attendre 1999 pour que le Parlement français remplace le terme « opérations militaires » par celui de « guerre d’Algérie » (voir le texte ici). L’Algérie vit des heures plus compliquées, entre refus de considérer les divisions internes majeures du FLN, refus de revisiter les années qui ont suivi l’indépendance, appel à la responsabilité de la France ou à la victimisation algérienne, c’est selon les impératifs du moment: le traité d’amitié franco-algérien est un vieux projet toujours pas signé. La mémoire est une construction de l’histoire.

A bientôt

H. Billard


Publié le 19 mars 2007 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre

Lucie Aubrac, mémoire de la Résistance

Lucie Aubrac s’en est allée, discrètement, dignement, et c’est avec beaucoup d’émotion que j’ai appris la nouvelle ce matin. Pourquoi? Parce que Mme Aubrac était une des grandes figures de la Résistance, parce qu’elle était professeur d’histoire et qu’elle a toute sa vie transmis la mémoire de la Résistance, parce qu’elle était une femme engagée pour des valeurs. Des éléments qui passent pour démodées mais qu’elle a su incarner, avec son mari Raymond Aubrac.

De son action de résistance, on rappelle souvent l’action commune de Lucie et Raymond Aubrac dans la création du mouvement Libération-Sud, l’action commando de Lucie pour libérer les résistants (dont Raymond) emprisonnés lors de la réunion de Caluire (21 juin 1943) avec Jean Moulin, de leur action auprès de De Gaulle à Londres, à Alger, dans la libération du territoire. Raymond a continué l’action politique en dirigeant le déminage de la France après 1945; Lucie a repris le chemin de l’enseignement, Lucie a par exemple été un des jurés du procès Pétain. Mais leur action a continué dans l’action pour la décolonisation, au sein puis à côté du parti communiste, à Amnesty International dont elle était une figure.

Le grand résistant Emmanuel d’Astier de la Vigerie l’a surnommée « Madame Conscience« . Elle était une conscience pour tous ceux qui ont eu la chance de l’écouter. Les étudiants de l’Université Lyon-II ont réalisé en 2004 un joli petit court-métrage dans lequel elle revient sur la notion d’acte de résistance. Ce petit film peut être utile aux élèves de terminale qui travaillent sur l’histoire et la mémoire de la Seconde Guerre mondiale.
Le cinéma a rappelé en 2002 l’action des Aubrac dans Lucie Aubrac de Claude Berri (Carole Bouquet y joue Lucie, Daniel Auteuil y joue Raymond). La bande-annonce insiste sur leur vie de couple, mais la présence du SS Klaus Barbie rappelle que les Aubrac ont vécu les moments les plus emblématiques de la Résistance intérieure.

Ce film est facilement utilisable en classe (encore merci aux Clionautes!).

Elle était l’auteur d’un très efficace La Résistance expliquée à mes petits-enfants (2000). Elle a souvent raconté qu’elle avait pris conscience de la fureur de l’antisémitisme nazi en se rendant en 1936 en Allemagne pour les Jeux Olympiques. A méditer…

Elle sera inhumée aux Invalides auprès des autres Compagnons de la Libération. Elle aurait sa place au Panthéon.

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 15 mars 2007 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre

Adieux présidentiels sous la V° République

Le président Chirac a annoncé qu'il ne serait pas candidat à sa propre successionLe président Jacques Chirac vient d’annoncer qu’il ne briguerait pas un troisième mandat comme chef de l’Etat. Comment ses prédécesseurs sous la V° République ont-ils quitté le pouvoir?

Charles de Gaulle (1958-1969)Charles de Gaulle (1958-1969), fondateur de la V° République, président depuis 1958, a démissionné à la suite d’un référendum sur « la régionalisation et la réforme du Sénat ». Il avait annoncé qu’il démissionnerait en cas d’échec. Les Français ont répondu « non » à 52.41% le 27 avril 1969. Quelques minutes après l’annonce officielle des résultats, dans la nuit du 28 avril 1969, Charles de Gaulle envoie le simple texte suivant: « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi. »

Georges Pompidou, premier ministre, en mai 1968 (à sa droite, Jacques Chirac)Lui succède brièvement le président du Sénat, Alain Poher, le temps d’organiser les élections. Georges Pompidou (1969-1974) devient président le 15 juin 1969. La photographie de droite le montre alors premier ministre, en mai 1968, négociant avec les syndicats (à sa droite, Jacques Chirac, alors ministre des Affaires sociales). Il décède le 2 avril 1974 de la maladie de Waldenström (une maladie du sang); le plus grand silence avait été observé sur les « grippes » du président, ce qui poussera à s’interroger par la suite à la santé des présidents. Alain Poher reprend l’intérim.

Le 27 mai 1974 lui succède Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981). Après un mandat il perd les élections face à François Mitterrand. Il prononce le 19 mai 1981 une déclaration de départ : le « au revoir » et sa disparition de l’écran sont restés dans les annales d’une télévision qui prend un poids politique de plus en plus important.

François Mitterrand (1981-1995)François Mitterrand va rester au pouvoir durant deux mandats (1981-1988 et 1988-1995). Alors qu’il est très affaibli par les cancers, sa véritable déclaration d’adieu aux Français a lieu lors des voeux présidentiels, le 31 décembre 1994. S’il termine sur deux recommandations aux Français, une sur la liberté et l’égalité, une autre sur la construction européenne, son discours s’achève notamment par ces mots : « Je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas ».

Jacques Chirac est élu le 7 mai 1995 et lui succède le 17 mai. Après deux mandats (1995-2007), il vient de tirer sa révérence (et celle de 40 années de vie politique active) ce soir. On peut lire son discours ici.

L’INA a créé un site bourré de vidéos sur les présidents et les élections présidentielles depuis 1946, une mine.

Sur l’histoire de la fonction présidentielle depuis les origines, le site de la documentation française a créé une page utile.

A bientôt

Hugo Billard, de retour


Publié le 11 mars 2007 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre