Que faire le jour de l’épreuve?
Que faire le jour de l’épreuve ?
Publié le 30 avril 2007 par Hugo Billard dans Réviser le bac,Vidéos
Que faire le jour de l’épreuve ?
Proposition d’un plan de composition: « le président de la République en France » (2)
Le président de la République en France (1)
Méthodologie de la dissertation d’histoire
Alors qu’Israël commémore aujourd’hui Yom Ashoah, qui rappelle le génocide des six millions de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, et qu’à 9h (heure française) le pays s’est arrêté de battre lorsqu’a retenti la sirène du souvenir, quelques indications sur l’histoire de ce pays.
L’Etat d’Israël a été fondé le 14 mai 1948, et proclamé par David Ben Gourion (lire le discours ici).
En 1966 l’émission Panorama était revenue sur les origines de l’Etat d’Israël. On peut voir cette vidéo sur le site de l’INA, et directement ici : le sionisme de Theodor Herzl, les communautés et les flux migratoires, les mouvements paramilitaires et la création de l’armée (Tsahal), la Shoah, la proclamation, et l’assimilation des différents immigrants en une nation. De beaux moments sur les espérances sociales et économiques dans les kibboutz. Rien sur les réfugiés palestiniens et sur les guerres avec les Etats voisins: après 1948, la deuxième guerre israëlo-arabe date de 1967, l’année qui suit la diffusion du documentaire.
L’hymne national israélien (pour moi un des plus beaux du monde), la Hatikvah, reflète les espérances de l’idéal sioniste d’un Etat-refuge, retour aux sources du judaïsme: Aussi longtemps qu’au fond du coeur/l’âme juive vibre/vers les confins de l’Orient/un oeil sur Sion observe/Nous n’avons pas encore perdu notre espoir/vieux de deux mille ans/de vivre en peuple libre sur notre terre/terre de Sion et de Jérusalem/de vivre en peuple libre sur notre terre/terre de Sion et de Jérusalem.
Pour aller plus loin, trois ouvrages.
D’abord, le désormais classique Histoire moderne d’Israël, d’Elie Barnavi (1991, en poche) revient sur toute l’histoire du peuple et du territoire, notamment aux XIX° et première moitié du XX° siècle. Ensuite, sur l’histoire de la Shoah, l’ouvrage idéal pour tout lycéen et étudiant reste le petit mais très clair Que sais-je? de Georges Bensoussan (1996). Le site du mémorial de la Shoah propose une bibliographie détaillée sur le sujet. Enfin, du même auteur, Une histoire intellectuelle et politique du sionisme (1860-1940), paru en 2002, touffu, précis, archidocumenté, est une somme à consulter.
A bientôt
Hugo Billard
Bon, là, ça fait beaucoup. Après Pierre Vidal-Naquet, Jean-Pierre Vernant et Lucie Aubrac, la communauté des historiens engagés et des témoins de l’époque contemporaine vient de prendre un nouveau coup.
René Rémond est l’historien des droites en France. Dans son livre sur La droite en France (1954, épuisé en librairie mais très vivant en cours), il a expliqué la distinction entre les trois droites: orléaniste, bonapartiste et légitimiste. Distinction classique pour les lycéens et les étudiants en histoire. Il avait repris et nuancé cette distinction dans un ouvrage plus récent, Les droites en France (1982), à la suite des critiques de certains de ses élèves, et en continuant l’histoire des droites depuis 1954, en prenant acte de la fin politique de la droite légitimiste. En 2005, dans Les droites aujourd’hui, tout en poursuivant l’histoire politique des droites depuis 1982, il se pose la question d’une droite d’inspiration démocrate-chrétienne issue du radicalisme (l’UDF d’aujourd’hui croisant la droite orléaniste-libérale et cette droite démocrate-radicale proche de la gauche).
Mais René Rémond était aussi un historien engagé. Comme catholique d’abord, sur l’histoire de l’Eglise, son inscription dans le siècle et ses rapports avec les autres religions: les attaques contre l’Eglise d’aujourd’hui au nom de l’Eglise d’hier lui avait inspiré en 2000 un Le christianisme en accusation qui a fait du bruit, en complément de tous ses travaux sur l’anticléricalisme en France.
Comme technicien de l’histoire ensuite, agacé par les lois mémorielles et la mode victimaire qui les sous-tendent, il avait publié un retentissant Quand l’Etat se mêle de l’histoire, il y a quelques semaines, qui va sans doute continuer à faire du bruit. Comme d’autres historiens, écrivains et intellectuels de renom, Rémond appelait à une révision des lois mémorielles dans ce qu’elle empêchent les historiens de travailler (lois mémorielles c.a.d. qui donnent l’opinion de la nation sur des éléments qui appartiennent aux études historiques, comme les génocides et l’esclavage, et qui donnent lieu à actes judiciaires et à discours de repentance).
René Rémond était bien placé pour donner son point de vue sur ces questions, ayant rédigé en 1996 un rapport sur la spoliation des biens des Juifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a développé depuis quelques années une réflexion sur la place de l’historien comme technicien des archives face aux juges comme techniciens de la norme, pour condamner l’idée que l’historien puisse être le démiurge d’une quelconque vérité. Bref, à chacun son mêtier. Il considérait qu’il fallait répondre aux négationnistes par des faits historiques et non par des lois, dont il considérait les effets comme contre-productifs (plaçant les négationnistes en position de victime). Si tous les historiens n’étaient pas d’accord avec lui, il ne laisse en tout cas pas indifférent.
Intellectuel engagé, grand historien, il a été élu en 1999 à l’Académie Française, au fauteuil de Michel Debré, que François Furet aurait dû occuper s’il n’était pas mort avant sa réception. Ce fut pour lui l’occasion d’un portrait ému de Furet, et la réponse d’Hélène Carrère d’Encausse brosse un portrait de René Rémond que je conseille à tous les amoureux de la langue.
Pour ceux qui veulent lire Rémond, en dehors des ouvrages que je viens de citer, on peut lire son Introduction à l’histoire de notre temps (1er tome sur 1750-1815, 2e tome sur 1815-1914, 3e tome sur le monde d’aujourd’hui) qui est une jolie et déjà classique synthèse de poche, en quelques dizaines de pages, sur les fondements du monde d’aujourd’hui.
Sur son blog consacré à Sciences Po, dont Rémond était le président d’honneur (l’école, pas le blog, quoique…), Arthur Richer a écrit un bien joli papier, comme un petit-neveu ému de la mort de son grand-oncle d’Amérique. Je vous conseille particulièrement la vidéo de « l’incident » de Sciences Po, où René Rémond a empêché un garde du corps de Sarkozy d’en rajouter en matière de répression étudiante. Un détail dans cette vidéo, mais un grand moment qui explique l’immense attachement qu’ont beaucoup d’étudiants pour leurs maîtres.
A bientôt et bonne lecture
Hugo Billard
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