le jardin des retours

La fin de la discrimination positive aux Etats-Unis?

vers le site de la Cour Suprême des Etats-Unis

Pour écouter ce billet: Ecouter ce billet en mp3

La Cour Suprême a lancé hier un avis attendu depuis longtemps par les spécialistes: par les arrêts Parents v. Seattle et Meredith v. Jefferson, les écoles américaines ne peuvent plus utiliser la discrimination positive pour refuser un élève dans leur établissement. « La recherche par les écoles d’un objectif estimable ne veut pas dire qu’elles sont libres d’effectuer une discrimination sur la base de la race pour l’atteindre » (extrait de la décision de la Cour Suprême, 28 juin 2007). C’est la fin de la politique des quotas raciaux dans les écoles. Pour les juges « le moyen de mettre fin à la discrimination raciale c’est de cesser de discriminer en fonction de la race ».

Qu’est-ce que ça veut dire?

Le 17 mai 1954, par l’arrêt « Brown v. Topeka Board of Education » la Cour Suprême des Etats-Unis avait interdit toute ségrégation dans les établissements scolaires. Cet arrêt allait accompagner tout un mouvement de remise en cause du « separate but equal », un grand mouvement des droits civiques dont Rosa Parks (la jeune noire qui a refusé en 1955 de laisser sa place à un homme blanc dans un bus) et son avocat Martin Luther King allaient être les représentants (vous pouvez voir et écouter son discours « I have a dream » de 1963). La même Cour Suprême, en 1956, avait interdit la discrimination dans les transports publics.

Depuis 1954, et progressivement, s’est mise en place une politique de mise en valeur des minorités raciales en réservant un quota de places pour chaque catégorie (Wasp, Noirs, Hispaniques, Asiatiques, Natives). Cette politique dite de « discrimination positive » est aujourd’hui remise en cause par les contestations de plus en plus fortes de leur mise en application: dans l’Etat de Washington (Seattle, à ne pas confondre avec Washington DC, siège du gouvernement fédéral) et dans l’Etat du Kentucky, des parents d’élèves remettaient en cause le fait que leurs enfants n’aient pas pu s’inscrire dans l’école la plus proche de chez eux faute de place (le quota de blancs étant atteint), et contestaient une forme de ségrégation spatiale préjudiciable pour eux. Avec le soutien du gouvernement. Le vrai problème est sans doute ailleurs: dans la perpétuation de la ségrégation socio-spatiale (les blancs d’un côté de la ville, les noirs de l’autre), et dans la continuité des schémas mentaux séparant blancs, noirs et hispaniques (ce qui n’a rien de spécifiquement américain).

Pour lire les analyses du New York Times (en anglais)Ce qui laisse craindre, notamment pour le New York Times, un retour insidieux à une politique de ségrégation raciale.

Cette décision rappelle ce qu’est la Cour Suprême: l’instance la plus élevée de construction de la jurisprudence, celle qui dit le droit au niveau le plus élevé (elle dit même ce qu’est la Constitution). Elle est composée de 9 membres nommés à vie qui sont tous de très éminents juristes et souvent politiquement engagés. Depuis l’an dernier la Cour Suprême est à majorité conservatrice (5 contre 4), c’est exactement la balance qui a fait pencher la décision d’hier.

Quelles seront les conséquences de cette décision de la Cour Suprême?

Sans doute d’abord un engorgement des tribunaux pour faire appliquer cette nouvelle jurisprudence partout où des parents d’élèves le réclameront. Et à terme une décision fédérale dont la teneur dépendra du résultat des élections présidentielles de 2008 (le gouvernement actuel, selon Le Monde, appuyait les parents d’élèves à la Cour Suprême).

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 29 juin 2007 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre

Pour réussir le rattrapage en histoire-géo

Pour répondre à Alice, quelques rappels pour tous ceux qui veulent se préparer à « l’épreuve orale de contrôle » (le rattrapage) en histoire-géo.

L’épreuve se prépare en 20 minutes et dure… 20 minutes.

 

Vous êtes interrogés en histoire ET en géographie. Selon les consignes officielles, « L’examinateur propose deux sujets au choix du candidat. Chaque sujet comporte une première partie, soit en histoire, soit en géographie, qui fait l’objet de l’interrogation principale et une seconde partie dans l’autre discipline qui fait l’objet d’une interrogation plus rapide. »

Vous êtes interrogés sur le programme de l’année, avec ou sans documents proposés par l’examinateur! « Les sujets portent sur des thèmes majeurs ou ensembles géographiques du programme. Ces sujets peuvent être accompagnés d’une brève chronologie, de documents, d’une carte ou d’un fond de carte. (…) L’examinateur évalue la maîtrise des connaissances et la clarté de l’exposition. Le questionnement qui suit l’exposé peut déborder le cadre strict des sujets proposés et porter sur la compréhension d’ensemble des questions étudiées. » Donc pas de panique si vous traitez « la guerre froide entre 1947 et 1991″ et que l’on vous interroge aussi à l’oral sur les pouvoirs du président de la république ou sur la décolonisation de l’Afrique noire.

Quelques conseils en vidéo pour être prêt le jour de l’épreuve orale:

http://lewebpedagogique.com/histoire/10-points-pour-reussir-loral-du-bac-toutes-sections/

Bon courage et à bientôt

Hugo Billard


Publié le 26 juin 2007 par Hugo Billard dans Actualité,Réviser le bac,Vidéos

Pour revenir sur Ferry et Clemenceau

Pour comprendre d'où vient l'affaireDaniel Letouzey sur la liste des Clionautes et M. Auger sur son blog histoire-géo sont revenus sur l’extrait du discours de Georges Clemenceau donné au baccalauréat cette année. Ils signalent tous les deux un lien vers le site de la revue en ligne Etudes Coloniales. Michel Renard y a publié le 13 juin un article qui remet en cause le caractère tronqué et « bidouillé » de ce document. Il a tout à fait raison, et sa démonstration est très éclairante sur la volonté des auteurs du sujet de faire de Ferry un « méchant » et de Clemenceau un « gentil ». Je l’approuve complètement.

Pour achever sa démonstration, Michel Renard reprend la correction que j’ai proposée sur ce site, écrite rapidement, y relève deux erreurs et une disproportion d’analyse. La première erreur est celle de la fonction de Ferry, qui n’est plus « ministre des colonies » comme je l’avais écrit, mais simple député. C’est exact, mea culpa, et c’est la fonction précédente de ministre des Colonies que Ferry a occupé, et qui justifie l’intervention de Clemenceau, qui m’a fait écrire cela trop vite. Deuxième erreur, ce n’est pas pour demander une rallonge de subvention pour la conquête de l’Indochine que Ferry s’était préalablement exprimé, mais à propos des événements de Madagascar. C’est exact, et là la confusion est complètement mienne.

Pour rassurer les candidats au baccalauréat, ces deux erreurs n’ont aucune importance pour leurs points de baccalauréat. Mais c’est important pour la réalité contextuelle, et j’en conviens ici complètement.

La troisième critique est plus liée à une analyse qu’aux faits. Que l’opposition à la colonisation soit d’abord à cette époque le fait des libéraux, j’en conviens absolument. Mais les élèves de Terminale ne peuvent être au fait de l’ensemble des données contextuelles, et le seul élément du document qui pouvait amener à cette critique libérale est la dénonciation du coût humain et financier des conquêtes coloniales. L’argument nationaliste était en revanche bien plus affirmé dans ce document, et c’est d’abord celui-là qu’attendent les correcteurs du baccalauréat: la citation « s’assurer que l’on a le pied solide chez soi » permettait aux candidats de revenir sur cet argument, au besoin de le discuter, mais c’est manifestement d’abord celui-là que les auteurs du sujet voulaient mettre en exergue. On peut en discuter la valeur scientifique, j’en suis bien d’accord, mais les candidats ne sont pas des historiens, et on ne peut attendre d’eux une telle précision, comme on ne peut attendre d’une correction au baccalauréat qu’elle s’étende sur ces différents arguments.

J’incite tous les candidats qui liront ce billet à lire l’analyse que Michel Renard fait de cette épreuve du baccalauréat, sans oublier qu’il ne s’agit, malgré tout, que d’une épreuve de bac, et à m’excuser des deux erreurs factuelles (qui ne changent pas grand-chose, à cette échelle, à l’analyse du document).

Merci à M. Auger pour sa « défense et illustration » de ce blog, je lui en sais gré.

A bientôt

Hugo Billard, ennuyé malgré tout


Publié le 21 juin 2007 par Hugo Billard dans Réviser le bac

Pour une histoire de l’environnement dans l’action politique

Le gouvernement Fillon 2 vient d’être annoncé, avec son lot de nouveautés, de surprises, de constantes, d’équilibres. Une belle surprise, peu notée par les médias, est la nomination de Nathalie Kosciuscko-Morizet, députée de l’Essonne, au nouveau Secrétariat d’Etat à l’Ecologie.

L ‘histoire du ministère de l’Environnement est symptômatique de la prise de conscience par les sociétés industrialisées de la nécessité de corriger certains effets de l’essor économique et social de la fin du XX° siècle, et de prévenir des effets que l’on pense nocifs à terme (d’où les notions de principe de précaution et de développement durable). Il ne s’agit pas de ralentir le progrès industriel ou l’aménagement urbain, il ne s’agit pas d’inscrire l’être humain en opposition à la nature (deep ecology), mais de prévoir à l’avance les effets d’un projet – d’où la nécessité de connaître l’histoire environnementale d’un lieu -, ou de faire corriger un projet en cours – d’où la nécessité d’avoir la main sur l’aménagement du territoire -, ou encore d’obliger à raisonner en termes de durabilité à l’échelle la plus vaste possible (d’où l’obligation de travailler à 27 et pas seulement tout seul).

C’est la raison pour laquelle le ministère jusque-là occupé par Alain Juppé s’intitulait Ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables: l’étude écologique est un préalable qui permet un développement dans le temps qui aboutit à un aménagement qui pourra être pérenne. L’étude des intitulés ministériels révèle une pensée politique (lorsqu’il ne s’agit pas que d’une mode passante, mais dans ce cas on tient le temps que tient la mode… un hiver ou un été). Nathalie Kosciuscko-Morizet est une enfant des grandes écoles d’ingénieur et d’administration de la République (Polytechnique, Eaux&Forêts), elle est dans une UMP qui a longtemps été frileuse une des voix de la réforme environnementale. Les semaines qui viennent diront si elle réussit le pari, commun à tous les pays industrialisés ou en voie de développement, de faire concilier, dans les faits comme dans les esprits, écologie et efficacité économique, industrie et préservation des ressources, histoire des lieux et développement durable.

L’histoire politique de l’environnement en France peut prendre un nouveau tournant si la nouvelle ministre n’oublie pas l’histoire et la mémoire des lieux dans la définition de ses priorités. Pourquoi pas une délégation ministérielle à l’histoire de l’environnement? Il y a des dizaines d’équipes en France qui travaillent, chacune de leur côté ou presque, sur ces sujets, dans grand lien officiel. Il y a du grain à moudre, à toutes les échelles, qui demandent énergie et impulsion.

Nous reviendrons ici sur l’histoire de l’environnement et sur son actualité politique. Je sais bien que tout ne vient pas du politique, et c’est heureux. Mais sans le politique, peu se fait. C’est son honneur et c’est sa charge.
A bientôt

Hugo Billard, historien de l’environnement, qui aimerait bien que ce secteur bouge en France (et qui n’a rien à vendre, pour déjouer les critiques que je sens poindre).


Publié le 19 juin 2007 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre

Correction du bac histoire géographie 2007

Bonjour,

Un lien pour obtenir mes éléments de correction pour les sujets tombés en L/ES et en S. Vous pouvez aussi lire les propositions de correction de Mme Boutet, du lycée Victor-Louis de Talence.
Et pour compléter ces informations, des précisions de méthode et de fond sont disponibles sur le forum du webpédagogique (par sujet).

Un amical salut d’encouragement pour mes inoubliables élèves de TS3, dont vous pouvez voir quelques performances en cours filmées lors d’un portrait de ce blog réalisé par France 5 (avec ma tête en prime, pour une fois je peux bien me mettre en avant).
Bon courage et à bientôt

Hugo Billard


Publié le 14 juin 2007 par Hugo Billard dans Actualité,Réviser le bac,Vidéos

Mercredi soir: corrections et discussions sur le forum du webpedago!

Bonjour à tous,

JE REPONDRAI SUR LE FORUM A TOUTES VOS QUESTIONS

MERCREDI 13 JUIN ENTRE 19H30 ET 22H30.

A bientôt, et BON COURAGE A TOUS!

Ne laissez pas de commentaires ici sur les sujets du bac, rendez-vous directement sur le forum!

Hugo Billard


Publié le 12 juin 2007 par Hugo Billard dans Actualité,Réviser le bac,Vidéos

Sujets du bac 2007 histoire-géo au Liban

le Grand Lycée Franco-Libanais de BeyrouthBonjour à tous,

Dans la série « des sujets pour s’entraîner », pour compléter les sujets tombés en Amérique du Nord, et grâce au message de Marie-Anne Vandroy, du grand lycée franco-libanais de Beyrouth, sur la liste des Clionautes, voici les sujets sur lesquels ont planché les candidats au baccalauréat au Liban.

MAJEURE GEO (pour des éléments de correction, voir le blog géo de Thomas)

Composition 1: La superpuissance des Etats-Unis dans l’espace mondial. Rien de bien difficile.

Composition 2: Inégalités et échanges dans l’espace méditerranéen. Le cours un peu problématisé.

Etude de documents: « Le Japon, puissance motrice de l’Asie orientale ». Il fallait insister sur le rôle des entreprises et ports japonais comme plateforme des échanges entre l’Asie et le reste du monde (et le « vol en oies sauvages » qui explique que le Japon soit le modèle à suivre en Asie).

MINEURE HISTOIRE

Etude d’un document (toutes sections): une affiche de l’UNR de 1961. Deux thèmes ici: les institutions et le rôle du président de la République (l’UNR était le parti gaulliste).

Etude d’un document (L/ES): texte de Robert Schuman sur la construction européenne. Du grand classique, rien de difficile.

Etude d’un document (S): « La Montagne », chanson de Jean Ferrat. Belle chanson sur les mutations sociales, culturelles et économiques (et politiques quand on connaît l’engagement communiste de Ferrat) de la France en 1964.

Si vous voulez vous lancer dans des essais de plans ou des commentaires des sujets, envoyez vos commentaires ici.

Et n’oubliez pas mercredi à partir de 19h30 le forum de correction sur les sujets tombés le matin en histoire-géo.

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 9 juin 2007 par Hugo Billard dans Réviser le bac,Vidéos

Crise au journal « Le Monde »

Le Monde

Pour écouter et télécharger ce billet: Crise au Monde

Le journal Le Monde vit des heures importantes. Récusé par une grande partie des journalistes de la rédaction, Jean-Marie Colombani doit abandonner à la fin du mois de juin son poste de président du directoire et de directeur du journal.

Pourquoi ce journal est-il encore aujourd’hui considéré comme le journal de référence de la presse française?

Le Monde a été fondé le 18 décembre 1944 sur les ruines du journal Le Temps par un journaliste résistant, Hubert Beuve-Méry, à la demande de Charles de Gaulle. De Gaulle voulait, alors que la presse française se reconstituait tous azimuths, que la France possède un journal de référence qui soit idéologiquement neutre et ouvert aux questions internationales. Il s’agissait de montrer que le journal communiste L’Humanité n’était pas le seul à pouvoir exprimer sa filiation à la résistance et à porter l’image de la presse française. La guerre froide s’est aussi préparée dans les équilibres de la presse.

De cette époque le Monde garde deux caractéristiques

1. Une apparence de neutralité face aux pouvoirs politiques. Apparence parce que si le journal revendique sa neutralité dans l’énoncé des faits et la rigueur de l’analyse, il n’en prend pas moins régulièrement position, par le biais des éditoriaux (que Beuve-Méry signait « Sirius »). Le Monde s’est parfois prononcé pour des candidats à l’élection présidentielle (Mitterrand en 1981, Balladur en 1995, Royal en 2007), et il est habituellement classé quelque part entre le centre-gauche social-démocrate et un centre-droit européen et social. Mais la relation entre le pouvoir politique et le journal a toujours été orageuse, et l’affaire des écoutes téléphoniques de l’Elysée, qui avait visé dans les années 1980 des journalistes comme Edwy Plenel, n’a rien fait pour arranger les choses. Si les éditoriaux sont engagés, le journal revendique sa neutralité.

2. Le Monde est un journal qui veut porter aux questions internationales, à l’analyse des faits, à la rigueur des analyses, et aux enquêtes de fond, une attention particulière. Pour cela de grandes plumes de la vie politique et culturelle mondiale s’y expriment, comme cette semaine le président brésilien Lula da Silva, qui demande une réforme du G8 en faveur des pays émergents (Mexique, Brésil, Afrique du Sud, Inde, Chine), ou l’opposante ukrainienne Ioulia Timonenko, l’ancienne pasionaria de la révolution orange, qui place les menaces russes d’un retour à la guerre froide dans son contexte européen et ukrainien. Cette ouverture au monde est un héritage de Beuve-Méry qui semble préservé, et les éditoriaux du journal sont des documents historiques qu’un éditeur avisé ferait bien de publier (par exemple l’édito de Colombani au lendemain du 11 septembre 2001, « Nous sommes tous des Américains« , fait aujourd’hui partie des documents étudiés au lycée et à l’université).

La crise actuelle révèle des failles d’un autre ordre.

1. Le Monde est devenu sous la direction de Jean-Marie Colombani un groupe de presse d’influence européenne, avec des participations dans le capital de journaux de qualité (La Stampa), l’achat de groupes de presse (Le Midi Libre, le groupe La Vie-Télérama, l’excellent Courrier International), des partenariats avec des groupes financiers comme celui de Vincent Bolloré pour la gestion du gratuit Matin Plus (Bolloré est le propriétaire du yacht qui a permis à Nicolas Sarkozy une jolie polémique sur ses vacances maltaises). Les groupes Axa, Saint-Gobain, BNP, etc. participent à son conseil de Surveillance. Voir l’organigramme ici. Or le groupe Le Monde perd de l’argent depuis longtemps (14.3 millions d’euros l’an dernier), et l’entrée de ces groupes financiers dans la gestion de l’entreprise Le Monde inquiète les journalistes pour leur indépendance éditoriale. Si Bolloré fait des affaires avec le groupe Le Monde, est-ce que le journal Le Monde va toujours dire la vérité sur Bolloré dans ses colonnes?

2. Depuis la publication en 2003 d’une enquête de Pierre Péan et Philippe Cohen sur La face cachée du Monde, le journal vit une crise d’image qui se focalise autour de trois personnes: Edwy Plenel, directeur de la rédaction, qui a démissionné en 2004, Jean-Marie Colombani, directeur du journal et président du directoire, qui ne sera plus à la tête du journal à la fin du mois, et Alain Minc, président du conseil de Surveillance, dont l’influence actuelle, réelle ou supposée, auprès du président Sarkozy, inquiète les rédactions et les lecteurs attachés à la neutralité du journal.

3. S’ajoute à cela une crise de forme: depuis dix ans se multiplient les grandes publicités, les titres tapageurs et les articles people, qui ont fait perdre au journal beaucoup de lecteurs anciens, en même temps qu’il en gagne d’autres, moins stables et plus jeunes. La multiplication des numéros spéciaux (Le Monde 2), des techniques marketing de vente (parfois réussis, comme les films ou les opéras vendus avec le journal), l’essor important du site lemonde.fr indiquent une modification de la forme et de l’image du journal.

Bref Le Monde vit une crise de croissance, entre papier et numérique, entre gestion financière et neutralité des analyses, entre tentation de la peopolisation et ouverture internationale. Le remplacement de Jean-Marie Colombani témoigne d’une étape dans la croissance du journal: après la modernisation vient la volonté de recentrer le journal sur ses valeurs fondatrices. En ces temps de questionnements sur les valeurs de la société française (voir la polémique sur Guy Môquet), Le Monde n’échappe pas à la règle.

Souhaitons-lui longue vie.

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 8 juin 2007 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre,Lire

« Le Jardin des Retours » sur France Inter

Ecoutez la chronique Blog à Part de ce matinBonjour,

Une fois n’est pas coutume, un peu d’autopromotion à faire circuler. Après un premier passage sous la houlette de David Abiker le 4 octobre dernier, ce blog a été le sujet de la chronique radiophonique « Blog à part », sur France Inter, avec Alexandre Boussageon.

Vous pouvez lire et écouter la chronique de ce matin en ligne: le journaliste, rédacteur en chef au Nouvel Obs, s’est intéressé à la manière dont je commente l’actualité et son contexte: toute « la saveur de l’histoire ». Alexandre Boussageon a notamment fait allusion à l’article sur Nicolas Sarkozy et Guy Môquet, et aux Chroniques de la France.

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 5 juin 2007 par Hugo Billard dans Actualité