Wagner à la Cité de la Musique
Pour vos travaux de vacances je conseille vivement la visite de l’exposition « Richard Wagner-Visions d’artistes » à la Cité de la Musique de La Villette (jusqu’au 20 janvier 2008).
Pour ceux qui ne connaissent rien à Wagner, le parcours court d’oeuvre en oeuvre, avec oreillettes musicales qui permettent, en lisant les feuillets individuels consacrés à chaque oeuvre, d’en écouter les principaux extraits. Vie (rapide) du maître, nature des influences, oeuvres artistiques inspirées dès l’époque et jusqu’à aujourd’hui par de grands peintres et graveurs (Odilon Redon, Auguste Renoir, Hans Makart, Fantin-Latour, Dali, Max Ernst, Paul Klee, Fortuny y Madrazo, Baselitz, Tapies, Joseph Beuys). Dommage qu’une vidéo de Bill Viola sur les amours de Tristan & Isolde ne soit pas présentée dans son intégralité scénique, l’oeuvre entière était plus intense.
J’ai été très frappé par ce « Siegfried oublie Brünnhilde » d’Anselm Kiefer. L’image pour ce billet est mauvaise, l’oeuvre est absolument magnifique à regarder. Toute la quête de Siegfried est là, dans le froid et le chemin inaccessible. Délivrer Brünnhilde entourée d’un mur de flammes par la malédiction de son père Wotan. Quête maudite, quête passionnelle, quête dont je comprends qu’elle enflamme les opéras et puisse générer des wagnériens intégristes (coucou Pierrot!). Quête qui rejoint celle du ménestrel Tannhaüser, qui se condamne à l’errance jusqu’à Rome pour se faire pardonner une audace, et que l’on retrouve en quêteur permanent, utilisé aussi bien par les nazis que par les anti-nazis. L’oeuvre pose des enjeux qui la dépassent.
Pour ceux qui connaissent Wagner, l’exposition ajoutera au plaisir de l’écoute d’oeuvres musicales connues celle de la confrontation des interprétations esthétiques. Le catalogue ajoutera le plaisir de lire à celui d’écouter. Dommage qu’un CD n’accompagne pas ce catalogue.
Pour tous, enfants compris, l’exposition s’achève sur un film qui reprend une petite dizaine d’extraits de films qui utilisent Wagner: propagande soviétique face au cadavre de Lénine, un extrait de Bunuel, Apocalypse now de Coppola (très impressionnante chevauchée des Walkyries), le Dictateur de Chaplin que l’on a revu récemment, et quelques merveilles que je vous laisse le soin de découvrir là-bas.
Une très stimulante exposition. Comptez deux bonnes heures. La richesse des oeuvres, pédagogiquement accessibles aux non-initiés, vaut le coup qu’on s’y arrête.
Lire ce qu’en pense Adeline sur son blog d’arts plastiques VitamineArt.
A bientôt
Hugo Billard
Publié par Hugo Billard le 28 octobre 2007 dans Actualité
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Compteur
14 février 2008
[...] Hugo Billard vous dit tout (le bien) qu’il en a pensé sur son blog. [...]