le jardin des retours

Bonnes vacances!

Ce blog part en vacances jusqu’à la fin du mois d’août.
Bon repos à ceux qui peuvent en prendre, bon courage à ceux qui travaillent, et à très bientôt.
H. Billard


Publié le 30 juillet 2009 par Hugo Billard dans Actualité
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L’honneur de la police

Le 29 mai 1968, après plusieurs semaines d’affrontements entre policiers et étudiants puis grévistes, le Préfet de Police Maurice Grimaud, que l’on voyait tous les jours sur le terrain, écrit une lettre aux forces de l’ordre, adressée chez eux à tous les policiers dont il a la charge. Texte intégral:

« LE PREFET DE POLICE

Paris, le 29 mai 1968

Je m’adresse aujourd’hui à toute la Maison : aux gardiens comme aux gradés, aux officiers comme aux patrons, et je veux leur parler d’un sujet que nous n’avons pas le droit de passer sous silence : c’est celui des excès dans l’emploi de la force.

Si nous ne nous expliquons pas très clairement et très franchement sur ce point, nous gagnerons peut-être la bataille dans la rue, mais nous perdrons quelque chose de beaucoup plus précieux et à quoi vous tenez comme moi : c’est notre réputation.

Je sais pour en avoir parlé avec beaucoup d’entre vous que, dans votre immense majorité, vous condamnez certaines méthodes. Je sais aussi, et vous le savez avec moi, que des faits se sont produits que personne ne peut accepter.

Bien entendu, il est déplorable que, trop souvent, la presse fasse le procès de la police en citant ces faits séparés de leur contexte et ne dise pas, dans le même temps, tout ce que la même police a subi d’outrages et de coups en gardant son calme et en faisant simplement son devoir.

Je suis allé toutes les fois que je l’ai pu au chevet de nos blessés, et c’est en témoin que je pourrais dire la sauvagerie de certaines agressions qui vont du pavé lancé de plein fouet sur une troupe immobile, jusqu’au jet de produits chimiques destinés à aveugler ou à brûler gravement.

Tout cela est tristement vrai et chacun de nous en a eu connaissance.

C’est pour cela que je comprends que lorsque des hommes ainsi assaillis pendant de longs moments reçoivent l’ordre de dégager la rue, leur action soit souvent violente. Mais là où nous devons bien être tous d’accord, c’est que, passé le choc inévitable du contact avec des manifestants agressifs qu’il s’agit de repousser, les hommes d’ordre que vous êtes doivent aussitôt reprendre toute leur maîtrise.

Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. Il est encore plus grave de frapper des manifestants après arrestation et lorsqu’ils sont conduits dans des locaux de police pour y être interrogés.

Je sais que ce que [je] dis là sera mal interprété par certains, mais je sais que j’ai raison et qu’au fond de vous-même vous le reconnaissez.

Si je parle ainsi, c’est parce que je suis solidaire de vous. Je l’ai dit déjà et je le répèterai : tout ce que fait la police parisienne me concerne et je ne me séparerai pas d’elle dans les responsabilités.

C’est pour cela qu’il faut que nous soyons également tous solidaires dans l’application des directives que je rappelle aujourd’hui et dont dépend, j’en suis convaincu, l’avenir de la Préfecture de Police.

Dites-vous bien et répétez-le autour de vous : toutes les fois qu’une violence illégitime est commise contre un manifestant, ce sont des dizaines de ses camarades qui souhaitent le venger. Cette escalade n’a pas de limites.

Dites-vous aussi que lorsque vous donnez la preuve de votre sang-froid et de votre courage, ceux qui sont en face de vous sont obligés de vous admirer même s’ils ne le disent pas.

Nous nous souviendrons, pour terminer, qu’être policier n’est pas un métier comme les autres ; quand on l’a choisi, on en a accepté les dures exigences mais aussi la grandeur.

Je sais les épreuves que connaissent beaucoup d’entre vous. Je sais votre amertume devant les réflexions désobligeantes ou les brimades qui s’adressent à vous ou à votre famille, mais la seule façons (sic) de redresser cet état d’esprit déplorable d’une partie de la population, c’est de vous montrer constamment sous votre vrai visage et de faire une guerre impitoyable à tous ceux, heureusement très peu nombreux, qui par leurs actes inconsidérés accréditeraient précisément cette image déplaisante que l’on cherche à donner de nous.

Je vous redis toute ma confiance et mon admiration pour vous avoir vus (sic) à l’œuvre pendant vingt-cinq journées exceptionnelles, et je sais que les hommes de cœur que vous êtes me soutiendront totalement dans ce que j’entreprends et qui n’a d’autre but que de défendre la police dans son honneur et devant la Nation.

Maurice GRIMAUD »

Maurice Grimaud est mort avant-hier, à 95 ans. Il avait depuis 1977 raconté dans plusieurs livres son Mai 1968. Le Monde retrace ses engagements dans la Préfectorale et en politique (il a été ministre sous Fabius). Il avait donné au Monde2 une interview dans laquelle il explique son parcours. Le mieux reste de l’écouter raconter.

L’ancien leader du mouvement étudiant Daniel Cohn-Bendit a salué en lui « un véritable républicain ».

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 23 juillet 2009 par Hugo Billard dans Comprendre,Réviser le bac
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Philippe Meyer à Paris

Mon cher Vauban,

Les villes font marcher. Vous en prîtes quelques-unes, en connaissez les failles. Trop peuplées, elles font peur au cousin de campagne. Trop sales, elles ennuient le précieux. Trop chaudes, l’ours polaire. L’ours polaire, d’ailleurs, se fait rare à Paris. Canicule ? Réchauffement du climat? Non : souvenir. Souvenir de ses aïeux, dévorés par la grande boucherie, lorsque le Prussien tonnait du canon et gardait pour lui le blé de la boulange. Napoléon III depuis peu n’était plus empereur.

L’ours est bonapartiste. Il n’aime pas la commune.

Je ne suis pas ours, vous le savez. Ou si peu. Et depuis mon nid d’aigle, j’observe la capitale. Non que je m’ennuie de ma cité, qui creuse, grenouille, accueille et prospère ! Mais la contemplation du peu m’endort. Je me sens parfois comme un exilé chez moi. Alors je laisse mon esprit flâner.

Notre ami Philippe Meyer fait de même. Il raconte ses promenades parisiennes dans Un parisien à travers Paris, 17 euros agréablement dépensés, parfois vite lus. Il enchantait autrefois nos matinées sonores d’un appel départemental à faire regretter aux préfets la fin de la plaque d’immatriculation. Le voici condamné au piétinement. Il observe, l’œil vif et la narine gourmande, le roman municipal. Son héros est le piéton, être polymorphe, au passé glorieux, à l’avenir incertain (même si quelques réserves, rue Montorgueil ou passage du Désir, poussent à l’acclimatation). Etre courageux qui se risque parfois, comme l’auteur, à la vélocipédie.

A l’heure où les honnêtes gens rentrent chez eux fourbus, notre ami flâneur pousse la porte matelassée, au claquement ouaté, de l’église Saint-Eustache. Quel spectacle mon ami ! En enfer, Dante n’aurait pas poussé la porte de la cellule de Balzac avec moins de gourmandise : la messe du Souvenir de la Charcuterie. Le Ventre de Paris assemblé en chapelle, le vin de messe coulant sur le jésus salé.

L’appel à la mémoire des chairs cuitiers trépassés rappelle que la gourmandise est un vice tenace : frôlant l’indigestion consentie, Philippe Meyer se précipite à confesse. La maraude du Samu social lui servira de viatique, dont on ne sait s’il s’agit pour lui, comme pour son lecteur, de comprendre le fonctionnement honorable de cette utile association, ou de nous faire réviser les noms des secrétaires généraux du parti communiste polonais, tant les Polonais sont nombreux dans ce témoignage, et tant leurs noms sont transformés pour les besoins du récit. Récit sociologique, flânerie de carnaval. Plaisant.

Vous qui fûtes un père de la Statistique par vos Cochonneries, vous savez qu’il n’est de réalité que dans le cas concret et la botte fangeuse. Voici un cas : je me demande si la crise est si forte qu’on le dit. En 1929 de courageux exaltés dépressifs avaient affronté leur ruine en sautant des immeubles de Wall Street. En 2008, en pleine crise financière, alors que l’activité du croque-mort devrait se porter comme un charme, la plus florissante entreprise du secteur a été transformée en centre d’art. Les Pompes Funèbres parisiennes sont devenues le 104, rue d’Aubervilliers.

Philippe Meyer le visite comme je vous raconterais ma dernière tarte aux myrtilles. Il est bien plus fasciné par son guide, et par le public épars. Car l’humain n’est pas étranger à notre écrivain : avec lui le Vélib a son Saint-Simon et Paris-Plage son Savonarole, mais je sens bien, au flux des mots, qu’il préfère les malheurs de la pauvre Armelle ou l’enfance ardue du Rouergat à toutes ces parisiâneries qui faisaient déjà écrire à Rica que le roi de France faisait penser ses sujets comme il veut (lettre persane XXIV). Ce roi de France s’appelle administration. Il n’a pas changé depuis les révolutions.

Meyer s’en agace, il le fuit dans les bras des bougnats. « L’Aveyron compte à Paris à proportion du bruit qu’il ne fait pas » ? Auvergnat, Rouergat, revenus sur leurs terres, vendent aux Chinois. Les voici, les vrais rois de Paris. A quand une flânerie dans le XIII° ? Car tout ce qui est humain n’est pas étranger à cet homme, et je me suis laissé dire qu’il avait des étudiants heureux de vivre avec lui dans les rues la science se faisant.

Ce livre en est un fruit. C’est heureux pour son lecteur.

Nous sommes peu de choses.

Albertivillariennement vôtre,
M. d’Aubervilliers

Philippe Meyer, Un Parisien à travers Paris, Robert Laffont, 2009, 198 pages, 17 euros.


Publié le 11 juillet 2009 par Hugo Billard dans Lire
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Aux 500 000 lecteurs de ce blog: MERCI !

C’est passé sans que je ne m’en rende compte: le compteur du Jardin des Retours a dépassé les 500 000 lecteurs depuis octobre 2007 !

Je l’ai créé sur un coup de tête en juin 2006: 68 pages, 267 articles et 1240 commentaires plus tard, grâce à votre fidélité et vos encouragements, cahin-caha, on continue!

Grand merci à Vincent, Marie, Claire, Julien et Marc pour leur suivi technique amical et efficace!

A bientôt

Hugo Billard, la banane :-)


Publié le 8 juillet 2009 par Hugo Billard dans Actualité
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Robert McNamara (1916-2009)

Pour ceux qui ont oublié qui a été l’ancien Secrétaire d’Etat Robert McNamara, trois rappels:

Comme Secrétaire d’Etat à la Défense il a mené la guerre du Vietnam sous l’autorité des présidents Kennedy puis Johnson (qui l’a renvoyé parce qu’il doutait finalement de la victoire… jusqu’à la regretter profondément dans les années 1980).

Comme président de la Banque mondiale il a vécu 13 années qui ont vu l’Amérique latine et l’Afrique se convertir partiellement au libéralisme.

Comme analyste politique et historien de sa propre action il a permis de revisiter ces années cruciales de la guerre froide, des crises pétrolières et de l’extension de la superpuissance américaine avec une certaine lucidité. Parfois contre Henry Kissinger, cet autre intellectuel actif en géopolitique.

  • Pour aller plus loin le Monde propose un retour sur la vie de Robert McNamara.
  • Pour les anglicistes le Washington Post a préparé un petit dossier
  • Lyonel Kaufmann a écrit dans Le Temps un article qui explique tout et qui propose une vidéo de Robert McNamara.

A bientôt

H. Billard


Publié le 6 juillet 2009 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre
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Conseils pour l’oral de second groupe en histoire-géo

Pour ceux qui veulent se préparer à passer l’oral, vous trouverez ici des conseils. Lisez également les commentaires, ils peuvent répondre à quelques-unes de vos questions.

A bientôt

H. Billard


Publié le 3 juillet 2009 par Hugo Billard dans Réviser le bac
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