le jardin des retours

Eyjafjöll mon amour

Depuis plusieurs semaines, un volcan islandais au nom imprononçable (allez-y, essayez!) plonge nos avions, nos radars, nos processus de décision et l’idée que nous nous faisons de la liberté d’aller et de venir dans des affres sans nom, qui permettent d’accuser qui le principe de précaution qui les écologistes.

Dans le site Histoire globale de la revue Sciences Humaines, l’historien Patrick Boucheron, chef d’orchestre de l’excellent Le Monde au XV° siècle (Fayard, 2009), revient sur les interprétations historiques qui tournent autour de ce nuage pluriel.

A suivre

H. Billard


Publié le 13 mai 2010 par Hugo Billard dans revue de presse

Crise? Quelle crise? (II)

Le 4 mars 1933, Franklin Delano Roosevelt prononce à Washington son discours d’investiture à la présidence des Etats-Unis. Il y détaille son programme d’action pour surmonter la très grave crise économique que vit le pays, et par ricochet l’Europe, depuis 1929. Au coeur du discours, une vision philosophique du bonheur et du travail qui en dit long sur le rêve américain.

« Le bonheur ne se trouve pas dans la seule possession de biens, il se trouve dans la joie de la réussite, dans le plaisir de l’effort créateur. La joie et la stimulation morale que procure le travail ne doivent plus être oubliées dans la recherche effrénée de profits évanescents. Ces jours sombres vaudront tout ce qu’ils nous aurons coûté s’ils nous enseignent que notre véritable destinée n’est pas d’être secourus, mais de nous secourir nous-mêmes et nos semblables. »

Traduction: Pascale Haas (Editions Points, août 2009)

A suivre

H. Billard


Publié le 12 mai 2010 par Hugo Billard dans Comprendre

Crise? Quelle crise? (I)

La crise de 2008-2009 (-2010? -2011?) est souvent comparée, au choix, à la crise de 1929 ou à la crise de 1973. Elles sont nées de la spéculation financière et ont obligé les Etats, même les moins interventionnistes, à engager des fonds considérables pour relancer l’économie et éviter, parfois difficilement, les crises sociales.

Cette vidéo de France 5 propose en images les causes et les conséquences de la crise de 1929.

Image de prévisualisation YouTube

A suivre!

H. Billard


Publié le 12 mai 2010 par Hugo Billard dans Comprendre,Vidéos

Philippe Séguin et l’école: une idée républicaine

« La mutation de notre système éducatif est elle-même une clef essentielle, car le problème culturel, le problème des mentalités, le problème de l’adéquation de la modernité à son rythme trouveront leur solution d’abord dans les repères intellectuels et les modes de pensée que nous saurons donner à nos enfants. La grandeur éducative des débuts de la IIIe République avait su donner à l’immense majorité des Français les moyens d’affronter le grand basculement de la modernité urbaine, industrielle et scientifique de la fin du XIXe siècle. Un siècle après, voilà la République à nouveau confrontée aux mêmes grands défis. Il n’y a plus aujourd’hui aucun grand projet politique qui ne commence par là. »

Philippe SEGUIN, Discours du 5 mai 1992 prononcé au Parlement.

Ce discours était consacré à l’explication de son refus de voter en faveur d’une révision constitutionnelle en préalable à l’adoption du traité de Maastricht. Il fait partie des grands moments de l’éloquence parlementaire sélectionnés sur le site de l’Assemblée nationale.

Philippe Séguin recevra lundi 11 janvier à 15h aux Invalides l’hommage de la nation. Il est mort jeudi dernier, à 66 ans.

HB


Publié le 9 janvier 2010 par Hugo Billard dans Actualité

Un I-Phone en classe?

C’est le blog optimiste d’Antoine Blin et Mathilde Serrel qui l’annonce: la fac privée d’Abilene, aux Etats-Unis, offre un I-Phone à ses étudiants (mais à eux de payer l’abonnement).

Pari est fait qu’un I-Phone peut être utilisé comme outil pédagogique.

Qu’en pensez-vous?
HB


Publié le 15 décembre 2009 par Hugo Billard dans Actualité

Marc Bloch contre Nicolas S.?

La petite-fille de Marc Bloch s’indigne de la récupération des idées et de l’image de son grand-père, opérée par Nicolas Sarkozy le 12 novembre dans un discours sur l’identité nationale.
C’est à lire dans Le Monde ce soir, lien ici.
A+
H. Billard


Publié le 28 novembre 2009 par Hugo Billard dans revue de presse

Camus au Panthéon?

Albert Camus (1913-1960)

Le président Sarkozy veut faire entrer la dépouille de l’écrivain-journaliste-philosophe humaniste Albert Camus au Panthéon. « Aux grands hommes la patrie reconnaissante ». Par ses écrits et ses engagements, il est assurément de ces « grands hommes ». Olivier Todd et Jean-Yves Guérin, ses biographes, et Jean Daniel, son vieil ami, refusent cet honneur. Sa famille aussi. Non pas pour le geste, que chacun s’accorde à trouver logique. Mais pour les intentions réelles ou supposées du président. Récupération?

Le philosophe engagé Michel Onfray publie ce soir une longue lettre au président de la République. Non pour refuser cet honneur à un écrivain qui le mériterait largement, mais pour dénoncer les incohérences entre la pratique présidentielle et la pensée en actes de l’écrivain. Il dénonce un « plan de communication » de l’Elysée. C’est argumenté, incisif, et bien écrit, même si Onfray ne prend chez Camus que ce qui lui convient, et que la lettre est bien entendu totalement à charge…

« Donnez-nous en effet l’exemple en nous montrant que, comme le Camus qui mérite le Panthéon, vous préférez les instituteurs aux prêtres pour enseigner les valeurs ; que, comme Camus, vous ne croyez pas aux valeurs du marché faisant la loi ; que, comme Camus, vous ne méprisez ni les syndicalistes, ni le syndicalisme, ni les grèves, mais qu’au contraire vous comptez sur le syndicalisme pour incarner la vérité du politique ; que, comme Camus, vous n’entendez pas mener une politique d’ordre insoucieuse de justice et de liberté ; que, comme Camus, vous destinez l’action politique à l’amélioration des conditions de vie des plus petits, des humbles, des pauvres, des démunis, des oubliés, des sans-grade, des sans-voix ; que, comme Camus, vous inscrivez votre combat dans la logique du socialisme libertaire… »

Le Nouvel Observateur a consacré un large dossier à Albert Camus dans sa dernière livraison. C’est à lire dans Bibliobs.

Il faut lire son Discours de Suède (en pdf), ces mots prononcés lors de sa réception du prix Nobel de littérature, dédiés à son instituteur.

Pour aller encore plus loin, il y a tout sur Webcamus.

A bientôt

H. Billard


Publié le 24 novembre 2009 par Hugo Billard dans Actualité,revue de presse
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L’Europe? Quelle Europe?

Pastichant Staline qui aurait dit « Le Vatican ? Combien de divisions ? », ou Henry Kissinger : « L’Europe ? Quel numéro de téléphone ? », on peut s’interroger, depuis cette semaine, sur le nouveau visage de l’Union européenne. La ratification du traité de Lisbonne par la République tchèque, dernier à signer, a permis son application immédiate.

Schéma institutionnel de l’Union européenne

Et d’abord de nouvelles têtes à de nouveaux postes. Le Conseil européen des Chefs d’Etat et de gouvernement était autrefois dirigé par un Etat, tournant tous les six mois : un gage d’instabilité et de faible visibilité de l’Union. Depuis le 19 novembre 2009, ce Conseil a un président pour 2 ans et demi, mandat renouvelable une fois. Ce poste n’est pas celui d’un président de l’Union européenne, ni celui d’un Chef d’Etat.

L’UE a en réalité 4 têtes : le Belge Herman van Rompuy est devenu le président du Conseil européen, le Portugais José Manuel Barroso est président de la Commission européenne, le Polonais Jerzy Buzek est président du Parlement européen, et la Britannique Catherine Ashton est la Haute Représentante des Affaires Etrangères de l’Union européenne. On pourrait ajouter le Français Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque Centrale européenne (Francfort), et le Grec Vassilios Skouris à celle de la Cour de Justice européenne (Luxembourg). Subtile alchimie nationale dans les nominations, fruits des textes et des rapports de force entre les Etats membres.

Leurs mandats sont inégaux : le président du conseil et la haute représentante des Affaires Etrangères sont nommés pour 2 ans et demi, le président de la Commission pour 5 ans, tous trois par le Conseil des Chefs d’Etat et de gouvernement ; le président du Parlement est le seul élu par les parlementaires européens, mais l’équilibre des pouvoirs fait partager ce poste entre la gauche et la droite, chacun pour 2 ans et demi au lieu de 5 ans. Le seul qui tienne la route sur le long terme est le président de la Commission, mais il ne s’est pas caractérisé par un activisme forcené ni par une résistance particulière aux désiderata des Chefs d’Etat et de gouvernement lors de son précédent mandat de 5 ans.

Bref, l’Union européenne construit progressivement ses institutions, lui donne des têtes, mais souffre toujours d’un déficit de démocratie pour être considéré comme un Etat (ce qu’elle n’est ni en droit ni en pratique), et d’un déficit de visibilité pour être estimé par les citoyens européens, qui n’ont jamais aussi peu voté aux élections européennes, tous pays et partis confondus.

On pourrait aussi dire l’inverse : l’UE n’a jamais été aussi démocratique ni aussi visible qu’aujourd’hui : les traités de Rome faisaient des territoires de ses membres une zone de coopération forte, le traité de Maastricht en a fait un espace de libre circulation et de coopération renforcée, le traité d’Amsterdam en a fait un espace financier commun et de contrôle commun, le traité de Nice a préparé l’extension à 27 Etats, et le traité de Lisbonne voulait lui donner une visibilité et simplifier son fonctionnement. Médiatiquement, c’est raté.

Tout dépend maintenant de la manière dont les nouveaux titulaires de ces postes européens vont agir. Le mieux est sans doute de lire l’histoire des relations entre les Etats fédérés des Etats-Unis et leur pouvoir central : nous semblons louer l’unité américaine et la visibilité de son président, mais cette unité ne va pas de soi, et son président n’a acquis une réelle marge d’action que depuis l’entre-deux guerres et les mandats du président Roosevelt.

Le site touteleurope.fr vous explique toutes les institutions et les traités.

A lundi !

Hugo Billard


Publié le 22 novembre 2009 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre

C’était le mur de Berlin (1961-1989)


Belle réalisation multimédia de Bastien Hugues et Constance Jamet pour lefigaro.fr
A+
HB


Publié le 8 novembre 2009 par Hugo Billard dans Actualité,revue de presse

Claude Lévi-Strauss est mort

Claude Lévi-StraussClaude Lévi-Strauss est mort, samedi dernier. On ne l’apprend qu’aujourd’hui.

J’avais autrefois présenté l’oeuvre et la pensée de cet ethnologue majeur du XX° siècle.

Laurence Hansen-Love propose des extraits de La Pensée sauvage (sur Art et réalité), des Structures élémentaires de la parenté (sur Nature et culture), et de Race et histoire (sur Autrui).

Le Nouvel Obs lui avait consacré un dossier spéciale pour ses 100 ans l’an dernier.

Et dans cette vidéo Claude Lévi-Strauss présente à la télévision qui ont été ses maîtres intellectuels.

Lisez la presse en ligne: dans les heures qui viennent les grands journaux vont publier portraits de l’homme et explications de son oeuvre. A vos revues de presse!

HB


Publié le 3 novembre 2009 par Hugo Billard dans Actualité,Lire