le jardin des retours

Question aux profs d’histoire-géo…

En juin dernier tous les profs d’histoire-géographie de France et de Navarre ont reçu ce manuel d’histoire destiné aux Secondes, que j’ai eu le grand plaisir de diriger pour les éditions Magnard, et d’écrire en compagnie de 18 auteurs venus de tous les horizons académiques et pédagogiques. Il est accompagné d’une version numérique, d’un site pour le professeur et d’un site pour les élèves.

Si vous avez feuilleté et le cas échéant choisi ou non ce manuel pour vos classes, pourriez-vous m’en donner les raisons, d’un commentaire à la suite de ce billet, ou par mail à l’aide du lien dans la colonne de droite?

Bien à vous

Hugo Billard


Publié le 4 septembre 2010 par Hugo Billard dans 2e,Lire

Prague, 20 août 1968

Le journal Le Monde publie l’analyse vidéo, par Julien Frydman, d’une photo de Joseph Koudelka. Ce jour-là commence la répression du mouvement de Prague: les chars du pacte de Varsovie entrent dans la ville.

A suivre

H. Billard


Publié le 15 mai 2010 par Hugo Billard dans Lire,Réviser le bac

Claude Lévi-Strauss est mort

Claude Lévi-StraussClaude Lévi-Strauss est mort, samedi dernier. On ne l’apprend qu’aujourd’hui.

J’avais autrefois présenté l’oeuvre et la pensée de cet ethnologue majeur du XX° siècle.

Laurence Hansen-Love propose des extraits de La Pensée sauvage (sur Art et réalité), des Structures élémentaires de la parenté (sur Nature et culture), et de Race et histoire (sur Autrui).

Le Nouvel Obs lui avait consacré un dossier spéciale pour ses 100 ans l’an dernier.

Et dans cette vidéo Claude Lévi-Strauss présente à la télévision qui ont été ses maîtres intellectuels.

Lisez la presse en ligne: dans les heures qui viennent les grands journaux vont publier portraits de l’homme et explications de son oeuvre. A vos revues de presse!

HB


Publié le 3 novembre 2009 par Hugo Billard dans Actualité,Lire

Le Corps objet d’histoire

Je reviens des Rendez-Vous de l’Histoire de Blois. Un grand moment intellectuel et humain.
Papier d’ambiance sur le blog dédié de Libération.
A bientôt
HB


Publié le 13 octobre 2009 par Hugo Billard dans sur le net

Philippe Meyer à Paris

Mon cher Vauban,

Les villes font marcher. Vous en prîtes quelques-unes, en connaissez les failles. Trop peuplées, elles font peur au cousin de campagne. Trop sales, elles ennuient le précieux. Trop chaudes, l’ours polaire. L’ours polaire, d’ailleurs, se fait rare à Paris. Canicule ? Réchauffement du climat? Non : souvenir. Souvenir de ses aïeux, dévorés par la grande boucherie, lorsque le Prussien tonnait du canon et gardait pour lui le blé de la boulange. Napoléon III depuis peu n’était plus empereur.

L’ours est bonapartiste. Il n’aime pas la commune.

Je ne suis pas ours, vous le savez. Ou si peu. Et depuis mon nid d’aigle, j’observe la capitale. Non que je m’ennuie de ma cité, qui creuse, grenouille, accueille et prospère ! Mais la contemplation du peu m’endort. Je me sens parfois comme un exilé chez moi. Alors je laisse mon esprit flâner.

Notre ami Philippe Meyer fait de même. Il raconte ses promenades parisiennes dans Un parisien à travers Paris, 17 euros agréablement dépensés, parfois vite lus. Il enchantait autrefois nos matinées sonores d’un appel départemental à faire regretter aux préfets la fin de la plaque d’immatriculation. Le voici condamné au piétinement. Il observe, l’œil vif et la narine gourmande, le roman municipal. Son héros est le piéton, être polymorphe, au passé glorieux, à l’avenir incertain (même si quelques réserves, rue Montorgueil ou passage du Désir, poussent à l’acclimatation). Etre courageux qui se risque parfois, comme l’auteur, à la vélocipédie.

A l’heure où les honnêtes gens rentrent chez eux fourbus, notre ami flâneur pousse la porte matelassée, au claquement ouaté, de l’église Saint-Eustache. Quel spectacle mon ami ! En enfer, Dante n’aurait pas poussé la porte de la cellule de Balzac avec moins de gourmandise : la messe du Souvenir de la Charcuterie. Le Ventre de Paris assemblé en chapelle, le vin de messe coulant sur le jésus salé.

L’appel à la mémoire des chairs cuitiers trépassés rappelle que la gourmandise est un vice tenace : frôlant l’indigestion consentie, Philippe Meyer se précipite à confesse. La maraude du Samu social lui servira de viatique, dont on ne sait s’il s’agit pour lui, comme pour son lecteur, de comprendre le fonctionnement honorable de cette utile association, ou de nous faire réviser les noms des secrétaires généraux du parti communiste polonais, tant les Polonais sont nombreux dans ce témoignage, et tant leurs noms sont transformés pour les besoins du récit. Récit sociologique, flânerie de carnaval. Plaisant.

Vous qui fûtes un père de la Statistique par vos Cochonneries, vous savez qu’il n’est de réalité que dans le cas concret et la botte fangeuse. Voici un cas : je me demande si la crise est si forte qu’on le dit. En 1929 de courageux exaltés dépressifs avaient affronté leur ruine en sautant des immeubles de Wall Street. En 2008, en pleine crise financière, alors que l’activité du croque-mort devrait se porter comme un charme, la plus florissante entreprise du secteur a été transformée en centre d’art. Les Pompes Funèbres parisiennes sont devenues le 104, rue d’Aubervilliers.

Philippe Meyer le visite comme je vous raconterais ma dernière tarte aux myrtilles. Il est bien plus fasciné par son guide, et par le public épars. Car l’humain n’est pas étranger à notre écrivain : avec lui le Vélib a son Saint-Simon et Paris-Plage son Savonarole, mais je sens bien, au flux des mots, qu’il préfère les malheurs de la pauvre Armelle ou l’enfance ardue du Rouergat à toutes ces parisiâneries qui faisaient déjà écrire à Rica que le roi de France faisait penser ses sujets comme il veut (lettre persane XXIV). Ce roi de France s’appelle administration. Il n’a pas changé depuis les révolutions.

Meyer s’en agace, il le fuit dans les bras des bougnats. « L’Aveyron compte à Paris à proportion du bruit qu’il ne fait pas » ? Auvergnat, Rouergat, revenus sur leurs terres, vendent aux Chinois. Les voici, les vrais rois de Paris. A quand une flânerie dans le XIII° ? Car tout ce qui est humain n’est pas étranger à cet homme, et je me suis laissé dire qu’il avait des étudiants heureux de vivre avec lui dans les rues la science se faisant.

Ce livre en est un fruit. C’est heureux pour son lecteur.

Nous sommes peu de choses.

Albertivillariennement vôtre,
M. d’Aubervilliers

Philippe Meyer, Un Parisien à travers Paris, Robert Laffont, 2009, 198 pages, 17 euros.


Publié le 11 juillet 2009 par Hugo Billard dans Lire
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Entre ici, Claude Lévi-Strauss…

Je hais les voyages et les explorateurs. Et voici que je m’apprête à raconter mes expéditions. Mais que de temps pour m’y résoudre! Quinze ans ont passé depuis que j’ai quitté pour la dernière fois le Brésil et, pendant toutes ces années, j’ai souvent projeté d’entreprendre ce livre; chaque fois, une sorte de honte et de dégoût m’en ont empêché. Eh quoi? Faut-il narrer par le menu tant de détails insipides, d’événements insignifiants? L’aventure n’a pas de place dans la profession d’ethnographe; elle en est seulement une servitude, elle pèse sur le travail efficace du poids des semaines ou des mois perdus en chemin; des heures oisives pendant que l’informateur se dérobe; de la faim, de la fatigue, parfois de la maladie; et toujours, de ces mille corvées qui rongent les jours en pure perte et réduisent la vie dangereuse au coeur de la forêt vierge à une imitation du service militaire…

La suite ce sont Tristes Tropiques, le quinquagénaire ouvrage (1955) du centenaire Claude Lévi-Strauss (28 novembre). L’ouvrage qui introduit à une discipline, l’ethnologie, à une époque, celle des années 1930 et 1940, et à une langue, un style, un genre en soi: le récit d’exploration savante accessible à tous.

A bientôt

Hugo Billard, un peu absent du blog ces jours-ci, c’est la course…

Photo: Musée du Quai Branly, masque à transformation (Canada, Colombie Britannique, Population kwakiutl, Bois peint), collection Claude Lévi-Strauss


Publié le 27 novembre 2008 par Hugo Billard dans Actualité,Lire

Paul Krugman ou la crise pour les nuls

Paul Krugman Nobel d'Economie 2008

Bon. J’allais me fendre d’un billet sur Paul Krugman, le tout nouveau prix d’Economie de la Banque de Suède (= prix Nobel d’Economie). Mais le blog d’éconoclaste le fait bien mieux que moi.

  • Paul Krugman sur ce blog : un billet personnel, efficace, et admiratif du bonhomme (lien grâce aux Clionautes)
  • Les explications du Comité Nobel
  • Le blog de Paul Krugman sur le site de son journal, le New York Times
  • Son portrait par Sylvain Cypel dans Le Monde du 15 octobre
  • l’analyse de la crise par Alain Rémond dans Marianne, pas si décalée que ça (merci à Daniel Letouzey pour le lien)

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 15 octobre 2008 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre,sur le net

Qu’est-ce qu’un écrivain?

La réponse de JMG Le Clézio, interrogé jeudi sur le rôle qui est désormais le sien.

http://www.dailymotion.com/video/x70mh3

Hugo Billard


Publié le 11 octobre 2008 par Hugo Billard dans Lire

JMG Le Clézio Prix Nobel de Littérature 2008

LE CLEZIO PRIX NOBEL 200823 ans après Claude Simon et 8 ans après Gao Xingjian, le prix Nobel de Littérature échoit à un écrivain de langue française: Jean-Marie-Gustave Le Clézio.

CE SOIR JMG Le Clezio sera l’invité de François Busnel dans « La grande librairie » (France 5, 20h35; rediffusion samedi à 13h30).

Pour en savoir plus sur le prix Nobel, Le Figaro pose 10 questions et y répond. Qui a dit que la culture française était morte?

Dans Bibliobs, qui a décidément le nez creux, et qui propose un portrait de l’écrivain par lui-même (1988), Le Clézio répondait aux questions de Jérôme Garcin, l’idéal pour s’initier au contexte de « l’écrivain de la rupture, de l’aventure poétique et de l’extase sensuelle, l’explorateur d’une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante » (dossier de presse du prix Nobel).

Lire ici la critique de Patrick Kéchichian dans Le Monde sur le dernier ouvrage de Le Clezio, Ritournelle de la faim (Gallimard, sorti le 2 octobre).

Lire aussi le très beau portrait que lui consacre Pierre Assouline dans sa République des Livres

Et ce matin Le Clézio était l’invité de Vincent Josse sur France Inter:

http://www.dailymotion.com/video/x70igg

Hugo Billard


Publié le 9 octobre 2008 par Hugo Billard dans Actualité,Lire

Arto Paasilinna: un éléphant dans une brocante luthérienne

Arto PaasilinnaArto Paasilinna est un écrivain finlandais. Il est le père du Lièvre de Vatanen, adapté au cinéma, et d’une trentaine de romans. Une dizaine ont été traduits en français dont cette année Le Bestial serviteur du pasteur Huuskonen, l’histoire folle d’un pasteur luthérien embarqué sur un ours à la découverte du monde (chez Denoël). Nuit d’insomnie, j’ouvre Le fils du dieu de l’orage. C’est Rabelais au pays du Père Noël.

Voici l’histoire.

Sampsa Ronkainen est un petit propriétaire terrien, antiquaire-brocanteur par nécessité, plutôt lâche, luthérien comme tout le monde. Autour de lui tournent une série de personnages dont l’espérance de vie dépend de leur capacité à vivre à ses crochets: une sœur hystérique, une amie dépressive, un voisin vorace, une employée incompétente. Dans une petite ville proche d’Helsinki dont le sport favori est le commérage. Comme ailleurs. Lâche, veule, gentil, Sampsa est aussi en secret un des derniers croyants de la religion païenne. Dans les cieux les dieux s’énervent. Les Finlandais ne croient plus en eux. Plus de sacrifices, plus de processions, plus rien. Ukko Ylijumala, dieu de l’Orage, le plus grand des dieux, s’en agace. Réunis en assemblée générale ils décident d’envoyer Rutja, fils du dieu de l’Orage, convertir les Finlandais. En échange il épousera la belle Ajattara, dont les formes savoureuses font tourner de l’œil les dieux concupiscents.

Les étapes de la possible conversion des Finlandais sont à hurler de rire. Le dieu Rutja prend l’enveloppe charnelle du mou Sampsa. Son œil terrible et sa maîtrise des orages vont bouleverser la vie de ce groupe dépressif et hystérique. Mais il faudra apprendre à vivre en humain : la découverte du vin blanc, les décolletés d’une inspectrice des impôts, les plans foireux d’un publicitaire avide, la conversion d’un pasteur chenu, permettent à Arto Paasilinna de brosser un portrait attachant et cruel de la société finlandaise, avec un humour détaché, sans fioritures, tout dans le style : « (arrêté par la police pour avoir pris à l’envers une rue en sens unique) Rutja faillit d’abord dire – comme c’était le cas – qu’il était un dieu, mais se rappela que ce n’était pas un métier actuellement reconnu en Finlande. » (p.105). Rutja-Sampsa et ses disciples parviendront-ils à convaincre les Finlandais de revenir aux dieux de leurs ancêtres ? L’idée avait déjà agité l’assemblée des dieux, provoquant, à coup de tonnerres, une jolie désorganisation des services météo finlandais. Et puis « ce n’était pas en distribuant du pain que l’on propagerait la religion néo-ancestrale, le niveau de vie des Finnois était trop élevé pour cela » (p.196).

Balzac et Woody Allen au pays des lacs. Autoflagellation finnoise, plaisir des sens, jamais là où on l’attend. Un style, une écriture, autant qu’une histoire. Alors si vous voulez savoir si Rutja-Sampsa a converti les Finlandais à la vraie foi, vous saurez aussi ce qu’Arto Paasilinna pense de ses concitoyens, de la neutralité militaire, des luthériens de province, de l’eau de vie des dieux et du charme troublant des sylphides. Comme il le dit souvent « Les Finlandais ne sont pas pires que les autres, mais suffisamment mauvais pour que j’aie de quoi écrire jusqu’à la fin de mes jours ».

Arto Paasilinna, Le fils du dieu de l’Orage, en Folio (n°2771), 296 pages de jubilation.

(photo: Esther Berelowitsch, d.r.)


Publié le 21 août 2008 par Hugo Billard dans Lire