le jardin des retours

De Gaulle et Israël: la polémique de 1967

Le 27 novembre 1967, lors d’une conférence de presse consacrée – entre autres – à la situation au proche-orient, le président de la République Charles de Gaulle ainsi qualifie les Israëliens : « Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur… ». Ces derniers mots ont créé une polémique qu’a cristallisée cette caricature de Tim dans Le Monde des 3-4 décembre 1967.

Régis Debray, en défenseur de De Gaulle, et Elie Barnavi, historien et ancien ambassadeur d’Israël en France, se répondent dans un ouvrage qui revient sur cette polémique et sur le contexte politique et géopolitique de la guerre de 1967.

Grâce au blog Guerre ou Paix de Gilles Paris, une partie de la conférence de presse de De Gaulle est ici visible:

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A la fin de sa conférence de presse (2e vidéo, 6e minute), De Gaulle prononce ces mots: « Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui: sans le drame du Vietnam, le conflit entre Israël et les Arabes ne serait pas devenu ce qu’il est« . Pour ceux des aimables lecteurs de ce blog qui préparent les concours des IEP, un commentaire historique et géopolitique de cette citation ne serait pas superflu.

A suivre

H. Billard


Publié le 16 mai 2010 par Hugo Billard dans Réviser le bac,Vidéos

Crise? Quelle crise? (I)

La crise de 2008-2009 (-2010? -2011?) est souvent comparée, au choix, à la crise de 1929 ou à la crise de 1973. Elles sont nées de la spéculation financière et ont obligé les Etats, même les moins interventionnistes, à engager des fonds considérables pour relancer l’économie et éviter, parfois difficilement, les crises sociales.

Cette vidéo de France 5 propose en images les causes et les conséquences de la crise de 1929.

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A suivre!

H. Billard


Publié le 12 mai 2010 par Hugo Billard dans Comprendre,Vidéos

Le nombre d’or est partout…

Pour patienter en attendant les résultats du bac… un dessin animé né à une époque où apprendre et s’amuser n’étaient pas antinomiques…

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(merci à Didier pour le lien)

A+

Hugo Billard


Publié le 30 juin 2009 par Hugo Billard dans Vidéos
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Now he can

Mon cher Jacques,

Je reviendrai au calme dans les jours qui viennent sur ce que la longue campagne électorale qui s’achève aux Etats-Unis a révélé. Tu es trop jeune pour percevoir tous les changements que vit ton pays aujourd’hui, mais tu dois bien sentir depuis quelques jours la nervosité de tes parents, dans leur petite ville de Caroline du Nord, et tous ces gens, que tu ne connais pas, qui se parlent dans la rue, qui viennent frapper aux portes, qui te félicitent de ton petit drapeau, qui sont désolés pour ton père qui n’a pas encore obtenu la nationalité américaine, qui félicitent ta mère d’un joli blondinet comme toi…

Il faut que tu écoutes deux discours du 44e président des Etats-Unis (sauf surprise… j’écris ce billet pendant que de longues queues s’étirent encore devant les bureau de vote).

Le premier a été prononcé le 18 mars 2008 à Philadelphie: « A more perfect Union ». Barack Obama y revient sur la question raciale (à lire ici en français sur le blog de Philippe Boulet-Gercourt).

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Le second a été prononcé à Canton, dans l’Ohio, le 27 Octobre: le « final speech » d’Obama est aussi un programme de gouvernement (à lire ici en français sur le blog d’Elise).

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Rien n’est impossible pour qui sait mettre en mots les attentes de ses contemporains.

Pour cela il faut voter: hier matin l’éditorial du Los Angeles Times se terminait par ces mots: « exercising the franchise only when you think your vote will « count » is an act of selfishness, not citizenship ». Si j’en lis les gazettes, 30% des jeunes Américains ont voté avant le 4 novembre. C’est bon signe.

Tes parents vivent avec fierté ces moments particuliers dans lesquels une nation peut avoir le sentiment que l’homme qu’elle se choisit les réunira plus qu’il ne les séparera. Ce qui ne signifie pas que les actes correspondront tous aux espérances du reste du monde. Mais l’histoire est aussi faite de symboles.

Sache, mon cher filleul, que de ce côté-ci de l’océan les Européens regardent les Etats-Unis avec dans les yeux la jalousie des faibles et l’admiration des égaux.

Good Day & Good Luck

Hugo Billard

Photo: « Barack Obama en campagne », Justin Lanel, EPA, publié par Pierre Assouline ici ce matin.


Publié le 4 novembre 2008 par Hugo Billard dans Actualité,Vidéos

Sciences Po

Un amical bonjour à ceux qui passent le concours de Sciences Po. Arthur Richer a mis en place sur lewebpedagogique.com un forum pour proposer des corrections, discuter des sujets et amener vos commentaires.


Publié le 25 août 2008 par Hugo Billard dans Actualité,Vidéos

Réussir l’oral du bac 2008

Bonjour à tous,

Pour ceux qui choisissent l’histoire-géographie pour le second groupe d’épreuve (dit rattrapage), quelques conseils. Lisez d’abord les commentaires et réponses aux conseils pour réussir l’oral et aux conseils pour le rattrapage.

1. Comment ça marche?

20 minutes de préparation, 20 minutes de passage devant un membre du jury.

Vous aurez à préparer un sujet d’histoire et un sujet de géographie parmi un ensemble proposé par l’examinateur; généralement le jury vous indique celui qui est majeur et celui qui est mineur, certains vous demandent si vous préférez l’un ou l’autre en majeure, ou vous donnent la possibilité de changer (mais alors gaffe à la qualité de votre oral), ou font tirer au sort, c’est selon le parti pris du jury et ça ne change pas grand chose.

2. Que fait-on à l’oral?

L’épreuve majeure correspond généralement à un chapitre de l’année: explication des termes du sujet, problématique, plan détaillé, conclusion, à énoncer en 10/12 minutes maximum.

L’épreuve mineure est selon le cas soit un document d’histoire (contexte, explication des grandes lignes, importance du document dans le chapitre qu’il concerne) soit un croquis dont il faut réaliser la légende et la carte, soit un sujet simple à expliquer qui reprend un aspect d’un chapitre (par ex la décolonisation de l’Algérie) qu’il faut problématiser et pour lequel le jury attend l’énoncé de grandes parties; l’épreuve mineure dure 5/6 minutes.

L’oral se termine généralement par une série de questions sur les grandes connaissances du programme en histoire et en géographie. Le jury veut savoir ce que vous connaissez et si vous êtes capable d’esprit critique.

3. En vidéo c’est mieux
Pour reprendre ces conseils en images, quelques éléments en vidéo:

Bon courage pour les oraux!

A bientôt, et bravo à ceux qui réussiront, au premier comme au second tour.

Hugo Billard


Publié le 4 juillet 2008 par Hugo Billard dans Réviser le bac,Vidéos

Vive les autres, et moi, et moi, et moi…

Pour réviser le bac avec Le Monde

Ce billet va faire un peu redite avec ce que j’écrirai bientôt dans le blog bac2008 du Monde, mais je le redis: vive l’interdisciplinarité!

Laurence Hansen-Love et moi nous étions amusés à un travail commun sur Hannah Arendt, Eichmann et le totalitarisme:

Qu’en pensez-vous? Utile/inutile, trop long/trop court, approfondi/pas assez, bon pour les examens/recalé?

Hugo Billard


Publié le 23 mai 2008 par Hugo Billard dans Réviser le bac,Vidéos

Claude Lévi-Strauss a 100 ans…

… et ça se fête.

Si vous voulez (presque) tout savoir, l’excellent Bibliobs a mis en ligne

  • l’émission « Boîte aux lettres » de Jérôme Garcin (qui est par ailleurs le patron des pages culture du NouvelObs).
  • que l’on doit compléter avec le dossier du NouvelObs sur Lévi-Strauss
  • … et lire aussi ce qu’écrit Pierre Assouline de la vie dans l’oeuvre de Lévi-Strauss

Sans compter que la presse écrite, numérique et radio-télévisuelle va beaucoup parler la semaine prochaine de notre beau centenaire.

Clin d’oeil à mes Terminales et à ce qui leur reste de la lecture de « Tristes tropiques » l’an dernier…

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 2 mai 2008 par Hugo Billard dans Comprendre,Vidéos

La télé, la Shoah, Arendt et la mémoire (sur Bousquet et Eichmann)

Cette semaine deux événements télévisuels: le docu-fiction d’Arte « René Bousquet ou le grand arrangement » (2006) dans lequel l’excellent Daniel Prévost joue le rôle-titre, et le film « L’homme qui a capturé Eichmann » pour lequel Robert Duvall a été nominé pour les Emmy Awards en 1997. L’un comme l’autre film ont pour qualité commune de présenter la complexité des personnages et des contextes. Les Terminales qui travaillent sur la mémoire de la Seconde Guerre mondiale y trouveront matière à moudre. Et plus que cela encore, l’occasion de s’interroger sur l’histoire comme science et sur les sources comme fondement de compréhension des phénomènes (notamment les sources orales).

Bousquet lors de la rafle de MarseilleSur René Bousquet, la mémoire française et les études sur le génocide :

Le film raconte la vie de René Bousquet des années 1970 à 1993: entre les révélations de l’antisémite Darquier de Pellepoix à l’Express en 1978 (qui raconte que Bousquet était l’organisateur de la rafle du Vel d’Hiv de juillet 1942), et son assassinat en 1993 par Christian Didier, alors que l’inculpation de Bousquet était en cours et que le procès allait s’ouvrir. L’occasion de revenir sur le contexte de la Seconde Guerre et sur celui de la fin des années 1970 qui sert d’accélérateur à la prise de conscience des responsabilités françaises dans la Shoah.

Eichmann lors de son procès
Sur Adolf Eichmann: son action, l’analyse d’Arendt et les archives du procès:

Le film raconte comment un des grands responsables de l’organisation de la Solution finale a été repéré en 1960 en Argentine, a été enlevé par les services secrets israéliens (le Mossad) et se termine sur un long interrogatoire d’Eichmann pour préparer son procès en Israël.

1. Pour savoir qui est Adolf Eichmann, son action dans la Solution finale et les accusations du procès de 1961, le Holocaust Museum de Washington propose une page très complète (en français par les bons soins du Mémorial de la Shoah).

2. En 1963 la philosophe Hannah Arendt a publié le récit construit du procès dans « Eichmann à Jérusalem ». Un livre qui a provoqué une très grande polémique autour de ses trois thèses:

  • 1ère thèse: Eichmann était un homme banal, un médiocre, en rien un archétype d’antisémite viscéral;
  • 2e thèse: l’absence de questionnement intime d’Eichmann sur ses actes rend compte d’une « banalité du mal » sans laquelle on ne peut comprendre l’obéissance des administrations et des agents aux mécanismes de la Solution finale;
  • 3e thèse: « la coopération des autorités juives à la destruction des Juifs d’Europe »: cette thèse est celle qui a été la plus discutée, la plus déformée aussi par les négationnistes, mais qui est bien connue aujourd’hui: les nazis exigeaient des communautés juives qu’elles participent à l’organisation de chacune des étapes de la Solution finale (direction et gestion des ghettos par exemple), ce qui affaiblissait la capacité de résistance des Juifs, et assurait une possibilité de dénégation de leur responsabilité aux nazis (première étape du négationnisme, rappelait dans ses écrits le grand Pierre Vidal-Naquet).
  • Pour comprendre cette 3e thèse d’Arendt, lire les explications de Dominique Natanson. Arendt a eu le mérite d’obliger les historiens à accélérer leurs travaux, alors bien minces, sur la Solution finale.

3. Voir des archives du procès Eichmann: en 1998 Rony Brauman et Eyal Sivan ont réalisé un film-documentaire, « un spécialiste », à partir des vidéos d’archives du procès Eichmann. Le site paris4philo.org propose 19 extraits de ce documentaire (malheureusement ces vidéos ne sont pas légendées d’une ligne qui aurait permis de faire le tri par thème traité).

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 18 novembre 2007 par Hugo Billard dans Comprendre,Lire,sur le net,Vidéos

Eisenhower, contre lui-même?

Au moment de quitter la Maison Blanche, Dwight D. Einsenhower, président des Etats-Unis (1952-1960), ancien commandant en chef des Forces Alliées en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, livre aux Américains son dernier message.

Ce message a fait l’objet de nombreuses spéculations. Son constat inquiet du poids croissant du « complexe militaro-industriel » a marqué les esprits. L’attaque de la baie des Cochons est en préparation et Cuba le danger le plus proche. Depuis 1945 la reconversion de l’industrie de guerre en industrie de consommation est progressive, mais l’industrie d’armement y reste influente au Pentagone.

Ce qu’Eisenhower, président républicain, voulait d’abord indiquer est la supériorité nécessaire et légitime du politique contre tout autre secteur national. Une question encore actuelle.

Pour aller plus loin les livres d’André Kaspi sont toujours les meilleures introduction à l’histoire américaine au XX° siècle.

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 17 octobre 2007 par Hugo Billard dans Comprendre,Vidéos