« On se souvient de la conférence de Bandoeng. Que s’est‑il passé de mémorable à Bandoeng ? Ceci : qu’un milliard cinq cent millions d’hommes se sont réunis dans une ville d’Asie pour proclamer solennellement que l’Europe n’avait plus vocation pour diriger unilatéralement le monde, pour proclamer que la domination européenne sur les parties non européennes du globe avait conduit le monde à une impasse dont il importait de sortir. […]
Ce qui a été condamné à Bandoeng, ça n’a pas été la civilisation européenne, ça a été la forme intolérable qu’au nom de l’Europe certains hommes ont cru devoir donner aux relations qui devaient normalement s’instaurer entre l’Europe et les peuples non européens. »
Cet extrait est tiré de la déclaration d’Aimé Césaire du 27 janvier 1956 lors d’un meeting à Paris sous l’égide du Comité d’action des intellectuels contre la poursuite de la guerre en Afrique du Nord. Cette intervention, publiée dans les Temps Modernes en 1956, dénonce le caractère colonialiste de la guerre d’Algérie et se faisant réaffirme l’importance de la conférence de Bandung de 1955 comme marqueur du refus du régime colonial.
E.M.
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