“Il y a ceux qui croient que la poursuite du processus d’inspection serait une sorte de “manoeuvre de retardement” visant à empêcher une intervention militaire. Cela pose naturellement la question du temps imparti à l’Irak. Nous sommes là au centre des débats. Il y va de notre esprit de responsabilité. Ayons le courage de mettre les choses à plat. Il y a deux options : l’option de la guerre peut apparaître a priori la plus rapide. Mais n’oublions pas qu’après avoir gagné la guerre, il faut construire la paix. Et ne nous voilons pas la face : cela sera long et difficile, car il faudra préserver l’unité de l’Irak, rétablir de manière durable la stabilité dans un pays et une région durement affectés par l’intrusion de la force. Face à de telles perspectives, il y a une autre option offerte par les inspections, qui permet d’avancer de jour en jour dans la voie d’un désarmement efficace et pacifique de l’Irak. Au bout du compte, ce choix-là n’est-il pas le plus sûr et le plus rapide ? (…)
Monsieur le Président, à ceux qui se demandent avec angoisse quand et comment nous allons céder à la guerre, je voudrais dire que rien, à aucun moment, au sein de ce Conseil de Sécurité, ne sera le fait de la précipitation, de l’incompréhension, de la suspicion ou de la peur.
Dans ce temple des Nations Unies, nous sommes les gardiens d’un idéal, nous sommes les gardiens d’une conscience. La lourde responsabilité et l’immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix.
Et c’est un vieux pays, la France, d’un vieux continent comme le mien, l’Europe, qui vous le dit aujourd’hui, qui a connu les guerres, l’occupation, la barbarie. Un pays qui n’oublie pas et qui sait tout ce qu’il doit aux combattants de la liberté venus d’Amérique et d’ailleurs. Et qui pourtant n’a cessé de se tenir debout face à l’Histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur.”
Cet extrait, prononcé par Dominique de Villepin (alors ministre des Affaires étrangères), témoigne de la volonté de la
France de ne pas s’engager dans une invasion militaire de l’Irak. L’Irak est accusée par les Etats-Unis de développer des armes de destruction massive et d’abriter des réseaux terroristes proches d’Al Qaida. A la différence des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, la
France souhaite désarmer l’Irak à travers des inspections conduites par l’ONU et cherche une issue diplomatique et pacifique à cette crise.
Le texte intégral est disponible ici
En vidéo doublé par une traductrice en anglais - pas trouvé mieux (merci Tungsi):
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4 réponses à ce jour ↓
1 Tsadqiel // 9 mai 2007 le
Très beau discours, mais la date me semble erronée. Il date, je crois, du 14 février 2003.
Amicalement.
Tsad
2 Hugo Billard // 9 mai 2007 le
Bonjour,
La correction est faite, et le texte enrichi.
Merci et à bientôt
Hugo Billard
3 tungsi // 19 juil 2008 le
lien de video: http://youtube.com/watch?v=MJ_1hWqSz6I
4 Hugo Billard // 19 juil 2008 le
Merci Tungsi!
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