le jardin des retours

ANTIMANUEL D’HISTOIRE, entre autres…

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Jacques Chirac, 53e anniversaire de la rafle du Vel’ d’Hiv’ (16 juillet 1995)

« Il est, dans la vie d’une nation, des moments qui blessent la mémoire, et l’idée que l’on se fait de son pays.

Ces moments, il est difficile de les évoquer, parce que l’on ne sait pas toujours trouver les mots juste pour rappeler l’horreur, pour dire le chagrin de celles et ceux qui ont vécu la tragédie. Celles et ceux qui sont marqués à jamais dans leur âme et dans leur chair par le souvenir de ces journées de larmes et de honte.

Il est difficile de les évoquer, aussi, parce que ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français. »

Cet extrait forme l’introduction de l’allocution prononcée, lors des cérémonies commémorant la grande rafle des 16 et 17 juillet 1942, par Jacques Chirac, président de la République. En déclarant que « la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français ». Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de l’Etat français, mais également des Français dans cet évènement tragique et contraire aux préceptes républicains.

E.M.

2 commentaires

2 réponses à ce jour ↓

  • 1 “Justes parmi les nations” - Le jardin des retours - LeWebPédagogique // 18 jan 2007 le

    [...] La reconnaissance officielle, par la France, des crimes de l’Etat français, est récente: le 16 juillet 1995, Jacques Chirac annonça lors du 53e anniversaire de la commémoration de la rafle du Vélodrome d’Hiver, que “la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat Français”. Ce discours mettait fin au mythe résistancialiste: depuis 1946 (voir et écouter le début du discours de Charles de Gaulle à Bayeux en 1946) l’Etat considérait, dans un souci de réconciliation, que tous les Français avaient peu ou prou été des résistants, et que le gouvernement de Vichy était seul responsable de la collaboration, des déportations, des crimes contre l’humanité commis sur son sol; l’Etat, la France (“la France qui se bat, la seule France, la vraie France, la France éternelle” a dit de Gaulle lors de la libération de Paris), c’était la résistance. Reconnaître les crimes de l’Etat français, ouvrir toutes les archives, mettre en place des comités d’enquête sur les spoliations, reconnaître que si toute la France n’était pas résistante, elle n’était pas non plus collaboratrice, c’est faire place à l’Histoire. Aujourd’hui mettre en valeur ceux qui ont, au péril de leur existence, sauvé d’autres hommes, c’est rendre justice et montrer l’exemple à suivre. [...]

  • 2 Lucie Aubrac, mémoire de la Résistance - Le jardin des retours - LeWebPédagogique // 15 mar 2007 le

    [...] Le grand résistant Emmanuel d’Astier de la Vigerie l’a surnommée “Madame Conscience“. Elle était une conscience pour tous ceux qui ont eu la chance de l’écouter. Les étudiants de l’Université Lyon-II ont réalisé en 2004 un joli petit court-métrage dans lequel elle revient sur la notion d’acte de résistance. Ce petit film peut être utile aux élèves de terminale qui travaillent sur l’histoire et la mémoire de la Seconde Guerre mondiale. Le cinéma a rappelé en 2002 l’action des Aubrac dans Lucie Aubrac de Claude Berri (Carole Bouquet y joue Lucie, Daniel Auteuil y joue Raymond). La bande-annonce insiste sur leur vie de couple, mais la présence du SS Klaus Barbie rappelle que les Aubrac ont vécu les moments les plus emblématiques de la Résistance intérieure. [...]

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