« C’est Staline qui a conçu la notion d’ “ennemi du peuple”. Cette expression rendait automatiquement inutile d’établir la preuve des erreurs idéologiques de l’homme ou des hommes engagés dans une controverse ; cette expression rendit possible l’utilisation de la répression la plus cruelle, en violation de toutes les normes de la légalité révolutionnaire, contre tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, n’étaient pas d’accord avec lui, contre ceux qui étaient seulement suspects d’intentions hostiles, contre ceux qui avaient mauvaise réputation. Cette notion d’ “ennemi du peuple” supprimait en fait toute possibilité de lutte idéologique, toute possibilité de faire connaître son point de vue sur telle ou telle question même de caractère pratique. Pour l’essentiel, la seule preuve de culpabilité dont il était réellement fait usage, contre toutes les normes de la science juridique contemporaine, était la “confession” de l’accusé lui-même. Et, comme l’ont prouvé les enquêtes ultérieures, les “confessions” étaient obtenues au moyen de pressions physiques contre l’accusé. »
Â
Ce rapport ouvre le procès de l’ancien dictateur mais ne remet pas en cause le système que celui-ci a mis en place. Krouchtchev choisit 1934 comme début de la «dégradation du caractère de Staline ». En choisissant cette date, il évite de questionner sa politique économique ou la répression que Staline a exercé envers les compagnons de Lénine.
E.M.
Compteur
0 réponse à ce jour ↓
Il n'y a pas encore de commentaire. Soyez le premier !
Faire un commentaire