le jardin des retours

Pierre Mendès-France, Discours d’investiture (18 juin 1954)

« Mesdames, messieurs, on m’a accusé parfois de pessimisme comme si je goûtais quelque sombre plaisir à prédire les catastrophes et à prêcher les pénitences. La sévérité de mes jugements ne reposait, en réalité, que sur un profond optimisme à l’égard des moyens de la France et des chances qui lui sont offertes. C’est parce que nous pouvons nous redresser en prenant appui sur les réalités que j’ai dénoncé les illusions.
Les difficultés et les périls ont rendu aujourd’hui chacun plus conscient des efforts à fournir ; c’est pourquoi, plus encore qu’hier, je crois à la renaissance nationale, vigoureuse et rapide.
Elle exige avant tout le rétablissement de la paix.
J’ai pleinement le sentiment des responsabilités qui m’incomberont dans une négociation, sans aucun doute difficile et ingrate. Mais je serai soutenu par la conscience des grands intérêts dont vous m’aurez chargé. Et j’aurai aussi présents à l’esprit le sacrifice des combattants, la souffrance et l’angoisse des familles, le sort des prisonniers.
Pour l’homme qui est devant vous, ce sera un émouvant honneur d’avoir con
tribué à tirer le pays d’une ornière sanglante ; et, pour vous, représentants du peuple, ce sera le plus beau titre d’avoir rendu à la France l’inappréciable bienfait de la paix. »

 

Après une première tentative infructueuse pour former un gouvernement en 1953, Pierre Mendès-France est finalement investi président du Conseil avec une forte majorité le 18 juin 1954, quelques semaines après la défaite française à la Bataille de Dien Bien Phu, pour faire la paix en Indochine. Il ne dirigera le Gouvernement que pendant 7 mois et demi, mais son passage aux affaires sera l’un des temps forts de la 4e République.

E.M.


Publié le 21 décembre 2006 par LeWebPédagogique dans

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