« Aujourd’hui, les uns et les autres sont engagés résolument dans cette voie, et nous, relégués à l’arrière, nous subissons le sort de ceux qui sont dépassés. C’est ainsi que notre Mouvement National terrassé par des années d’immobilisme et de routine, mal orienté, privé du soutien indispensable de l’opinion populaire, dépassé par les événements se désagrège progressivement à la grande satisfaction du colonialisme qui croit avoir remporté la plus grande victoire de sa lutte contre l’avant-garde algérienne. L’heure est grave.Devant cette situation qui risque de devenir irréparable, une équipe de jeunes responsables et militants conscients, ralliant autour d’elle la majorité des éléments sains et décidés, a jugé le moment venu de sortir le Mouvement National de l’impasse où l’ont acculé les luttes de personnes et d’influence pour le lancer aux côtés des frères Marocains et Tunisiens dans la véritable lutte révolutionnaire. »Â
Par cet appel, le FLN débute une guerre d’indépendance, dans un pays (l’Algérie) dominé par la France. Au-delà de son vocabulaire patriotique et national (« sauver notre pays et lui rendre sa liberté »), le texte fait également des allusions aux mouvements révolutionnaires et à l’anti-impérialisme (« sentiments anti-impérialistes »). Le terme « impérialisme » semble avoir un double usage : celui de condamner la colonisation française mais aussi celui de faire référence à un vocabulaire marxiste de guerre froide (l’impérialisme est, selon Marx, le stade suprême du capitalisme).
E.M.
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