le jardin des retours

Je suis coupable, monsieur l’Inspecteur

Le Nouvel Observateur publie une information qui, si l’on s’en tient à la teneur de l’article, fait froid dans le dos. Le Monde reprend également l’information.

Une professeure d’histoire-géo de Nancy, Mme Catherine Pederzoli, aurait été sanctionnée pour avoir « instrumentalisé » ses élèves en les emmenant à Auschwitz, et pour passer trop de temps à l’histoire des juifs d’Europe centrale aux dépens des programmes. Dans un entretien avec l’Inspection elle a prononcé 14 fois le mot Shoah et seulement 2 fois « génocide », et… elle est également soupçonnée d’avoir manipulé ses élèves lors d’une manifestation contre Luc Chatel consacrée au financement des voyages scolaires. At last, elle est de confession juive.

L’Inspection lui reproche des « manquements aux obligations de réserve, de neutralité et de laïcité ».

Si c’est effectivement pour ces raisons que cette collègue est sanctionnée, alors permettez-moi ici de m’accuser également d’avoir emmené mes élèves à Auschwitz, d’avoir travaillé sur la Shoah et sur le génocide et d’avoir utilisé l’un et l’autre dans des contextes qui ont sûrement amené à prononcer 14 fois Shoah et 2 fois génocide, d’avoir passé un temps bien supérieur au raisonnable dans la préparation de tels voyages, et je veux bien également être suspect de manipulation (c’est ça une chasse aux sorcières, quand le soupçon tient lieu de preuve), et si je ne suis pas juif, je veux bien l’être pour l’occasion.

Ma chère collègue, le monde qui nous entoure est bien étrange. Si le Nouvel Obs reprend effectivement ce que l’on vous reproche, je me dénonce ici des mêmes crimes que vous. J’attends l’Inspection-suspension. Nous serons nombreux à le faire.

Je vous salue.

Hugo Billard


Publié le 31 août 2010 par Hugo Billard dans Non classé

Ils étaient 80…

… ce 10 juillet 1940, à refuser les pleins pouvoirs à Philippe Pétain.
Le Monde propose de revenir sur cette histoire complexe d’honneur et de circonstances.
La fondation Charles de Gaulle propose un dossier sur ces 80 parlementaires, leurs noms, et les biographies de quelques-uns (Léon Blum, Vincent Auriol, George Mandel, etc.).

Dans sa pièce de théâtre, « l’un de nous deux », l’historien Jean-Noël Jeanneney revient sur les dernières heures de deux d’entre eux, Léon Blum et Georges Mandel, enfermés dans une maison près de Buchenwald. L’un et l’autre s’interrogent sur leurs itinéraires, leurs maîtres – Jaurès pour l’un, Clémenceau pour l’autre -, prétexte à un voyage dans l’histoire, par le fait comme par le style. Chez portaparole. Bien belle lecture.


Publié le 10 juillet 2010 par Hugo Billard dans 1

Les corrigés du bac histoire-géo 2010 en ligne

J’ai mis en ligne hier les corrigés (en tout cas ma proposition) des épreuves d’histoire-géo vécues hier 18 juin :
Pour la série L c’est ici.
Pour la série ES c’est ici.
Pour la série S c’est là.
Bon courage pour les épreuves qui restent à vivre!
H. Billard


Publié le 19 juin 2010 par Hugo Billard dans Réviser le bac
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De Gaulle et Israël: la polémique de 1967

Le 27 novembre 1967, lors d’une conférence de presse consacrée – entre autres – à la situation au proche-orient, le président de la République Charles de Gaulle ainsi qualifie les Israëliens : « Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur… ». Ces derniers mots ont créé une polémique qu’a cristallisée cette caricature de Tim dans Le Monde des 3-4 décembre 1967.

Régis Debray, en défenseur de De Gaulle, et Elie Barnavi, historien et ancien ambassadeur d’Israël en France, se répondent dans un ouvrage qui revient sur cette polémique et sur le contexte politique et géopolitique de la guerre de 1967.

Grâce au blog Guerre ou Paix de Gilles Paris, une partie de la conférence de presse de De Gaulle est ici visible:

Image de prévisualisation YouTube Image de prévisualisation YouTube

A la fin de sa conférence de presse (2e vidéo, 6e minute), De Gaulle prononce ces mots: « Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui: sans le drame du Vietnam, le conflit entre Israël et les Arabes ne serait pas devenu ce qu’il est« . Pour ceux des aimables lecteurs de ce blog qui préparent les concours des IEP, un commentaire historique et géopolitique de cette citation ne serait pas superflu.

A suivre

H. Billard


Publié le 16 mai 2010 par Hugo Billard dans Réviser le bac,Vidéos

Prague, 20 août 1968

Le journal Le Monde publie l’analyse vidéo, par Julien Frydman, d’une photo de Joseph Koudelka. Ce jour-là commence la répression du mouvement de Prague: les chars du pacte de Varsovie entrent dans la ville.

A suivre

H. Billard


Publié le 15 mai 2010 par Hugo Billard dans Lire,Réviser le bac

Eyjafjöll mon amour

Depuis plusieurs semaines, un volcan islandais au nom imprononçable (allez-y, essayez!) plonge nos avions, nos radars, nos processus de décision et l’idée que nous nous faisons de la liberté d’aller et de venir dans des affres sans nom, qui permettent d’accuser qui le principe de précaution qui les écologistes.

Dans le site Histoire globale de la revue Sciences Humaines, l’historien Patrick Boucheron, chef d’orchestre de l’excellent Le Monde au XV° siècle (Fayard, 2009), revient sur les interprétations historiques qui tournent autour de ce nuage pluriel.

A suivre

H. Billard


Publié le 13 mai 2010 par Hugo Billard dans revue de presse

Crise? Quelle crise? (II)

Le 4 mars 1933, Franklin Delano Roosevelt prononce à Washington son discours d’investiture à la présidence des Etats-Unis. Il y détaille son programme d’action pour surmonter la très grave crise économique que vit le pays, et par ricochet l’Europe, depuis 1929. Au coeur du discours, une vision philosophique du bonheur et du travail qui en dit long sur le rêve américain.

« Le bonheur ne se trouve pas dans la seule possession de biens, il se trouve dans la joie de la réussite, dans le plaisir de l’effort créateur. La joie et la stimulation morale que procure le travail ne doivent plus être oubliées dans la recherche effrénée de profits évanescents. Ces jours sombres vaudront tout ce qu’ils nous aurons coûté s’ils nous enseignent que notre véritable destinée n’est pas d’être secourus, mais de nous secourir nous-mêmes et nos semblables. »

Traduction: Pascale Haas (Editions Points, août 2009)

A suivre

H. Billard


Publié le 12 mai 2010 par Hugo Billard dans Comprendre

Crise? Quelle crise? (I)

La crise de 2008-2009 (-2010? -2011?) est souvent comparée, au choix, à la crise de 1929 ou à la crise de 1973. Elles sont nées de la spéculation financière et ont obligé les Etats, même les moins interventionnistes, à engager des fonds considérables pour relancer l’économie et éviter, parfois difficilement, les crises sociales.

Cette vidéo de France 5 propose en images les causes et les conséquences de la crise de 1929.

Image de prévisualisation YouTube

A suivre!

H. Billard


Publié le 12 mai 2010 par Hugo Billard dans Comprendre,Vidéos

De retour

Après trois mois de travail intensif extra-scolaire (quoique…), je reviens vers l’écran.

Amitiés à tous mes lecteurs, patients ou impatients (si j’en crois les messages reçus…).

H. Billard


Publié le 12 mai 2010 par Hugo Billard dans 1

Philippe Séguin et l’école: une idée républicaine

« La mutation de notre système éducatif est elle-même une clef essentielle, car le problème culturel, le problème des mentalités, le problème de l’adéquation de la modernité à son rythme trouveront leur solution d’abord dans les repères intellectuels et les modes de pensée que nous saurons donner à nos enfants. La grandeur éducative des débuts de la IIIe République avait su donner à l’immense majorité des Français les moyens d’affronter le grand basculement de la modernité urbaine, industrielle et scientifique de la fin du XIXe siècle. Un siècle après, voilà la République à nouveau confrontée aux mêmes grands défis. Il n’y a plus aujourd’hui aucun grand projet politique qui ne commence par là. »

Philippe SEGUIN, Discours du 5 mai 1992 prononcé au Parlement.

Ce discours était consacré à l’explication de son refus de voter en faveur d’une révision constitutionnelle en préalable à l’adoption du traité de Maastricht. Il fait partie des grands moments de l’éloquence parlementaire sélectionnés sur le site de l’Assemblée nationale.

Philippe Séguin recevra lundi 11 janvier à 15h aux Invalides l’hommage de la nation. Il est mort jeudi dernier, à 66 ans.

HB


Publié le 9 janvier 2010 par Hugo Billard dans Actualité