Le 29 octobre 1922: Mussolini prend le pouvoir

29 10 2008

Aberration de l’éducation nationale, l’Italie fasciste n’est plus à votre programme, mais vous devez quand même avoir une lointaine idée de ce que c’est (tout comme les révolutions russes, la NEP et la crise de 1929!!!)!

Donc voici une piqûre de rappel:

Au départ en 1919:

Le Fascisme naît d’une crise sociale

La guerre a entraîné misères et révoltes: tous les territoires revendiqués et promis par les alliés (Istrie, Dalmatie, Fiume) n’ont pas étés remis à l’Italie.

Les classes populaires, miséreuses se révoltent, occupent les grands domaines inexploités, prennent en main eux même leur usines, ce qui inquiètent la classe moyenne et les possédants. L’Italie semble s’installer dans une situation révolutionnaire. Les dirigeants politiques ne maîtrisent pas la situation, les fascistes en profitent.

Organisation des faisceaux de combats en mars 1919.

L’ancien journaliste Benito Mussolini fonde à Milan le mouvement fasciste « Fasci di Combattimento ». Le groupe paramilitaire, composé essentiellement d’anciens combattants de la Première Guerre mondiale, entend fédérer tous les mécontents contre le régime libéral et parlementaire italien. Les Faisceaux de combat compteront 17 000 membres à la fin de l’année et 700 000 au moment où Mussolini prendra le pouvoir en 1922.

Marche sur Rome

Les chemises noires de Mussolini entament une marche spectaculaire en direction de Rome. La manifestation apparaît avant tout comme un acte symbolique de la montée au pouvoir du fascisme. Le roi Victor-Emmanuel III aurait d’ailleurs déjà pris la décision de nommer Mussolini au pouvoir avant même que la marche ne soit lancée. Quelques 20 000 chemises noires atteindront la capitale, mais le souverain, au lieu de proclamer l’état de siège, fera parvenir un télégramme à Mussolini pour l’appeler au gouvernement. C’est donc en train que le chef du Parti national fasciste rejoindra la capitale en toute sécurité.

Le 29 octobre 1922, le roi d’Italie Victor-Emmanuel III demande officiellement au chef du parti national fasciste d’assurer la nouvelle formation d’un gouvernement. Dès le lendemain Benito Mussolini devient le nouveau président du Conseil italien. Il conserve dans un premier temps la forme du gouvernement parlementaire et formera une coalition entre libéraux, catholiques et nationalistes.

L’installation de la Dictature

Le 25 novembre 1922, un vote de la Chambre confère les pleins pouvoirs à Mussolini pour un an. Le futur « Duce » a obtenu ce vote grâce au discours d’intimidation dit « du bivouac » et quelques violences. Il peut ainsi mettre en place l’Etat fasciste totalitaire.

L’homme politique socialiste Giacomo Matteotti est enlevé et assassiné par un groupe de partisans fascistes. Depuis la montée au pouvoir de Mussolini, il ne s’était pas privé pour dénoncer les agissements suspects du gouvernement fasciste. Il était même allé jusqu’à réclamer l’annulation des dernières élections. Le corps de Matteotti sera retrouvé en août. Le meurtre suscitera une grande indignation dans l’opinion publique, mettant en péril le gouvernement mussolinien. Les députés de l’opposition quitteront la Chambre alors que certains partisans du fascisme rompront brusquement avec le parti. Face à la situation, le chef du gouvernement endossera toutes les responsabilités du crime et en profitera pour instaurer la dictature. C’est alors qu’il se fera appeler le « Duce ».

Le leader du parti fasciste, Benito Mussolini, prononce un discours au Parlement dans lequel il revendique l’assassinat de l’homme politique de l’opposition, Giacomo Matteotti. Très vite, il profitera de la situation instable et du soutien du roi pour instaurer concrètement un régime dictatorial fasciste. Il mettra alors en application les lois fascistissimes votées en 1926. La presse sera muselée, les libertés civiques abolies, les conseils municipaux supprimés. Le parti fasciste deviendra parti unique et la totalité du pouvoir se trouvera entre les mains du « Duce ». Le roi Victor-Emmanuel III ne possèdera plus que l’apparence du pouvoir.

On connait la suite avec l’axe Rome Berlin

A voir en couleur (en plus on y parle de la guerre d’Espagne et des échecs italiens durant la seconde guerre, on en reparlera en cours)

http://www.dailymotion.com/videox5wze8 http://www.dailymotion.com/videox5wywn http://www.dailymotion.com/videox5wxnr


Les élections américaines

28 10 2008

Il est probable que plus de 100 millions d’Américains voteront lors de la prochaine élection présidentielle, le 4 novembre. Toutefois, seuls 538 hommes et femmes éliront le nouveau président des États-Unis dans les 50 capitales des États fédérés et dans la capitale des États-Unis (Washington), le 15 décembre. L’élection à deux degrés du président des États-Unis par l’intermédiaire du collège électoral que les rédacteurs de la Constitution ont conçue en 1787 surprend aussi bien les étrangers que les Américains eux-mêmes. Elle traduit la volonté de mettre en place un régime fédéral qui attribue des pouvoirs non seulement à l’État fédéral et à l’ensemble de la population, mais aussi aux États fédérés.

Les élections présidentielles se déroulent en plusieurs étapes, qui vont du début de l’année au mois de janvier de l’année suivante. Elles commencent par la désignation de délégués à l’échelon local lors des caucus et primaires, se poursuivent par les conventions nationales où sont désignés les candidats et où sont adoptées les grandes lignes des programmes politiques. Enfin, le Président et le Vice-Président sont élus sur le mode du suffrage universel indirect par le Collège des Grands Electeurs.

Mise au point sur le système des grands électeurs qui diffère quelque peu de notre système:

Les citoyens américains votent en faveur des candidats de leur choix à la présidence et à la vice-présidence, le scrutin a lieu le premier mardi qui suit le premier lundi de novembre, au cours de l’année des élections présidentielles.

Les candidats qui obtiennent le plus grand nombre de suffrages dans un Etat reçoivent généralement la totalité des voix dont bénéficie cet Etat au sein du Collège des Grands Electeurs.

Le nombre des Grands Electeurs dont dispose chaque Etat est égal au nombre des élus de cet Etat au Congrès de Washington (soit deux sénateurs et un nombre de députés proportionnel à la population de l’Etat). En 1964, pour la première fois, on accorda trois Electeurs au District de Columbia, en vertu du 23ème Amendement à la Constitution. C’est pourquoi, on compte en tout un groupe de 538 Grands Electeurs, avec 100 Sénateurs et 435 Représentants.

Les Grands Electeurs se réunissent pour élire officiellement le Président et le Vice-Président le premier lundi qui suit le deuxième mercredi de décembre pendant l’année des élections présidentielles. L’élection a lieu à la majorité absolue, soit 270 voix sur 538. Les listes des votes des Grands Electeurs, certifiées et scellées, sont transmises au Président du Sénat, qui les ouvre lors d’une session exceptionnelle, le 6 janvier (ou le lendemain si c’est un dimanche) en présence des Représentants et des Sénateurs, pour quantifier les votes.

Si aucun candidat à la présidence n’obtient la majorité absolue, la Chambre des Représentants désigne le vainqueur parmi les trois candidats arrivés en tête, lors du vote au sein du Collège. Si aucun candidat à la Vice-Présidence n’obtient la majorité absolue , le Sénat désigne le vainqueur parmi les deux candidats arrivés en tête lors du vote.

Le 20 janvier, date fixée par le 20ème Amendement en 1933, le Président présente son discours d’investiture au peuple américain. On appelle ce jour Inauguration Day.

C’est compris?

Alors allez testez vos connaissances avec un quizz:

http://usinfo.state.gov/journals/itdhr/1007/ijdf/quiz.html

Merci au site

http://french.france.usembassy.gov/index.html

pour la réalisation de cet article

Pour aller plus loin:une revue détaillée sur le collège électoral 2008

ej0908fr



732, la bataille de Poitiers: 1° acte de propagande?

26 10 2008

Un siècle après la mort du prophète Mohammed, ses disciples atteignent l’Espagne et le Languedoc actuel (cette province s’appelle alors la Septimanie). Les musulmans sont arrêtés dans leur progression par la victoire à Toulouse, en 721, du duc d’Aquitaine Eudes. Pour prévenir le retour des musulmans d’Espagne, Eudes s’allie à Munuza, le gouverneur berbère de la Septimanie, qui est en révolte contre ses coreligionnaires. Il lui donne même sa fille en mariage (les préjugés religieux étaient moins virulents en cette lointaine époque qu’à la Renaissance ou au XXe siècle!). Mais Munuza est tué en affrontant le gouverneur d’Espagne Abd el-Rahmann. Celui-ci tente dans la foulée de remonter jusqu’au riche sanctuaire de Saint-Martin de Tours avec l’intention de le piller avant de s’en retourner au sud des Pyrénées. Eudes appelle alors à son secours les Francs qui vivent au nord de la Loire. Leur chef, le maire du palais d’Austrasie, Charles Martel, accourt. C’est ainsi que les armées d’Abd el-Rahmann sont stoppées à Moussais, entre Poitiers et Tours, par les armées de Charles Martel et Eudes, pour une fois unies. Pendant six jours, les cavaliers musulmans et les fantassins chrétiens s’observent et se livrent quelques escarmouches. Le 25 octobre 732, qui est aussi le premier jour du mois de Ramadan, les musulmans se décident à engager la bataille. Mais Abd el-Rahmann meurt au combat et la nuit suivante, découragés, ses hommes plient bagage et se retirent. La bataille dite de Poitiers met un point final aux incursions musulmanes au nord des Pyrénées. Profitant de l’occasion, Charles Martel descend dans le Midi qu’il saccage consciencieusement. C’est peut-être à cette occasion qu’il aurait gagné le surnom de Martel (« celui qui frappe comme un marteau »).

Cette défaite marque le terme de l’expansion musulmane médiévale en Occident et a d’importantes conséquences. En répondant à l’appel à l’aide du duc Eudes d’Aquitaine, Charles Martel a profité de l’avancée des troupes musulmanes pour intervenir dans une région qui refusait de se soumettre à son autorité. Fort de sa victoire, Charles s’empare de Bordeaux et met un pied en Aquitaine, sans la soumettre immédiatement : à la mort d’Eudes, ce sont ses fils qui lui succèdent. Cependant, son appui est indispensable à la lutte contre les Sarrasins : il intervient dans la vallée du Rhône et en Provence les années suivantes, où il soumet le patrice Mauronte (737), allié des Sarrasins. Il bat à nouveau ceux-ci au sud de Narbonne, sur les bords de la Berre, en 737]. Ainsi, la victoire de Poitiers entraîne non pas le départ définitif des musulmans, comme en témoigne l’échec du siège de Narbonne, dirigée par un gouverneur omeyyade jusqu’en 759, mais l’intervention systématique des Francs, seuls capables de s’opposer à eux. En définitive Eudes d’Aquitaine, comme a pu l’écrire Michel Rouche, reste le véritable vaincu de Poitiers. La victoire de Poitiers justifie également, quelques années plus tard, l’élimination des Mérovingiens.

Plus tard, les chroniqueurs français exalteront le souvenir de la bataille de Poitiers pour mettre en valeur Charles Martel, grand-père du futur Charlemagne et mythique fondateur de la France.

Voici ce qu’en garde un manuel scolaire de 1932

À la mort de Pépin, de nouvelles luttes éclatèrent. Mais un de ses fils, connu plus tard sous le nom de Charles Martel, était un rude guerrier qui sut imposer son autorité. Il fit sans cesse la guerre, au-delà du Rhin contre les Germains, dans le Midi de la Gaule contre les Aquitains et les Arabes. Il eut la gloire d’arrêter l’invasion arabe à la bataille de Poitiers (732).
Cette victoire, dont on sait les conséquences capitales pour la Gaule, n’eut pas des conséquences moindres pour la famille carolingienne. Charles Martel, vainqueur des musulmans, apparut comme le soldat du Christ et le défenseur de la chrétienté […].”

Le Moyen Âge jusqu’à la guerre de Cent Ans, classes de 4e, programme de 1931, A. Malet et J. Isaac, Paris, 1932.

Quoiqu’il en soit la Dynastie Carolingienne tire une partie de sa légitimité de cette bataille.



Les partis politiques aux Etats Unis

24 10 2008

Deux partis dominent la vie politique aux Etats Unis: le parti Républicain et le parti Démocrate. Aucun des deux partis ne souhaite remettre en question les institutions et le système capitaliste. Ils sont donc plutôt conservateurs. Vous ne faites pas la différence? C’est de la mauvaise volonté!!!!

En effet, ils représentent des intérêts différents. Pour simplifier:

Le Parti démocrate est un parti politique qui défend tous ceux qui souhaitent améliorer leur sort dans la société (ouvrier, noirs, membres des minorités)

Le Parti démocrate américain tire ses origines du Parti démocrate-républicain fondé dans les années 1790 par Thomas Jefferson pour s’opposer à la politique de George Washington . Ce nouveau parti, libre-échangiste est opposé à une trop grande centralisation du pouvoir politique. Ils sont aussi de fervents anti-esclavagistes. C’est d’ailleurs une loi prônant l’extension de l’esclavage à tous les Etats de l’Union qui est à l’origine de la création du parti.

Le Parti républicain défend quand a lui le monde des affaires, les producteurs, le grand capital, les fermiers des plaines…Le parti républicain est le doyen des partis américains (1854). Dès la fin des années 1850, les Républicains deviennent le second parti des États-Unis, s’imposant face aux Démocrates. Leur ascension est favorisée par l’inquiétude croissante que provoque, dans le Nord, l’influence des États du Sud à Washington, et par les divisions du Parti démocrate, déchiré entre esclavagistes et modérés.

Depuis ses débuts, le Parti républicain incarne une certaine image de l’Amérique, nationaliste, protestante et anglo-saxonne, et se prononce en faveur d’un gouvernement fédéral fort

En France, on a l’habitude de raccourcir la vie politique américaine à nos modèles français et d’assimiler le parti républicain à notre droite et le parti Démocrate à notre gauche. C’est une démarche complètement absurde puisque la notion de droite et de gauche est typiquement française (voir article du blog). De plus , défendant tous les deux une politique conservatrice et libéraliste, ils s’ancrent donc plutôt à « droite », les démocrates se tenant plus au centre que les Républicains.



La crise de Cuba

22 10 2008

Le 22 octobre 1962, dans un discours mémorable prononcé d’une voix grave, le président américain John Fitzgerald Kennedy

lance un ultimatum à peine voilé aux Soviétiques et à leur chef, Nikita Khrouchtchev,

secrétaire général du Parti et président du Conseil des ministres.

Il conclut son discours sur une note très grave : «Le prix de la liberté est élevé. Mais l’Amérique l’a toujours payé». Le monde tremble dans la crainte d’une guerre nucléaire entre les deux superpuissances.

Coup de bluff

photo aérienne des sites de missiles à Cuba (1962)Une semaine plus tôt, des photos aériennes prises par un avion-espion U2 ont révélé au président américain que les Soviétiques étaient en train d’installer des bases de lancement de fusées à tête nucléaire sur l’île de Cuba, à 200 kilomètres de la Floride et à portée immédiate des métropoles américaines.

Kennedy s’entretient le 19 octobre dans le salon ovale de la Maison Blanche de ce casus belli avec le général en chef de l’aviation (US Air Force) Curtis Le May. Ce dernier est partisan d’employer la manière forte.

Le président préfère le bluff et, dans son discours du 22 octobre, annonce une «quarantaine» autour de Cuba pour empêcher les navires communistes de livrer le matériel destiné aux bases de missiles. Avec ce blocus (un acte de guerre qui ne dit pas son nom), on frôle à tout moment l’incident qui pourrait dégénérer en troisième guerre mondiale.

Renversement des alliances

La crise des fusées est l’aboutissement d’un spectaculaire revirement des relations entre Washington et La Havane.

Le 1er janvier 1959, à Cuba, un jeune guerillero, Fidel Castro, a mis fin à l’interminable dictature de Fulgencio Batista avec le soutien discret des États-Unis.

Sous l’impulsion d’Ernesto «Che» Guevara, fervent marxiste originaire d’Argentine, Fidel Castro élimine ses opposants et nationalise à tour de bras l’économie, y compris les investissements américains sur l’île. Cela lui vaut de se fâcher avec Washington.

La CIA organise un débarquement d’opposants dans la Baie des Cochons le 16 avril 1961. C’est un fiasco.

Isolé et sans ressources, Fidel Castro n’a plus d’autre issue que de se jeter dans les bras de l’URSS qui offre de lui acheter rubis sur l’ongle tout le sucre produit sur l’île. Il ne peut refuser à son nouvel allié l’installation de fusées sur son sol en réplique au déploiement de fusées américaines en Turquie et en Italie.

Après la crise des fusées, Fidel Castro basculera irréversiblement dans le camp soviétique et se déclarera marxiste-léniniste.

Dès le 24 octobre, des cargos soviétiques renoncent à poursuivre leur route vers l’île. Le 26 octobre, Khrouchtchev propose des négociations mais Kennedy ne veut rien d’officiel qui rappellerait les tristement célèbres accords de Munich (1938).

Le lendemain, un avion-espion U2 est abattu au-dessus de Cuba et son pilote tué. Kennedy prévient les Soviétiques que la prochaine agression de ce type serait suivie d’un bombardement des sites de missiles.

Finalement, du bout des lèvres, il accepte le principe des négociations et prend par écrit l’engagement de ne jamais tenter d’envahir Cuba. Le 28 octobre, Khrouchtchev, l’honneur sauf, s’incline et accepte de démonter les sites de missiles.

Vers la détente

Pour le monde entier, il devient clair qu’aucun des deux Super-Grands n’est prêt à prendre le risque d’un conflit nucléaire. C’est une première faille dans la guerre froide et l’amorce timide de la détente.

Une ligne téléphonique directe, le «téléphone rouge», est installée entre la Maison Blanche et le Kremlin pour prévenir de nouvelles crises.

Quelques mois plus tard, dans la discrétion, les Américains démantèlent leurs bases de fusées Jupiter installées en Turquie, à la frontière avec l’Union soviétique.

Affaibli par son échec, Khrouchtchev est chassé du pouvoir le 14 octobre 1964. Un an plus tôt, Kennedy a été assassiné à Dallas (sans que cela ait eu quelque chose à voir avec la crise des fusées).

André Larané site hérodote