Le temps des cathédrales

28 11 2008

Le 28 novembre 1284, la voûte du choeur de la cathédrale de Beauvais s’effondre. Haute de 48 mètres (l’équivalent de 20 étages !), cette voûte achevée douze ans plus tôt constituait un record pour les bâtisseurs du Moyen Âge, adeptes de l’art gothique. Mais l’effondrement montre que ces derniers avaient sans doute outrepassé leurs capacités techniques. Avec cet accident prend fin l’élan spirituel qui avait conduit la chrétienté médiévale à chanter la gloire de Dieu à travers les lumineuses cathédrales gothiques.
La cathé
drale de Beauvais a été plus tard restaurée et surmontée d’une énorme tour haute de… 150 mètres !

Le jour de l’Ascension 1573, pendant qu’une procession sortait de l’église, cette tour s’est à son tour écroulée et dès lors, il n’a plus été question de nouveaux records. La cathédrale est restée en l’état jusqu’à nos jours.

Un petit retour en arrière sur le temps des cathédrales:

Pendant les XI° et XIII° siècle, les conditions de vie s’améliorent. La ferveur religieuse va se traduire par le désir commun de rendre hommage à Dieu. L’occident du Moyen age, apres l’an mil est un grand constructeur d’églises:  celles ci sont construites dans le style roman, au XI° et au XII° siècle, puis du XII° siècle à la Renaissance, dans le style gothique.

art-roman/art gothique

présentation de la cathédrale de Reims

http://www.dailymotion.com/videox4y2bl



18 novembre 1852: ouverture du bon marché

18 11 2008

Naissance du premier grand magasin


Le Bon Marché ouvre rue de Sèvres à Paris. Crée par Aristide Boucicaut, ce nouveau type de magasin est une véritable révolution pour les parisiens. Ils peuvent se promener à travers les rayons sans être obligés d’acheter et être remboursés s’ils sont mécontents. La grande distribution est née. 13 ans plus tard le Printemps ouvrira à son tour.

huile sur toile de W. Bouguereau, 1875
© Le Bon Marché,
coll. part. Maison A. Boucicaut

Aristide Boucicaut, né le 14 juillet 1810, débutera sa carrière comme commis dans la boutique paternelle. Il suivra, à l’âge de 18 ans, un marchand ambulant qui vendait des étoffes, s’installera à Paris en 1829, deviendra vendeur puis chef des rayons des châles au Petit Saint-Thomas, rue du Bac, en 1834.

L’idée du siècle!!!

L’idée du concept de grand magasin est venue à Aristide Boucicaut suite à l’Exposition universelle de 1855, où il s’était perdu. Cherchant à recréer l’expérience de profusion de biens qu’il y avait connue, il a inventé les notions de libre accès pour le consommateur sans obligation d’acheter, le prix fixe déterminé par étiquetage qui élimine le besoin de marchander, un assortiment très étendu vendu en rayons multiples laissant à la clientèle la possibilité de se perdre pour déambuler et dénicher de bonnes affaires, une politique de bas prix assise sur une marge de profit réduite et une prompte rotation des marchandises, la possibilité de retourner et d’échanger la marchandise insatisfaisante et des soldes à intervalles réguliers. Le Bon Marché offrait en outre de nombreux agréments à sa clientèle : magasin équipé d’ascenseurs, livraison à domicile, buffet et journaux gratuits, ballons distribués aux enfants. L’usage de la réclame était systématisé : affiches, catalogues, vitrines, animations. En 1856, le premier catalogue de vente par correspondance est lancé.


Premier catalogue de vente du Bon Marché, 1867
Premier catalogue de vente du Bon Marché, 1867
© Le Bon Marché,

L’annexion des communes limitrophes entraînera le doublement de la population parisienne entre 1851 et 1871. Les opérations financières du baron Haussmann enrichiront la bourgeoisie qui constituera la clientèle des premiers Grands Magasins.

Aristide Boucicaut a également inventé les principes de commission sur les ventes et de participation aux profits pour ses employés, chacun pourra devenir progressivement second, puis chef de comptoir et plus tard gérant. Sa femme qui a continué son affaire, est allée plus loin encore, offrant au personnel une caisse de prévoyance et des loisirs, tels que des cours de langues et de musique.
La première pierre du premier grand magasin parisien sera posée le 9 septembre 1869, durant le grand boom économique du Second Empire. Les travaux seront confiés à l’architecte Louis Charles Boileau et l’ingénieur Gustave Eiffel, deux pionniers de l’utilisation fonctionnelle du fer (pour rendre possible l’installation de larges baies vitrées) et du verre (pour permettre à la lumière naturelle d’entrer). Aristide Boucicaut adaptera l’architecture de ce magasin à l’élargissement de la consommation, aura recours aux relations publiques et à la publicité .

Le bâtiment couvrira une superficie au sol de 52 800 ² en 1887, à la fin de travaux.

Mort en 1877, Aristide Boucicaut ne vivra pas assez longtemps pour voir le couronnement de son oeuvre. Il laissera à sa veuve une entreprise de 1 788 employés réalisant un chiffre d’affaires de 72 millions de Francs, 160 fois plus qu’en 1852 !

Aristide Boucicaut a servi de modèle principal au personnage d’Octave Mouret dans le roman de la série des Rougon-Macquart, Au Bonheur des Dames d’Émile Zola.

Lettre de Lettre de Karcher
Lettre de Karcher, secrétaire de Mme Boucicaut,
lui annonçant la visite par Émile Zola du Bon Marché
pour écrire un roman sur les magasins de nouveautés,
31 mars 1882
© Le Bon Marché, coll. part. Maison A. Boucicaut

Une station du métro parisien lui est dédiée.




17 novembre 1558: Elisabeth I accède au trône

17 11 2008

Après la mort de sa demi-sœur Marie 1re Tudor, Elisabeth arrive sur le trône et fait rentrer l’Angleterre dans une nouvelle ère.

Elle fut la fille d’Henri VIII et d’Anne Boleyn (pour qui le roi avait divorcé sans le consentement du pape, ce qui avait provoqué le schisme anglican en 1534), ce qui lui valut d’abord d’être déclarée illégitime (1536-1544). Sous le règne de sa demi-soeur Marie Tudor, elle se montra catholique, mais sa compromission dans une révolte protestante la mena en prison (1554).

Elisabeth monta sur le trône en 1558, conformément au testament d’Henri VIII, et rétablit l’Église anglicane afin d’échapper aux critiques des catholiques (qui la considéraient toujours comme bâtarde) et aux calvinistes (qui contestaient la hiérarchie ecclésiastique). Au début de son règne, elle prit soin de conserver de bonnes relations avec Philippe II d’Espagne et avec sa cousine Marie Stuart, la reine catholique d’Écosse, afin de contrebalancer la puissance française. Mais les intérêts des Espagnols catholiques n’étaient guère compatibles avec l’avènement du protestantisme anglais. D’autant plus que les catholiques anglais continuaient d’espérer un renversement de pouvoir au profit de Marie Stuart. Son excommunication par Pie V en 1570 agrava encore le danger catholique, puisque Rome lui refusait son titre de reine. Elle lança alors de violentes persécussions contre les catholiques, en particulier en Irlande que les Espagnols voulaient utiliser comme point de départ d’une reconquête catholique. Finalement, en 1587, après avoir longtemps hésité, elle fit exécuter Marie Stuart qui s’était réfugiée en Angleterre 18 mois plus tôt. La menace catholique s’apaisa à l’intérieur des frontières, mais pas à l’étranger.

Sa haine des papistes influença aussi sa politique extérieure : elle harcela Philippe II en soutenant les révoltes flamandes et en organisant le pillage des colonies espagnoles (en particulier avec l’aide de son corsaire Francis Drake). La guerre que les deux pays avaient longtemps évitée eut finalement lieu. En 1587, l’Angleterre eut vent d’une expédition Espagnole visant à renverser Elisabeth et envoya Drake détruire nombre de navires dans les ports Espagnols. L’Espagne humiliée dut attendre un an avant d’envoyer sa gigantesque flotte. L’anéantissement de l’Invincible Armada (1588) sonna le glas de la suprématie maritime espagnole et annonça la prodigieuse expansion de la marine anglaise, ce qui allait bouleverser complètement l’économie du pays et l’ordre du monde.

Elisabeth n’eut pas d’héritiers (d’où son surnom de Reine Vierge et le nom de l’Etat Virginie), et elle dut laisser le pouvoir au fils de Marie Stuart.
Elle se montra souvent hésitante pour prendre des décisions, mais elle le faisait toujours avec clairvoyance et dans l’intérêt de l’état, laissant ses propres sentiments de côté.

la bande annonce d’une suberbe série, malheureusement en anglais (la bande annonce)

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7 novembre 63 avant JC Cicéron dénonce Catilina

7 11 2008

Que de souvenirs de latin affluent à la seule citation du nom de Ciceron!!!!!! ( quousque tandem abutere Catilina patientia nostra? Quem ad finem sese effrenata jactabit audacia!!! Comme quoi même 20 ans plus tard j’ai de beaux restes!!!). Qu’en est-il de ces Catilinaires donc?

Le 9 novembre de l’an 63 avant notre ère, Cicéron (Marcus Tullius Cicero), en sa qualité de consul du peuple romain, convoque le Sénat dans le temple de Jupiter Capitolin pour dénoncer solennellement les menées d’une bande de stipendiés à la solde de son adversaire politique, le dénommé Catilina.

Ancien agent du dictateur Sylla, celui-ci avait déjà tenté de renverser les institutions républicaines en se servant du parti populaire et s’apprêtait à récidiver.

Un génie de l’art oratoire

Cicéron (106-43 avant JC) Cicéron est l’un des rares sénateurs issus de l’ordre équestre et non d’une famille patricienne. C’est ce qu’on appelle un «homme nouveau».

À 43 ans, il s’est déjà acquis dans le milieu politique romain une réputation de fervent républicain en dénonçant les prévarications de Verrès, propréteur de Sicile, dont la vénalité avait dépassé les bornes.

Trois ans plus tôt, il a aussi plaidé pour que Pompée obtienne des pouvoirs exceptionnels en vue de combattre en Orient Mithridate, roi du Pont.

Quand Cicéron prend une nouvelle fois la parole devant le Sénat, Catilina n’hésite pas à s’asseoir au premier rang de l’auditoire, ce qui offre à l’orateur l’occasion de le prendre à partie dès les premiers mots sans autre préambule :
«– Mais enfin jusqu’où, Catilina, prétends-tu abuser de notre patience ?
– Jusques à quand auras-tu l’insolence de nous narguer ?
– Jusqu’à quelle extrémité l’audace effrénée dont tu fais preuve va-t-elle t’entraîner ?»

Cicéron dénonce Catilina (Cesare Maccari)

Le consul dénonce en termes explicites les détails de la conjuration et la menace qu’elle fait peser sur la sécurité de l’État. Il fait une telle impression sur les sénateurs que Catilina ne peut rétorquer. Il ne trouve rien de mieux à faire que de s’enfuir et de susciter une rébellion armée.

Antonius, collègue de Cicéron, rassemble une armée et en vient à bout au cours de l’année suivante. Catilina perd la vie au combat et ses complices sont exécutés.

Cicéron poursuit son enquête et en expose les résultats dans quatre fameux discours, les Catilinaires, refusant toute gratification pour sa conduite.

Le Sénat lui témoigne sa reconnaissance en lui décernant le titre de Pater patriæ (Père de la patrie). Cicéron apparaît désormais comme l’un des chefs du parti des optimates, qui regroupe les partisans de l’ordre traditionnel et s’oppose au parti des popolares ou parti populaire.

Un honnête homme

En 60, quand César, Crassus et Pompée forment une association de circonstance qu’on appellera plus tard le premier triumvirat, Cicéron dénonce les menaces qui pèsent sur les institutions républicaines.

En 58, Clodius est élu tribun de la plèbe. Comme il en veut à Cicéron de l’avoir dénoncé dans l’affaire de la Bonne Déesse, il se venge en l’accusant d’avoir poursuivi Catilina sans mandat et l’envoie en exil. Mais l’opinion publique se retourne en sa faveur et, l’année suivante, les Romains accueillent le sénateur en héros.

En 52, Milon est accusé du meurtre de Clodius et Cicéron rédige un discours pour sa défense : Pro Milone - Mais il n’aura pas le courage de le prononcer.

Lors de la rupture entre César et Pompée, Cicéron fait le mauvais choix en se ralliant au second. Mais César, sensible à ses qualités et à son entregent, ne lui en garde pas rancune. L’orateur se retire alors de la vie publique et se consacre à ses travaux littéraires et philosophiques.

Après l’assassinat de César, il croit possible la restauration de la République et prend le parti du jeune Octave, qu’il croit pouvoir manipuler, contre Marc-Antoine.

Mais les deux candidats à la succession de César se réconcilient dans son dos et Marc-Antoine inscrit Cicéron sur la liste des proscrits. L’infortuné Cicéron est rejoint à Gaète par une troupe de spadassins et meurt courageusement le 7 décembre 43 avant JC.

Voici ce que rapporte Plutarque:

Le 7 décembre 43 av. J.-C, Cicéron est en fuite. Frappé par les
proscriptions, l’ancien consul tente de rejoindre la
Macédoine. Mais l’armée d’Antoine, qui cherche à prendre la succession
de César, parvient à l’arrêter.
« Sur ces entrefaites, les assassins arrivèrent : c’étaient le centurion
Herennius et le tribun militaire Popillius
que Cicéron avait autrefois défendu dans un procès de parricide et, avec
eux, une troupe de satellites’.
Ayant trouvé les portes closes, ils les enfoncèrent et comme Cicéron ne
paraissait pas et que les gens de la
maison affirmaient ne rien savoir, un jeune homme, dit-on, instruit par
Cicéron dans les belles lettres et les
sciences [...] apprit au tribun qu’on portait la litière2 vers la mer
par les allées boisées et couvertes. Le
tribun prit avec lui une poignée d’hommes et courut par un détour à
l’endroit où débouchaient les allées.
Cicéron, ayant entendu le bruit de la course d’Herennius par les ailées,
ordonna à ses serviteurs de déposer
là sa litière et, portant, d’un geste qui lui était familier, la main
gauche à son menton, fixa droit les
meurtriers, plein de poussière, les cheveux en désordre et le visage
contracté par l’angoisse, si bien que la
plupart se voilèrent le visage pendant qu’Herennius l’égorgeait. II se
laissa égorger en tendant le cou hors
de la litière. II avait soixante-quatre ans. Ils lui coupèrent la tête
et les mains, ainsi que l’avait ordonné
Antoine, les mains avec lesquelles il avait écrit les Philippiques.
Antoine ordonna de placer sa tête et ses
mains au-dessus des Rostres, à la tribune, spectacle qui fit frissonner
les Romains convaincus de voir, non
le visage de Cicéron, mais l’image de l’âme d’Antoine. »
Plutarque, /Vies Parallèles/, « Vie de Cicéron », 48-49 trad. J.-A.
Pierron © Flammarion -1996

Article réalisé à partir de celui de  Gabriel Vital-Durand (site Hérodote).



4 novembre 1922: Découverte du tombeau de toutankhamon

4 11 2008

L’archéologue anglais Howard Carter et son équipe réussissent à dégager un escalier de pierre descendant jusqu’à la tombe du souverain égyptien. Carter attendra plusieurs jours avant de parvenir au tombeau. La plus petite des sépultures de toute la vallée des rois, la tombe de Toutankhamon est restée célèbre car tous les trésors qu’elle renfermait ont été entièrement préservés.

Prévenu par un télégramme, lord Carvanon se rendra aussitôt sur les lieux pour assister le 22 novembre 1922 à la découverte du fabuleux trésor. Voici ce qu’il rapporte :

– « D’abord, je ne vis rien. L’air chaud qui s’échappait de la chambre faisait vaciller la flamme de la bougie.
Puis, à mesure que mes yeux s’accoutumaient à l’obscurité, des formes se dessinèrent lentement : d’étranges animaux, des statues et partout le scintillement de l’or. Pendant quelques secondes, qui devaient sembler une éternité à mes compagnons, je restai muet de stupeur ».

La première chambre, de dimensions modestes, regorgeait d’objets, notamment trois lits de parades et deux chars dorés ainsi deux statues du roi grandeur nature ainsi que de nombreux autres objets. Deux coffrets de vases canopes renfermaient les viscères du roi. La nouvelle fera grand bruit et il faudra faire appel à l’armée pour protéger le site. La seconde chambre funéraire ne sera découverte qu’en février 1923 après avoir transférer en lieu sûr les meubles et objets de la première chambre. Elle renfermait la momie du pharaon enfermée dans une série de cercueils emboîtés les unes dans les autres.

Le dernier, celui qui contenait la dépouille, était en or massif et pesait plus d’une tonne ! Le corps embaumé portait un masque d’or de onze kilos à l’effigie du pharaon et était recouvert de pectoraux et de bijoux en grande quantité.

La troisième salle, gardée par une statue grandeur nature d’un chacal couché représentant Anubis, renfermait de très nombreuses pièces remarquables, notamment des barques et du mobilier nécessaires à la vie dans l’Autre Monde, notamment des trônes magnifiques.

Le démontage des sarcophages prendra plus de quatre ans et le déménagement total des 2000 pièces trouvées durera une décennie supplémentaire. Lord Carvanon n’aura pas le loisir d’aller au bout de cette aventure. Il décédera en 1923, quelques mois après l’ouverture du tombeau. Howard Carter, mort en 1939, devra céder à la pression des autorités égyptiennes et ne tirera pas de fortune de sa découverte. Il n’obtiendra, au terme de pourparlers souvent difficiles, que les droits de publication de la découverte, l’état égyptien conservant l’ensemble du trésor.

La momie la plus célèbre du monde est désormais visible. Sorti de son sarcophage, Toutankhamon repose dans une vitrine transparente. Il y est paraît-il mieux protégé que dans son tombeau de pierre, trop fréquenté par les touristes.

Voir le reportage télévisé

http://tf1.lci.fr/infos/sciences/0,,3610965,00-visage-toutankhamon-devoile-.html