27 decembre 537: inauguration de Sainte Sophie

27 12 2008

L’Empereur Justinien inaugure à Constantinople (actuelle Istanbul) la basilique Sainte-Sophie construite par les architectes Anthémios de Tralles et Isidore de Milet. Chef d’œuvre de l’architecture byzantine elle est élaborée avec des matériaux précieux et des éléments pris aux temples de Grèce ou d’Egypte. Sainte-Sophie deviendra une mosquée quand les Ottomans du sultan Mehmet II prendront Constantinople en 1453.

Au commencement:

Constance II le Jeune (Flavius Julius Constantius), le deuxième fils de Constantin I et de Fausta, commence à bâtir peu avant 350 une grande basilique devant le palais impérial. On sait que ses dimensions au sol sont à peu près égales à celles de la cathédrale actuelle, un peu plus longue et un peu moins large.

Elle possédait cinq nefs et des galleries, un narthex et un atrium. Elle était consacrée au Christ et Constance l’appela simplement La Grande Eglise.

Elle est agrandie quelques années après son inauguration en 360.

L’édifice de pierre à la toiture de bois fut brûlé en 404 lors d’une émeute.

La Basilique sera reconstruite en 415 par l’empereur Theodose II pour être incendiée à nouveau en 532 pendant le soulèvement sanglant qui a éclaté lors d’une course de char à l’hippodrome.

L’insurrection qui était dirigée contre l’empereur Justinien, embrasa Constantinople pendant six jours, tuant dix milles personnes et détruisit de nombreux bâtiments.

Justinien construit le plus grand édifice Chrétien du monde

Justinien Ier

Justinien Ier
C’est à la demande de son épouse Theodora que Justinien Ier ordonna de la  rebâtir l’église sur les vestiges de l’ancien ouvrage. Le chantier débuta en 532, mobilisant 10 000 ouvriers et 100 maîtres d’œuvre pour se terminer 5 ans 10 mois et 10 jours plus tard le 26 décembre 537. Il voulait construire le plus beau bâtiment jamais vu en surpassant le Temple de Salomon à Jérusalem.

Il mit le trésor de l’état à disposition de l’architecte Anthémios de Tralles (ancien directeur de l’Académie platonicienne d’Athènes) et du mathématicien Isidore de Milet, tous deux originaire de l’ouest de l’Asie Mineure.

Les murs seront recouverts de marbres polychromes provenant des provinces de l’Empire : marbre blanc de Marmara, marbre vert de l’île d’Eubée, marbre rose des carrières de Synada, marbre jaune d’Afrique, porphyre d’Egypte.

Les bâtisseurs utilisèrent sans scrupules les matériaux et ornements provenant des anciens monuments de l’Empire. Plus de 100 colonnes proviennent de l’Artémision à Ephèse (temple d’Artémis, la quatrième des sept merveilles du monde), et ils se servirent ainsi dans les temples d‘Héliopolis, en Phénicie, d’Athènes, de Délos et le sanctuaire d’Osiris en Égypte.

La lengende rappelle qu’il se serait écrit lors de l’inauguration grandiose de sa cathédrale :  » Je t’ai surpassé, ô Salomon ! « . Le souverain fera construire à proximité une statue de Salomon admirant Sainte-Sophie.

Ils essayèrent pour la première fois dans l’histoire de l’architecture de construire un dôme central colossal de 38 mètres de diamètre au-dessus d’un plan rectangulaire. Le problème le plus important était l’énorme taille du dôme et de la pression qu’il a exercée sur les murs latéraux. Ils ne maîtrisaient pas correctement la technique pour cette construction jamais égalée dans le monde. Au fil du temps, la contrainte pour les murs latéraux qui s’inclinaient de plus en plus vers l’extérieur fut telle que l’édifice s’effondra en 558 à la suite d’un tremblement de terre.


Reconstruction de l’église par Isodore

Isidore le Jeune (neuveu d’Isidore de Milet) reconstruit un deuxième dôme, plus haut que l’original mais d’un diamètre inféréreur de 7 mètres. Malgrè cela, il s’effondra en partie encore deux fois au Xe et au XIVe siècle. C’est en 989, après un tremblement de terre que l’architecte arménien Trdat reconstruisit le dôme de Hagia Sophia. Il bâtit également, entre 989 et 1001, la cathédrale d’Ani en Arménie.
Bien plus tard, en 1054, la basilique nouvelle deviendra l’un des coeurs de l’orthodoxie à Constantinople.

La Cathédrale était, lors de sa construction, le plus grand édifice chrétien du monde. Elle devient une cathédrale catholique romaine pendant l’occupation des croisés et jusqu’à leur départ de 1206 à 1261.

Puis le sultan ottoman Mehmed II qui s’emparera de Constantinople en 1453 en fit une mosquée.
Il fit recouvrir le Christ Pantokrator
qui ornait la coupole par des calligraphies. Les mosaïques qui restèrent apparentes seront enduites de plâtre à partir de 1750 pour ne pas heurter la branche conservatrice de l’Islam qui voit la représentation iconographique comme un blasphème. Les Ottomans ont ajouté quatre minarets en plus des noms d’Allah et de Mahomet sur deux panneaux de bois à l’intérieur de l’édifice. Elle restera la mosquée principale de Constantinople pendant cinq siècles.




19 Décembre 1154:Aliénor devient reine D’Angleterre

19 12 2008

Henri d’Anjou (21 ans) et sa femme, Aliénor d’Aquitaine (32 ans) ceignent la couronne d’Angleterre le 19 décembre 1154. Leur couronnement à Westminster est le résultat d’un incroyable concours de circonstances.

Tragédie à la cour

Geoffroi V le Bel dit Plantagenêt (1113-1151), émail champlevé34 ans plus tôt, à la Noël 1120, un navire, la Blanche Nef, avait fait naufrage en sortant du port de Barfleur, en Normandie.

Parmi les naufragés figuraient les fils du roi Henri 1er Beauclerc. Celui-ci était le fils cadet de Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, que l’on appela plus tard le Conquérant en raison de son débarquement triomphal en Angleterre.

Henri 1er Beauclerc était devenu roi d’Angleterre après avoir évincé Robert Courteheuse, son frère aîné, pendant qu’il était à la croisade ! Désespéré par la perte de ses fils, il désigne sa fille Mathilde pour héritière. Celle-ci a épousé en 1114, à 12 ans, l’empereur d’Allemagne Henri V, qui en avait alors 33.

Veuve en 1125, Mathilde est trois ans plus tard remariée par son père au futur comte d’Anjou, de Tours et du Maine, Geoffroi V le Bel. Celui-ci est aussi appelé «Plantagenêt». Ce surnom lui vient de son père Foulque qui avait coutume de porter une branche de genêt piquée dans son chapeau ! Il deviendra le nom de la dynastie.

Quand meurt Henri 1er, Mathilde est donc proclamée reine d’Angleterre (et duchesse de Normandie) mais son cousin, Étienne de Blois, petit-fils de Guillaume le Conquérant par sa mère, se rebiffe et usurpe la couronne !

Étienne et Mathilde n’ont dès lors de cesse de se combattre. Mais en 1153, il perd son fils unique Eustache. Il se résigne alors à désigner le fils de Mathilde et Geoffroi pour lui succéder. Sa mort, survenue en octobre 1154, ouvre le chemin du trône à celui-ci, Henri Plantagenêt.

Le nouveau roi inaugure la dynastie des Plantagenêts sous le nom de Henri II. Il a épousé l’année précédente la duchesse Aliénor d’Aquitaine, après qu’elle eût divorcé de son premier époux, le roi de France Louis VII. C’est ainsi qu’il apporte au royaume d’Angleterre un vaste domaine qui couvre l’Ouest et le Sud-Ouest de la France et auquel on donnera le nom d’«Empire angevin».

Cet empire survivra moins de dix ans à la mort d’Henri II. Il sera victime des querelles entre les fils du roi, de l’habileté de Philippe Auguste ainsi que du caractère irascible du roi lui-même, à l’origine de la mort de son ex-ami, Thomas Becket.

Contentieux

L’avènement des Plantagenêt est à l’origine d’un très long contentieux entre la France et l’Angleterre, marqué par… deux Guerres de Cent Ans : au XIIIe siècle sous les règnes de Philippe Auguste, Louis VIII et Saint Louis, et plus tard, aux XIVe et XVe siècles, sous les règnes de Philippe VI, Jean II, Charles V, Charles VI et Charles VII.

Le contentieux ne sera clos qu’avec la prise de Calais, dernière possession anglaise sur le Continent, le 6 janvier 1558.

Article rédigé par André Larané (site hérodote)



15 Décembre 37: naissance de Néron

15 12 2008
Néron : 15 décembre 37 à Antium (Latium, Italie) – 9 juin 68 à Rome (Italie)

Néron est l’arrière-arrière-petit-fils de l’empereur Auguste par sa mère, Agrippine la Jeune. Celle-ci est la fille d’Agrippine l’Aînée et la soeur de l’empereur Caligula. Elle se remarie avec Claude, successeur de Caligula et intrigue dès lors pour hisser son fils à la tête de l’empire romain en lieu et place de Britannicus, né d’un premier mariage de Claude ! Conformément à ses souhaits, la garde prétorienne proclame Néron (17 ans) empereur à la mort de Claude, le 13 octobre 54.

source: http://www.empereurs-romains.net/emp06agen.htm

Le jeune homme, assisté par le philosophe Sénèque et le préfet du prétoire Burrhus, se montre d’abord débonnaire, davantage intéressé par la poésie que par le pouvoir. Puis, comme sa mère devient de plus en plus envahissante et se tourne vers Britannicus, Néron fait assassiner ce dernier en 55. À l’instigation de sa maîtresse Poppée Sabrina, il fait aussi assassiner sa propre mère en 59 puis son ex-femme, Octavie, fille de Claude.

Burrhus étant mort et Sénèque ayant pris sa retraite, Néron, sous l’influence de Poppée, devenue sa femme, sombre dans la démesure, voire la démence. Il prend part aux jeux du cirque, fait des tournées de chant,… Après l’incendie de Rome, en 64, il construit un nouveau palais, la Maison dorée, dans des dimensions grandioses.

Il n’est nullement prouvé que Néron soit l’auteur de l’incendie de Rome (64) : la rumeur populaire l’accusa, et il rejeta le crime sur les chrétiens. Les uns furent jetés aux bêtes; d’autres, enduits de poix, servirent de torches pour éclairer pendant une fête les jardins de Néron. Ce fut la première persécution (64-68). Cependant, il s’adonnait à des débauches innommables, scandalisait Rome en montant sur les planches.

Sa femme Poppée s’étant moquée de lui, il la blesse mortellement d’un coup de pied dans le ventre ! Il assure sa popularité en multipliant les spectacles et les prodigalités et se procure les ressources indipensables en dépouillant les sénateurs. L’un de ceux-ci, Pison, conspire contre l’empereur. Il est démasqué et tué en 65, ainsi que ses soutiens supposés, Sénèque, Lucain, Pétrone…

Les meilleures choses ayant une fin, des généraux se soulèvent. Galba, gouverneur de l’Espagne, est proclamé empereur cependant que Néron, déposé par le Sénat, supplie son secrétaire Épaphrodite de le tuer.  » Qualis artifex pereo ! » («Quel artiste meurt avec moi !» ) s’écria-t-il à son sujet, au moment de périr.

A voir et à lire:

« Quo Vadis »

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Les expositions universelles

11 12 2008

Les Expositions universelles

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les Expositions universelles rythment la vie des capitales européennes. Au fil des Expositions, l’imagination des architectes rivalise avec l’audace des organisateurs, et si certaines constructions grandioses sont détruites une fois la fête terminée, d’autres, comme la tour Eiffel (1889) ou le Grand Palais (1900), changent définitivement le visage de la capitale.
Vitrines du commerce, de l’industrie et des beaux-arts des différentes nations, les Expositions universelles sont l’occasion d’une confrontation pacifique entre les peuples. L’exotisme des pavillons étrangers y ajoute une touche ludique qui attire et attise la curiosité de millions de visiteurs.
La première Exposition universelle a lieu en 1851 à Londres, où le Crystal Palace, palais de verre et de métal, frappe les esprits par sa transparence, son immensité et ses techniques de construction.
Paris offre sa réponse dès 1855 lors de sa première Exposition universelle, où est édifié pour l’occasion le palais de l’Industrie, inspiré du Crystal Palace. La France montre ainsi sa capacité à renouveler l’exploit technique, ajoutant même une façade de pierre, ce qui fascine le public.
Dès 1867, Paris organise des Expositions universelles tous les onze ans. La capitale fleurit alors de constructions éphémères, dont le succès, parfois, conduit à pérenniser des monuments : ainsi de la tour Eiffel, d’abord destinée à être détruite une fois l’Exposition universelle de 1889 terminée. La Tour Eiffel, achevée en 1889, est le plus célèbre édifice hérité des Expositions universelles parisiennes. A partir de 1855, ces gigantesques manifestations célèbrent le progrès et exposent au monde entier la puissance du pays exposant. Bien d’autres constructions, parfois tout aussi audacieuses, ont disparu une fois la fête terminée. Photo © Roget-Viollet. Les photos sont tirées du livre « Sur les traces des Expositions universelles. Paris 1855-1937″. Editions Parigramme le palais des colonies
Le Grand Palais, lui, est dès l’origine conçu pour durer.
Preuve de leur succès, les emplacements des Expositions universelles s’étendent de plus en plus au fil des ans : le Champ-de-Mars, l’Esplanade des Invalides, une partie des Champs-Élysées, les deux rives de la Seine entre le Trocadéro et les Champs-Élysées. Les chiffres sont éloquents : 16 hectares en 1855, 135 en 1900, l’année de la construction du Grand Palais. Parallèlement ; l’affluence du public grandit et dépasse les 50 millions pour l’Exposition universelle de 1900.

La toute jeune IIIème République veut, elle aussi, son Exposition. Attractions à ne pas manquer, le lâcher de ballon, ou encore la visite de la tête colossale de la statue de la Liberté pour 5 centimes, avant que l’oeuvre de Bartholdi ne soit donnée aux Etats-Unis en 1886. « La liberté n’a pas de cervelle » s’amusent les visiteurs. Photo © Coll. Kharbine-Tapabor

En 1900, Paris est en fête. A gauche : sur la place de la Concorde, la porte d’entrée de l’Exposition, monumentale et surmontée de la Parisienne. Le bas relief de cette porte est aujourd’hui à Breuillet dans l’Essonne.
En 1937, Paris est à nouveau le siège d’une grande Exposition universelle, mais les tensions internationales entre fascistes, communistes et pacifistes sont au rendez-vous : ici, l’aigle du IIIème Reich fait face à la statue soviétique de l’Ouvrier et de la kolkhozienne. © Roget Viollet