Le 10 janvier 1929: 1° aventure de Tintin et Milou

10 01 2009

Le 10 janvier 1929, le dessinateur belge Georges Rémi (21 ans), plus connu sous son pseudonyme Hergé (d’après ses initiales), publie la première aventure de Tintin et Milou. Éternel témoin de son temps, le jeune reporter du Petit Vingtième est amené dans cette première aventure à visiter le pays des Soviets. À cette époque, régnait une obsession anti-communiste très importante et il ne paraissait pas trop mauvais aux responsables du journal de mettre leurs jeunes lecteurs au courant de la réalité du bolchevisme.

Hergé, qui n’a jamais fait mystère de ses opinions anti-communistes, en profite pour dénoncer la dictature stalinienne et montrer l’envers du décor.

La rédaction du journal, politiquement très à droite, compte sur ce « reportage » pour dénoncer les méfaits du communisme. Ainsi, Hergé joue avec la prétendue bonne santé économique de l’Union : le héros Tintin visitant une usine s’aperçoit qu’elle n’est en fait qu’un simple décor. Il découvre également qu’on ne distribue pas de pain aux jeunes enfants non communistes, et que le gouvernement détourne les récoltes des paysans à des fins de propagande à l’étranger. Il existe aussi une scène où trois communistes s’adressent à un rassemblement de personnes pour procéder à un « vote » entre une liste communiste et une liste non communiste. Voici d’ailleurs de quelles façon sont évoquées des élections en URSS.

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Pour créer Tintin au pays des Soviets, Hergé n’a pas eu le loisir de visiter le pays dans lequel Tintin était envoyé, ni de s’inspirer d’une documentation abondante. Tous les éléments que contient cet épisode furent fournis par « Moscou sans voiles« , écrit par Joseph Douillet, ancien consul de Belgique en Russie, à Rostov-sur-le-Don. Dans son ouvrage, Douillet attaque vivement le communisme et le gouvernement soviétique . « Tintin au pays des Soviets« est en quelque sorte la mise en BD de « Moscou sans voiles », qui constituait sa principale source documentaire.

En dépit de quelques outrances, il se montre plus clairvoyant que bien des Occidentaux illustres de son époque, comme le maire de Lyon Édouard Herriot qui voyagea en Ukraine pendant la grande famine de 1932-1933 et ne se rendit compte de rien (mais si rappelez vous, nous l’avons vu en vidéo!!!!).

Une adaptation en dessin animé de quelques images de la BD

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9 janvier 1317 : Sacre de Philippe V le Long à l’origine de la guerre de 100 ans

9 01 2009

Le 9 janvier 1317, Philippe, comte de Poitou, deuxième fils du roi Philippe le Bel et de Jeanne de Navarre, se fait hâtivement sacrer à Reims. Il empêche ce faisant que sa nièce ne monte sur le trône…( voir scandale de la tour de Nesles, plus bas).
Son frère aîné Louis X le Hutin étant mort le 5 juin 1316 en laissant une fille et une épouse enceinte, Clémence de Hongrie, Philippe a assuré la régence du royaume en attendant la naissance de l’enfant posthume. Celui-ci s’avérant être un garçon, il est devenu roi sous le nom de Jean 1er Posthume mais est mort quatre jours après sa naissance, soit le 19 novembre 1316.
Plusieurs princes du sang ont alors songé à placer sur le trône sa soeur Jeanne mais Philippe les a pris de vitesse en réunissant les états généraux qui ont déclaré les femmes inaptes à monter sur le trône capétien !
Ce principe sera une nouvelle fois invoqué onze ans plus tard pour justifier l’avènement de Philippe VI de Valois. Contesté par le roi d’Angleterre malgré la référence des juristes français à une prétendue «loi salique», il débouchera sur la guerre de Cent Ans.

A l’origine de la crise dynastique: une sombre histoire d’adultère!!!!
Philippe IV le Bel épousa Jeanne Ière de Navarre qui lui donna quatre enfants en âge de devenir adulte. L’aîné, Louis X dit le Hutin ou le Noiseux en raison de son prétendu caractère fougueux, épousa Marguerite, fille de Robert II de Bourgogne et d’Agnès, une fille de Louis IX (saint Louis). La jeune épouse aimait la vie. Le second fils, Philippe V le Long, épousa Jeanne de Bourgogne, fille d’Othon IV de Bourgogne et de Mahaut d’Artois. Le troisième fils, Charles IV le Bel, porta son choix sur Blanche de Bourgogne, soeur de Jeanne, à la fois frivole et influencée par sa belle-soeur Marguerite. Le quatrième enfant sera une fille, Isabelle de France (la Louve de France).Marguerite et Blanche prendront pour amants les frères Gautier et Philippe d’Aunay quelques années après leur mariage.

Scandale dit « de la tour de Nesles »

Philippe IV le Bel, un homme très pieux qui restera chaste au cours des neuf années de son veuvage, apprendra le scandale de la bouche de sa fille, Isabelle, au cours d’un séjour à l’abbaye de Maubuisson en 1314. Ces crimes de lèse-majesté constituaient tout autant une atteinte à la morale qu’une menace en raison du doute sur la légitimité des enfants des brus du roi.

Marguerite et Blanche seront jugées et condamnées à être tondues. Elles seront habillées de robes grossières et envoyées dans les geôles du château Gaillard.

Marguerite, enfermée dans une geôle ouverte à tous vents au sommet du donjon, décédera à la fin de l’hiver 1314. Blanche, mieux protégée des intempéries, sera transférée à Gravai en Normandie lors du couronnement de son mari Charles IV. Elle finira ses jours sous les habits d’une religieuse en 1326, à l’abbaye de Maubuisson.

Jeanne de Bourgogne, placée sous surveillance au château de Dourdan,

sera finalement libérée et retrouvera sa place à la cour. Les actes d’adultère, qui n’étaient pas considérés par l’Eglise comme un motif suffisant pour annuler le mariage des fils du roi, compromettaient le sort de la dynastie capétienne.

Les frères d’Aunay, arrêtés et soumis à la question, avoueront leurs méfaits. Ils seront dépecés vivants à Pontoise le 19 avril 1314, le vendredi qui suivait le dimanche de Quasimodo. Leur sexe, tranché, sera jeté aux chiens. Ils seront enfin décapités et leur corps sera pendu au gibet par les aisselles.

Comment les femmes de France furent exclues du trône:

Le décès de Marguerite, qui n’avait donné naissance qu’à Jeanne II de Navarre (future reine de Navarre et mère de Charles le Mauvais), permettra à Louis d’épouser Clémence de Hongrie. Ce dernier, devenu roi, aura tout juste le temps de concevoir un fils avant de mourir. La reine accouchera d’un fils, Jean Ier le Posthume, qui ne vivra que quatre jours. Philippe V le Long, qui assurait la régence, succédera à son frère Louis X le Hutin et à Jean Ier. Il écartera Jeanne II de Navarre, la fille de Louis X le Hutin et de Marguerite, non pas en vertu de la loi salique qui excluait les femmes de la succession et qui ne sera mentionnée pour la première fois qu’en 1358, mais en raison des doutes qui pesaient sur sa paternité.

La femme de Philippe V le Long, Jeanne de Bourgogne, ne donnera naissance qu’à trois filles. Charles IV le Bel, le troisième fils de Philippe IV le Bel, héritera du trône à la mort de son frère. Il obtiendra l’annulation de son mariage avec Blanche, malgré l’attachement qu’il lui portait, en invoquant l’argument d’une trop proche parenté qui avait déjà été retenu lors de la séparation entre le Jeune (Louis VII) et Aliénor d’Aquitaine. Ne pouvant prétendre à une quelconque parenté réelle, Charles IV le Bel revendiquera une relation consanguine spirituelle prévue par le droit canonique. Mahaut d’Artois, mère de son épouse, était également sa marraine. Son épouse Blanche était donc sa soeur spirituelle. Charles IV épousera Marie de Luxembourg qui décédera alors qu’elle était enceinte. Le troisième mariage sera le bon. Charles IV le Bel épousera Jeanne d’Evreux, sa cousine, qui lui donnera une première fille, morte prématurément, puis une fille posthume.

Isabelle de France (la Louve de France), épousera Edouard II (de Carnavon), roi d’Angleterre, qui s’avérera homosexuel. Elle s’enfuira de France en emportant son fils et prendra le baron Roger Mortimer pour amant de façon quasi-officielle. Elle s’associera avec Edmond, frère du roi pour enfermer son mari à Berkeley. Ce dernier y décédera de façon suspecte en 1327 après avoir abdiqué. Certains historiens prétendent qu’il sera assassiné au fer rouge dans les entrailles. La reine et son amant exerceront alors la régence jusqu’à la majorité d’Edouard III. Ce dernier, couronné en 1330, fera exécuter Mortimer et reléguera sa mère au château de Norfolk où elle décédera en 1358.

La noblesse de France, dépourvue d’héritier mâle en ligne directe, confiera le trône au représentant de la branche cadette des Valois. Philippe VI de Valois (le roi salique), premier roi de cette dynastie, sera contesté par le roi d’Angleterre et celui de Navarre qui revendiquaient leurs droits. Le conflit donnera naissance à la guerre de Cent ans.

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à lire »Les rois maudits » de Maurice Druon, et pour les plus fainéants à regarder la serie de Claude Barma en 1972 adaptée des livres (celle de Josée Dayan en 2005 ne vaut rien à mon goût!!)


Apparition de Sherlock Holmes, le 6 janvier 1887

6 01 2009

La légende veut que Sherlock Holmes ait fait sa première apparition le 6 janvier 1887 (c’était plus certainement à la fin de la même année).

Le public britannique découvre le détective et son ami, le docteur Watson, dans une nouvelle intitulée A study in scarlet (titre français : Une étude en rouge) et publiée par le Beeton’s Christmas annual.

La nouvelle relate une tragédie amoureuse chez les Mormons. Elle met en valeur les capacités déductives du détective, par ailleurs vieux garçon et maniéré.

Son auteur est un médecin de 27 ans originaire d’Édimbourg, Arthur Conan Doyle. Il s’est inspiré de l’un de ses professeurs de l’Université d’Édimbourg, le professeur Bell, pour ébaucher le portrait de son célébrissime détective.

Comme écrivain, Conan Doyle s’inscrit dans la lignée de l’Américain Edgar Allan Poe, de l’Écossais Robert Louis Stevenson et du Français Émile Gaboriau, inventeur de l’inventeur Lecoq (Sherlock viendrait d’une déformation de cher Lecoq !).

Les aventures de Sherlock Holmes composent un palpitant portrait de l’époque victorienne. Contemporaines des crimes bien réels de Jack L’Éventreur (1888), elles satisfont le goût du public pour le mystère.

Un site complet sur ce héros

http://www.sshf.com/

Pour ma part, je préfère lire les aventures d’Arsène Lupin.

D’ailleurs, on y trouve un clin d’oeil à Sherlock Holmes à travers l’un de ses rivaux,  le détective britannique Herlock Sholmès (parodie de Sherlock Holmes).

Un site sur Arsène Lupin

http://www.arsene-lupin.com/

Mais le « must du must » pour les amateurs du genre, reste « les aventures d’Eraste Petrovitch Fandorine » de Boris Akounine, en particuliers le volume intitulé  » la prisonnière de la tour » (editions presse de la cité) qui met en scène avec un plaisir jubilatoire la rencontre d’Arsène Lupin, de Sherlock Holmes et d’Eraste Fandorine!!!! Un pur moment de bohneur!!

Voici un lien pour découvrir ces romans:

http://yodup.club.fr/critiques_bouquins/historique/erastefandorine.htm