Mort de César: 15 mars -44
15 03 2009Le 15 mars 44 avant JC, Jules César est assassiné, en pleine séance du sénat, au pied même de la statue de Pompée.
Du régime Césarien à l’assassinat :
La nature de ses pouvoirs varie, car il alterne dictatures et consulats avant d’obtenir l’inviolabilité tribunicienne et la dictature à vie. Il est l’objet d’un véritable culte, occupe un siège en or dans la Curie, et obtient le droit de frapper des monnaies de Rome à son effigie. Il augmente le nombre des magistrats afin d’être mieux secondé, multiplie les consuls remplaçants et nomme des préfets. De cette manière, JULES CESAR étoffe les cadres administratifs, comble d’honneurs et de ressources ses partisans, rallie des mécontents et constitue un sénat plus docile qu’il porte à 800 membres.
Bien qu’en possession du pouvoir absolu,
César va gouverner dans l’intérêt général en amnistiant de ses anciens adversaires, en favorisant le retour des exilés politiques, auxquels il confie même souvent de hautes charges. Ce mot d’ordre de clémence lui permet aussi d’obtenir des ralliements (notamment celui de Cicéron) et de s’assurer une légitimité plus conforme aux traditions. Il entreprend une série de réformes, dont l’introduction de Gaulois et d’Espagnols au Sénat et la modification du calendrier.Il donne des terres (Carthage, Narbonne, Arles, Urso) à ses vétérans pour fonder des colonies en Italie, en Afrique ou en Grèce, mais avec obligation de garder leurs terres pendant 20 ans, et leur fait distribuer de l’argent.
Cependant, à Rome, ses ennemis sont toujours actifs et décidés à le renverser. D’ailleurs, même ses partisans comprennent qu’il entend demeurer le maître absolu et inaugurer un régime politique novateur. Une conspiration s’organise contre lui, regroupant moins de 25 sénateurs, mais qui sont assurés de l’accord de la plupart de leurs pairs, y compris de quelques partisans de César. Les conjurés de ce complot dirigés par Brutus (le neveu de CATON) et Cassius décident d’agir à Rome, où le dictateur est moins protégé. Le but de cette conspiration est la mort du tyran et la restauration de la république oligarchique.
Avant de rendre son dernier souffle, César découvre parmi ses assassins Brutus, qu’il aimait comme un fils. Il lance en grec: « Kai su teknon », qui sera traduit en latin populaire par « Tu quoque, mi fili » (« Toi aussi, mon fils »). Son corps sera ramassé par des esclaves et incinéré, comme le veut la tradition, au Champs de Mars. Dans son testament, César a désigné pour héritier son fils adoptif, Octave, futur empereur Auguste. Ce dernier gardera le nom de « César » en hommage à son célèbre père d’adoption. César donnera « kaiser » en allemand et » tsar » en russe.
Voici comment Suètone (un agent de la propagande Octavienne) décrit les derniers jours de César: (Suétone, Vie des douze Césars, Traduction de Henri Ailloud, ed. Folio)
Les derniers jours <avant sa mort> César apprit que les troupes de chevaux, qu’en franchissant le Rubicon il avait consacrées au dieu du fleuve et laissé errer sans gardien, se privaient obstinément de nourriture et versaient d’abondantes larmes. De plus, tandis qu’il sacrifiait, l’haruspice Spurinna l’avertit « de prendre garde à un péril qui ne serait pas reculé au-delà des Ides de mars ». [...] Durant la nuit qui précéda le meurtre, [...] sa femme Calpurnia rêva que le faîte de leur maison s’écroulait et que son mari était percé de coups entre ses bras.[...]
(César se rend néanmoins au Sénat)
Après avoir immolé plusieurs victimes sans pouvoir obtenir des présages favorables, il pénétra dans la Curie, méprisant tout scrupule religieux et se moquant de Spurinna qu’il accusait de mensonge, parce que les Ides de mars étaient venues sans qu’il eût le moindre mal; à quoi l’haruspice répondit « qu’elles étaient bien arrivées, mais non passées ».
« Tous les conjurés fondirent en un seul les plans jusque-là distincts qu’ils avaient formés ; le peuple lui-même n’était plus favorable au régime actuel, mais, soit en secret, soit ouvertement, il dénigrait la tyrannie et réclamait des libérateurs. (….)
Plus de soixante citoyens conspirèrent contre lui, ayant à leur tête Gaïus Cassius, Marcus et Decimus Brutus. Les conjurés se demandèrent d’abord s’ils l’assassineraient au Champ de Mars, pendant les élections, tandis qu’il appellerait les tribus à voter, les uns le précipitant du haut du pont, les autres l’attendant en bas pour l’égorger, ou s’ils l’attaqueraient sur la Voie Sacrée, ou encore à l’entrée du théâtre, mais lorsqu’on eut fixé que le sénat se réunirait aux Ides de Mars dans la curie de Pompée, ils n’eurent pas de peine à préférer cette date et ce lieu. »
L’assassinat de Jules César
Tandis qu’il s’asseyait, les conjurés l’entourèrent, sous prétexte de lui rendre hommage, et tout de suite Tillius Cimber, qui s’était chargé du premier rôle, s’approcha davantage, comme pour lui demander une faveur ; mais César faisant un signe de refus et le renvoyant à un autre moment, Tillius saisit sa toge aux deux épaules ; alors, comme César s’écriait : « Cette fois, c’est de la violence ! » l’un des deux Casca le blessa par derrière, un peu au-dessous de la gorge. César, lui ayant saisi le bras, le transperça de son poinçon, et essaya de s’élancer en avant, mais il fut arrêté par une autre blessure. S’apercevant alors que de toutes parts on l’attaquait, le poignard à la main, il enroula sa toge autour de sa tête, tandis que de sa main gauche il en faisait glisser les plis jusqu’au bas de ses jambes, pour tomber avec plus de décence, le corps voilé jusqu’en bas. Il fut ainsi percé de vingt-trois blessures, n’ayant poussé qu’un gémissement au premier coup, sans une parole ; pourtant, d’après certains, il aurait dit à Marcus Brutus qui se précipitait sur lui : « Toi aussi, mon fils ! » Tous s’enfuyant en désordre, assez longtemps il resta sur le sol, privé de vie, puis on le déposa sur une civière, un bras pendant, et trois simples esclaves le rapportèrent chez lui. Or, parmi tant de blessures, d’après le médecin Antistius, il ne s’en trouva pas de mortelle, excepté celle qu’il avait reçue à la poitrine, en second lieu.
Et voici la version télé, issue de la superbe série HBO « Rome »
Ames sensibles s’abstenir, la série étant interdite aux moins de 12 ans!!!
Catégories : Non classé, Sixième












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