13 septembre – 490: bataille de Marathon

14 09 2009

Les guerres médiques sont des guerres ayant opposé, durant la première moitié du Ve s. av. J.-C., le monde grec à l’Empire perse.

Retour sur les guerres médiques

En – 499, les cités grecques d’Ionie, mécontentes du traitement de faveur des cités phéniciennes et en raison des faiblesses de l’armée perse face aux Scythes, se soulèvent contre l’empire, sous l’impulsion d’Aristagoras, , qui demande l’aide des cités grecques. Sparte refuse mais Athènes et Erétrie soutiennent, seules, les révoltés en envoyant une vingtaine de navires pour la première et cinq pour la seconde. Les opérations commencent bien, les révoltés prennent Sardes par surprise et l’incendient en – 498, sans pouvoir réduire la citadelle. La flotte ionienne reprend Byzance. La population grecque de Chypre se soulève. Mais Darius répond vite et fort, comprenant que le conflit se gagnerait sur mer, il décide de construire une flotte en Phénicie et obtient la neutralité de certaines cités ioniennes. Les Perses battent les insurgés et la flotte grecque est détruite près de l’îlot de Ladé, en – 494, au voisinage de Milet. Cette ville, après un siège par la mer, est détruite, ses habitants déportés en Mésopotamie. L’empereur perse veut se venger des cités grecques qui ont soutenu les rebelles.

Avant d’envoyer l’expédition décisive, Darius envoie aux Grecs des messagers pour leur demander « la terre et l’eau » en signe de soumission. La plupart des cités grecques acceptent, parmi elles Corinthe, Argos et Egine, et aussi la Macédoine . Mais les envoyés perses sont jetés, à Sparte, au fond d’un puits où il y avait abondance de « terre et d’eau » et à Athènes, dans un précipice, le barathron, où l’on jetait les condamnés à mort tandis que l’interprète est lapidé pour avoir souillé la langue grecque en traduisant les ordres d’un Barbare.


La bataille de Marathon (13 septembre – 490)

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En – 490, une flotte de 600 vaisseaux, transportant hommes, chevaux et machines de guerre, est rassemblée à Tarsus. Elle est commandée par les généraux Datis et Artapherne, traverse la mer Egée et atteint l’Eubée. La ville d’Erétrie est assiégée une semaine puis prise par traîtrise et brûlée en représailles de l’incendie de Sardes. Ses habitants sont massacrés ou faits prisonniers. C’est un avertissement pour les Athéniens. Conseillés par le traître Hippias, un ancien dictateur d’Athènes, les Perses débarquent dans la plaine de Marathon, à une quarantaine de kilomètres d’Athènes, tandis que la moitié de l’armée perse reprend la mer pour attaquer directement la cité d’Athènes. Sparte refuse de combattre en raison de la fête religieuse des Karnéia et ne sera disponible qu’après la pleine lune, seule, Platées envoie un contingent. Athènes est en infériorité numérique.

Une première bataille, politique, oppose Miltiade à la moitié des stratèges athéniens qui estiment les Perses trop nombreux et préférable de soutenir le siège. Miltiade connaît bien l’armée perse, en effet, il a participé, à titre de vassal, à la campagne contre les Scythes. Pour l’emporter, le soutien du polémarque Callimachus lui est nécessaire, et lui est accordé. A présent, il faut attendre, outre les Spartiates, le tour de Miltiade pour commander l’armée. Les Grecs, sur les hauteurs, patientent et les Perses ne s’engagent pas sur ce terrain difficile. Après une dizaine de jours, le stratège Miltiade, las d’attendre les Spartiates, étend la ligne des Grecs sur un front aussi large que l’armée Perse soit 1600 mètres. Pour y arriver, le centre est dégarni et les ailes renforcées. A 1500 mètres de l’ennemi, les hoplites, sans cavalerie ni archers, marchent vers l’ennemi, puis, dès qu’ils sont à portée de flèches, attaquent au pas de charge. Les Perses, les croient fous.

Miltiade (mort en – 489)

Armés de longues piques et de larges boucliers, ces hoplites, protégés par leurs armures, en formation de phalange, n’ont subi que peu de pertes par les volées de flèches et déjà ils abordent les premiers rangs perses. Le combat dure longtemps, les Perses enfoncent le centre de l’armée grecque comme attendu mais les ailes grecques opposées aux levées des tribus et aux conscrits ioniens peu motivés prennent l’avantage. Au lieu de les poursuivre, ils se rabattent sur le centre dans une manoeuvre de tenaille. Les soldats perses sont pris au piège. La panique saisit leurs rangs. L’armée d’invasion fuit et une partie est noyée ou massacrée dans les marais, l’essentiel cependant rembarque. Les Perses ont perdu 7 trirèmes et 6 400 combattants, les Grecs « seulement » 192. Miltiade laisse un détachement de garde et les Grecs rejoignent Athènes à marche forcée. Une légende raconte qu’un messager, Philippidès les a précédés en courant sur tout le trajet, pour annoncer la victoire et est mort juste après l’arrivée à Athènes. Les hoplites grecs arrivent avant les navires perses qui rebroussent chemin et rentrent chez eux.

Xerxès poursuit le projet de Darius

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Xerxès 1er, le nouveau Grand Roi est plus intraitable et prépare une nouvelle campagne dès – 483. Il décide d’attaquer par la route du Nord et fait creuser le canal du Mont Athos durant trois ans pour faciliter le passage de sa flotte. Des ponts et des entrepôts sont installés le long des routes d’invasion en particulier en Thrace.

Les Grecs reprennent leurs querelles, Athènes est en guerre contre Egine, Sparte remplace son roi Cléomène par Léonidas. Mais depuis – 484, la récente mise en exploitation des mines du Laurion apporte un source de revenus nouvelle pour les Athéniens. Thémistocle qui mène une guerre maritime contre Egine, ne dispose que de pentécontères et de triacontères, navires lents et anciens, « inventés « au VIIème siècle. Il persuade les Athéniens de renoncer à ces revenus et de construire rapidement une flotte de 200 trières avec trois rangs de rameurs pour vaincre les Eginètes comme nous l’apprend Plutarque dans la Vie de Thémistocle. Cette arme est vite utilisée et sert aussi pour chasser les pirates ce qui entraîne les équipages. Réunis à Corinthe, les Grecs résolus à combattre décident de cesser leurs conflits internes. Le commandement est confié à Sparte, la plus puissante cité au point de vue militaire. Les espions envoyés par Thémistocle pour se renseigner sur les forces perses sont capturés mais Xerxès donne l’ordre de les libérer car il pense que quand les Grecs seront informés, ils renonceront à se battre.

Choc entre les hoplites grecs et l’infanterie perse

En – 481, une armée de 200 000 hommes, comprenant des Grecs, commandée à nouveau par Mardonios, traverse l’Hellespont sur un double pont de barques recouvert de troncs d’arbres et de terre. Une tempête détruit ce pont et Xerxès fait fouetter la mer pour la punir nous raconte Hérodote. L’armée perse traverse la Macédoine et la Thessalie et occupe le nord de la Grèce. En réponse à cette menace, une partie des Grecs fondent la ligue Hellénique.

300 Spartiates commandés par Léonidas accompagnés par des Thespiens, des Béotiens et des Thébains se postent au défilé des Thermopyles pour retarder l’avance irrésistible de l’armée ennemie. En effet, ce passage est étroit mais indispensable pour l’armée perse si elle veut garder le contact avec sa flotte. Ce sont près de 8 000 hoplites grecs qui se battent sans merci contre une armée perse très supérieure en nombre. Grâce à une trahison, les Perses contournent les positions grecques. Léonidas garde un millier d’hoplites (Spartiates, Thébains et Platéens). Xerxès est surpris par ces combattants qui luttent jusqu’au dernier et lui infligent de nombreuses pertes (20 000 environ). Leur sacrifice fournit à l’armée grecque dix jours pour se préparer.

combat entre un hoplite grec et un guerrier perse

La bataille de Salamine (19 octobre – 480)

Les Athéniens ne peuvent résister dans l’Attique et l’oracle est très alarmiste :

« Quitte ta demeure, fuis aux extrémités de la terre (…) tout est détruit par l’incendie et par l’impétueux Arès monté sur un char syrien »

Mais les théores athéniens obtiennent une deuxième consultation plus précise:

« Reste le mur de bois pour Tritogénie (Athena) comme unique moyen de briser les assauts, à toi, à tes enfants, il servira. Ne va point pour ta part, de la cavalerie attendre l’arrivée et de l’armée terrestre qui afflue d’un continent. Ne reste pas sur place, il te faut reculer, tourner le dos. Un jour, crois moi, tu finiras par faire front. Divine Salamine!… »

Thémistocle, renforcé par cette appui divin, fait évacuer l’Attique pour se réfugier dans le Péloponnèse où les cités sont plus motivées pour lutter contre les Perses. La ligne de défense est centrée sur l’isthme qui permet d’entrer dans le Péloponnèse. Xerxès trouve Athènes presque vide et l’armée perse la pille, massacre les grecs qui ont refusé de quitter la cité puis incendie les temples de l’Acropole en – 480 en souvenir de Sardes. Puis la flotte perse se présente devant Salamine.

La majorité des stratèges athéniens sont prêts à la retraite vers le Péloponnèse. Thémistocle qui commande la flotte grecque avec le spartiate Eurybiade propose la bataille. Pensant qu’il ne sera pas écouté, il envoie un « messager » à Xerxès pour lui faire croire que les Grecs sont sur le point de s’enfuir et l’incite à attaquer. Xerxès a fermé les deux passes par sa flotte et il est installé sur un trône face à la bataille qu’il considère comme gagnée d’avance. La moitié de la flotte perse s’engage dans le détroit de Salamine et les trières grecques se retournent pour attaquer la flotte ennemie. L’espace est très restreint et les trières grecques, plus légères, sont très mobiles et encerclent les navires perses. Puis les étraves en bronze percent les coques ennemies. C’est un désastre pour la flotte perse qui perd la moitié de ses navires, coulés ou capturés contre 40 pour les Grecs. Un corps expéditionnaire perse est massacré sur l’île d’Astypalia toute proche. Xerxès rentre en Perse et laisse en Thessalie son général Mardonios, une partie de la flotte et l’armée. Mardonios cherche à négocier avec Athènes, en vain.

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