30 septembre -48: mort de Pompée
30 09 2009Assassinat de Pompée
Le général romain Pompée, rival de César, est assassiné par les hommes du Pharaon Ptolémée XIII, époux de Cléopâtre. Le souverain égyptien voulait, par ce meurtre, s’attirer les faveurs de César. L’empereur romain ne lui sera guère reconnaissant pour ce geste.
Pompée, vaincu par Jules César à Pharsale au début du mois de juin -48, Pompée envoie des émissaires au roi Ptolémée pour le prier de le recevoir, mais le jeune roi Ptolémée XIII et ses conseillers jugent sa cause perdue et craignant que Pompée s’empare d’Alexandrie,répondent favorablement et préparent en secret son assassinat, pensant s’attirer les bonnes grâces du vainqueur en le faisant assassiner. Quand Pompée monte sur une barque pour rejoindre le roi, il est tué par Achillas et Lucius Septimius, dès qu’il pose le pied sur le sol égyptien le 30 juillet -48, sous les yeux de son entourage.
César, qui débarque deux jours plus tard, est semble-t-il furieux de ce lâche forfait (il fait enterrer la tête de Pompée dans le bosquet de Némésis en bordure du mur Est de l’enceinte d’Alexandrie) et n’éprouve pour le pharaon que mépris.
Il finira par évincer le pharaon du trône pour y faire monter Cléopâtre, avant d’en devenir l’amant.
En attendant, vous connaissant friands de détails macabres, voici une version écrite des faits, puis suit un extrait vidéo.
Le poète Lucain (39-65 ap. J.-C.) raconte longuement, dans son poème La Pharsale, la mort de Pompée. Celle-ci a été décidée dans un conseil qui s’est tenu à la cour d’Égypte. Le récit de Lucain recoupe, à quelques détails près, celui de Plutarque. Il est plus pathétique et met en évidence le caractère odieux de cet assassinat, l’acharnement des meurtriers. La tête est conservée, le cadavre, arraché à la mer, est incinéré par les soins d’un fidèle. En voici un extrait.
Cependant Magnus (= le grand, surnom de Pompée), sous les coups sonores frappant son dos et sa poitrine, avait conservé la noble dignité de sa beauté auguste; son visage ne marquait que de l’irritation contre les dieux; les derniers instants n’avaient rien altéré de l’expression ni des traits du héros; c’est le témoignage de ceux qui virent sa tête tranchée. Car le cruel Septimius (= un des assassins) invente, dans l’accomplissement même du crime, un crime plus grand encore : il arrache le voile qui couvrait la face auguste de Magnus expirant, il saisit la tête qui palpite encore et place en travers sur un banc de rameur le cou qui s’affaisse. Alors il tranche muscles et veines, il brise les vertèbres, longuement; ce n’était pas encore un art de couper une tête d’un coup circulaire de l’épée. Mais dès que la tête tombe séparée du tronc, le satellite du roi de Pharos (= Ptolémée) revendique le droit de la porter de sa main. Romain dégénéré, soldat bon pour les seconds rôles, ton épée sacrilège tranche l’auguste tête d’un Pompée, pour qu’un autre la porte ? Ô destin de la dernière ignominie ! Pour qu’un enfant impie (=Ptolémée) reconnaisse Magnus, cette chevelure hérissée, objet de la vénération des rois, ornement d’un front généreux, une main la saisit et, sur une lance de Pharos, tandis que la face vit encore et que des râles agitent la bouche en un dernier murmure, tandis que les yeux encore dévoilés se figent, on plante cette tête qui, commandant la guerre, chassait la paix du monde; c’est elle qui agitait les tribunaux, le Champ de Mars, la tribune; c’est sur ces traits, ô Fortune de Rome, que tu te plaisais à te contempler. Ce n’est même pas assez pour l’infâme tyran d’avoir vu ce spectacle, il veut qu’il reste un témoignage du crime. Alors, par un art maudit, on enlève le pus de la tête, on vide la cervelle, on sèche la peau, et, quand on en a épuisé toute l’humeur corrompue, on y verse un suc qui raffermit la face.
Lucain, La Pharsale, VIII, vers 663-691
Cesar recoit la tete de Pompée
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