Nouvel an

31 12 2009

Pour les calendriers solaires (comme le calendrier grégorien), la date du Jour de l’an est fixe d’une année sur l’autre, alors qu’elle est dite mobile dans le cas des calendriers luni-solaire (comme le calendrier chinois).

Bien que les Jours de l’an tombent rarement à la même date d’un calendrier à l’autre, on remarque une relative concordance entre ceux des pays tempérés. En effet, ce qui fut interprété comme la « disparition » de la végétation durant l’hiver et sa renaissance au printemps a alimenté le mythe très répandu de la renaissance cyclique de l’année. C’est ainsi qu’un grand nombre de Jours de l’an sont fêtés entre le solstice d’hiver et l’équinoxe de printemps.

Cependant, ceci n’est nullement universel, notamment dans les pays tropicaux, où le cycle des saisons est bien moins tangible.

On peut citer en exemple l’Égypte antique, qui (bien qu’elle utilisait un calendrier civil solaire) fêtait la nouvelle année à l’arrivée annuelle de la crue du Nil. Cette crue étant due aux pluies ayant lieu loin en amont (dans les hauts plateaux), sa date était entièrement tributaire de phénomènes météorologiques. Cependant, elle intervenait généralement à la même période.

Le repas du nouvel an

romeLe jour du premier janvier, il est de tradition d’organiser un grand déjeuner familial pour fêter l’arrivée de la nouvelle année en famille. Le repas du nouvel an est souvent l’occasion de donner des étrennes aux enfants, pour certains cette tradition vient de la Rome antique où les romains s’échangeaient des pièces et des médailles à l’occasion du changement d’année. Tout comme le réveillon, le repas du nouvel an doit être un repas d’abondance et de profusion.

La veille du nouvel an est le 31 janvier. Le réveillon donne lieu à une grande fête destinée à enterrer l’ancienne année et célébrer la nouvelle année. En fait, quand on parle de nouvel an on évoque généralement le réveillon de la saint Sylvestre qui a lieu le 31 décembre de chaque année.

Un peu d’histoire du nouvel an

Gui du nouvel an

  • Le Nouvel An est une fête d’origine païenne qui vit le jour vers 46 avant notre ère, sous l’impulsion de Jules César qui décida que le 1er janvier serait le Jour de l’an,les romains fêtaient le Nouvel An selon le calendrier julien, encore utilisé aujourd’hui par les églises orthodoxe serbes et russes. Les Romains dédiaient ce jour à Janus, dieu païen des portes et des commencements. Le mois de janvier doit son nom à Janus, qui avait deux visages : l’un vers l’avant, l’autre vers l’arrière.
  • En France, le Jour de l’an n’a pas toujours été le 1er janvier et la nouvelle année ne commence à cette date que depuis 1564. C’est le roi Charles IX qui, dans un édit promulgué à Roussillon le 9 août 1564, fixa le début de l’année au 1er janvier. Pour les peuples usant du calendrier solaire, le Jour de l’an a beaucoup changé au fil des siècles, au gré des Églises, des époques et des pays. En France, aux VIe et VIIe siècles, dans de nombreuses provinces, le Jour de l’an était célébré le 1er mars. Sous Charlemagne, l’année commençait à Noël. Du temps des rois capétiens, l’année débutait le jour de Pâques. En conséquence, les années étaient de longueur très variable. Cet usage fut quasi général aux XIIe et XIIIe siècles et même jusqu’au XVe dans certaines provinces. Les généalogistes des rois de France devaient donc jongler avec les dates en fonction des lieux pour raconter l’histoire car auparavant le début de l’année variait selon les provinces : à Lyon, c’était le 25 décembre, à Vienne, le 25 mars… L’édit de Charles IX mit tout le monde d’accord.
  • En 1622, cette mesure fut généralisée par le Pape à l’ensemble du monde catholique, notamment pour simplifier le calendrier des fêtes religieuses.

Bonne année à tous!!!



30 décembre 1916 : Assassinat de Raspoutine

30 12 2009

Le 30 décembre 1916 (selon le calendrier grégorien actuel), le moine Gregori Iefimovitch Raspoutine (44 ans) est empoisonné et achevé de deux coups de revolver. Son cadavre est jeté dans la Neva…

Originaire des confins de la Sibérie, c’est un mystique errant, peut-être un staretz, titre donné à des mystiques, laïcs ou religieux, qu’on venait consulter. Cependant, aucun texte actuellement connu ne vient étayer ou infirmer le fait qu’il aurait été réellement moine, chose qu’il affirmait lui-même. En l’état, l’hypothèse la plus généralement retenue est qu’il fut surtout un aventurier doué qui aurait eu une aura très particulière.

Il était de stature moyenne, mais avec une carrure imposante, de nature sale et grossière, mais dégageait un magnétisme envoûtant et étrange. Il portait des cheveux et une barbe longs et hirsutes, mais possédait avec ses yeux bleus clairs, très perçants, un curieux regard hypnotique qui semblait avoir le pouvoir de transpercer l’âme de ses interlocuteurs.

Raspoutine  s’acquiert dès 1906 à la cour du tsar une réputation de thaumaturge grâce aux soins qu’il prodigue au tsarévitch Alexis, le jeune prince héritier, atteint d’hémophilie.

Protégé par l’impératrice Alexandra Fedorovna, qui le considère comme un envoyé de Dieu, il profite de son immunité de fait pour placer ses protégés à des places de haut rang. Il se signale aussi par des orgies avec les femmes de la haute société, ce qui le fait haïr du peuple et des nobles.

Malgré ses défauts, Raspoutine est assez lucide pour tenter de dissuader le tsar Nicolas II d’entrer en guerre contre l’Autriche et l’Allemagne en 1914. Son pacifisme lui vaut d’être soupçonné d’être à la solde de l’Allemagne ennemie.

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Les inimitiés du clan Romanov se cristallisèrent contre lui et une conjuration aboutit à son assassinat dans la nuit du 1617 décembre 1916 — 29 au 30 décembre du calendrier actuel — alors qu’il était l’invité du Prince Félix Ioussoupov époux de la grande duchesse Irina, nièce du tsar, il fut empoisonné sans aucun succès : le cyanure avait été incorporé dans une pâte à gâteau, qui fut cuit : la chaleur entraîna une réaction chimique de complexation entre le cyanure et le sucre qui le rendit inactif pendant quelque temps et ralentit fortement son effet. D’autres sources avancent qu’il aurait eu recours à un processus de mithridatisation pour se protéger contre d’éventuels complots. On pensa que l’empoisonnement avait échoué et il fut blessé de trois coups de trois pistolets différents, dont le dernier fut probablement fatal. Même si les deux premiers tireurs étaient des membres du complot — Ioussoupov et Pourichkevitch —, le troisième tireur, plus expérimenté que les deux autres, tira précisément au centre du front. Contrairement à la croyance populaire, la traînée de sang très droite laissée par son passage laisse entendre qu’il ne se serait même pas rendu dehors par lui-même. L’autopsie de son corps retrouvé 4 jours plus tard révéla cependant la présence d’eau dans ses poumons ; ce qui signifie qu’il respirait encore lorsqu’il fut jeté dans l’eau… Il fut ligoté, enfermé dans une toile, et jeté encore vivant dans un trou de glace, où il mourut noyé dans la petite Neva (Nevka). Après avoir été empoisonné, sauvagement battu et avoir reçu trois projectiles d’armes à feu, Raspoutine était mort noyé ! Plusieurs personnes ayant eu vent de la nouvelle vinrent récolter l’eau dans laquelle Raspoutine fut trouvé mort. Ils espéraient ainsi recueillir un peu de son pouvoir mystérieux.

Son assassinat le 30 décembre 1916 par le prince Youssoupov et le grand-duc Dimitri Pavlovitch n’arrête pas la course à l’abîme de la Russie impériale. Raspoutine avait fait une prédiction au Tsar : « Je mourrai dans des souffrances atroces. Après ma mort, mon corps n’aura point de repos. Puis tu perdras ta couronne. Toi et ton fils vous serez massacrés ainsi que toute la famille. Après le déluge terrible passera sur la Russie. Et elle tombera entre les mains du Diable. ».

Comme il l’avait prédit, la famille impériale ne survécut pas à son assassinat, la révolution bolchévique obligea le tsar Nicolas II à abdiquer dès le mois de mars suivant, puis toute la famille fut massacrée dans les caves de la villa Ipatiev, à Iekaterinbourg, dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918.



26 decembre 1890: mort de Schliemann

26 12 2009

Fils d’un pasteur luthérien du Mecklembourg, le jeune Schliemann doit interrompre ses études secondaires pour devenir garçon de courses chez un négociant d’Amsterdam. Il révèle rapidement des dispositions exceptionnelles pour les langues et le commerce et fait fortune en vendant de l’indigo à Saint-Pétersbourg.

À la fois touriste et homme d’affaires, Schliemann parcourt l’Égypte, l’Inde en wagons de deuxième classe, le Japon, la Chine. Il observe, prend des notes, amasse des documents. Au retour, il rédige ses récits de voyage, les fait publier. Il visite Rome et surtout les fouilles de Pompéi. Cela le bouleverse et fait revenir à son esprit une très ancienne dilection : son père lui racontait la prise de Troie, l’expédition des Grecs pour reprendre Hélène…

En 1868, il visite la Grèce pour la première fois. La même année, il rencontre Frank Calvert, le vice-consul des États-UnisHissarlik, en Turquie, où les Anciens situaient les ruines de Troie. En 1869, Schliemann divorce et épouse Sofia Egkastromenou qui lui donne une fille, Andromaque (née en 1871), et un fils, Agamemnon (né en 1878). La même année, il obtient la nationalité américaine et un doctorat en archéologie.

Puis il  décide de réaliser un rêve d’enfant : identifier le site de Troie, haut lieu de L’Iliade, que les archéologues de son temps qualifiaient d’imaginaire.

Sur la butte d’Hissarlik, il met au jour les ruines d’une ville qu’il identifie très vite à Troie. Les fouilles de grande ampleur commencent par détruire tout ce qui ne paraît pas contemporain à la guerre de Troie aux yeux de Schliemann.

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Au total, sept campagnes de fouilles ont lieu. Il met au jour neuf villes superposées et 2 000 objets d’art, principalement des vases. En 1882, il engage notamment un jeune archéologue, Wilhelm Dörpfeld, dont certains ont dit qu’il fut sa plus belle trouvaille et qui devint plus tard le directeur de la Mission archéologique allemande en Grèce.

Le scandale arrive bientôt. Alors qu’en 1874, Schliemann prétend avoir exhumé le trésor de Priam et les bijoux d’Hélène, le gouvernement turc l’accuse de vol de biens nationaux, mensonge et falsification. Schliemann n’échappe au procès qu’en faisant jouer ses relations et au prix d’une forte amende. L’archéologue fait alors sortir discrètement de Turquie les fragments de bijoux découverts. Le second scandale est scientifique : Schliemann est accusé de s’être trompé dans la datation des objets retrouvés. En 1889, l’archéologue doit admettre son erreur. Suite à ces affaires, Schliemann est interdit de séjour en Turquie.

Il découvre ensuite les ruines de Mycènes (1874),

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Orchomène (1880) et Tirynthe (1884), et fouille à Ithaque. Très vite, on pense avoir prouvé la validité des descriptions d’Homère : Schliemann retrouve un masque d’or que l’on pense être celui d’Agamemnon,

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le roi des rois, un grand bouclier de peaux de bœuf recouvertes de bronze, décrit dans L’Iliade, attribué a Ajax ou encore une coupe ornée de clous d’or, attribuée dans le poème à Nestor. On assimile donc la civilisation de Mycènes à celle décrite par Homère.

Il se construit un palais à Athènes (aujourd’hui transformé en musée des monnaies) et un tombeau digne des héros de l’Antiquité. Schliemann meurt à Naples, dans la rue, d’une congestion cérébrale. Il lègue le magnifique «trésor d’Agamemnon» découvert à Mycènes au Pergamon (musée d’archéologie de Berlin), d’où il sera enlevé par l’Armée rouge en 1945. Il a aujourd’hui retrouvé sa place à Berlin.

Par ailleurs, au regard des exigences actuelles des techniques archéologiques, les fouilles de Schliemann n’ont pas été faites selon les règles de l’art. Malgré tout, il reste le pionnier de l’archéologie grecque, et a ouvert la voie aux recherches sur la civilisation mycénienne.

Pour aller plus loin voici le site



25 Décembre: naissance de Jésus?

24 12 2009

La tradition catholique situe cette naissance le 25 décembre de l’an 753 de la fondation de Rome, qui est devenu par convention l’An 1 de notre ère…

Mais, désolé de bousculer vos habitudes : Jésus n’est pas né un 25 décembre et encore moins en l’An 1!!!!

La décision de l’Eglise de Rome de fixer l’année zéro de l’ère dite chrétienne à la date présumée de la naissance de Jésus, qui fut adoptée en 532 seulement, d’après les computations aussi savantes que fautives d’un moine, est basée sur l’hypothèse que Jésus serait né un 25 décembre. Jusque-là, l’Eglise de Rome utilisait le calendrier en usage dans l’Empire, dont l’année zéro était celle de la fondation de Rome. Il fut donc décidé que l’an 754 deviendrait l’an 1 de la nouvelle ère.

Le 25 décembre


6 janvier, 25 mars, 10 avril, 29 mai, toutes ces dates ont, à un moment de notre histoire, été célébrées comme marquant la naissance du Christ, avant que ne s’impose le 25 décembre. La date du 25 décembre apparaît officiellement au IVe siècle, avec le chronographe romain de 354, qui fixe la naissance du Christ à Bethléem le 25 décembre. Jusque-là, la liturgie primitive se concentrait sur la mort et la résurrection du Christ. Quand les Eglises latines décidèrent d’instituer une fête spéciale pour célébrer la naissance de Jésus « dans la chair », ils la fixèrent donc, après quelques tâtonnements, au 25 décembre. Aucun document ne précisant le jour de la naissance de Jésus, les choix du jour et du mois  étaient libres.D’après l’évangéliste Luc, la naissance survient tandis que Marie et Joseph se rendent à Jérusalem pour se faire recenser conformément aux ordres de l’empereur romain, Auguste. Elle a lieu dans une étable de Bethléem, un village à quelques kilomètres au sud de Jérusalem où le couple a trouvé à s’héberger.

Les évangélistes évoquent la présence de bergers dans le voisinage, ce qui donne à penser que Jésus serait né à l’époque de l’agnelage, au mois d’avril. Ils évoquent aussi le cruel roi Hérode, protégé des Romains, ce qui situerait sa naissance en l’an 6 avant JC ! Aux dernières nouvelles, le moine Denys le Petit, à l’origine du calendrier adopté aujourd’hui dans le monde entier, se serait donc trompé dans ses calculs…

Ainsi donc, le plus probable est que l’Eglise de Rome avait fixé la date de la naissance du Christ au 25 décembre pour ne pas heurter de front d’anciennes traditions. L’opinion commune des historiens est que l’on se décida pour le 25 décembre parce qu’il y avait déjà, ce jour-là à Rome, en remplacement des Saturnales romaines et de la fête du soleil vainqueur (sol invictus) que les païens avaient coutume de consacrer au retour du soleil après le solstice d’hiver. C’est une manière de rappeler que Jésus est la «Lumière du monde». Mais surtout, cette période était consacrée d’un côté à la naissance de Mithra, divinité solaire perse favorite de beaucoup de légionnaires, et de l’autre à la personne de l’empereur, considéré comme un dieu incarné.

Eglise d’Orient, Eglise d’Occident

C’est après la conversion de l’Empire romain au christianisme que le 25 décembre reçut une nouvelle fonction, celle de célébrer la naissance de celui qui était appelé la « Lumière du monde » et le « Soleil de justice ». De son côté, et pour les mêmes raisons, l’Eglise d’Orient avait choisi la date du 6 janvier, pour célébrer l’Epiphanie (en grec : apparition, manifestation). L’objet de cette célébration était multiple : le baptême du Sauveur, l’adoration des Mages et la manifestation de Jésus aux noces de Cana, puis l’adoration des bergers, et enfin le souvenir de la Nativité elle-même. Et lorsque Rome proposa ou imposa la date du 25 décembre, l’accueil des Eglises d’Orient fut réservé, qualifiant cette journée de « fête païenne et idolâtre », et refusèrent de la célébrer. Le 6 janvier est encore le jour où beaucoup d’Eglises grecques ou orthodoxes célèbrent leur Noël.

Joyeux Noël tout de même



2 Decembre 1804: sacre de Napoléon

3 12 2009

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Le 2 décembre 1804 (11 Frimaire An XIII selon le calendrier républicain), Napoléon Bonaparte est sacré empereur des Français dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, en présence du pape Pie VII.

Natif de Corse et simple général de la Révolution française, à peine âgé de 35 ans, il reconstitue à son profit l’Empire de Charlemagne !

Beaucoup de Français se plient à ce surprenant archaïsme. Ils y voient le moyen d’empêcher à tout jamais le retour de l’ancienne dynastie des Capétiens.

Parmi ces Français qui craignent la restauration de l’Ancien Régime figurent les anciens députés de la Convention qui ont condamné à mort le roi Louis XVI et tous ceux qui ont acheté des biens nationaux ou se sont enrichis pendant la Révolution.

Le sacre leur offrira un répit de dix ans avant le retour de la monarchie.

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La cérémonie du sacre est ordonnancée par le peintre Jacques-Louis David (55 ans), adepte du néo-classicisme et du retour au style antique. Député à la Convention et ami de Robespierre, il avait voté la mort du roi Louis XVI. Rallié à Bonaparte, il devient le peintre officiel de l’Empire après l’avoir été de la Révolution.

Avec le peintre Jean-Baptiste Isabey, David conçoit des costumes chamarrés pour les parvenus et les rudes soldats devenus maréchaux d’Empire ou dignitaires qui doivent assister au sacre. L’empereur lui-même devra traîner un manteau de 22 mètres.

Dès le matin, à partir de 6 heures, les plus hauts gradés de l’armée et de la garde nationale, suivis des dignitaires, magistrats, sénateurs,… commencent à se rendre à pied de la place Dauphine à Notre-Dame pour prendre leur place dans la nef.

Le pape, à son tour, se rend à la cathédrale, acclamé par la foule.

Puis vient le tour de Napoléon et Joséphine qui quittent en carrosse leur palais des Tuileries. Leur convoi compte pas moins de 25 voitures. Il est accompagné de six régiments de cavalerie.

 

La cathédrale est comble. Parmi les assistants du premier rang figurent beaucoup d’anciens révolutionnaires qui n’ont jamais caché leur athéisme militant. Certains, comme Fouché, le ministre de la Police générale, se sont signalés pendant la Terreur dans des massacres ignobles d’ecclésiastiques et de religieux.

La cérémonie est quelque peu brouillonne et totalement dénuée de spiritualité et de recueillement. Elle s’éternise pendant trois longues heures dans le froid vif de décembre. Pïe VII donne l’onction à Napoléon et Joséphine, humectant d’huile sainte leur front et leurs deux mains. Après la messe, il bénit les emblèmes impériaux : anneau, épée et manteau.

Le pape n’est pas au-dessus de l’empereur !
 
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Comme convenu avec le malheureux pape, Napoléon 1er se couronne lui-même, debout, face à l’assistance, selon un rite carolingien, puis il couronne l’impératrice.

NB : Adolphe Thiers répandra plus tard la légende selon laquelle Napoléon, refusant d’être couronné par le pape, aurait saisi la couronne par surprise et l’aurait lui-même posée sur sa tête…

Le souverain pontife se retire dans la sacristie et, en son absence, le nouvel empereur prête serment sur l’Évangile (!) de préserver tous les acquis de la Révolution : «Je jure de maintenir l’intégrité du territoire de la République, de respecter et de faire respecter l’égalité des droits, la liberté politique et civile, l’irrévocabilité des ventes de biens nationaux, de ne lever aucun impôt, de n’établir aucune taxe qu’en vertu de la loi, de maintenir l’institution de la Légion d’honneur, de gouverner dans la seule vue de l’intérêt, du bonheur et de la gloire du peuple français».

Tandis que le cortège, passablement soulagé, quitte la cathédrale, salué par cent un coups de canon, la fanfare militaire attaque un air canaille à la mode : «Jamais je n’t'ai vu comme ça / Faire des bamboches…». Cet imprévu de quelques instants est un pied de nez au caractère sacrilège de la cérémonie, ni chrétienne ni républicaine («une capucinade», disent les soldats de la Révolution)!

Un quizz sur le sacre