
Jules César rencontre Cléopâtre
Jules César poursuit Pompée en Egypte et apprend son assassinat. L’événement le rend amère vis-à-vis du pharaon, Ptolémée XIII, alors en conflit avec sa sœur-épouse Cléopâtre. Lorsqu’il la rencontre, le général romain est tout de suite séduit par la reine égyptienne. Après que ses armées ont vaincu celles du pharaon, César donne le trône d’Egypte à Cléopâtre. Ils auront un fils.
La rencontre:
Née à Alexandrie, Cléopâtre (la septième du nom) est la fille de Ptolémée XII Aulète, roi d’Égypte. À la mort de ce dernier en 51 av. J.-C., la jeune princesse de 17 ans accède au trône après avoir épousé, conformément aux coutumes de la succession royale, son frère Ptolémée (de sept ans son cadet).

Les premières années du règne de Ptolémée XIII et de Cléopâtre VII sont marquées par d’incessantes révoltes et d’insuffisantes récoltes, ainsi que par les manigances du jeune roi pour évincer sa sœur. Cléopâtre, écartée du pouvoir en 48 av. J.-C., s’enfuit en Syrie où elle tente de lever des troupes. Puis elle demande et obtient le soutien du général romain Jules César, qui vient alors de débarquer à Alexandrie après le meurtre de son rival Pompée. Une bataille s’ensuit, à l’issue de laquelle Jules César rétablit Cléopâtre sur le trône et offre à l’Égypte la protection de Rome. Ptolémée XIII est tué tandis que César et Cléopâtre deviennent amants.
Une anecdote célèbre rapporte leur légendaire rencontre : la reine déchue aurait usé d’un stratagème afin de rencontrer le général ; elle se serait cachée dans une précieuse étoffe envoyée en cadeau à César, qui, déroulant le tissu, en serait aussitôt tombé amoureux.
La rencontre de César et Cléopâtre …
« La nuit tombe. Une de ces nuits d’Alexandrie qui ne sont ni africaines ni asiatiques; plus intenses qu’à Rome peut-être, quand le vent du Midi a été vif, mais assez semblables à celles d’Athènes. La voix de César résonne, surprise.
- Un cadeau ? A cette heure-ci? Je me méfie des cadeaux dans ce pays. Renseignez-vous.
Une minute se passe puis l’officier revient auprès de César.
- L’homme qui porte le cadeau s’appelle Apollodore. Il parle latin. C’est un serviteur de la reine Cléopâtre. Il est arrivé au palais en barque, portant sur son épaule un bagage qu’il dit destiné à l’un de vos gardes. On l’a laissé passer. Parvenu au bout de la galerie, il a demandé le centurion de garde et lui a annoncé qu’il n’était pas le portefaix qu’on croyait mais le messager de la reine Cléopâtre et qu’il désirait vous entretenir pour vous remettre le cadeau de la reine qu’il continue de porter sur l’épaule.
- Et qui ressemble à quoi?
- C’est une natte de couchage, un tapis en quelque sorte, qui est roulé, ficelé, assez mince et…
- C’est bon. Faites-le entrer.
César va se rasseoir. Il se remet à écrire, lève la tête quand le grand gaillard qu’est Apollodore parait escorté de l’officier, suivi par cieux gardes, une natte multicolore sur l’épaule.
- Où est la reine?
Apollodore, quoique Sicilien, a ce geste oriental qui n’est pas tout à fait l’expression du doute, pas tout à fait celle de la connivence ni celle de l’ironie et qu’on attrape si vite au Levant. Il ne répond pas autrement.
- Alors, le message, ordonne César.
Apollodore sourit. En guise de réponse, ayant déposé la natte sur les dalles avec un soin méticuleux, il se prosterne.
S’étant relevé, Apollodore déclare :
- Que la permission d’ouvrir cette natte me soit donnée. Ce qu’elle contient est une réponse à toutes les questions de César.
La permission accordée, il ne bouge pas, toujours souriant. Au bout d’un instant, il précise :
- La majesté du contenu de cette natte ne me permet d’agir que devant le seul César.
A ces mots, la crainte de l’attentat fait faire à l’officier un pas en avant. Mais César :
– Sortez. Que les gardes sortent avec vous.
Pendant qu’ils s’éloignent, Apollodore se penche et dénoue les liens. C’est au tour de César d’être impassible. A peine regarde-t-il brièvement son épée posée devant lui. Il est l’homme de la prudence autant que l’homme de la témérité. Il a failli pousser un cri. Malgré son flegme, il s’est levé. Le visage sans expression, il contemple, en travers de la natte maintenant étalée, une jeune fille.
Elle est vêtue à la grecque. Sa robe de voile mauve est serrée sous les seins par une cordelière d’or, fendue jusqu’à la cuisse, découvrant sur un fin mollet, d’une peau tendre, rosée, la spirale, d’or aussi, du cordon qui tient la sandale étincelante. D’un jet, sans l’aide de ses mains, elle s’est soulevée et assise. Le coup de reins souple qu’elle a donné a fait jouer les longs muscles du petit corps que le voile enveloppe plus qu’il ne le vêt.
Le visage s’est tourné vers Apollodore. Il est prosterné, le front rivé aux dalles. Du bout des doigts, elle lui touche l’épaule. Elle ne la touche pas tout à fait, remue plutôt l’air pour alerter le colosse qui se relève et, comprenant dans l’instant le regard autoritaire et gentil, reconnaissant peut-être qu’elle lui jette, s’incline et se dirige vers la porte. En l’ouvrant il se heurte à l’officier et aux gardes que l’inquiétude a maintenus contre le battant. A tout hasard, ils avancent, saisissent Apollodore par les bras et entrent, avides de s’assurer que César est vivant.
- Sortez I dit-elle.
L’officier interroge César du regard. César ne bronche pas. S’il a mis quelques secondes à admettre que ce petit corps, menu, potelé était celui de Cléopâtre, reine d’Égypte, et reine rebelle, il ne doute plus depuis qu’il a été témoin de la servile obéissance d’Apollodore. »
Voici un extrait du film, » Cleopatre » de Mankiewicz (la rencontre est à la 16° minute!!)
http://www.dailymotion.com/videoxzcol
Bien qu’éprise de Jules César, Cléopâtre doit épouser son deuxième frère, Ptolémée XIV, alors âgé de 11 ans. Après s’être assurée de leur gouvernement commun, la souveraine se rend à Rome, où elle rejoint son amant. Lorsque César est assassiné en 44 av. J.-C., Cléopâtre retourne en Égypte avec le fils qu’elle a eu de lui, Césarion (futur Ptolémée XV). Son époux légitime Ptolémée XIV étant mort peu après (sans doute est-elle à l’origine de son empoisonnement), elle place Césarion à ses côtés sur le trône.

C’est Marc Antoine, que César a lui-même
désigné comme son successeur, qui est
chargé en tant que triumvir, des affaires de
l’Orient.
Comme César, Marc-Antoine succombe aux charmes de la souveraine.
Leur idylle sulfureuse durera près de 10 ans et verra la naissance de trois enfants:
Alexandre-Hélios, Cléopâtre-Sélène et Ptolémée Philadelphe.
Mais ceci est une autre histoire……