Bernard Gui (1314-1331), inquisiteur de Toulouse
Publié le 19 novembre 2007 par jeandebeaune dans Des hommes
Maltraité par le film Le nom de la Rose de Jean-Jacques Annaud, Bernard Gui ne mérite pas cette image dure que ne livre aucunement la documentation historique. Né dans le diocèse de Limoges, Bernard Gui (représenté ci-contre dans le Speculum Sanctorale, Ms 480, fol. 1r, © Bibliothèque Municipale de Toulouse) prend l’habit dominicain et fait ses études au couvent de la cité (1280) puis à Figeac (1281-1282). Il enseigne la logique à Brives (1284) mais poursuit sa formation en théologie à Limoges puis à Montpellier (1289-1291). Sous lecteur à Limoges (1291), lecteur puis prieur à Albi (1292-1297), Carcassonne (1297-1301), Castres (1301-1305) et Limoges (1305-1307), il s’impose comme un brillant administrateur et gestionnaire de la grandeur de son Ordre. Inquisiteur de Toulouse (16 janvier 1307), il occupe pleinement sa charge de juge mais continue son service auprès de l’ordre des Prêcheurs. Loin d’être un inquisiteur particulièrement dur, on connaît 647 prévenus ayant déposé devant lui, qui provoqueront 536 sentences, dont seulement une quarantaine de peines de bûchers. Son action inquisitoriale reste principalement connue au travers de la rédaction vers 1324 d’un important manuel pour les inquisiteurs, la Practica Inquisitionis heretice pravitatis (la Pratique Inquisitoriale), où il consigne les règles et procédures judiciaires propres à l’Inquisition, ainsi que les conseils pour lutter efficacement contre les hérétiques. Nommé évêque de Tuy (Galice) en 1323, il rejoint finalement l’évêché de Lodève (1324) où, après une activité épiscopale intense, il décède en 1331.
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