Juifs cachés dans le nouveau monde
Lundi 26 novembre 2007
N. Wachtel, La foi du souvenir, Labyrinthes marranes, « Librairie du XXIe siècle », Seuil, 2001.
À la fin du XVe siècle, nombre de juifs espagnols et portugais, convertis de force, trouvèrent refuge au Brésil, au Mexique ou au Pérou (ci-contre, une représentation d’un auto da fé à Lima). Pour un temps seulement, puisque l’Inquisition les rattrapa. Dans un livre d’histoire et de mémoire, Nathan Wachtel arrache ces marranes à l’oubli et revient sur ces histoires de départ.
Partir, alors, n’était pas une mince aventure. Ils ont traversé l’océan pour fuir l’Inquisition et miser sur l’avenir dans cette Amérique de tous les possibles, au Brésil, au Mexique, au Pérou et dans les pays alentour. La plupart venaient du Portugal où, en 1497, tous les juifs avaient été convertis de force en nouveaux chrétiens. Leur fortune était inégale. Riches ou pauvres, ils ont été rattrapés par le bras long de l’Inquisition venue traquer outre-Atlantique ceux qui étaient soupçonnés de judaïser en secret. Dans les possessions espagnoles, où trois tribunaux du Saint-Office furent installés à Lima, à Mexico, puis à Carthagène, une première vague de répression a commencé dans les années 1590, suivie d’une autre dans les années 1630-1640. Au Brésil, la chasse aux marranes a démarré plus tard, à l’extrême fin du XVIIe siècle pour se poursuivre dans la première moitié du XVIIIe siècle.
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