Mar 11 2011

Epigraphe

Publié par Mona dans Association littéraire, Epigraphe, Relier      

Je ne suis rien.

Je ne serai jamais rien.

Je ne puis vouloir être rien.

Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde.

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Fernando Pessoa

Couverture de Cécile


Mar 10 2011

Abécédaire – 2ème partie

Publié par Erwann dans Abécédaire, Relier      

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Piracci : un des personnages principaux du roman. C’est aussi un des plus intéressants du point de vue de la réflexion et de l’histoire. Il accomplit ce que beaucoup rêvent de faire en secret : tout quitter pour accomplir un voyage sans destination prévue, sans but connu, avec des moyens dérisoires, vivre au jour le jour, … Néanmoins, il finit par mourir au bord d’une route algérienne, sans sépulture. Cette fin déconcerte le lecteur, qui s’attend plutôt à un Piracci parcourant les routes pour aider les immigrés dans leur voyage vers l’Eldorado. Ainsi, le personnage déconcerte tout au long de l’histoire, par ses choix, ses actions, son comportement,…

Quintessence : Eldorado est un très bon livre lorsque l’on connait peu ce sujet grave qu’est l’immigration. Il représente les deux points de vue de l’immigration en Europe et donne un avis impartial, du moins au début, sur ce thème. On peut néanmoins sentir que l’auteur est favorable à une immigration légale plus ouverte et à une répression moins forte sur les immigrés clandestins.

Rédemption : le voyage entrepris par Piracci donne l’impression qu’il veut se racheter pour tous les immigrés qu’il a refoulés vers l’Afrique, en aidant tous ceux qu’il croise à croire en leur rêve d’Eldorado. On assiste à une transformation radicale, entre le bus vers Ghardaïa, où il essaie de convaincre les voyageurs qu’il n’y a pas de travail en Europe, et Ghardaïa, où il se persuade qu’il doit être une ombre de Massambalo pour tous les émigrés qui perdent espoir.

Sauvage : la nature sauvage, la mer en particulier, occupe une place importante dans ce roman. Au début du roman, Piracci pense beaucoup à la mer, en tant qu’être vivant, capable de réfléchir et de l’aider dans sa quête des immigrés. Elle représente un obstacle important pour les émigrés, forcés de payer des passeurs pour embarquer dans des cercueils flottants. Les passeurs ne sont d’ailleurs pas forcés d’amener leurs passagers à destination ( exemple du Vittoria ).

Tentation : la tentation d’abandonner, de faire demi-tour, est très présente dans le roman. Soleiman, dès la séparation avec son frère, est tenté de s’arrêter. C’est d’ailleurs la rencontre avec Piracci qui va lui donner la force de continuer sans fléchir. Piracci, lui, est découragé par le fait qu’il ne sait pas ce qu’il va faire, quel but il veut poursuivre. Il veut même s’immoler par le feu, mais est secouru par des immigrés.

Unique : le sentiment de voyage unique, sans retour, est une constante. Cette impression de voyage que l’on ne peut effectuer qu’une fois est très prenante car inhabituelle dans un pays où l’on peut faire des voyages à volonté, grâce aux avions et autres moyens de transports rapides. Il s’agit d’une expérience unique pour les personnages, avec des rencontres inattendues, des cultures différentes, une chance de vie meilleure pour Soleiman, etc …

Volonté : une volonté énorme est nécessaire pour entreprendre ce genre de voyage sans retour. Quitter sa famille, sa vie routinière du jour au lendemain est très difficile et très perturbant. C’est d’ailleurs pour cela que la rencontre entre Piracci et Soleiman est si importante : elle constitue un regain de volonté pour les deux hommes, un regain de volonté qui leur permet de continuer leur voyage jusqu’à la fin.

Al-Zuwarah : ville côtière de l’extrême-ouest de la Libye. Piracci y rencontre la dirigeante des passeurs de cette région de la Libye, qui se présente comme la « reine d’Al-Zuwarah ». C’était la destination supposée de Soleiman, mais il a été trompé par des faux passeurs qui l’ont abandonné au milieu de nulle part, lui et les autres émigrés.

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Mar 10 2011

Abécédaire – 1ère partie

Publié par Erwann dans Abécédaire, Relier      

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Eldorado – Abécédaire


Argent : il s’agit d’un des thèmes principaux du livre , l’argent que les immigrés doivent économiser et payer pour passer en occident, l’argent que la femme du Vittoria a payé pour son enfant , l’argent qui manque souvent, l’argent qui pousse à des extrémités violentes (Soleiman), ….

Boubakar : ami de Soleiman, est un personnage touchant, boiteux, qui encourage Soleiman, le guide, l’aide financièrement et mentalement. Il possède une grande expérience, du fait de ses sept années d’errance vers l’Europe. Il a aussi une grande faculté d’abnégation, n’hésitant pas à faire passer Soleiman avant lui.

Combat : le livre entier est un combat, combat de Soleiman pour émigrer, combat de Piracci pour trouver ce qu’il est vraiment, combat pour survivre. Il peut s’agir de combats au sens propre (Soleiman, qui se bat avec des passeurs, des gardes,…) ou au sens figuré (Piracci, qui combat ce qu’il a été pendant des années ou Jamal, qui combat la maladie).

Dégoût : le dégoût de soi-même est une notion très présente dans le roman, que ce soit Soleiman après qu’il ait attaqué le marchand ou Piracci lorsqu’il hésite à libérer l’immigré, ils se remettent profondément en question, et changent de façon radicale , afin de ne plus sentir ce dégout profond pour ses actions (  » les hommes ne sont beaux que des décisions qu’ils prennent » , pensée d’Angelo.

Eldorado : On peut s’attendre à ce choix, il s’agit du titre du roman. Mais ce n’est pas que ça. Il s’agit aussi d’un but, pour tous les personnages du roman: atteindre un endroit, ou tout simplement partir, constitue un accomplissement pour eux, dans leur quête du bonheur. Il est atteint pour certains ou reste un rêve absolu pour d’autres. On finit par se demander, à la fin du roman, où se situe notre Eldorado personnel et si on l’atteindra un jour.

Frontière : c’est un terme récurrent, évidemment. Que ce soit Ceuta ou Lampedusa, elles constituent un défi pour les immigrés, qui mettent tout en œuvre pour les franchir, souvent au risque de leur vie. Néanmoins, ce que l’on retient, c’est la joie de Boubakar et Soleiman lorsqu’ils réussissent à franchir la frontière espagnole.

Ghardaïa : ville carrefour entre le sud et le nord de l’Algérie, elle est le point de rencontre entre Soleiman et Piracci. Cette rencontre rend espoir à Soleiman, qui est persuadé d’avoir vu une ombre de Massambalo, et à Piracci, qui veut devenir une ombre de Massambalo pour encourager les immigrés vers l’Europe. C’est une transformation radicale des deux protagonistes, qui amène Soleiman à son but et Piracci à la mort.

Insatisfaction : c’est le cadeau de la femme du Vittoria au commandant Piracci selon Angelo. C’est une pensée profonde et très juste, car c’est à partir de cette rencontre que Piracci commence à se poser des questions sur lui-même et sur la vie qu’il mène.

Jamal : c’est le frère de Soleiman. Il n’est pas un personnage récurrent mais c’est un des plus touchants du roman. Il n’émigre pas avec son frère car il est atteint par le Sida. Il laisse son frère partir, afin d’éviter qu’il voie son état empirer avec la maladie.   Soleiman, lui, voyait son frère comme le seul à pouvoir partager son expérience passée et a eu beaucoup de mal à accepter cette séparation.

Lenteur : le roman dégage une impression de lenteur, de réflexion posée et profonde. On peut le même le considérer comme un livre philosophique plutôt que comme un roman. Ainsi, Piracci met 3 chapitres pour se décider à quitter sa vie, après une longue réflexion. La seule partie centrée sur l’action du roman est la scène de la charge de Ceuta, et encore, cette scène comporte des éléments de réflexion, dus à la lenteur du roman. Celle-ci est bénéfique, elle permet de se mettre à la place des personnages et de réfléchir sur leur condition.

Massambalo : On peut le considérer comme un des personnages principaux du roman. Il s’agit du dieu des immigrés, celui qui observe par les yeux de ses ombres. Soleiman croit rencontrer une de ses ombres à Ghardaïa en la personne de Piracci. Il lui donne le collier de Jamal, afin que son périple soit protégé par le dieu. Cela redonne confiance à Soleiman et confie un but à Piracci, en tant que « protecteur » des immigrés. Ce personnage, dont on ne sait pas si il est une invention de l’auteur ou un vrai mythe, est un élément-clé, qui donne sa saveur au roman, donnant encore plus de réflexion au lecteur.

Nuit: les scènes principales du roman ont lieu la nuit : le sauvetage des immigrés par la frégate, la charge de Ceuta, la mort de Piracci, … Cela a un rapport avec le thème principal du sujet: l’immigration. En effet, pour immigrer, les clandestins doivent absolument être discrets et donc opérer de nuit. Cela implique le lecteur encore plus dans le roman.

O dyssée : le voyage des deux personnages principaux se rapporte à une odyssée. En effet, le « voyage sans retour », rempli de péripéties, de rencontres, d’expériences, fait penser à une odyssée. Comme l’Odyssée originale d’Homère, cette histoire se déroule autour de la mer Méditerranée.

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Mar 10 2011

Lettre de Jamal

Publié par Hanna dans Créer, Lettre      


Soleiman,

Je sens en moi que c’est la fin, que tout espoir est vain.
Mon corps n’attend plus que l’étreinte de la mort.
Alors, je t’écris cette lettre pour te laisser une dernière trace de mon être.
Tu sais, je me souviens de nos adieux  qui doucement se gravaient dans les cieux.
De la douleur persistante quand ton regard apeuré a croisé  mes yeux embués.
Je m’efforce de ne pas garder cette image de toi. J’imagine ton sourire qui s’enracine en moi,
le timbre de ta voix et l’éclat de tes mots qui me collent à la peau.
Je prie chaque jour que la maladie n’engloutisse pas mes plus beaux souvenirs de toi.
J’ai le goût  amer de ne pas avoir pu vivre avec toi le bonheur de l’ailleurs.
De n’avoir pu effleurer de mes doigts la liberté que la vie me doit.
Il m’arrive parfois d’avoir encore l’envie de partir loin d’ici.
Le temps n’efface pas tout, surtout pas les rêves, mon frère.
J’attends ce jour où l’on se retrouvera , même si demain je suis dans l’au-delà.
Entre ciment et belles étoiles, le chemin n’est pas si loin.
Soleiman, mon frère,  n’oublie jamais que ton avenir brille autant que le soleil de ton pays.

Jamal

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Mar 9 2011

Le poème de Massambalo

Publié par Adèle dans Créer, Le poème de Massambalo      


Qu’il s’appelle Hamassala, El-Rasthu ou Massambalo,

C’est le même espoir pour tous les émigrés.

Ils recherchent leur Eldorado,

Pour enfin connaître la paix.


Caché quelque part en Afrique,

On ne l’a jamais vu.

Soutenu par des ombres héroïques,

Il est reconnu.


Massambalo, le rêve de nombreux hommes,

Dont la vie est misérable,

Et le sort est morne,

Au caractère vulnérable.


Du Sénégal au Zaïre,

De l’Algérie au Bénin,

Les esprits vont parvenir,

A défier le destin.


Redonner un peu de courage et de chaleur,

Tel est le rôle de ces ombres.

Un simple regard venant du cœur,

Réchauffe leurs yeux sombres.


Massambalo, le dieu de la clarté,

Un rêve lointain pour certains,

Pour d’autres, un souvenir précieux.


Tous en quête d’un avenir heureux,

Dont ils ne sont pas loin.

Massambalo, le dieu des émigrés.


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Mar 9 2011

Nouvelle couverture

Publié par Pauline dans Couverture, Créer      

J’ai décidé de faire la couverture du livre selon ma vision. J’ai dessiné une barque en bois, avec une croix et pour le décor un mélange entre ciel et mer.

Si j’ai choisi la barque c’est parce qu’elle représente les émigrés, piégés et laissés à l’abandon dans les barques. Mais si j’ai choisi une barque c’est également par rapport à Salvatore qui lors de son départ avait choisi une barque en bois.

Puis j’ai représenté une croix dans cette barque, elle représente d’une part les émigrés morts piégés dans ces barques et laissés pour pâturage à la mer, d’autre part elle fait référence à un passage du livre (p.111) « Le cimetière Eldorado» c’est ainsi qu’un inconnu qui vient parler à Salvatore nomme le cimetière des émigrés retrouvés morts sur les rives de Lampedusa, au début cela choquait alors on leur faisait de petites cérémonies et on les enterrait, puis ils en venaient toujours plus et le cimetière fut plein, alors on demanda à l’état de s’en charger. Les émigrés pensaient qu’arrivés en Europe ce serait l’Eldorado, ils le désirent de tout leur être jusqu’à ce que l’embarcation se renverse ou qu’ils se fassent prendre. Enfin la croix peut aussi représenter pour le commandant Piracci, l’adieu à son ancienne vie, un nouveau départ vers de nouveaux horizons.

Le fond est particulièrement bleu pour représenter la mer et le ciel, pour faire un contraste entre la vie toujours incertaine et dangereuse des émigrants avec la vie calme et posée de Salvatore, du moins au début du roman.


Mar 8 2011

« Objets inanimés, avez vous donc une âme ? »

Publié par Eléanor dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

LE COLLIER DE PERLES VERTES

RACONTE SA VIE

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Je ne vais pas me plaindre : j’ai eu une belle vie. A vrai dire, j’en ai même eu plusieurs. Pas toutes faciles, mais s’étant terminées sur la même note d’espoir. Pour faire dans l’originalité, laissez moi commencer par le commencement, ou presque.

Il a chaud. Je tressaute doucement au rythme de ses pas. Sa cage thoracique se soulève lentement, au rythme de sa respiration qu’il veut profonde, et j’ai la certitude qu’il réfléchit. Je sens son angoisse suinter en même temps que quelques gouttes de sueur. Je ne peux que me contenter d’être là, et je sais que c’est déjà ça : il a besoin que je l’épaule et je suis soutenu par les siennes. Il s’arrête brutalement. Sa tension est palpable, ses jugulaires saillantes, son corps tendu comme un arc. Son frère, Soleiman, s’approche. Je n’ai l’air de rien, mais j’écoute attentivement. Il est malade. Il va rentrer. J’étais là aux moments des analyses, et surtout à celui des résultats, je ne peux pas dire que je suis surpris. Et je ne peux pas dire que cela ne m’inquiète pas. Je veillerai sur lui pendant l’absence de Soleiman. Je lui transmettrai la force, et l’espoir. Je serai là. Je me retrouve presque étouffé entre leurs deux corps chauds, mais j’ai appris à profiter de ces étreintes et celle là à un amer goût d’adieu. Ils reprennent leur marche, silencieux, son bras à lui posé sur l’épaule de Soleiman. Je voudrais lui faire mes adieux, moi aussi, mais cela m’est impossible et je crains de ne lui apporter que plus de tristesse. La marche est plus courte que ne l’aurait voulu l’atmosphère pesante, mélancolique, qui s’est abattue sur nous. Une voiture attend Soleiman, et elle représente tout ce que personne n’ose dire : le départ, la certitude de ne jamais nous revoir, l’accomplissement également. Combien de fois cette voiture aura peuplé nos rêves, combien de fois avons nous souhaité y prendre place ?

– Où est ce que je vais, Jamal ?

Celui ci ne répond pas tout de suite, mais il est serein. Il a ce calme, cette aura si rassurante. Je me félicite de rester avec lui. Il explique à Soleiman tous les détails, le trajet, les étapes, la destination. Puis, délicatement, il s’empare de moi et me tend à son frère. Je voudrais protester mais les mots restent coincés. Je lui hurle en silence que j’ai toujours été avec lui, qu’il ne peut pas me laisser comme ça, qu’il a besoin de moi. Mais rien n’y fait, je rejoins déjà Soleiman, qui paraît aussi sonné que moi. Sa peau n’a pas cette chaleur sécurisante caractéristique de Jamal, non, elle me brûle. Alors que dans une ultime étreinte ils scellent notre séparation, je m’insurge une dernière fois sans que l’on me prête plus d’attention. Soleiman parcourt les quelques mètres qui le séparent de la voiture. Il a chaud. Je tressaute doucement au rythme de ses pas. Sa cage thoracique se soulève lentement, au rythmes de sa respiration qu’il veut profonde, et j’ai la certitude qu’il réfléchit. Je sens son angoisse suinter en même temps que quelques gouttes de sueur. Je ne peux que me contenter d’être là, et je sais que c’est déjà ça : il a besoin que je l’épaule et je suis soutenu par les siennes. Il s’engouffre à l’arrière, et nous partons.

Je vis avec Soleiman depuis ce qu’il me semble des siècles maintenant. Nous avons traversé ensemble des épreuves que je n’aurais jamais pensé vivre. Nous savions que ce serait dur, naturellement. Mais pas à ce point là. Soleman paraît vide, il a perdu sa hargne et sans doute son humanité. Nous nous sommes trouvés un compagnon de voyage, ou d’infortune, Boubakar. Il nous aide comme il peut, et il est en ce moment même à la recherche de quelqu’un pour nous amener à Oudja. Soleiman erre dans les rues bondées sans but précis, chaque pas lui coûtant plus que le précédant. A la tombée du soir, il s’adosse à un arbre, à l’abri d’un petite place. Et nous ne bougeons plus. Et soudainement, son regard se fait fixe, et je crois apercevoir une minuscule lueur d’espoir dans ses yeux. Son pas se fait décidé, et c’est sans hésiter qu’il se dirige vers un inconnu de l’autre côté de la place. Arrivé devant lui, il le salue et s’accroupit. Il lui demande par trois fois « Massambolo ? » et l’homme hoche finalement la tête. Alors, Soleiman me prend, dans un mouvement lent et doux, et je sais que c’est pour le meilleur. Qu’il le veut, qu’il le fait sans regret. Il me tend avec déférence, et je me résigne à me donner à cet étranger. Soleiman me regarde pour la dernière fois, d’un regard fort, vivant. Tourne le dos. Et disparaît, se fond dans la foule. Et nous restons jusqu’à ce que la nuit nous engloutisse. L’inconnu se lève, il est vif, alerte, malgré sa maigreur. Avec la démarche de celui qui a un but, il s’en va, se retrouve sur le bord de la route. Nous marchons. Longtemps. Dans la poussière, dans le noir, dans la cacophonie des klaxons. Et, sans raison, il traverse. Je vois sans doute le camion arriver avant lui. Je voudrais m’époumoner, tempêter, le prévenir. Mais comme d’habitude je suis impuissant. Deux millièmes de secondes avant le choc, j’ai le temps de voir le visage étonné, presque interrogateur, de celui qui m’accompagne. Puis je m’éparpille sur la route, finissant mon long voyage.

Trois hommes, trois vies différents. L’une plus courte que les autres, mais tout aussi décisive, tout aussi marquante. Trois hommes que j’aurais tellement voulu sauver. Mais après tout, que peut bien accomplir de plus un simple collier de perle vertes ?

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Mar 8 2011

Un voyage initiatique 8

Publié par Mona dans Réflexions      

________On peut dire de Eldorado que c’est un roman retraçant un voyage initiatique. En effet, on remarque que, tout au long du roman, les personnages « grandissent » et évoluent dans leur compréhension du sens de la vie. Tout d’abord, Salvatore Piracci, homme adulte, qui pensait ne plus rien avoir à apprendre de la vie, réalise après sa rencontre avec la femme du Vittoria, avec l’homme qui lui demande de le cacher, puis avec l’inconnu du cimetière, que sa vie est en fait bien insignifiante. C’est en partie pour cela qu’il quitte Catane pour se rendre en Afrique, seul dans sa barque, face à la mer. Plus tard, sa rencontre avec la Reine d’Al-Zuwarah lui fait prendre conscience de l’atrocité de cette femme, et il s’enfuit. A la fin, on découvre que sa rencontre avec Soleiman a aussi changé son esprit, car il décide de redonner espoir aux gens en se faisant passer pour l’ombre d’un dieu. De plus, Soleiman, quant à lui, change déjà lors de la séparation d’avec son frère, car il se retrouve seul face à toutes ces complications. Il change à nouveau en rencontrant Boubakar car cet homme est source d’espoir, et lui permet non seulement de continuer, de se battre, mais aussi et surtout de retrouver une sorte de frère. Plus tard, sa rencontre avec Salvatore Piracci lui redonne confiance, car il pense avoir été protégé par le dieu Massambalo. De plus, Soleiman lui offre son collier, ce qui montre qu’il accepte de se détacher un peu de son frère Jamal, tout en continuant de penser très fort à lui. On peut donc dire que l’appellation « voyage initiatique » convient à Eldorado car, tout au long du récit, entre épreuves et rencontres, les hommes changent et découvrent la vie. Une nouvelle vie pour les deux, bien que leur âge soit différent ; contrairement à Salvatore Piracci, Soleiman reste optimiste et sait qu’il a encore beaucoup de choses à vivre.

Photo personnelle


Mar 7 2011

La rencontre

Publié par elodieg1eldorado dans Chanson, Créer      

La Rencontre

Toi femme de Libye,

qui ne connais pas d’autre pays.

Tu rêves de libertés,

mais tu es dans la clandestinité.

Dans ce bateau,

ta vie a défilé.

L’Eldorado

tu le connais qu’assez.

(Refrain)

Des rêves brisés,

des gens déterminés.

Des questions se posent,

des choix s’imposent

De l’Algérie à la Libye,

le citoyen devient clandestin :

tu perds ton identité

pour une durée indéterminée.

Tu as quitté ta famille,

pour vivre une nouvelle vie.

Est-ce le prix à payer

pour cette grande traversée ?

(Refrain)

Des rêves brisés,

des gens déterminés.

Des questions se posent,

des choix s’imposent.

Tu ne t’es pas posé de questions,

jusqu’à sa soudaine apparition.

Et ce regard échangé

tu ne l’oublieras jamais.

Destiné à voguer sur les flots

pour protéger l’Eldorado.

Ta vie va bientôt changer

car tu l’auras décidé.

(Refrain)

Des rêves brisés,

des gens déterminés.

Des questions se posent,

des choix s’imposent.

Des destins se sont croisés.

Des histoires parallèles

Le voyage peut continuer ,

pour espérer une fin plus belle.

(Refrain) x2

Des rêves brisés,

des gens déterminés.

Des questions se posent,

des choix s’imposent.


Mar 7 2011

Le collier de perles raconte sa vie 3/3

Publié par Elisa dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

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Troisième épisode d’une vie

Je me trouvais à son cou, je lui rappelais le sourire de son fils, je lui donnais de la force d’y croire. Je suis le témoin d’aventures, de rêves, de déceptions et de réussites. De combien de vies aurais-je été le gardien ? Combien d’hommes ont retrouvé de l’espoir à mon toucher ? J’ai ressenti leurs doutes et leur courage. Ce serait certainement stupide pour moi de jouer la carte de la modestie, car je sais que j’ai sauvé des destins perdus, que j’ai guidé des corps vides au but final. Je sais également que c’est uniquement parce que Massambalo m’a transmis sa force, son obstination à faire le bonheur des autres. Il a puisé en lui ses dernières ressources et m’a confié ses dernières paroles. Comme s’il parlait à son fils, car il ne l’a jamais revu. Il est mort Massambalo. Seul. Sale. Pauvre. Piteux. Mais heureux, tellement heureux.

L’homme a qui il avait tout donné le prit pour un dieu, un esprit ou du moins un être spirituel… Magique serait le mot approprié. Partout où il passait, où il allait, les gens qu’ils rencontraient, partout il leur parla de Massambalo, le dieu des voyageurs, le protecteurs des immigrés. Partout, il répandit la confiance dans le cœur des désespérés. Ce dont je ne vous ai guère informé, c’est que j’ai continué ma route, car mon possesseur m’a légué et a supplié que chaque homme voyant un autre dans la souffrance m’accroche au cou de son prochain. Ainsi, j’ai voyagé autour de la souffrance des hommes, pour faire leur bien.

Alors voilà, toutes les belles choses ont une fin, et je suis heureux et fier que la mienne se termine ainsi, car je ne suis qu’un collier de perles, certes, mais la légende de Massambolo, elle, restera pour longtemps dans le cœur des rêveurs d’occident.

Je ne suis qu’un collier. Je ne suis qu’un collier sans valeur selon vous. Mais la valeur du bonheur est inestimable, et j’ai pu le distribuer autour de moi, et cela n’a pas de prix.

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Mar 7 2011

Le collier de perles raconte sa vie 2/3

Publié par Elisa dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

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Deuxième épisode d’une vie

Massambalo était un homme assez âgé déjà, mais il était rempli d’une jeunesse inépuisable, d’une volonté puissante à réussir ce qu’il entreprenait. C’était un homme bon, qui dégageait le respect et la sagesse. Durant une longue période de sa vie, lui aussi avait eu des rêves de voyages, des rêves d’autres horizons, des rêves européens. Lui aussi avait souhaité une vie meilleure, une vie plus simple, ou du moins, moins difficile. Il avait souhaité une terre neuve et riche pour son fils, pour qu’il réussisse là où lui avait échoué. Longtemps, Massambalo avait parcouru des kilomètres de sols arides, passé des frontières, emprunté des chemins abrupts, traversé les mers, survécu aux échecs, surmonté la faim, la soif, le manque et l’envie, en quête de jours meilleurs.

Mais un jour, il croisa dans ses périples un homme dont l’ambition dépassait tout, que la rage de réussir hantait, que la force de parvenir à ses rêves dévorait. Cet homme, jeune et fort, fut contraint d’abandonner, faute de moyens pour payer le trajet en car jusqu’à l’étape suivante. Pris de compassion par son désir fou et sa honte de l’échec, il lui céda tout. Tout. Tout, vraiment tout. Jusqu’à la dernière pièce. Jusqu’au dernier sourire. Il ne lui restait rien, rien que lui et son fils, qui attendait le retour glorieux de son père, loin de se douter qu’il se trouvait seul et abandonné au milieu de rien.

Mais ce père était comblé. Auparavant, il se privait pour sa survie, pour arriver à son but, pour parvenir à ses fins. Mais il marchait avec lassitude et sans conviction, sans la rage et le désir de cet homme. Il n’aimait plus rien. Plus la couleur du sable, plus l’odeur du voyage, plus le parfum de l’avenir, plus la chaleur du soleil couchant, plus la beauté des hommes, plus la mélodie du vent. Plus rien. Mais à la vue du visage rayonnant de celui qu’il venait de rencontrer, de celui qu’il venait de sauver, de celui qu’il venait de combler, il se rendit compte que son réel bonheur se trouvait là. C’était la clé de ses questions sans réponses, de ses doutes. Le visage de cet homme. Son bonheur. Oui, il allait changer des vies, changer des visages sales et fermés en visages radieux et confiants.

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Mar 7 2011

Le collier de perles vertes raconte sa vie 1/3

Publié par Elisa dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

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Premier épisode d’une vie

Le collier de perles vertes

Et voilà. C’est la fin de mon parcours. C’est la fin de ma vie. Que reste-t-il de moi sinon des débris de perles éparpillées ça et là sur cette route inconnue ? Il ne reste rien, non, il ne reste rien de mon histoire. Ceux qui me trouveront près de cet homme dont ils ne sauront rien, que feront-ils de moi ? La réponse est tellement évidente qu’il est inutile de se la poser. Je n’ai aucune valeur. Du moins, c’est ce que des hommes ont décrété à ma vue. Aucune valeur. S’il savait … Ceux là ne savent rien des choses de la vie. De la vraie vie. Celle faite d’amour et de plaisir, de bonheur et d’espoir, de courage et de force, de désir et de souffrance. Rien. L’argent, qu’est ce que c’est ? Est-ce ça, une valeur ? J’ai apporté bien plus que ce que vous ne pouvez imaginer à tous ceux qui m’ont porté contre leur cœur, à tous ceux qui ont cru en ma force. Ma valeur est inestimable.

Vous pouvez émettre des hypothèses sur mon origine, mais jamais vous ne pourrez deviner d’où je viens, combien de terres j’ai traversées, combien de corps j’ai aidé à lutter.. Tout a commencé entre les mains d’un enfant, entre ses touts petits doigts fragiles et maladroits qui tentaient d’enfiler ses plus belles perles de façon harmonieuse sur un petit cordon de cuir. Il était fier de posséder ce trésor, à ses yeux inestimable. Dans sa tribu, rares étaient ceux qui avaient la chance d’avoir un aussi beau collier. Quant il le tendit à son père, un sourire rida ses pommettes maigres et ses yeux fades devinrent alors beaucoup plus lumineux et se remplirent d’admiration et de gratitude. Massambalo n’avait que ce fils, son unique bien, sa seule joie, sa plus grande fierté. C’est lui qui lui donna la force d’accomplir tout ce qu’il réalisa, et c’est dans ce regard que mon histoire commence.

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