Journal intime – La femme du Vittoria
Publié par Manon Dib. dans Créer, Journal intimeAssise dans ce café, « Café Najjar ». J’ai envie d’écrire. Envie de libérer tous les poids que j’ai accumulés depuis des années. Là, sur cette feuille de papier. La tasse de café me brûle les doigts. Il fait chaud, très chaud. Je regarde autour de moi, je pense à ce que je dois accomplir. J’ai soif de cette vengeance. Je prends une gorgée de ce café serré. Voila, ça va mieux.
Pour aller au Liban, je n’ai pas voulu prendre l’avion même si j’en avais les moyens. J’ai voulu reprendre le bateau, pour me rappeler mon premier voyage. Quand je suis arrivée devant ce montre de ferraille, je me suis rappelée mon départ pour l’Europe. Avec l’équipage qui nous donnait des ordres avant de monter à bord. J’ai revu des mères de famille.. Retour en arrière. J’ai mal, j’ai encore mal. Mon fils me manque terriblement. Le voyage fut long.
Quand je suis arrivée au port, je me suis empressée de prendre un taxi. Il m’a déposée dans la rue de Gimeysé. J’ai acheté le journal. J’ai regardé tous les articles de presse et je suis tombée sur celui d’Hussein Marouk. Je le tiens. Il se déplaçait en ville, au « Café Najjar » pour une affaire avec le Premier Ministre. J’y vais. L’arme était dans la poche de ma veste. J’avançais à vive allure. Je courais presque.
Une fois arrivée, je me suis installée près d’eux et j’ai commandé ce fameux café. Je le regardais. Le dévisageais. J’avais tellement de haine, tellement de colère, de rage. J’attendais le bon moment. Je m’imaginais toutes sortes de tactiques pour l’avoir. Je restais discrète. Je le regardais encore et encore. Je n’arrivais plus à détacher mon regard de cette homme, cette ordure qui nous avait fait payer notre mort à tous. Surtout celle de mon fils. Que ce soit des hommes, des femmes et surtout des enfants, il avait signé notre arrêt de mort. Un être sans cœur, et surement assoiffé d’argent. Il devait payer. Hussein et Le Ministre se levèrent. Mon cœur se mit à battre la chamade. Il se rapprochait de plus en plus de moi. Mon souffle était court. Je tâtais l’arme dans ma poche. Il était très proche de moi, je sortis mon arme. Je visais son cœur. Je tirai.
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