mar 8 2011

« Objets inanimés, avez vous donc une âme ? »

Publié par Eléanor dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

LE COLLIER DE PERLES VERTES

RACONTE SA VIE

k

Je ne vais pas me plaindre : j’ai eu une belle vie. A vrai dire, j’en ai même eu plusieurs. Pas toutes faciles, mais s’étant terminées sur la même note d’espoir. Pour faire dans l’originalité, laissez moi commencer par le commencement, ou presque.

Il a chaud. Je tressaute doucement au rythme de ses pas. Sa cage thoracique se soulève lentement, au rythme de sa respiration qu’il veut profonde, et j’ai la certitude qu’il réfléchit. Je sens son angoisse suinter en même temps que quelques gouttes de sueur. Je ne peux que me contenter d’être là, et je sais que c’est déjà ça : il a besoin que je l’épaule et je suis soutenu par les siennes. Il s’arrête brutalement. Sa tension est palpable, ses jugulaires saillantes, son corps tendu comme un arc. Son frère, Soleiman, s’approche. Je n’ai l’air de rien, mais j’écoute attentivement. Il est malade. Il va rentrer. J’étais là aux moments des analyses, et surtout à celui des résultats, je ne peux pas dire que je suis surpris. Et je ne peux pas dire que cela ne m’inquiète pas. Je veillerai sur lui pendant l’absence de Soleiman. Je lui transmettrai la force, et l’espoir. Je serai là. Je me retrouve presque étouffé entre leurs deux corps chauds, mais j’ai appris à profiter de ces étreintes et celle là à un amer goût d’adieu. Ils reprennent leur marche, silencieux, son bras à lui posé sur l’épaule de Soleiman. Je voudrais lui faire mes adieux, moi aussi, mais cela m’est impossible et je crains de ne lui apporter que plus de tristesse. La marche est plus courte que ne l’aurait voulu l’atmosphère pesante, mélancolique, qui s’est abattue sur nous. Une voiture attend Soleiman, et elle représente tout ce que personne n’ose dire : le départ, la certitude de ne jamais nous revoir, l’accomplissement également. Combien de fois cette voiture aura peuplé nos rêves, combien de fois avons nous souhaité y prendre place ?

- Où est ce que je vais, Jamal ?

Celui ci ne répond pas tout de suite, mais il est serein. Il a ce calme, cette aura si rassurante. Je me félicite de rester avec lui. Il explique à Soleiman tous les détails, le trajet, les étapes, la destination. Puis, délicatement, il s’empare de moi et me tend à son frère. Je voudrais protester mais les mots restent coincés. Je lui hurle en silence que j’ai toujours été avec lui, qu’il ne peut pas me laisser comme ça, qu’il a besoin de moi. Mais rien n’y fait, je rejoins déjà Soleiman, qui paraît aussi sonné que moi. Sa peau n’a pas cette chaleur sécurisante caractéristique de Jamal, non, elle me brûle. Alors que dans une ultime étreinte ils scellent notre séparation, je m’insurge une dernière fois sans que l’on me prête plus d’attention. Soleiman parcourt les quelques mètres qui le séparent de la voiture. Il a chaud. Je tressaute doucement au rythme de ses pas. Sa cage thoracique se soulève lentement, au rythmes de sa respiration qu’il veut profonde, et j’ai la certitude qu’il réfléchit. Je sens son angoisse suinter en même temps que quelques gouttes de sueur. Je ne peux que me contenter d’être là, et je sais que c’est déjà ça : il a besoin que je l’épaule et je suis soutenu par les siennes. Il s’engouffre à l’arrière, et nous partons.

Je vis avec Soleiman depuis ce qu’il me semble des siècles maintenant. Nous avons traversé ensemble des épreuves que je n’aurais jamais pensé vivre. Nous savions que ce serait dur, naturellement. Mais pas à ce point là. Soleman paraît vide, il a perdu sa hargne et sans doute son humanité. Nous nous sommes trouvés un compagnon de voyage, ou d’infortune, Boubakar. Il nous aide comme il peut, et il est en ce moment même à la recherche de quelqu’un pour nous amener à Oudja. Soleiman erre dans les rues bondées sans but précis, chaque pas lui coûtant plus que le précédant. A la tombée du soir, il s’adosse à un arbre, à l’abri d’un petite place. Et nous ne bougeons plus. Et soudainement, son regard se fait fixe, et je crois apercevoir une minuscule lueur d’espoir dans ses yeux. Son pas se fait décidé, et c’est sans hésiter qu’il se dirige vers un inconnu de l’autre côté de la place. Arrivé devant lui, il le salue et s’accroupit. Il lui demande par trois fois « Massambolo ? » et l’homme hoche finalement la tête. Alors, Soleiman me prend, dans un mouvement lent et doux, et je sais que c’est pour le meilleur. Qu’il le veut, qu’il le fait sans regret. Il me tend avec déférence, et je me résigne à me donner à cet étranger. Soleiman me regarde pour la dernière fois, d’un regard fort, vivant. Tourne le dos. Et disparaît, se fond dans la foule. Et nous restons jusqu’à ce que la nuit nous engloutisse. L’inconnu se lève, il est vif, alerte, malgré sa maigreur. Avec la démarche de celui qui a un but, il s’en va, se retrouve sur le bord de la route. Nous marchons. Longtemps. Dans la poussière, dans le noir, dans la cacophonie des klaxons. Et, sans raison, il traverse. Je vois sans doute le camion arriver avant lui. Je voudrais m’époumoner, tempêter, le prévenir. Mais comme d’habitude je suis impuissant. Deux millièmes de secondes avant le choc, j’ai le temps de voir le visage étonné, presque interrogateur, de celui qui m’accompagne. Puis je m’éparpille sur la route, finissant mon long voyage.

Trois hommes, trois vies différents. L’une plus courte que les autres, mais tout aussi décisive, tout aussi marquante. Trois hommes que j’aurais tellement voulu sauver. Mais après tout, que peut bien accomplir de plus un simple collier de perle vertes ?

Source image


mar 7 2011

Le collier de perles raconte sa vie 3/3

Publié par Elisa dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

bbbb

Troisième épisode d’une vie

Je me trouvais à son cou, je lui rappelais le sourire de son fils, je lui donnais de la force d’y croire. Je suis le témoin d’aventures, de rêves, de déceptions et de réussites. De combien de vies aurais-je été le gardien ? Combien d’hommes ont retrouvé de l’espoir à mon toucher ? J’ai ressenti leurs doutes et leur courage. Ce serait certainement stupide pour moi de jouer la carte de la modestie, car je sais que j’ai sauvé des destins perdus, que j’ai guidé des corps vides au but final. Je sais également que c’est uniquement parce que Massambalo m’a transmis sa force, son obstination à faire le bonheur des autres. Il a puisé en lui ses dernières ressources et m’a confié ses dernières paroles. Comme s’il parlait à son fils, car il ne l’a jamais revu. Il est mort Massambalo. Seul. Sale. Pauvre. Piteux. Mais heureux, tellement heureux.

L’homme a qui il avait tout donné le prit pour un dieu, un esprit ou du moins un être spirituel… Magique serait le mot approprié. Partout où il passait, où il allait, les gens qu’ils rencontraient, partout il leur parla de Massambalo, le dieu des voyageurs, le protecteurs des immigrés. Partout, il répandit la confiance dans le cœur des désespérés. Ce dont je ne vous ai guère informé, c’est que j’ai continué ma route, car mon possesseur m’a légué et a supplié que chaque homme voyant un autre dans la souffrance m’accroche au cou de son prochain. Ainsi, j’ai voyagé autour de la souffrance des hommes, pour faire leur bien.

Alors voilà, toutes les belles choses ont une fin, et je suis heureux et fier que la mienne se termine ainsi, car je ne suis qu’un collier de perles, certes, mais la légende de Massambolo, elle, restera pour longtemps dans le cœur des rêveurs d’occident.

Je ne suis qu’un collier. Je ne suis qu’un collier sans valeur selon vous. Mais la valeur du bonheur est inestimable, et j’ai pu le distribuer autour de moi, et cela n’a pas de prix.

Source image



mar 7 2011

Le collier de perles raconte sa vie 2/3

Publié par Elisa dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

nn

Deuxième épisode d’une vie

Massambalo était un homme assez âgé déjà, mais il était rempli d’une jeunesse inépuisable, d’une volonté puissante à réussir ce qu’il entreprenait. C’était un homme bon, qui dégageait le respect et la sagesse. Durant une longue période de sa vie, lui aussi avait eu des rêves de voyages, des rêves d’autres horizons, des rêves européens. Lui aussi avait souhaité une vie meilleure, une vie plus simple, ou du moins, moins difficile. Il avait souhaité une terre neuve et riche pour son fils, pour qu’il réussisse là où lui avait échoué. Longtemps, Massambalo avait parcouru des kilomètres de sols arides, passé des frontières, emprunté des chemins abrupts, traversé les mers, survécu aux échecs, surmonté la faim, la soif, le manque et l’envie, en quête de jours meilleurs.

Mais un jour, il croisa dans ses périples un homme dont l’ambition dépassait tout, que la rage de réussir hantait, que la force de parvenir à ses rêves dévorait. Cet homme, jeune et fort, fut contraint d’abandonner, faute de moyens pour payer le trajet en car jusqu’à l’étape suivante. Pris de compassion par son désir fou et sa honte de l’échec, il lui céda tout. Tout. Tout, vraiment tout. Jusqu’à la dernière pièce. Jusqu’au dernier sourire. Il ne lui restait rien, rien que lui et son fils, qui attendait le retour glorieux de son père, loin de se douter qu’il se trouvait seul et abandonné au milieu de rien.

Mais ce père était comblé. Auparavant, il se privait pour sa survie, pour arriver à son but, pour parvenir à ses fins. Mais il marchait avec lassitude et sans conviction, sans la rage et le désir de cet homme. Il n’aimait plus rien. Plus la couleur du sable, plus l’odeur du voyage, plus le parfum de l’avenir, plus la chaleur du soleil couchant, plus la beauté des hommes, plus la mélodie du vent. Plus rien. Mais à la vue du visage rayonnant de celui qu’il venait de rencontrer, de celui qu’il venait de sauver, de celui qu’il venait de combler, il se rendit compte que son réel bonheur se trouvait là. C’était la clé de ses questions sans réponses, de ses doutes. Le visage de cet homme. Son bonheur. Oui, il allait changer des vies, changer des visages sales et fermés en visages radieux et confiants.

Source image


mar 7 2011

Le collier de perles vertes raconte sa vie 1/3

Publié par Elisa dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

bb

Premier épisode d’une vie

Le collier de perles vertes

Et voilà. C’est la fin de mon parcours. C’est la fin de ma vie. Que reste-t-il de moi sinon des débris de perles éparpillées ça et là sur cette route inconnue ? Il ne reste rien, non, il ne reste rien de mon histoire. Ceux qui me trouveront près de cet homme dont ils ne sauront rien, que feront-ils de moi ? La réponse est tellement évidente qu’il est inutile de se la poser. Je n’ai aucune valeur. Du moins, c’est ce que des hommes ont décrété à ma vue. Aucune valeur. S’il savait … Ceux là ne savent rien des choses de la vie. De la vraie vie. Celle faite d’amour et de plaisir, de bonheur et d’espoir, de courage et de force, de désir et de souffrance. Rien. L’argent, qu’est ce que c’est ? Est-ce ça, une valeur ? J’ai apporté bien plus que ce que vous ne pouvez imaginer à tous ceux qui m’ont porté contre leur cœur, à tous ceux qui ont cru en ma force. Ma valeur est inestimable.

Vous pouvez émettre des hypothèses sur mon origine, mais jamais vous ne pourrez deviner d’où je viens, combien de terres j’ai traversées, combien de corps j’ai aidé à lutter.. Tout a commencé entre les mains d’un enfant, entre ses touts petits doigts fragiles et maladroits qui tentaient d’enfiler ses plus belles perles de façon harmonieuse sur un petit cordon de cuir. Il était fier de posséder ce trésor, à ses yeux inestimable. Dans sa tribu, rares étaient ceux qui avaient la chance d’avoir un aussi beau collier. Quant il le tendit à son père, un sourire rida ses pommettes maigres et ses yeux fades devinrent alors beaucoup plus lumineux et se remplirent d’admiration et de gratitude. Massambalo n’avait que ce fils, son unique bien, sa seule joie, sa plus grande fierté. C’est lui qui lui donna la force d’accomplir tout ce qu’il réalisa, et c’est dans ce regard que mon histoire commence.

Source image


fév 24 2011

Un simple collier de perles vertes

Publié par maelleb dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

Moi, je ne suis pas grand chose, rien qu’un cordon entouré de petites perles vertes. Mais pour eux, je suis bien plus…

Je fus confectionné par une mère pour son enfant. De ce que je compris à l’époque, j’avais été offert en gage d’amour, de sincérité. Toutes ses valeurs aux quelles vous, les humains, êtes tellement attachés.

Aujourd’hui, dans ce désert de Libye, je passe à nouveau de mains en mains. Cela faisait une vingtaine d’année que j’étais suspendu au cou de Jamal, partageant ses joies et ses peines. Mais maintenant, je serai au cou de Soleiman, son frère, pour l’éternité.

Comme lors de ma fabrication, j’étais à nouveau offert en gage d’amour, d’amitié, de respect…

Avec moi, Soleiman n’oubliera jamais Jamal, il peut en être sûr.

Moi, simple petit collier de perles vertes jure solennellement de porter la mémoire de Jamal, de garder la flamme du lien des deux frères toujours intacte, pour l’éternité…

source image


fév 19 2011

Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?

Publié par Antoine dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

Le collier de perles vertes raconte sa vie

Perle Je gis là. Je gis sur cette route rocailleuse. Mon corps émeraude est disloqué. L’impact m’a assassiné. Mon nouveau maître, lui aussi, gis là, tout prêt de moi. Je l’entends marmonner des choses incompréhensibles, dues à l’impact aussi, je pense. Voilà, je vais mourir là, finir ma vie au milieu de cette route.

Une foule commence a se presser autour de mon maître et moi . Je vois quelqu’un ramasser une partie de mon corps, puis s’enfuir en hurlant sa joie.

Il a trouvé une perle, certainement il l’offrira à quelqu’un qu’il aime, sa femme peut-être, sûrement même. C’est la dernière chose que je vois. Tout à coup tout devient noir, je ne vois plus rien. Ma fin approche. Je revois la totalité de ma vie. Elle défile devant moi. Tout d’abord mon premier maître, celui qui m’a adopté, sur un marché de Port-Soudan, et qui m’a porté durant des années, certainement les plus belles de ma vie. Celui-là qui m’a offert à son frère par la suite, pour lui porter chance, en lui disant qu’il était malade comme un vieux cheval.

Son frère, lui aussi, m’a porté dignement pendant de longs mois, m’emmenant avec lui où qu’il allait, quoi qu’il faisait. Mais lui aussi m’a offert par la suite, c’était sur ce marché, à la tombée du jour; il m’a offert à mon ultime maître, celui qui, désormais, gît à mes côtés.

Je ne sais pas pourquoi toutes ces choses me reviennent tout à coup ; sûrement car je sais que désormais les minutes me sont comptées. Je repense à la rencontre entre mon dernier maître, et le frère de mon tout premier.

A la flamme qui s’est embrasée aux yeux de mon porteur, avant qu’il ne m’offre à celui qui, désormais, gît à mes côtés.

Je gis là, et désormais je vous dis adieu. Je dis adieu à la vie. Je suis près de mon maître, donc je me sens bien, j’attends que la vie quitte mon corps.

Cela ne devrait plus tarder.

Je gis là

Source image à.


fév 18 2011

Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?

Publié par Stéphanie dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

Elle avait l’impression de se réveiller, comme si les flots l’avaient ballotée durant des jours et des jours. Mais non. Elle n’avait pas dormi. Elle ne se réveillait pas. Pas du tout. Pourtant tout, elle avait tout vécu. Elle avait entendu d’étranges cris, comme si on avait égorgé tous ceux qui la côtoyait, pourtant, encore une fois, ce n’était pas le cas, on peut juste dire qu’ils… Agonisaient? Oui, c’est sûrement cela. Elle avait aussi ressenti la douleur, la tristesse, le désespoir, puis la haine lui marcher dessus, ils l’écrasaient. Un poids bien trop lourd pour son petit corps. Peut-être pas si petit. Fragile sûrement. Oui, très fragile, comme si elle l’avait perdu au fur et à mesure qu’elle avançait, elle ne le sentait plus, il n’était plus là, du moins presque plus, il ne restait plus qu’un peu de son pauvre esprit, muet et aveugle. Puis elle les sentit, elle sentit ces coups, violents. A répétition. Plus ou moins forts. Des coups de douleur. Des coups de tristesse. Des coups de désespoir. Des coups de haine. Ils l’écrasaient, encore et encore. Elle les sentait, leurs pensées. Elle savait qu’elle n’était pas vivante. Elle savait qu’elle n’avait jamais vécu, elle ne sera jamais vivante. Jamais. Elle le savait. Aussi, elle savait que sa douleur n’importait à personne d’autre qu’à elle même, c’est la solitude qu’elle avait toujours connue, celle qu’elle connaîtrait toute sa vie, celle qui la tuerait. Mais ce n’est que plusieurs jours après qu’elle comprit qu’elle était désormais quasiment seule. Elle le sentait, c’est tout. Elle sentait comme des masses, des êtres, ou des âmes, peu importe, la quitter au fur et à mesure, elle allait finir seule. Comme toujours, bien sûr, mais encore plus seule. Et puis, ce fut la fin. Un certain Salvatore Piracci et son équipe arrivèrent, lui enlevèrent tous ceux qui avaient souffert avec elle, tous ceux qui agonisaient avec elle, en silence. Il lui prirent tout. Il lui arrachèrent les membres. Oui, ils la démembrèrent. Ce fut sûrement la première et dernière fois qu’elle put voir quelque chose, une sorte de lumière blanche, une lumière comme ces passagers en parlaient, celle qui vous annonce la fin. Et c’est seulement à ce moment-là qu’elle comprit, elle les avait toujours entendus, elle les avait toujours vus. Elle les avait vu mourir les uns après les autres, mais sans la moindre envie de le savoir. Sauf qu’aujourd’hui c’était son tour. Elle souffrait. Vittoria souffrait.

Source de l’image


fév 16 2011

Le collier de perles vertes raconte sa vie

Publié par Audrey dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

hh

Le collier de perles vertes

g

Collier de perles vertes

Je suis éparpillé sur la route, chacune de mes perles vertes séparées l’une de l’autre, elles scintillent, je suis en train de m’éteindre. Je me souviens :

Jamal me portait à son cou depuis toujours. Je me rappelle ce jour où il m’offrit à son frère. Je me rappelle que cette nuit là, Jamal avait marché toute la nuit pendant des heures pour enfin s’arrêter face à Soleiman, son frère à qui il me donna. Je m’étonnais de cette séparation mais je me disais que c’était pour une bonne cause, car Jamal partait définitivement. S’il me donnait à son frère, c’était sûrement pour lui transmettre sa force, son amour, pour qu’il ne l’oublie pas. Alors la vie reprenait son cours, au cou de Soleiman.

Soleiman et moi sommes restés pendant deux jours dans une camionnette avec des semblables afin de se rendre en Europe. Mais un jour, le camion avait été arrêté pour ne plus jamais redémarrer. Je me souviens que les hommes de la camionnette avaient frappé et pris la montre et l’argent de Soleiman. Il ne lui restait plus que moi car à leur yeux je n’avais aucune valeur. A son réveil, Soleiman était seul sur une plage avec un homme, nommé Boubakar, qui lui aussi avait résisté aux coups. Puis j’ai le vague souvenir que Soleiman, très en colère, est parti avec cet homme et qu’ils ont marché longtemps, très longtemps. Ensuite, nous sommes remonté dans un second camion, Soleiman avait peur. Peur de ne pas arriver à destination, peur de rompre la promesse qu’il a faite à Jamal. Après deux jours, lorsque le camion s’était arrêté, Soleiman a fait une chose très surprenante. Il est sorti du camion, s’est précipité sur un homme l’a ensuite frappé, l’a volé pour ensuite s’enfuir avec tout ce qu’il avait pris. Je sentais qu’il avait plus peur que jamais. Puis le camion a continué de rouler, et s’est arrêter. A partir de ce moment là, à partir du moment même où Soleiman est descendu et s’est éloigné en marchant, tout a changé. Je le sentais bouleversé, perdu dans ses pensées. Quand tout à coup, arrivé sur un marché, il s’approchait d’un homme assis puis avait murmuré << Massambalo >>, trois fois de suite. Dés lors que l’homme avait acquiescé, je sentis de l’espoir et du bonheur, ce que je n’avais jamais sentis ni sur Soleiman, ni sur Jamal. Puis Soleiman me tira délicatement de son cou pour me déposer sur celui de l’homme, qui répondait au nom de Massambalo. Je m’étonnais pour la seconde fois de cette séparation, mais une fois de plus, j’avais le sentiment d’être plus utile. Quelques instants plus tard, je sentis une main, des doigts, fins et longs se poser sur mes perles vertes. Je ne me doutais pas que ce serait la dernière fois.

Les instants qui suivirent, furent les derniers, ils sont très vagues. Je me souviens que Massambalo marchait, pendant quelques minutes. Puis il y a eu un choc. Nous sommes tous les deux tombés, brisés sur la route.

Source image



fév 13 2011

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? »

Publié par Maxime dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

source image


« J’étais brisé, je ne sentais plus le lien qui m’unissait des autres parties de moi et je voyais défiler le cours de ma vie.

Je pensais pas que c’était si dur la vie d’un collier de perles. C’est vrai que moi à force de changer à chaque fois de propriétaire, j’en avais assez ! C’est vrai, moi comme tout être, j’ai besoin d’une vie stable pour m’épanouir. Surtout ces temps-ci, je me souviens mon propriétaire était Jamal, sa peau était si douce…mais il était souffrant et ça, même un collier de perles le ressentait.  Sa peau n’était plus aussi douce qu’avant et je sentais son cou se contracter dès qu’il toussait fort et continuellement. Un jour, je me souviens tout était sombre, cela devait être ce qu’on appelle la nuit. Je ne voyais rien, je ne sentais rien.  Puis je me mis à sentir de nouveau une peau douce. Mon propriétaire était donc guéri, oui c’est ça, il était guéri !

Mais un matin, mes espoirs de guérison pour que mon propriétaire aille enfin mieux étaient anéantis. Lorsque mon propriétaire s’était regardé dans la glace comme à son habitude, je vis un autre homme, plus jeune, plus beau, je reconnaissais ce visage, c’était celui de son frère Soleiman. Avec lui, je parcourais chaque jour de nouvelles terres, nous voyions de nouveaux visages. Cela était très différent de la vie de mon ancien propriétaire.

Un jour, mon propriétaire m’avait abandonné, je me souviens de cet endroit, c’était le même type d’endroit dans lequel mon premier propriétaire avait fait de moi son collier. Oui c’est ça, j’étais son collier de perles, il ne pouvait me quitter, j’étais comme qui dirait son porte bonheur. Cet endroit là, était ce que les hommes appelaient un marché. Il y avait un homme qui se tenait assis, il semblait triste. Mon propriétaire se dirigea vers lui. Et il lui dit tout d’un coup : « Massambalo ».

Oui je me souviens, j’avais déjà entendu ce mot. En puisant dans mes souvenirs, j’en avais conclu que ce mot « Massambalo », était le nom du dieu des émigrés, qui lance à travers le continent des ombres pour veiller sur les peuples en souffrance.

L’homme sembla surpris durant un premier temps, puis il acquiesça de la tête.

Ensuite mon propriétaire, me donna à cet étranger dont je n’avais jamais vu le visage.

Il me toucha du bout des doigts et me mit à son cou. Tout de suite, je sentis une odeur forte, tenace mais que je ne pouvais distinguer. Mon nouveau propriétaire marchait la nuit, on entendait le vacarme de ces choses qu’on appelait des camions.

Puis mon nouveau propriétaire , traversa la route, et tout d’un coup j’aperçus des lumières blanches, et là, un grand bruit. J’étais à terre, j’étais brisé, je ne sentais plus le lien qui m’unissait des autres parties de moi. Je scintillais avec les premières lueurs du jour.

Je voyais mon propriétaire qui gisait à terre, et je dessinais, fragilement à terre, l’emplacement d’un tombeau ouvert. »



jan 21 2011

Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?

Publié par Wendy dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

gggg

ggggg

LE COLLIER DE PERLES VERTES PARLE !

gggg

ggggg

Ma vie a commencé quand un artisan m’a créé dans un petit village en Lybie, puis sur un marché j’ai été vendu à un jeune homme nommé Jamal que j’ai appris à connaître avec le temps. J’ai vécu tant de choses avec lui, il me portait tous les jours, j’étais son porte-bonheur. Jusqu’au jour où, après tant d’années, il me légua à son frère Soleiman qui passa la frontière pour essayer de rejoindre l’Europe. Je n’étais pas triste de quitter Jamal car il m’avait donné pour prouver à son frère qu’il sera toujours avec lui quoi qu’il arrive, c’est une grande preuve d’amour et j’en étais fier. Puis plus tard Soleiman m’offrit à une ombre de Massambalo, pour pouvoir réussir la fin de son voyage, j’espère que ça lui a porté chance car à moi ce n’est pas le cas. En effet je me retrouve éparpillé sur la route, après un accident, l’ombre de Massambalo vient de nous quitter.

gggg

ggggg

google image

source image