mar 8 2011

« Objets inanimés, avez vous donc une âme ? »

Publié par Eléanor dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

LE COLLIER DE PERLES VERTES

RACONTE SA VIE

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Je ne vais pas me plaindre : j’ai eu une belle vie. A vrai dire, j’en ai même eu plusieurs. Pas toutes faciles, mais s’étant terminées sur la même note d’espoir. Pour faire dans l’originalité, laissez moi commencer par le commencement, ou presque.

Il a chaud. Je tressaute doucement au rythme de ses pas. Sa cage thoracique se soulève lentement, au rythme de sa respiration qu’il veut profonde, et j’ai la certitude qu’il réfléchit. Je sens son angoisse suinter en même temps que quelques gouttes de sueur. Je ne peux que me contenter d’être là, et je sais que c’est déjà ça : il a besoin que je l’épaule et je suis soutenu par les siennes. Il s’arrête brutalement. Sa tension est palpable, ses jugulaires saillantes, son corps tendu comme un arc. Son frère, Soleiman, s’approche. Je n’ai l’air de rien, mais j’écoute attentivement. Il est malade. Il va rentrer. J’étais là aux moments des analyses, et surtout à celui des résultats, je ne peux pas dire que je suis surpris. Et je ne peux pas dire que cela ne m’inquiète pas. Je veillerai sur lui pendant l’absence de Soleiman. Je lui transmettrai la force, et l’espoir. Je serai là. Je me retrouve presque étouffé entre leurs deux corps chauds, mais j’ai appris à profiter de ces étreintes et celle là à un amer goût d’adieu. Ils reprennent leur marche, silencieux, son bras à lui posé sur l’épaule de Soleiman. Je voudrais lui faire mes adieux, moi aussi, mais cela m’est impossible et je crains de ne lui apporter que plus de tristesse. La marche est plus courte que ne l’aurait voulu l’atmosphère pesante, mélancolique, qui s’est abattue sur nous. Une voiture attend Soleiman, et elle représente tout ce que personne n’ose dire : le départ, la certitude de ne jamais nous revoir, l’accomplissement également. Combien de fois cette voiture aura peuplé nos rêves, combien de fois avons nous souhaité y prendre place ?

- Où est ce que je vais, Jamal ?

Celui ci ne répond pas tout de suite, mais il est serein. Il a ce calme, cette aura si rassurante. Je me félicite de rester avec lui. Il explique à Soleiman tous les détails, le trajet, les étapes, la destination. Puis, délicatement, il s’empare de moi et me tend à son frère. Je voudrais protester mais les mots restent coincés. Je lui hurle en silence que j’ai toujours été avec lui, qu’il ne peut pas me laisser comme ça, qu’il a besoin de moi. Mais rien n’y fait, je rejoins déjà Soleiman, qui paraît aussi sonné que moi. Sa peau n’a pas cette chaleur sécurisante caractéristique de Jamal, non, elle me brûle. Alors que dans une ultime étreinte ils scellent notre séparation, je m’insurge une dernière fois sans que l’on me prête plus d’attention. Soleiman parcourt les quelques mètres qui le séparent de la voiture. Il a chaud. Je tressaute doucement au rythme de ses pas. Sa cage thoracique se soulève lentement, au rythmes de sa respiration qu’il veut profonde, et j’ai la certitude qu’il réfléchit. Je sens son angoisse suinter en même temps que quelques gouttes de sueur. Je ne peux que me contenter d’être là, et je sais que c’est déjà ça : il a besoin que je l’épaule et je suis soutenu par les siennes. Il s’engouffre à l’arrière, et nous partons.

Je vis avec Soleiman depuis ce qu’il me semble des siècles maintenant. Nous avons traversé ensemble des épreuves que je n’aurais jamais pensé vivre. Nous savions que ce serait dur, naturellement. Mais pas à ce point là. Soleman paraît vide, il a perdu sa hargne et sans doute son humanité. Nous nous sommes trouvés un compagnon de voyage, ou d’infortune, Boubakar. Il nous aide comme il peut, et il est en ce moment même à la recherche de quelqu’un pour nous amener à Oudja. Soleiman erre dans les rues bondées sans but précis, chaque pas lui coûtant plus que le précédant. A la tombée du soir, il s’adosse à un arbre, à l’abri d’un petite place. Et nous ne bougeons plus. Et soudainement, son regard se fait fixe, et je crois apercevoir une minuscule lueur d’espoir dans ses yeux. Son pas se fait décidé, et c’est sans hésiter qu’il se dirige vers un inconnu de l’autre côté de la place. Arrivé devant lui, il le salue et s’accroupit. Il lui demande par trois fois « Massambolo ? » et l’homme hoche finalement la tête. Alors, Soleiman me prend, dans un mouvement lent et doux, et je sais que c’est pour le meilleur. Qu’il le veut, qu’il le fait sans regret. Il me tend avec déférence, et je me résigne à me donner à cet étranger. Soleiman me regarde pour la dernière fois, d’un regard fort, vivant. Tourne le dos. Et disparaît, se fond dans la foule. Et nous restons jusqu’à ce que la nuit nous engloutisse. L’inconnu se lève, il est vif, alerte, malgré sa maigreur. Avec la démarche de celui qui a un but, il s’en va, se retrouve sur le bord de la route. Nous marchons. Longtemps. Dans la poussière, dans le noir, dans la cacophonie des klaxons. Et, sans raison, il traverse. Je vois sans doute le camion arriver avant lui. Je voudrais m’époumoner, tempêter, le prévenir. Mais comme d’habitude je suis impuissant. Deux millièmes de secondes avant le choc, j’ai le temps de voir le visage étonné, presque interrogateur, de celui qui m’accompagne. Puis je m’éparpille sur la route, finissant mon long voyage.

Trois hommes, trois vies différents. L’une plus courte que les autres, mais tout aussi décisive, tout aussi marquante. Trois hommes que j’aurais tellement voulu sauver. Mais après tout, que peut bien accomplir de plus un simple collier de perle vertes ?

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mar 8 2011

Un voyage initiatique 8

Publié par Mona dans Réflexions      

________On peut dire de Eldorado que c’est un roman retraçant un voyage initiatique. En effet, on remarque que, tout au long du roman, les personnages « grandissent » et évoluent dans leur compréhension du sens de la vie. Tout d’abord, Salvatore Piracci, homme adulte, qui pensait ne plus rien avoir à apprendre de la vie, réalise après sa rencontre avec la femme du Vittoria, avec l’homme qui lui demande de le cacher, puis avec l’inconnu du cimetière, que sa vie est en fait bien insignifiante. C’est en partie pour cela qu’il quitte Catane pour se rendre en Afrique, seul dans sa barque, face à la mer. Plus tard, sa rencontre avec la Reine d’Al-Zuwarah lui fait prendre conscience de l’atrocité de cette femme, et il s’enfuit. A la fin, on découvre que sa rencontre avec Soleiman a aussi changé son esprit, car il décide de redonner espoir aux gens en se faisant passer pour l’ombre d’un dieu. De plus, Soleiman, quant à lui, change déjà lors de la séparation d’avec son frère, car il se retrouve seul face à toutes ces complications. Il change à nouveau en rencontrant Boubakar car cet homme est source d’espoir, et lui permet non seulement de continuer, de se battre, mais aussi et surtout de retrouver une sorte de frère. Plus tard, sa rencontre avec Salvatore Piracci lui redonne confiance, car il pense avoir été protégé par le dieu Massambalo. De plus, Soleiman lui offre son collier, ce qui montre qu’il accepte de se détacher un peu de son frère Jamal, tout en continuant de penser très fort à lui. On peut donc dire que l’appellation « voyage initiatique » convient à Eldorado car, tout au long du récit, entre épreuves et rencontres, les hommes changent et découvrent la vie. Une nouvelle vie pour les deux, bien que leur âge soit différent ; contrairement à Salvatore Piracci, Soleiman reste optimiste et sait qu’il a encore beaucoup de choses à vivre.

Photo personnelle


mar 7 2011

Un voyage initiatique 7

Publié par Stéphanie dans Réflexions      

,,,,,,,,,,,,,,,,,,, Le titre Eldorado correspond à ce roman car il s’agit d’un voyage initiatique. En effet, dans le cas de Piracci, on découvre un homme d’environ 40 ans, sans femme ni enfant, sans réel but: un homme qui a déjà vécu. Cependant, après une rencontre avec la femme du Vittoria, il devient un autre homme, un homme qui veut changer, qui veut vivre, un homme qui cherche un sens à sa vie, un but. Au fil du roman, Salvatore « revit » et « meurt » sans arrêts : Il rencontre l’homme de Lampedusa et décide de partir mais se fait arrêter à Al-Zuwarah ; puis il prend un car en partant vers sa liberté mais finit par s’en faire éjecter ; enfin il décide de mettre fin à sa vie mais est sauvé par des inconnus, il se retrouve ainsi à Gardahïa et donne de l’espoir à Soleiman pour son voyage. Salvatore a enfin trouvé un but : se faire passer pour une ombre de Massambalo, cependant il meurt peu après sur une autoroute, heureux d’avoir fait ce qu’il avait à faire. Quant à Soleiman, il a dû quitter son frère malade, a été abandonné au milieu de nulle part avec, pour seul compagnon, Boubakar le boiteux, il a dû voler, il a failli abandonner mais s’est relevé, il a dû faire la manche et, enfin, il a dû traverser les barbelés des frontières : un homme nouveau en est ressorti. Soleiman a survécu à toutes ces épreuves qui l’ont fait grandir, mûrir, et s’il a survécu, c’est grâce à ses croyances: sans « l’ombre de Massambalo » de Gardahïa, il se serait arrêté là-bas et aurait sûrement fini par mourir seul. On peut ainsi dire qu’il s’agit bel et bien d’un voyage initiatique, celui qui mène au bout de ses rêves, c’est-à dire celui qui vous permet de voir l’Eldorado.

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mar 7 2011

Enonciation

Publié par iroiseldorado dans Réflexions      

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QUESTION

« Pourquoi avoir choisi de mettre en opposition les deux personnages principaux du roman ? Le fait d’utiliser le présent et la 1ère personne du singulier pour l’un et le passé et la 3ème personne du singulier pour l’autre est-il là pour accentuer cette opposition ?  » (Eléanor)

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PISTES DE REPONSES

« La principale particularité de l’énonciation est que pour l’histoire de Piracci, le roman est écrit à la 3ème personne (narrateur extérieur) et pour Soleiman, c’est à la 1ère personne.
Piracci laisse le désarroi gagner son corps, au fil du livre, il se laisse aller, la vie s’éloigne pour lui. Le lecteur l’observe, la 3ème personne semble la plus adaptée pour ce personnage.
Salvatore lui est plein de vie, il devient courageux, sûr de lui, grâce à ce voyage initiatique. Le lecteur a l’impression de vivre ce voyage avec lui, d’être dans son rôle, ce qui donne un côté vivant. «
(Chloé S)

« Le récit de Soleiman est écrit au présent et à la 1ère personne : cela nous montre sa rage sa jeunesse. Alors que le récit de Salvatore est écrit au passé et à la 3ème personne : on sent la fatigue, le désespoir. » (Romain)

« La 3ème personne du singulier est utilisée pour renforcer la solitude de Salvatore alors que Soleiman lui n’est pas seul » (Wendy)


mar 6 2011

Portraits croisés – Salavatore Piracci

Publié par lisabeldorado dans Créer, Portraits croisés      

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Le commandant

J’étais un des hommes de l’équipage de Salvatore Piracci jusqu’au jour où il disparut et plus personne n’eut de nouvelle de lui . Le commandant Salvatore Piracci était un homme bon, au grand cœur, qui pouvait rester des heures sur mer dans le froid et la nuit pour retrouver des immigrés entre la vie et la mort. Il était sûr de lui, honnête et courageux, il n’était pas un de ces commandants qui nous prennent pour des bons à rien, non ! il faisait attention à nous, nous parlait et était à notre écoute et je crois que je le respecterai à jamais . Il était un grand homme à mes yeux et il le restera.

Le vagabond

Dans un camion, je me suis retrouvé en présence d’un homme au regard triste mais également déterminé . Il faisait peur, ses joues étaient creusées par la faim, son corps dégageait une forte odeur d’essence, cet homme était rongé, rongé par la vie, par ce qu’il avait vu et entendu, et pourtant, il était blanc, blanc comme ceux qui venaient de l’autre côté . Cette personne, je crois qu’elle m’a marquée à vie ! La seule chose que je sais c’est son nom, son nom qui n’a été prononcé qu’une seule fois dans ce camion mais il a résonné dans ma tête et il résonnera à jamais : Salvatore Piracci .



mar 5 2011

Parcours des personnages

Publié par Manon.R dans Géographie, Informer      


mar 5 2011

Un voyage initiatique 5

Publié par Eléanor dans Réflexions      

Nicolas de Stael

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiNous pouvons dire que ce roman est bien un voyage initiatique. En effet, chaque personnage en sortira complètement changé, transformé après de nombreuses épreuves. Ainsi, au début du roman, le commandant Salvatore Piracci est un homme certes un peu usé, mais vivant sa vie tranquillement, faisant son métier sans trop se poser de questions, même s’il a perdu la passion de ses jeunes années. Mais la rencontre avec la femme du Vittoria marquera un tournant décisif de son existence. Après de nombreuses épreuves et rencontres, il en ressortira presque métamorphosé, passant du statut de commandant veillant à ne pas laisser passer les émigrés à celui de clandestin sans réelle identité. De même, Soleiman, jeune homme plein de vie, laissera beaucoup de lui-même sur le chemin : son frère rongé par la maladie, son village d’origine, même le collier de perles vertes donné par son frère, et comme il le dit lui-même une partie de son identité. Cependant après avoir passé la frontière, sauvant en dépit de tout Boubakar, il est un nouvel homme qui sera prêt à affronter la vie. Finalement, chacun de ces hommes aura grandi pour devenir meilleur, ce qui est le propre du voyage initiatique.



mar 4 2011

Organisation

Publié par iroiseldorado dans Réflexions      

Carte réalisée par Elsa

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Question :

Pourquoi avoir raconté

par un montage parallèle

l’histoire de Salvatore Piracci

et l’histoire de Soleiman ?


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Cela mélange un peu les personnages

et montre que, européens ou africains,

tout le monde est pareil.

(Manon Rol)


mar 4 2011

Journal intime de Salvatore Piracci

Publié par Solene dans Créer, Journal intime      

L’Eldorado…

Ce mot est maintenant ancré dans ma tête. Il vient de donner un nouveau sens à ma vie. Il m’empêche de dormir mais me fait rêver éveillé. Est-ce que l’Eldorado se trouve quelque part dans ce monde ?

Il est tard, peut-être trois heures du matin ou plus, j’ai perdu la notion du temps. Un mot vient de changer ma vie, il m’a donné un espoir, un but, autre que celui d’affronter la mer déchainée pour lui arracher des hommes. Je repense à la jeune femme que devient-elle ?  Est-elle morte ? Non.

Il  faut que je parte, plus rien ne me retient ici.  Angelo mon ami tu vas me manquer. Demain je partirai, seul, sans rien,  je vais devenir enfin un autre homme. Je vais laisser derrière moi Salvatore Piracci, pour devenir quelqu’un d’autre. Ceux-ci sont les derniers mots d’un homme qui  vient de devenir l’ombre de lui-même, une ombre…

L’Eldorado…


mar 4 2011

Lettre au commandant Piracci

Publié par Leïla dans Créer, Lettre      

12 Mars.

Cher  commandant,

Je voulais vous faire part de ce qui s’est passé car je m’en doute, vous aimeriez le savoir. Tout d’abord j’ai parvenu à réaliser ma tache. Mais cela ne s’est pas passé comme je l’aurais voulu mais ne vous inquiétez pas je n’ai rien, enfin je n’ai plus rien. Pour commencer, je suis arrivée à un bon port comme prévu, mon voyage s’était bien passé. J’avais l’arme sur moi, pas encore mise en évidence, j’attendais le moment précis pour la sortir et la pointer droit vers Hussein Marouk. Après être arrivée donc, je me suis trouvée un emplacement pas cher, avec le peu d’argent que je possédais je ne pouvais pas me payer le luxe. Après avoir déposé mes affaires, je suis tout de suite partie à la recherche, j’ai fait les ports pour pouvoir le trouver, j’ai demandé aux marins s’ils connaissaient un certain Hussein Marouk et quand je l’ai enfin retrouvé, je l’ai donc suivi, pour connaître ses habitudes, là ou il allait boire un café, s’il avait une compagne ou des enfants. Je n’ai rien trouvé de cela, juste son café préféré. J’avais cette envie de le ridiculiser sur place, comme il nous avait ridiculisés nous, moi et mon enfant. Alors quand je me suis assise à côté de sa table, je n’ai pas cessé un instant de le fixer, j’étais nerveuse mais je ressentais une telle haine que je sortis l’arme, la cacha isous mon manteau et tirai, sans savoir ce que je faisais. Complètement inconsciente. Troublée. Mais au final très soulagée, je savais qu’il ne m’arriverait rien d’autre à présent, et, que ma vengeance avait été à la hauteur de sa bêtise.

En vous remerciant très sincèrement de votre aide depuis le tout début. Je vous en suis vraiment reconnaissante. Je pense à vous.

La fille du  Vittoria


mar 3 2011

Journal intime de Salvatore Piracci

Publié par Charles dans Créer, Journal intime      


Mon cher et vieux journal, je rédige aujourd’hui mes dernières lignes, j’ai décidé de partir, de quitter cette vie qui est la mienne, pour une autre, je ne sais pas où mais j’irai, je ferai face a cette inconnue et tournerai le dos à tous ceux que j’aime, que je connais, que je quitte.

Peut-être diront-ils de moi que je suis fou, que je suis devenu fou avant même que l’âge ne s’en charge, mais je le ferai, quoi qu’ils disent, je partirai. Mais avant cela il y a une chose que je dois faire, une visite que je dois rendre, je ne veux pas partir sans dire au-revoir, peut-être même adieu, à Angelo, lui qui m’a tant écouté, lui avec qui j’ai tellement parlé, finalement je doute aurai-je assez de cran pour lui dire adieu le moment venu? Je ne sais pas et ne veux pas le savoir, pour le moment l’Eldorado dans lequel je vis s’est transformé, ou plutôt il s’est dévoilé à moi, comme si toutes ces années à chasser les hommes hors de cette terre qui pour eux est merveilleuse, m’avaient finalement fermé les yeux sur certains défauts de cette vie qui est la mienne.

Dans quelques minutes je partirai pour voir Angelo, ce sont là mes dernières lignes, adieu mon vieux confident, je m’en vais.


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mar 3 2011

Un voyage initiatique 3

Publié par angela dans Réflexions      

Geneviève Dael


iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiUn voyage initiatique convient effectivement bien à Eldorado car il s’agit ici d’un voyage, d’une évolution, d’une transformation de deux personnages. En effet c’est un peu comme s’ils renaissaient, une nouvelle vie s’offre à eux. Ils traversent tous les deux des épreuves, qu’ils remportent d’ailleurs avec succès. Ainsi Salvatore part à la découverte de ces pays d’Afrique, d’où les gens s’en vont, il veut vivre, sentir tout ce que peuvent ressentir ces émigrés, il va tenter de comprendre ce qu’est de vivre comme eux, de vivre  clandestinement, il prend sa barque, s’en va, comme ça. Il veut aussi combattre la mer comme l’ont combattue des milliers de personnes auparavant, parfois avec succès et malheureusement trop souvent sans. Quant à Soleiman, il part avec l’idée d’une nouvelle vie, accompagné de son frère Jamal, malheureusement ce dernier est malade et ne sera donc pas du voyage , cependant Soleiman ne laisse pas tomber, il se bat, pour son frère, et réussit non sans difficultés à atteindre l’Eldorado Européen, en partie grâce à Boubakar, son ami boiteux.  Je trouve donc juste de dire que l’appellation voyage initiatique convient tout à fait à Eldorado, car il s’agit bien de cela, un voyage, un récit qui est basé sur le cheminement de Soleiman et de Salvatore qui peu à peu par des rencontres, par la découverte du monde, par des épreuves grandissent dans leur compréhension du sens de la vie.